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Le plan de relance français peut-il être efficace ?

(Etude de Pierre Pascallon)

Mardi 27 janvier 2009, par Pierre Pascallon // La France

La France vient à son tour – comme quasiment tous les pays significatifs du monde - de lancer : il a été annoncé par Nicolas SARKOZY le 4 décembre à Douai (Nord) un plan de relance de 26 milliards d’euros dont les deux piliers essentiels sont, d’une part, le soutien à la trésorerie des entreprises malmenée par la frilosité des banques, d’autre part, un programme d’investissements publics.

La question bien sûr est celle de savoir si ce plan peut, va réussir ; c’est-à-dire si ce plan va bien permettre d’amoindrir sinon d’éliminer complètement la récession qui s’installe, en soutenant rapidement et puissamment l’activité, sans pour autant –et on mesure dès l’instant que ce n’est pas le plus facile- dégrader de trop de façon irréversible nos finances publiques qui ne sont pas déjà très brillantes.

● Et d’abord, - le temps étant maintenant compté pour tenter d’interrompre le processus dépressif à l’œuvre -, ce plan va-t-il bien permettre comme cela est indispensable d’avoir rapidement, voire très rapidement des effets sur l’activité ?

Les Pouvoirs Publics ne cessent d’insister sur leur volonté d’aller vite pour la mise en œuvre de ce plan de relance pour lequel ils ont voulu un Ministre à temps plein ! ! Monsieur DEVEDJAN, Ministre de la relance.
C’est ainsi que les 26 milliards d’euros seront inscrits dans une seule mission budgétaire baptisée : "plan exceptionnel pour l’activité et l’emploi" avec une durée de vie de deux ans : 2009-2010. Les autorisations d’engagement seront ouvertes en une seule fois pour donner plus de visibilité. Le "projet de loi de finances rectificatives" (PLFR) pour 2009 –le collectif budgétaire contenant ce plan de relance- sera examiné à l’Assemblée Nationale dès le 7 janvier 2009.

On assure ainsi dans cet esprit que les 26 milliards d’euros du plan de relance devraient être dépensés à 75 % dès 2009. Mais la détérioration brutale de l’activité au 4ème semestre (hausse du chômage en novembre d’une ampleur historique,…), la destruction prévue par l’INSEE de 214 000 postes salariés dans le secteur marchand au 1er semestre 2009 font qu’il faudrait qu’on sente les effets du plan de relance à plein quasiment… au 1er semestre 2009. Certes des mesures entreront en vigueur dès le mois de janvier : on pense à ce qui est prévu pour soulager la trésorerie des entreprises, ce qui évitera des défaillances. Mais il ne pourra pas en aller aussi rapidement avec le 2ème pilier du plan qui repose pour beaucoup –on l’a dit- sur les investissements publics (10,5 milliards d’euros). Car même si l’on a pris soin de sélectionner –pour accélérer leur mise en œuvre- des projets d’investissements déjà "prêts", ces investissements publics sont forcément plus difficiles et plus longs à faire démarrer et à réaliser (même si les Pouvoirs Publics assurent que les deux tiers seront réalisés en 2009 et que 4 lignes TGV qui devaient être réalisées en 10 ans… le seront en 2 ans ! !) et on ne peut donc raisonnablement espérer commencer à sentir au mieux leur effet qu’au 3ème trimestre 2009.

On comprend dès lors pourquoi de nombreux économistes sont sceptiques sur les relances fondées sur les infrastructures et les TP trop longues à porter leurs fruits ; et pensent qu’il est indispensable –pour "prendre de vitesse" la récession- d’avoir des mesures à effet plus immédiat qui ne peuvent être comme telles qu’organisées autour de la demande. Et de saluer dans cette perspective la mise en place de la prime de solidarité active (200 euros) qui sera versée au printemps 2009 aux futurs bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA) : 760 millions d’euros sont prévus à cette fin.

Mais cette mesure qui est à leurs yeux la seule à aller dans le bon sens – par ses effets immédiats - est trop limitée. Cette frilosité du plan français en matière de relance de la consommation et du pouvoir d’achat est telle qu’on ne peut pas arrêter rapidement –comme il le faudrait pourtant- la dégradation qui va s’amplifier au début de 2009.

On se doute que ce plaidoyer pour une "vraie" relance de la demande et de la consommation par rapport à un plan qui leur paraît trop appuyé seulement sur l’investissement est reçu avec réserve par les Pouvoirs Publics en place qui rappellent méfaits et fiasco du Plan MAUROY de 1981… faisant le bonheur des partenaires économiques de la France ! !

●● Ce plan va-t-il bien permettre de relance rapidement et –ce 2ème thème était bien sûr déjà implicite dans le 1er point- ce plan va-t-il bien permettre de relancer puissamment l’activité ?

On se centre ici beaucoup plus désormais sur les aspects "quantitatifs" du plan de relance.

Avec d’abord quelques remarques sur le chiffre affiché pour ce plan de relance : 26 milliards. D’aucuns observent que ce chiffre inclut des garanties et des crédits d’Etat qui ne seront peut-être pas utilisés ; et il n’y aurait donc –à suivre certains- que de 4 à 7 milliards d’euros au vrai de crédits nouveaux dans le plan.

