Les Chrétiens prennent position.

Mardi 13 septembre 2011 // La Religion

Stanislas de Larminat est ingénieur agronome et expert en matière de règlementation européenne agricole. Il a passé un an au Mali à mener des enquêtes agronomiques dans les zones les plus pauvres et reculées du Sahel. Il a ensuite travaillé dans une importante entreprise agro-alimentaire, au contact de ceux qui cherchent aujourd’hui à pratiquer une «  agriculture écologiquement intensive ». Il a eu une pratique longue et quotidienne des marchés internationaux de matières agricoles de base, s’appuyant sur les bourses de marchandises. D’où sa remise en cause d’un certain nombre de présupposés en matière de “développement durable ”. Mais pour pouvoir, dans les conférences et ateliers qu’il anime, répondre à des contradicteurs dénonçant souvent en termes verbalement violents, la légitimité des “experts minoritaires”, et pour s’ouvrir d’autres perspectives en ce qui concerne l’action humaine dans le monde du vivant, il a fait sur le tard un 3ème cycle de bioéthique. Son expérience lui permet de parler en connaissance de cause du “commerce équitable” sur lequel il n’entretient pas d’illusions, et d’affirmer que la planète Terre est parfaitement capable de nourrir 9 milliards d’hommes. Il n’est, pense-t-il, nullement nécessaire de réduire la population mondiale à 2 ou 3 milliards comme le voudraient les écologistes antinatalistes qui développent une “culture de mort”, et il est l’initiateur d’une pétition demandant aux parlementaires un moratoire sur la recherche embryonnaire. L’épuisement prévisible de certaines ressources naturelles lui semble devoir dynamiser la recherche scientifique plutôt que provoquer un repli de l’humanité sur elle-même et une tentative vouée à l’échec de retour à un paradis perdu. Il a ouvert un site http://les2ailes.com avec, pour devise une phrase de l’encyclique Fides et Ratio Jean-Paul II : “ La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité ”, où il développe, non sans courage, vu la puissance de ses adversaires, un appel à une “nouvelle écologie sociale fondée sur la raison” et propose les bases d’une plateforme alternative d’action qu’il appelle " Ad’Equat ", dont on trouvera les grandes lignes dans le dernier chapitre du livre.

Il ne nie certes pas les problèmes écologiques (pollutions diverses, méthodes d’agriculture, gestion des ressources naturelles) auxquels il faut évidemment chercher des solutions, mais distingue clairement cette écologie raisonnable de ce qu’il appelle l’ “écologisme”. Selon lui, la “modernité” était le temps des idéologies brutalement imposées par des dictateurs clairement identifiables, dont l’échec est aujourd’hui patent. La “postmodernité” voit se développer cette idéologie non moins dangereuse, mais qui s’impose en douceur par la persuasion. Elle résulte de complicités convergentes d’intérêts contradictoires tant capitalistes qu’altermondialistes : de grandes ONG, l’ONU et ses experts internationaux, les États, surtout anglo-saxons, les pays émergents, les grandes entreprises multinationales, les scientifiques, comptant sur une “fin des états”, et sur une “gouvernance mondiale” aux mains de banquiers, d’hommes d’affaires, et d’experts, dont sont exclus les organes de responsabilité politique et le principe de subsidiarité. C’est un pacte de fait, entre des complices sans vrai complot et sans qu’on puisse mettre un nom sur un chef !

Sa critique porte sur le vocabulaire utilisé par les écologistes : flou et humaniste, “ holistique ” en ce sens qu’il est fait pour plaire à tout le monde et pour créer un consensus de surface alors qu’il dissimule des intentions contraires aux convictions de beaucoup. Exemple la locution santé reproductive, présentée comme le programme du Planning familial qui est en fait une entreprise mondiale malthusienne de généralisation de l’avortement. Il met en valeur les mensonges, les falsifications de données qui permettent à une institution comme le GIEC d’imposer comme une “vérité scientifique” incontestable la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, ce qui ne fait nullement l’unanimité des chercheurs. Tout cela permet d’utiliser la menace d’une apocalypse qui nous attendrait si l’homme ne suivait pas les programmes environnementaux de l’idéologie ambiante !

Cette idéologie dont il voit des précurseurs dans les doctrines gnostiques ou messianiques lointaines de l’antiquité et, plus près de nous, dans le positivisme d’Auguste Comte, présente le caractère religieux d’un retour au paganisme avec adoration de la déesse Gaia, la Terre, et déification de l’Homme qui (si réduit qu’on en veuille le nombre) s’arroge l’illusion de pouvoir recréer la planète ou la détruire. Les actes des grandes conférences internationales sur l’avenir de la planète contiennent des déclarations explicitement antichrétiennes. L’idée dont leurs membres veulent laver le cerveau de la “populace” (le mot apparaît dans une citation) est surtout celle du Dieu créateur et de sa “ loi ”. Le livre de M. de Larminat est important par la masse d’arguments, et de textes précisément référencés par lesquels il soutient sa thèse. Comme toutes les entreprises totalitaires, l’écologisme utilise la peur, le mensonge, l’asservissement des esprits au “ politiquement correct ”, l’humiliation, la diabolisation, la persécution des dissidents, et les “idiots utiles” dont font apparemment partie, hélas, beaucoup d’hommes d’Église. C’est un ouvrage éclairant et libérateur et il faut souhaiter qu’il soit largement lu et médité.

Répondre à cet article