Le « meilleur des systèmes »… Comme le Titanic était le « meilleur des paquebots » en 1912…

Vendredi 12 mars 2010 // La France

Nous sommes de plain pied dans le « meilleur des mondes » !

Encore un effort : et la carte de paiement remplacera la carte d’identité…

Quand la Révision Générale des Politiques Publiques se dit « New Public Management »…

Quand le « tout à l’anglais - tout en anglais » est au cœur de la crise.

De belles « Humeurs » de Marc Favre d’Échallens qui gardent toute leur actualité…

Défendre l’homme ordinaire !

Portemont, le 22 février 2010

La crise financière et maintenant économique montre en pleine lumière l’indécence de nos « élites » à vouloir nous imposer le modèle économique mis en place à la fin du 20e siècle dans les pays anglo-saxons, modèle qui est le meilleur des systèmes comme le Titanic était le meilleur des paquebots en 1912…

Ce système se résume, dans une large mesure, à la marchandisation de tous les domaines de l’activité humaine. Il s’attaque maintenant et notamment en France aux structures de type Sécurité sociale et Services publics par la mise en place de la New Public Management qui consiste comme l’on disait en XIIIe siècle à « exposer en proie » tous les domaines de l’activité humaine qui ne sont pas encore privatisés, soit directement par cession, soit par la mise en place au sein même de Services publics de rapports d’échange de type commercial en privilégiant la satisfaction des citoyens pris en leur seule qualité de consommateur ; les tarifs actuels de la SNCF en sont l’illustration édifiante.

La RGPP version française des politiques publiques anglo-saxonnes

La révision générale des politiques publiques (RGPP) mise en place en France depuis l’élection de Nicolas Sarkozy est la version locale de la New Public Management déjà appliquée au Royaume-Uni et que l’on retrouve aussi bien dans le projet de réforme de l’État comme celui de la privatisation annoncée de secteurs entiers de la sécurité publique par « coproduction de sécurité public privé ». La carte de paiement remplacera alors la carte d’identité comme elle remplace déjà la carte d’assuré social dans les services de soins états-uniens.

Un signe apparent de cette société de proie est l’injonction de l’anglais comme vecteur du changement que l’on retrouve par exemple dans le projet de réforme de l’Ecole Nationale de la Magistrature dont l’un des objectifs est « de permettre aux magistrats de s’exprimer avec aisance en anglais juridique** ». Un magistrat qui parle anglais est-il un meilleur juge ? Tout à l’anglais - tout en anglais, c’est la marque ostentatoire de la soumission à ce nouvel ordre.

Du tout à l’anglais au tout en anglais

Mais ce capitalisme financier ravageur des subprimes avec ses dérives frauduleuses « madoffiennes », en passe aujourd’hui d’imploser, est aussi le produit de l’anglophonisation de nos élites qui ont suivi les mêmes cursus universitaires, qui sortent des mêmes écoles. Ecoles qui imposent des filières en anglais, collaborent avec des universités américaines et sont classées et notées par des revues, journaux ou instituts anglo-saxons qui jouent le rôle, mutatis mutandis, des agences de notation financière (cf. le classement du Financial Times des Masters en management).

Là aussi, tout à l’anglais - tout en anglais, cette pensée unique a contribué à la crise actuelle par panurgisme idéologique et linguistique ; aucune pensée indépendante, aucune approche économique novatrice. Car la diversité linguistique c’est aussi la diversité des pensées et des visions du monde. Tout ce qui n’est pas en anglais est déprécié. L’aliénation linguistique et l’humiliation culturelle ont toujours comme effet l’assujettissement économique et le déclassement social.

Les slogans et publicités pour parler anglais s’étalent sur les murs de nos villes et dans le métro. Nos zélateurs ne rêvent que d’Amérique ; de l’éducation à la sécurité intérieure en passant par le sport et la santé.

Une France bilingue ?

C’est, en fait, la mise en pratique zélée de la volonté affichée par président de la République de faire de la France une nation bilingue*** et de nos enfants des zombies gorgés d’anglais, dociles à la langue des maîtres du moment.

Un monde anglophone ne sera, on le voit, pas le meilleur des mondes sauf à la manière d’Aldous Huxley ou de George Orwell qui est aussi l’inventeur de la « common decency » la décence ordinaire****, celle qui s’exprime par la simplicité dans le comportement et le rejet de l’humiliation de l’autre. L’homme ordinaire ne s’habille pas en Prada, ne roule pas en véhicule tout-terrain et ne souhaite pas que ses enfants deviennent les (petits) maîtres de la globalisation financière et ne parle pas la novlangue.

L’homme ordinaire n’est pas en priorité un consommateur mais un Citoyen ; rude tâche dans notre société globale que de remettre l’homme ordinaire au cœur de la société. C’est, il est vrai, moins drôle, en termes médiatiques, que notre société du spectacle, mais la vraie valeur travail devrait y gagner.

Livre blanc présenté le 15 décembre 2008 par le ministère de l’intérieur

Mesure 14 de la réforme de l’ENM.

 « Le président de la République m’a donné comme mission de faire de la France une nation bilingue" » Xavier Darcos 11/09/2007, Bruce Bégout, De la décence ordinaire. Essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell - Éditions Allia, septembre 2008, 6,10 €

Dimanche 08 Février 2009 - 22:40

Marc Favre d’Échallens

Si le poisson pourrit par la tête, une nation, quant à elle, se perd en abandonnant sa langue. Mais cette liquidation linguistique, en France et aussi en Europe, n’est pas spontanée. Elle est voulue, programmée et souhaitée par une classe dirigeante qui ne se considère plus comme porteuse des espérances du peuple mais comme les bénéficiaires d’une idéologie mercantile. La cible première est la jeunesse, on vend l’anglais comme une friandise sucrée, sans modération, sans avertissement.