Si l’on veut bien garder néanmoins le chiffre de 26 milliards comme le "bon" chiffre, cela équivaut à 1,3 % du Produit Intérieur Brut (P. I. B.).

Quel peut être l’impact sur l’économie de ce plan de 26 milliards ? D’après BERCY, ce plan devrait apporter 0,6 point à 0,8 point de produit intérieur brut à l’activité en 2009. M. E. WOERTH, Ministre du budget, s’est voulu récemment plus optimiste en avançant que le plan va "doper" la croissance de 1 % environ. Quant aux emplois créés grâce à ce plan, les Pouvoirs Publics annonçaient initialement le chiffre de 100 000.

M. DEVEDJAN, Ministre de la relance, parle désormais de la possibilité pour le plan de créer 150 000 emplois.

Peut-on dire –avec ces chiffres- que le plan de relance sera donc assez "fort" ?

Il ne pourra semble-t-il être au mieux qu’un "amortisseur" de crise, si se confirment les dernières prévisions de certains instituts (fin décembre 2008) affichant un recul du PIB dépassant dans notre pays 1 % en 2009.

C’est d’ailleurs pour éviter que la récession ne se transforme en profonde dépression, -conscients que nous sommes les uns et les autres désormais d’être dans une crise exceptionnelle- que le FMI vient (fin décembre) de souhaiter des plans de relance plus ambitieux (il parlait début décembre de plans équivalent à 2 % du PIB ; il évoque avant le jour de l’an des sommes représentant 3 % du PIB).

Il est clair que le plan français a été, nous semble-t-il, préparé sur les données économiques du 3ème trimestre 2008 et a –sur ces bases- retenu des mesures ciblées pour l’automobile, le bâtiment, …et –on l’a vu- l’entreprise et l’investissement public paraissant en bonne adéquation avec les difficultés à traiter. Mais, depuis, les enchaînements dépressifs ont continué –et vont continuer- à "mordre" sur l’économie. Au point qu’il n’est pas interdit de penser –comme d’autres pays européens vont le faire au début 2009- que la France aura besoin (le Premier Ministre ne l’exclut pas) d’un "nouveau" plan de relance en 2009.

●●● Encore faut-il déjà trouver les financements pour le 1er plan de relance alors que nos finances publiques sont dégradées. Le plan de relance de 26 milliards d’euros va représenter en effet, budgétairement, un coût de l’ordre de 15,5 milliards en 2009 ; et le déficit budgétaire qu’on prévoyait de contenir à 3-3,1 % va se rapprocher ainsi en 2009 des 80 milliards d’euros (pas loin de 4 % du PIB) ; quant à la dette publique qui était de 64 % du PIB fin 2007, elle filera vers les 70 % l’an prochain. Bien sûr, on le sait, Bruxelles a autorisé transitoirement qu’on "sorte" des critères de MAASTRICHT (déficit budgétaire qui doit rester dans la limite de 3 % du PIB ; dette publique dans la limite de 60 % du PIB).

On veut se rassurer –on veut nous rassurer- en indiquant que cette détérioration supplémentaire de nos comptes publics sera passagère puisqu’elle va se résorber grâce au cercles "vertueux" de la relance réussie : dans la perspective de relance Keynésienne en effet –et nous y sommes-, on peut, il faut laisser filer les déficits pour sortir l’économie de l’ornière : l’investissement public "premier de cordée" financé en particulier dans ce cadre va permettre de recréer les conditions de profitabilité, la reprise de la croissance et de la création d’emplois… Et, au final, les recettes fiscales et para-fiscales vont augmenter et on aura la suppression des déficits publics initiaux.

En s’appuyant sur ce Keynésianisme "simplifié", le Premier Ministre croit donc possible de soutenir que son objectif initial d’un déficit public ramené à zéro en …2012 … est simplement reporté – la faute à la crise !- … sur 2014.

On ne peut s’empêcher de trouver cela trop beau, exagérément beau. Il faut imaginer en effet –pour réduire le déficit de 4 points sinon plus en cinq ans- que l’on parvienne à retrouver, après le mauvais moment de la récession sinon de la dépression, des taux de croissance de l’ordre de 3 % l’an, que l’on soit capable dans le même temps d’en rester à un budget rigoureux,…

Cette vision, béatement optimiste, sera bien sûr pour de bon à reléguer aux oubliettes si un 2ème plan de relance –avec ou sans le nom- s’avère nécessaire au début de 2009 compte tenu de l’aggravation prévisible de la situation, 2ème plan qui se traduira inévitablement par un déficit et un endettement publics accrus.

A charge de ne pas oublier – l’inverse serait trop miraculeux pour être possible - que l’on ne peut empiler sans limites les déficits publics, émettre indéfiniment de la dette publique. Souvenons-nous des emprunts russes, auxquels pourraient ressembler demain nos obligations d’Etat devenus des crédits "pourris", délaissés et invendables. Ayons à l’esprit qu’il y a possibilité –oui possibilité- de la faillite des Etats.

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