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Le jour de l’ouverture du salon de l’agriculture !..

Lionel était à L’Hôtel de Matignon, et Jacques était au Palais de l’Elysée.

Dimanche 4 janvier 2009 // La France

Un Paysan. « Monsieur le Président, que va-t-on faire de notre surplus de marchandise ». ? 
Le Président. Donnez tout pour les pauvres, pour les SDF, pour les Resto du cœur.
Un Paysan. « Monsieur le Président, que fait-on du lait, nous ne savons plus quoi en faire ». ? 
Le Président. Donnez tout votre lait aux 4 millions d’enfants qui, n’en ont pas, et qui ont faim.
Un Paysan. « Monsieur le Président, que fait-on de notre stock d’insecticide, qui tue les abeilles » ?.
Le Président ; Foutez toute cette merde au feu, et écouter le Chouan, il a écrit un livre sur les dangers des pesticides.
Les Paysans. « Monsieur le Président, si l’on fait ce que vous dites, vous croyez qu’à Bruxelles, les fonctionnaires qui dirigent la PAC, vont accepter ? ».
Le Président. Merde, je n’avais pas songé à ces cons, ils ne connaissent rien à l’agriculture, ils se foutent des pauvres, des enfants, des SDF, et des vieux.
Les Paysans. « Monsieur le Président, que doit-on faire pour ne pas crever, et pour aider les plus faibles ? ».
Le Président. Faites une Révolution.
Le Paysan. « Monsieur le Président, vous voulez une politique de proximité, est-ce que les Régions, serez égalitaires quant à la répartition de la richesse nationale » ?.
Le Président. Je demande un Joker, croyez-vous, que les communes et les départements riches accepteront que l’argent citoyen, soient partagé.?.
Le Paysan. « Monsieur le Président, c’est quoi la République ? ça veut dire quoi, « Liberté Egalité Fraternité » ?.
Le Président. C’est une sémantique qui plait, mais dans la réalité, c’est un « Psychotrope » le meilleur de tous.
Le Paysan. « Monsieur le Président, vous qui êtes Gaulliste, que penserait le Général, s’il savait que son quatrième successeur, risque la prison, dès que son mandat sera achevé. » ? 
Le Président. Il dirait « Je vous l’avais bien dit, les Français ont voté pour un VEAU ».
Le Paysan. « Monsieur le Président, votre successeur, est-ce Nicolas Sarkozy » ?
Le Président. Mon brave, vous venez de me donner le coup de grâce, adieux, à l’année prochaine, au salon de l’agriculture.

Que faut-il faire des agriculteurs Français ?

Peu de secteurs économiques peuvent, autant que l’agriculture, se prévaloir d’un soutien sans faille des pouvoirs publics. Chaque année, le Salon de l’agriculture, qui ouvrira ses portes le 28 février à Paris, est l’occasion pour les hommes politiques de tous bords d’exprimer ostensiblement cette sollicitude. Et à quelques semaines des élections régionales, plus que jamais. Jacques Chirac est depuis longtemps considéré comme l’un des plus doués dans l’exercice de ces retrouvailles rituelles où sont célébrées les performances hexagonales.

La France est la première puissance agricole européenne et, en 2003, alors que l’excédent du commerce extérieur aura été divisé par deux ; celui accumulé par les exportations de produits agroalimentaires, affichera un niveau proche de 9 milliards d’euros, identique à celui de 2002. Mais au terme d’une année 2003 qui est figée par la renégociation de la politique agricole commune (PAC), les coups de butoirs difficilement repoussés par les partisans d’une libéralisation totale des marchés, « lors de la réunion ministérielle de l’organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun, sans oublier quelques nouvelles crises conjoncturelles dont la baisse du prix du lait » n’est que la dernière mésaventure. C’est un monde paysan un peu plus déboussolé et inquiet sur son avenir que le Chef de l’État doit s’attendre à trouver.

