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Le mal-être français.

Mercredi 29 septembre 2010 // La France

Nicolas Sarkozy à Porto-Vecchio en 2007

Le mal-être français.

Encore Henri IV ! « Je connais le mal de mon royaume », disait-il au Parlement de Paris au tout début de son ouvre de restauration de la sécurité et de la prospérité du pays. Il n’est que trop vrai que ce mal français ne date pas d’hier. Aujourd’hui, il vient une fois encore nous faire sentir sa morsure, sous la forme d’un malaise sournois, et même d’un profond mal-être venu contaminer l’esprit public.

IL Y A UN DEMI-SIÈCLE, devant le délitement des institutions de la IVe République, le comte de Paris voyait dans le mal français un mal politique, « car les Français se sont à peu près soustraits à leur fonction politique ». En. 2010, ils ont un Président, Chef de l’État, élu au suffrage universel, qui a pris des engagements électoraux précis : prospérité - le fameux « travailler plus pour gagner plus » - et sécurité, surtout dans les zones urbaines les plus touchées par les transformations sociales des trente dernières années. Formulées en 2007 avec énergie et conviction, ces promesses paraissaient convaincantes et ont convaincu. Trois ans plus tard, l’échec est là, à la fois patent et latent : la crise a balayé les espoirs de prospérité, et la sécurité se révèle plus que jamais incertaine et menacée.

Le président considère - il n’a pas tort - que la bataille qu’il doit livrer relève pour une part de la communication. Mais curieusement, dans son discours sur ce double échec, il fait le grand écart. Pour la prospérité, changement complet de registre : le langage provocant, libéral est remisé aux oubliettes - avec cette explication sans appel de la crise : ce n’est pas moi qui me suis trompé, ce sont les spéculateurs qui nous ont trompés.

La France inquiète. dans la mauvaise conscience.

Pour la sécurité, à l’inverse, aucun changement de discours. Nous assistons au maintien insistant, répétitif, des mêmes formules énergiques et volontaristes : « Nous devons et nous allons gagner la guerre contre l’insécurité » ; « dès demain, une guerre sans merci sera engagée à l’endroit des trafics et des trafiquants... » ; « je déclare la guerre aux bandes violentes » ; « la France est engagée dans une guerre sans merci contre la criminalité... », émaillées au fil des années, ces déclarations de Nicolas Sarkozy ont connu leur dernière version au coeur de l’été, après les évènements du 17 juillet à Grenoble : « J’ai décidé d’engager une lutte sans merci contre les voyous et les délinquants... je n’ai pas changé d’un iota et je veux même passer à la vitesse supérieure ».

Nul n’ignore les vertus possibles de la méthode Coué, mais comment le doute ne saisirait-il pas l’opinion ? À trop servir, les coups de menton usent leur crédibilité. L’inquiétude grandit devant le constat que cette rhétorique guerrière demeure sans effet sur le développement des foyers potentiels de guerre civile. La France s’inquiète, donc, mais dans la mauvaise conscience : on n’a jamais cessé de vouloir la convaincre que ces populations remuantes sont des victimes, hier d’une colonisation indue, aujourd’hui d’un racisme unanimement réprouvé. Devant ces indémêlables contradictions, à chaque nouvelle flambée de violence, ce vieux pays s’enfonce un peu plus dans le mal-être.

Que peut faire le Président ? Quand il rappelle que la loi est la loi et qu’elle doit être appliquée, les Français l’entendent et l’approuvent. Mais, si ce ne sont là que paroles de vent, sans effet sur les orages qui grondent ?... Où est l’erreur ?

L’erreur est énorme, et trop manifeste pour ne pas aveugler ceux qui restent enfermés dans la répétition sans fin de leur modèle unique de société. Elle consiste à ne pas voir cette vérité trop modeste, trop humble, trop terre à terre, que pour nous Français, la seule manière de pouvoir vivre ensemble, c’est d’aimer la France, dans sa simple réalité humaine, géographique, historique, sociale, dans sa joyeuse diversité comme dans sa profonde unité.

Ce pays, constitué de populations si différentes, n’a jamais pu trouver la paix et la concorde civiles qu’en s’appuyant sur des principes d’indépendance et de solidarité enracinés dans son histoire commune.

