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Le passant.

Jeudi 18 mai 2006, par Paul Vaurs // Mes poèmes

Il marchait solitaire, et d’un pas régulier.
Sans canne et sans bâton, le port de tête altier.
Avec cape et chapeau pour affronter le froid.
En n’ayant d’autre but que d’aller devant soi...

Le visage impassible et le regard lointain
Obstinément tourné vers l’horizon marin
Il semblait étranger, rebelle à toute approche
Il venait de glisser ses deux mains dans ses poches…

Le ciel était porteur de lourds nuages noirs
Ce parfait inconnu qui passait sans me voir
Quel homme était-il donc ? Où pouvait-il aller ?
Comment se faisait-il qu’il pût tant m’intriguer ?

Etait-il assuré de sa destination ?
A moins qu’il ne marchât vers sa propre maison
Pourquoi fit-il surgir tant d’étranges questions
Qui m’assaillaient l’esprit sans la moindre raison ?

Mais peut-être après tout, était-il exemplaire
Ce passant si discret à l’allure ordinaire…
On voudrait tout savoir des gens croisant nos pas
Mais sait-on d’où l’on vient et sait-on où l’on va ?

Quelle fut notre source et quel sera le port
Où le hasard des jours scellera notre sort ?
La quête d’un bonheur qu’on voudrait préserver
La chaîne des tourments si dure à dénouer.

Ce souci du secret, cette part de mystère
Que chacun porte en soi au milieu de ses frères
C’est notre pré carré, refuge inestimable
Donc l’accès reste clos, quand passent nos semblables.

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