Le sacre de Nicolas Sarkozy.

Jeudi 1er février 2007, par Paul Vaurs // La France

À l’époque royale, les chefs d’une consécration. Aujourd’hui, un candidat à
l’Élysée est sacré avant même le vote. Non que l’élection soit une simple
formalité ou que le résultat soit connu d’avance ; Le scrutin des 22 avril
et 6 mai demeure toujours aléatoire. Mais l’enthousiasme de la formation
majoritaire s’avère tel, que la proclamation du résultat du vote des
militants par Internet a pris dimanche des allures plébiscitaires -
surtout que Nicolas Sarkozy a obtenu 98,1% des voix.

L’orchestration de cette désignation a d’ailleurs donné l’occasion de
brocarder ce « barnum à 3,5 millions d’euros », selon le mot de
Marie-George Buffet. La remarque de Jean-Marie Le Pen sur son « copieur » a
été prolongée par Julien Dray qui, pour le parti socialiste, a dénoncé « le
retour de la droite violente », On aurait également pu ironiser sur l’espèce
de pyramide aztèque qui a servi de podium au candidat de LUMP. Allait-il y
avoir un sacrifice humain et, comme dans les anciennes sociétés, le roi
serait-il égorgé.?

Plus sérieusement, Nicolas Sarkozy, dans un discours d’une heure et quart,
s’est présenté comme l’homme d’une nouvelle politique. Sensible aux
argumentations sur la pression fiscale, il a affirmé, « Tout vaut mieux, que
taxer l’homme au travail », annonçant que le maximum de prélèvement
descendrait à 50 % et mettant habilement en avant le fait que, s’il y a
moins de richesses, ce sont les plus pauvres qui en pâtissent les premiers.
Incontestablement, on a senti qu’il voulait donner aux Français de bonnes
raisons de travailler et, donc, de ne pas se décourager Il a également joué
la carte du rassemblement, dans la majorité et dans le pays.

C’est en effet la tentation qui pourrait gagner un nombre relativement
important de nos concitoyens. Certes, on s’est inscrit en masse sur les
listes électorales aussi bien dans les consulats d’Amérique du Nord que dans
les banlieues de métropole. Mais demeure toujours le risque qu’un certain
nombre de personnes estiment soit que les jeux sont faits, soit que le
résultat ne changera pas grand chose, parce que le Président est ligoté par
l’Europe ou que les promesses électorales ne seront pas tenues. Sans oublier
ceux qui ne croient plus à un avenir en France.

Se pose maintenant la question de ce que vont dire et faire Jacques Chirac
et Dominique de Villepin. La semaine précédente, a vu le chef de l’État
avouer qu’il réfléchissait encore. Quant au Premier ministre, il s’est fait
copieusement rabrouer par des députés qui n’apprécient pas du tout qu’il
puisse se poser en rival de l’actuel ministre de l’Intérieur. Seule Michèle
Alliot-Marie s’est ralliée deux jours avant la réunion du Bourget, mais on
sait qu’elle n’est pas une véritable chiraquienne, ne serait-ce que parce
quelle fut portée à la tête du RPR contre le choix du Président de la
République. En fait, après le sacre, tout reste à faire.

Répondre à cet article