Ce qui s’est passé le 17 juillet dans le quartier de La Villeneuve à Grenoble est tout à fait parlant. Voilà un quartier conçu comme un modèle d’urbanisme, bien construit, bien entretenu, relié au centre ville par un tramway, avec des espaces verts, un lac, des terrains de jeu, des équipements sanitaires et sociaux, tout ce qu’il faut pour vivre heureux... Qu’est-ce qu’il manque donc à ces jeunes gens pour que, plutôt que de ne penser qu’à s’intégrer et à élever leur condition et celle de leur famille, ils préfèrent se comporter en « sauvageons » irresponsables ?

Simplement qu’on leur ait appris à aimer vivre en France avec tous les autres Français,autrement dit qu’on leur ait appris à aimer la France. Cela commence à l’école. Quand on entend dire que les programmes d’histoire vont réduire la connaissance de l’histoire de France au bénéfice d’une culture plus « universaliste », on se dit que ces pédagogues sont parfaitement à côté de la plaque. Le constater ne relève en rien de quelque ethnocentrisme franchouillard. Il faut tout simplement l’admettre : pour ces jeunes, apprendre à vivre ensemble en France - et non en Patagonie ou au Kamchatka - est une priorité impérative.

La France contre les racismes.

Il faut certes les prendre tels qu’ils sont, avec leur propre histoire et leur culture familiale. Pour un Africain du nord de culture arabe ou berbère et de tradition musulmane, il y a, on le sait, un travail d’acculturation à faire, difficile mais combien passionnant ! Notamment, l’histoire de la colonisation et de la décolonisation doit être enseignée avec objectivité, avec ses ombres et ses lumières, et en jetant à bas tous les poncifs : les évènements doivent être resitués dans la vérité de leur contexte, en se débarrassant de tout souci de « repentance », et avec pour principal objectif de faciliter à ces populations leur pleine intégration.

Il faut leur enseigner à rejeter tout racisme. La France s’est faite contre toutes les formes de haines raciales. Comment comprendre que les professionnels de l’antiracisme restent enfermés dans leurs vieilles ornières ? Le rejet de l’autre est inscrit au fond de chaque être humain : en France, on n’a rien inventé de mieux que la France elle-même pour en combattre les effets. Par ailleurs, il faudrait, qu’une vision perverse de la liberté n’aboutisse pas à créer autour d’eux un décor urbain envahi par la pornographie. Comment ne voit-on pas que l’interdiction de la burqa alliée à la banalisation consentie de la pornographie forme un mélange hautement explosif ? Il faut aussi leur enseigner à ne pas idolâtrer l’argent. Une société dont l’idéal central est que chacun doit « gagner plus » incite ceux qui ne travaillent pas à s’en procurer par tous les moyens, même criminels.

Pour tous ceux-là, qui sont installés en France et n’en repartiront pas, les choses sont claires : il est tout à fait nécessaire qu’ils deviennent - sinon eux, du moins leurs enfants - complètement français, comme jadis des barbares germaniques devinrent des gallo-romains exemplaires. Cependant, pour leur protection et pour la nôtre, la politique d’immigration ne peut qu’être étroitement et intelligemment contrôlée. Ce qui, on le sait, est loin d’être le cas. La politique officielle met en avant une sélection sur critère économique : l’autorisation administrative de travail est donnée dans chaque département sur examen de la situation de l’emploi dans la profession demandée. La logique technocratique est satisfaite. Comment ne pas en voir la faiblesse ? On ne demande rien d’autre au candidat à l’immigration que de répondre à un besoin économique. Pas un instant, on ne se demande ce qu’il faudrait faire pour qu’il puisse se sentir Français, pour qu’il en éprouve le désir profond, pour qu’il acquière les moyens intellectuels et moraux de le devenir.

Le tout économique est en effet l’autre aspect de la cécité de nos élites politiques. Henri IV, dans la foulée de la sécurité retrouvée, ramena la prospérité. Le risque que nous courons est de n’avoir durablement ni l’un ni l’autre. Le pire ennemi de l’économie est l’ignorance du caractère prioritaire de la politique. C’est à une véritable révolution copernicienne que notre classe politique est invitée. Elle doit inverser son regard sur la réalité : elle ne doit plus voir la France comme une structure froide et irrationnelle, résorbable dans un ensemble européen ou mondial supposé rationnel, en fait purement fantasmatique. Pour sortir la France du mal-être qui la gagne, il faut la voir comme elle est : une construction vivante, avec toutes les possibilités d’un riche et puissant avenir, à condition qu’on se donne la peine de comprendre la manière dont elle a toujours fonctionné, et dont elle pourrait très bien, hélas, cesser de le faire.

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