Car si, de négociations en négociations, la France continue de tenir tête à ceux qui seraient tentés de banaliser la politique agricole, c’est au prix d’un isolement croissant et sur une ligne défensive qui ne peut tenir lieu de projet à long terme. Aucune organisation syndicale ne se reconnaît dans la réforme de la PAC adoptée par l’Union européenne (UE) au sommet de Luxembourg en juin 2003. Si le projet « sanctuarise » jusqu’en 2013 le montant des aides accordées aux agriculteurs européens et dont la France profite au premier rang, chacun sent bien que l’élargissement de l’union aux dix pays d’Europe centrale et orientale ne pourra pas être sans conséquence sur la pérennité de ces financements. D’autant que, dans le même temps, plusieurs membres de l’UE ne cachent plus leur impatience de pouvoir afficher pour l’Europe d’autres ambitions comme la recherche ou la solidarité régionale.

Autant de projets difficiles à mener tant que le budget communautaire sera consacré pour près de la moitié à la défense d’une frange de la population qui ne représente plus que 4 % des actifs de L’U E. Le scepticisme grandit aussi au sein des opinions publiques. Quelle justification donner à ces milliards d’euros d’aides quand le système d’attribution devient de moins en moins lisible et laisse prise à de possibles malversations de la part du principal syndicat, la FNSEA ? Difficile en effet d’expliquer pourquoi les exploitations qui touchent le plus d’argent (les céréaliers) sont aussi les plus performantes et souvent les plus grandes ? Pourquoi des subventions destinées à l’origine à la survie d’une paysannerie locale se transforment-elles en armes commerciales sur les marchés extérieurs, au détriment des pays les plus pauvres de la planète ? Comment, enfin, conserver son crédit à une politique souvent jugée responsable d’une dégradation de l’environnement (pollution des eaux, érosion des sols...), d’une industrialisation excessive des processus de production, de l’uniformisation des goûts voire de la montée de l’insécurité alimentaire (vache folle, fièvre aphteuse...) ?

Faut-il y voir un signe de ce désarroi et du besoin de trouver de nouvelles boussoles. Les organisations agricoles sont devenues de grandes consommatrices d’exercices de prospective qui les projettent quinze ou vingt ans en avant ?. Les quatre scénarios de l’agriculture française à l’horizon 2015, préparés sous la direction de l’économiste Philippe Lacombe à la demande du ministère de l’environnement, en 2 000, tournent dans les provinces comme un « best-seller » qui a surpris tout le monde. « Il y a un besoin d’y voir clair. Les agriculteurs sont en attente d’une réflexion qui déboucherait sur des options lisibles que ne leur donne pas la politique agricole européenne », explique un membre du groupe de travail. Ces quatre scénarios ouvrent des pistes radicalement différentes. Le premier se borne à une adaptation de la PAC ; le deuxième privilégie la victoire du libre-échange et l’avènement de l’« ordre industriel » ; le troisième, mise sur la qualité d’origine, autrement dit, sur la déclinaison de la politique des appellations d’origine contrôlée dans laquelle a commencé de s’engager la France ; enfin, le dernier annonce l’apparition d’une agriculture des services, dans laquelle le chef d’exploitation, prend en charge les attentes des citadins en matière d’environnement et de loisirs.

Derrière chacune de ces hypothèses se pose, en filigrane, la question de l’emploi et du déclin démographique. Nul n’imagine que, dans la course à la productivité actuelle, le nombre des agriculteurs français, aujourd’hui de 916 000 répartis sur 664 000 exploitations, ne continue de diminuer. Jusqu’où ? Tout dépendra bien sûr du nouveau contrat qui sera passé avec ceux qui, dans les années d’après-guerre, furent chargés de conduire la France vers l’autosuffisance alimentaire.

 « Le potentiel de production et les possibilités considérables d’échanges ont écarté du champ des réflexions le risque de pénurie alimentaire pour nos pays » relève Pierre Daucé, professeur à l’école nationale supérieure agronomique de Rennes. En revanche, avec les crises alimentaires récentes, la notion de sécurité s’est réinvestir dans le besoin d’assurer la qualité sanitaire des approvisionnements. A lui seul, cet objectif, avec pour corollaire le souci de protection de l’environnement, pourrait remplir, en grande partie, la future feuille de route. Mais à quel prix ? C’est évidemment la question taboue.

