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Les Afghanes se refont une beauté.

Mardi 23 août 2011 // Le Monde

Afghanes après le départ des talibans

Un reporter a réussi à pénétrer l’univers exclusivement féminin des instituts de beauté de Kaboul, qui ont rouvert après le départ des talibans.

Au milieu des privations et de l’incertitude du quotidien, les instituts de beauté de Kaboul, qui ont pu rouvrir après le départ des talibans, offrent aujourd’hui un havre de quiétude aux femmes afghanes. Pour nombre d’entre elles, y passer un moment constitue une véritable thérapie. La guerre a eu des effets dévastateurs sur les femmes : elle les a atteintes de multiples façons, sur le plan psychologique et émotionnel. A petits pas, par des démarches simples - comme leur donner la possibilité de se sentir belles, il est possible de préparer le terrain en vue d’un travail plus en profondeur, explique Rima Kohli, une chercheuse installée à Kaboul, qui étudie les sentiments des Afghanes avant et après les changements qu’elles apportent à leur apparence.

Dans les instituts de la capitale on en trouve un peu partout, la journée la plus chargée est celle du jeudi, car c’est généralement le jour des mariages. Pour les familles, cette cérémonie est l’occasion de faire étalage de leur richesse hommes et femmes arborent ainsi leurs plus belles tenues et accessoires divers en provenance de Dubaï, et les femmes sont soigneusement maquillées et coiffées. Et, donc, le jeudi, les instituts de beauté sont de véritables ruches. Il n’est pas rare devoirune femme enveloppée de saburga descendre d’une voiture pour s’engouffrer dans un institut à la vitrine entièrement recouverte de charmants visages de mariées dessinés. Les locaux sont protégés de tout regard masculin indiscret.

Après quelques tractations, deux amis et moi-même avons réussi à nous faire accepter dans l’un de ces instituts. Nous allons pouvoir photographier Mina, une Afghane proche de la quarantaine qui doit se rendre à une nocé dans la soirée : Elle. élève seule ses enfants et habite un bâtiment délabré de la partie ouest de la ville. Elle se lève habituellement à 6 heures du matin et prend un minibus bondé qui assure en cahotant la liaison avec le centre-ville. Il lui faut ensuite vingt minutes de marche pour atteindre Shar-e Naw, un quartier dont les larges rues couvertes d’un semblant d’asphalte trahissent l’aisance. Là, dans une maison louée par des Iraniens, elle prépare le petit déjeuner de la famille, lave le sol et prépare le déjeuner, avant de rentrer chez elle s’occuper de ses enfants.

Elle n’a pas souvent l’occasion de s’extraire de cette routine. Etre invitée à un mariage représente donc pour elle une chance d’aller se plonger dans le monde enchanté d’un institut de beauté, voire de se rêver en Cendrillon se préparant pour le bal. Là, entre les murs roses et les bouquets de fleurs en plastique, elle peut enfin se détendre. Sur la coiffeuse, une boîte de fards ; un miroir lui renvoie son image en robe de fête, verte, sans manches, ornée de cabochons émeraude et de perles dorées. Son amie a choisi une robe fuchsia, encore plus richement couverte de perles qui dessinent des motifs et de fausses pierres. Autour d’elles, les esthéticiennes s’affairent, passant des houppettes sur leur visage et des pinceaux sur leurs sourcils.

Soudain, une clameur retentit à la porte. Un groupe d’hommes du quartier vient vérifier la rumeur selon laquelle trois hommes seraient présents dans le salon. Nous nous cachons dans la pièce du fond, serrant nos appareils photo numériques contre nous, espérant qu’ils ne nous prendront pas nos cartes mémoire et, surtout, qu’ils ne nous tabasseront pas pour avoir photographié des femmes afghanes ne portant pas leur burqa. Pendant ce temps, les femmes ont toutes revêtu leurs foulards et font barrage aux inquisiteurs en leur assurant qu’il n’y’a pas d’hommes sur place. Il faut plusieurs minutes avant qu’ils soient convaincus et décident de partir. Nous rassemblons nos affaires et filons parla porte de derrière.

Le soir, nous irons assister au mariage auquel Mina est invitée, mais, traditionnellement, lors de ces cérémonies, hommes et femmes sont séparés, et nous n’aurons aucune chance de l’apercevoir.

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