« Happy School » « Stars of School », « University », et autres « Right Way », voilà ce que l’on a proposé, à de rares exceptions près, à nos enfants. Nous avons assisté à l’occasion de la rentrée scolaire 2009 au déferlement du charabia anglo-américain sur les affiches publicitaires, sur les produits destinés à nos enfants, du blouson au cartable, en passant par les cahiers et les classeurs.

Affubler les élèves et les collégiens de slogans en anglais semblent devenir la préoccupation principale de certaines chaînes de magasins qui se vautrent dans le « tout en anglais ». Les enseignes commerciales « Carrefour market » ou « Simply market » en sont la triste illustration.

Sous couvert de mode et d’amusement, les enfants et les adolescents, proies sans défense, sont infiniment sensibles au matraquage continuel du tout en anglais des prédateurs commerciaux encouragés par les naufrageurs de l’indépendance française qui se pensent comme un petit rouage européen de la mondialisation anglophone.

Les grandes surfaces, éponges de l’air du temps, ne sont pas seules en cause. Le monde médiatique est aussi à la pointe de la déferlante anglolâtre destinée aux adolescents avec les « Miss VIP on Board » de M6 dans les trains TGV, les « Free Concerts » d’ARTE et les « Party at Home » de MCM, la chaîne musicale de Lagardère.

Cette intoxication linguistique est complémentaire à la volonté des pouvoirs publics de faire de l’anglais la seconde langue obligatoire en France. Le « plan d’urgence » que Nicolas Sarkozy a présenté le13 octobre 2009 pour l’apprentissage des langues étrangères au lycée en est sa mise en place pratique. Le but avoué par le Président est que « tous nos lycéens doivent devenir bilingues et pour certains, trilingues » et d’enseigner des matières dites « fondamentales » (sciences, histoire, éducation physique et sportive) dans une langue étrangère.

Le pluriel employé dans l’expression « apprentissage des langues étrangères » n’est qu’une rhétorique creuse, il ne s‘agit pas de développer l’enseignement DES langues mais d’une langue : l’anglais et un anglais d’aéroport pour reprendre la formulation de la commission Thélot de 2004.

En outre l’utilisation des termes « bilingue » ou « trilingue » relève d’un abus de langage trompeur ou de la méconnaissance de la réalité du bilinguisme et de l’enseignement des langues. À moins que l’acception de « bilingue » soit celle en usage jusqu’au XVIIIe siècle et indiquée dans l’édition 1998 du dictionnaire historique de la langue française dirigée par Alain Rey (Le Robert) : « en deux langues », « fourbe, à la langue fourchue » et encore « ceux qui parlent autrement en particulier qu’en public » !

On ne conçoit bien, on ne travaille bien, on n’achète bien, on ne réfléchit bien qu’avec les mots de sa langue maternelle ; l’emploi forcé d’une langue est toujours cause de déclassement, d’asservissement moral, d’insécurité linguistique et de stress. Faire des Français des zombies décérébrés pour sociétés transnationales, gavés d’anglais, préparés à tous les renoncements par la pâtée médiatique quotidienne, sera le fruit âcre de la substitution de langue. Mais une main-d’œuvre docile qui dira « Yes Sir » aux maîtres du moment est le prix que nos élites sont disposées à faire payer au peuple pour qu’il parle la langue de la mondialisation, des « subprimes » et de la crise économique.

L’anéantissement des langues passe aussi par la destruction des symboles populaires comme le fait actuellement Citroën qui bascule sa communication commerciale en France à l’anglais de pacotille avec comme produit phare la marque DS qui signifie aujourd’hui « Distinctive Series » ! « Business center », « national key account manager » sont désormais en usage chez PSA PEUGEOT CITROEN sans oublier le « car policy » qui ne fait pas référence au fameux car de police de Citroën type H !

L’abus d’anglais nuit à la santé mentale d’une nation qui perd ainsi ses repères, ses valeurs, sa résistance et sa cohésion sociale.

Non, il n’est pas temps de changer de langue comme nous enjoignent des publicités dans les transports en commun d’Île-de-France. On voit ce que le « Time to Move » de France Télécom donne comme résultat ! Veut-t-on en faire le mode de fonctionnement de la société française ?

Qu’il est doux de ne plus penser le monde, de ne plus porter le destin collectif de son peuple et de renoncer à être un acteur pensent nos élites mondialisées, ces « profiteurs d’abandon et ces débrouillards de la décadence » comme les appelait le Général de Gaulle. Terminus tout le monde descend ! On veut bien être un « people » mais pas du peuple qui ne parle pas la novlangue ! Se débarrasser de sa langue, c’est trahir son destin collectif et renoncer à une représentation particulière du monde.

Il est temps aux Français de s’unir pour s’opposer à ce nouveau totalitarisme qui commence comme une comptine… en anglais et se termine en un « Apocalypse Now » des langues.
Liquider sa langue, c’est brader son avenir !

http://www.marianne2.fr/Ces-enfants-et-ces-jeunes-gaves-de-globish_a182565.html

« Il ne s’agit pas de regretter le temps du français triomphant parlé par la haute aristocratie européenne. La langue des élites finissantes et éclairées de la fin du XVIIIe siècle ne peut pas constituer le point d’ancrage du français du XXIe siècle. De même, la langue des hussards noirs de la IIIe République ne peut pas être retenue. Cette école républicaine souvent mythifiée a été aussi, par certains de ses aspects idéologiques, castratrice et réductrice. » Marc Favre d’Échallens

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