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Le modèle Suédois.

Mardi 26 octobre 2010 // L’Europe

L’entrée de l’extrême-droite au Parlement suédois n’est pas l’indice d’une crise du modèle suédois mais son couronnement.

Les élections du 19 septembre ont reconduit le gouvernement de centre-droit de Fredrik Reinfeldt qui perd néanmoins la majorité absolue à trois sièges près. L’attention s’est portée sur le succès d’un petit parti anti-immigration et anti-musulman, les Démocrates Suédois, qui, ayant franchi la barre des 4% (5,7%), obtient vingt sièges (sur 349). Ce groupe avait reçu l’appui du parti Danois du Peuple qui, aux dernières élections au pays des caricatures de Mahomet, était parvenu en troisième position, surtout pour ses positions. en matière de fiscalité. Fin octobre, l’extrême-droite européenne doit converger vers les Pays-Bas autour de l’emblématique Geert Wilders : Front National, Ligue du Nord en Italie, le Parti du peuple suisse, le Parti du Progrès en Norvège, le Jobbik hongrois, ses émules slovaques et roumains, autant de partis en pointe, atteignant parfois les 20%.

Qu’un parti suédois, rejoigne ce clan constitue pour beaucoup d’observateurs extérieurs un déclic, à cause du « modèle suédois ». La Suède a longtemps été et demeure l’un des principaux donneurs d’aide aux pays pauvres et la première terre d’asile en Europe. Dans les années 70 et 80, elle a été à la pointe de tous les combats tiers-mondistes. L’assassinat de son Premier ministre Olof Palme à Stockholm en 1986 —encore non élucidé a été vécu comme une crise de conscience, une crise morale, de société. Elle a été absorbée mais non dissoute dans la crise économique de 1991 qui a fait venir la droite au pouvoir pour la première fois en trente ans, pour seulement quatre ans, jusqu’à son retour en 2006. De cette époque, datent les principales inflexions libérales au modèle suédois originel de l’Etat-providence.

La poursuite des réformes, y compris pour les retraites par le parti social-démocrate lui a finalement été fatale, même s’il reste l’une des premières forces du pays. Si M. Fillon prend aujourd’hui la Suède en modèle, après certains sociaux-démocrates français, c’est qu’il y voit, à juste titre, une combinaison intéressante de la solidarité et de la liberté, une société de responsabilité individuelle, qui est aux antipodes de ce que l’on s’imagine d’une communauté qui prend tout en charge. Nicolas Sarkozy y a sans doute aussi trouvé son éthique du travail, en ignorant son puissant soubassement culturel calviniste. Oui, la Suède est un modèle de capitalisme tel que décrit par Max Weber dans son Ethique protestante et Esprit du capitalisme.

Ce type de société ne développe pas la forme de national-fascisme issue du socialisme, mais une autre, issue du libéralisme. Les Américains savent bien que l’égoïsme est un des ressorts du capitalisme et sont en train de le redécouvrir avec les « parties de thé » (tea parties). Le chômeur, le pauvre, et par extension l’immigré, n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes.

Ce n’est pas seulement pour sa politique envers les Roms que l’hebdomadaire américain Newsweek a choisi pour la couverture de son premier numéro d’octobre une photo du président français sous le titre : « Les nouveaux extrêmes européens, Sarkozy et la montée de la droite dure ». C’est beaucoup plus pour un nouveau positionnement de la politique européenne. Si la Suède est érigée en modèle pour l’Europe, c’est que l’éternel balancement droite-gauche, entre partis privilégiant plus de solidarité et ceux revendiquant plus de liberté, est désormais dépourvu de pertinence et est en passe d’être remplacé par un choc entre élites internationales et élites nationalistes. Sarkozy, mais aussi Merkel et Cameron, doivent faire le choix. Le modèle européen tout entier pourrait en souffrir.

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