Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Le pouvoir d’achat des Américains sérieusement menacé.

Mardi 17 juin 2008 // Le Monde

La situation ne cesse de se dégrader outre-Atlantique. Sur le front de l’emploi, le secteur privé a perdu 300 000 emplois depuis novembre 2007 dont 80 000 sur le seul mois de mars, le plus fort recul depuis 5 ans, et 232 000 sur les 3 derniers mois. La perte de pouvoir d’achat qui va suivre risque d’entraîner une dépression économique relativement grave, la pire que les USA ait connu depuis celle de 1930. Sans surprise, c’est le secteur de la construction qui est le plus touché avec une perte de 51 000 emplois sur le seul mois de mars, portant le nombre total 394 000 depuis le haut de cycle de septembre 2006. Le secteur manufacturier n’est pas épargné pour autant avec une perte de 48 000 emplois en mars, le plus fort recul depuis octobre 2006, portant le reflux à 310 000 pertes d’emplois sur les 12 derniers mois.

Officiellement, le taux de chômage aux USA n’est que de 51%, contre 4,8% précédemment. Toutefois, il convient de le retraiter comme en France. Ainsi, si l’on intègre les employés temps-partiel « involontaires » et ceux qui ont renoncé retrouver un emploi qui, de ce fait, sortent des statistiques, le véritable taux de chômage aux USA est actuellement de 9,1%, pour 13,9 millions de personnes. À comparer aux 8% d’il y a un an, soit une augmentation de 13,75% sur 12 mois ! Par ailleurs, la hausse des salaires de 3,6% obtenue au cours des 12 derniers mois apparaît inférieure à celle de l’inflation d’environ 40%. Ainsi, des centaines de milliers d’Américains enregistrent déjà la perte de leur travail, de leur protection sociale associée, de leur maison et une chute vertigineuse de leur pouvoir d’achat. Même, si l’on veut bien considérer que les crises économiques mondiales soient désormais de plus en plus courtes, du fait d’une réaction de plus en plus rapide et efficace des autorités financières internationales, une baisse du PIB des États-Unis au cours du premier trimestre 2008 est désormais avérée avec, au mieux, une croissance zéro au second trimestre. La Réserve fédérale américaine (FED) a en effet fini par admettre qu’elle attendait une contraction de la croissance au premier semestre 2008 et certains de ses membres n’ont pas exclu un repli « sévère et prolongé ». À ce stade de la crise, les autorités financières anglo-saxonnes nous paraissent réellement préoccupées par les moyens à mettre en oeuvre pour éteindre l’incendie qui se répand dans la sphère économique.

Bien qu’elles aient déjà opéré plusieurs sauvetages bancaires in extremis, avec notamment la nationalisation de Northern Rock, la garantie de Bear Sterns vis-à-vis de JP Morgan, et l’injection massive de plusieurs centaines de milliards de dollars de liquidités dans la sphère financière ; parallèlement à une baisse violente des taux d’intérêt, elles n’ont pas réussi à éviter la contagion à la sphère réelle, ce qui, dans le jargon des banquiers centraux, fait désormais craindre une crise systémique. Cette prise de conscience est telle que le Fonds monétaire international (FMI) a qualifié récemment « d’échec collectif » la crise financière actuelle, en chiffrant son coût global à 945 milliards de dollars. Il faut bien admettre que cette crise a été largement sous-évaluée par ses acteurs. Rappelons-nous qu’en octobre denier, UBS ne parlait alors que d’un risque de pertes de 150 millions de francs suisses. Or, six mois plus tard, la même UBS a déjà dévoilé 37 milliards de dollars de dépréciations. Et nous sommes encore loin du solde de tout compte ! Mais le plus préoccupant à nos yeux, est que ce qui n’était qu’une crise immobilière américaine au départ, ait pu ainsi gangrener en si peu de temps l’ensemble de la planète Le défaut des créances hypothécaires américaines s’est propagé rapidement à d’autres formes de titres et à toute la sphère financière européenne et asiatique. La fameuse « théorie du découplage » chère au FMI s’est avérée purement théorique. La FED n’en finit pas désormais de réduire ses prévisions de croissance du PIB 2008 qui ne devrait guère dépasser 1%, à condition que le rebond attendu au second semestre ait bien lieu, alors qu’elle tablait encore, sur près de 2% fin 2007. En conclusion, nous sommes bien rentrés dans une nouvelle crise économique mondiale, et selon nous, nous sommes encore bien loin de voir la sortie du tunnel ! Nous espérons néanmoins que cette crise serve de leçon à la finance anglo-saxonne qui ne cesse depuis quelques années de créer des bulles spéculatives dangereuses pour l’équilibre économique mondial. Les crises d’Enron et du fonds LTCM n’ont visiblement pas suffit.

Les fonds d’investissements comme KKR et Carlyle, et les « hedge-funds » ou fonds spéculatifs, dont plusieurs se sont retrouvés récemment dans une situation critique, sont largement à l’origine de cette crise en ayant créé une bulle spéculative de survalorisation des actifs basée sur un excès de recours au crédit. Le retour à la réalité va être douloureux pour eux encore quelque mois, mais ce n’est que justice et gage d’une plus grande sérénité pour les années à venir.

Répondre à cet article