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Le sommet du G20 a Séoul

Aux sommets de l’absurde.

Vendredi 3 décembre 2010 // Le Monde

Le commentaire du sommet du G 20 à Séoul se heurte à une difficulté majeure, quant à l’exposé des stratégies adoptées par les différentes nations. On peut parler de la politique de la Chine et de celle des États-Unis. Il n’est pas possible d’évoquer la politique de la France puisque son supposé président se manifeste par un comportement aberrant.

Devenu illégitime dans son propre pays en raison de ses atteintes permanentes à la lettre et à l’esprit de la Constitution, Nicolas Sarkozy apparaît sur la scène internationale comme un homme totalement discrédité par ses rodomontades, sa grossièreté et son ignorance des questions qu’il est censé traiter. Il est pénible de faire un tel constat et nous le passerions sous silence si les chefs d’État et de gouvernement réunis à Séoul ne s’étaient pas sentis insultés, par ce Français arrivé en retard et reparti avant le dîner de clôture alors qu’il venait de prendre la présidence du G 20.

Cette désinvolture aurait pu être compensée par une déclaration décisive assortie de formules frappantes. Malgré les rapports détaillés qui sont adressés à l’Élysée, malgré les conseillers avisés qui l’entourent, Nicolas Sarkozy a délivré lors de sa conférence de presse des platitudes assorties de propositions creuses dans un débraillé verbal qui n’est pas digne d’un président de la République.

La grossièreté du supposé président aurait pu le conduire à une stratégie du poing sur la table (ou de la chaussure, à la manière de Khrouchtchev) face aux Chinois. Mais il ne sait que courber l’échine devant plus puissant que lui. Pire : selon les propos rapportés par des journalistes français, Nicolas Sarkozy veut utiliser le G 20 pour retrouver sa popularité en France et profiter de la crise monétaire et financière pour jouer au sauveur. Vaines prétentions ! L’homme de passage à Séoul croit qu’il peut renouveler sa prestation de 2008, lorsqu’il présidait le Conseil européen. Mais c’est la petite cour médiatique qui a fait de cette présidence un « exploit » et qui le tient dans cette illusion. Si l’action de Nicolas Sarkozy avait été salutaire, l’Union européenne serait-elle en décomposition ? La zone euro serait-elle en train d’éclater ?

Quant au G 20, il n’y a rien à espérer. La déclaration finale de Séoul est un aveu d’impuissance qui fait suite aux incantations inopérantes du précédent sommet de Toronto. « Les économies excédentaires procéderont à des réformes pour réduire leur dépendance à la demande extérieure et se concentreront davantage sur les sources de croissance nationale » promettaient les Vingt le 27 juin dernier au Canada. La Chine et l’Allemagne n’en ont pas moins suivi une politique strictement conforme à leurs intérêts nationaux ces derniers mois et, après Séoul, ces deux puissances ne changeront pas de ligne. Les Etats-Unis non plus. Sans attendre ce sommet, les autorités américaines avaient décidé d’injecter 600 milliards de dollars dans des circuits financiers qu’elles ne contrôlent pas et qui ont immédiatement alimenté une spéculation désastreuse. De leur côté, les dirigeants chinois ne sont pas prêts à renoncer à leur protectionnisme monétaire. Ces stratégies, à peine camouflées par la langue de bois diplomatique n’ont pas empêché les fauteurs de troubles et leurs victimes de signer une déclaration commune en tous points absurdes.

Alors que la guerre des monnaies fait rage, le G 20 annonce qu’il va étudier la mise en place de systèmes d’alerte. Alors que les Etats-Unis et la Chine jouent de leur monnaie au mieux de leurs intérêts, les présidents américains et chinois ont signé un texte qui condamne le protectionnisme, interdit les dévaluations compétitives et promeut « un système monétaire international où les taux de change sont davantage déterminés par le marché » !

La référence au dogme ultra-libéral n’est qu’un aveu d’impuissance. Il n’y a pas et il n’y aura pas de « gouvernance mondiale », il n’y aura pas de « régulation » ni de « sortie de crise » par le G 20 mais des guerres monétaires et commerciales aggravées par la folie spéculative. Nicolas Sarkozy ose dire que « d’une certaine façon, on est servi par la crise ». C’est absurde : il s’agitera en vain. C’est obscène, car c’est le peuple français, entre autres, qui va encore souffrir.

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