Les craintes de disparition d’exploitations.

Plus la politique agricole commune (PAC) se complexifie, moins elle est justifiable aux yeux des contribuables européens qui la financent. La dernière réforme adoptée en juin 2003 à Luxembourg et dont l’application entrera en vigueur en France en 2006, comme l’a officiellement annoncé le ministre de l’agriculture, Hervé Gaymard, le 18 février, ne va rien arranger. Cette nouvelle version de la PAC entérine le principe d’une baisse progressive des prix des produits alimentaires, compensée par des aides au revenu pour les agriculteurs, introduit dans la réforme de 1992. L’agriculture européenne, dont les coûts de production sont élevés, ne peut pas rivaliser avec ses concurrents du monde entier.

Un changement important est introduit dans l’accord de Luxembourg. L’agriculteur ne percevra plus son aide en échange d’un acte de production. Pour toucher son chèque, il lui suffira de maintenir sa terre en bon état. Ce découplage heurte profondément les agriculteurs français, pour qui la PAC des origines, qui garantissait des prix élevés aux producteurs, produit par produit, reste la référence à défendre.

« Cette reforme entérine l’illégitimité des aides, on fait croire qu’il n’y a plus de question économique », relève Marcel Mazoyer, professeur à l’institut national agronomique Paris-Grignon (INA-PG). Les agriculteurs français ont bien compris que cette nouvelle forme de soutien facilitait leur disparition progressive. Cette reforme, est plus fondamentale que les précédentes, affirme-t-on à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture ( APCA ) Chacun effectuera son calcul, en fonction de la surface, du montant de son soutien, de l’état de ses bâtiments, aux normes ou pas, de son âge, avant de décider s’il continue à exploiter ses terres, et ce qu’il y produira…Les agriculteurs, habitués à se tourner vers l’État en cas de problème, devront prendre en compte cette incertitude nouvelle. C’était bien là l’objectif de la Commission de Bruxelles, pour qui les agriculteurs doivent raisonner en fonction des débouchés de leurs produits, et non du montant d’aides accordé à tel ou tel produit. 

Plusieurs changements, introduits dans la réforme, s’appliqueront de façon anticipée. Ainsi la modulation, mécanisme qui permettra de prélever 3 % des aides versées aux produits afin de financer des actions de développement rural ou de mises aux normes des exploitations, devra être à l’oeuvre à partir de 2005 (elle sera ensuite portée à 5 %). La conditionnalité des aides entrera également en vigueur en 2005. Il s’agit de lier leur paiement au respect de dix-huit directives européennes, qui portent notamment sur la qualité de l’eau, le bien-être animal, « Natura 2000 », c’est-à-dire la préservation d’espaces naturels.

 L’Allemagne a choisi la solution de la régionalisation, qui conduit à une mutualisation des soutiens, sur la base d’une prime unique à l’hectare. Il est peu probable que la France suive cette voie. Chaque agriculteur devrait ainsi continuer à bénéficier de la même aide, calculée sur la base des montants touchés entre 2000 et 2002. La réforme perpétuera donc l’inéquité des soutiens de la PAC. Ceux qui respectaient l’environnement, en nourrissant leurs animaux à l’herbe et non au maïs, seront pénalisés : la prime à l’herbe était, dans l’ancienne PAC, beaucoup moins élevée que la prime au maïs irrigué, par exemple, qui consomme beaucoup d’eau et de pesticides...

Autre grand enjeu laissé à l’appréciation des États :: Le transfert des droits à produire. Selon le règlement européen, ils sont attachés à un exploitant agricole identifié et commercialisable, sans être liés aux terres. La France souhaite que l’État continue à intervenir dans leur transmission, afin d’éviter la spéculation et la fuite des droits, vers les réglons les plus riches, voire hors de l’agriculture. Les organisations syndicales ont unanimement condamné cette réforme. Même si certains, en privé, se sont réjouis de voir leurs acquis préservés. La Confédération paysanne et les jeunes agriculteurs, très attachés au maintien du plus grand nombre d’agriculteurs, craignent une course à l’agrandissement des terres et une poursuite de la forte diminution du nombre d’exploitants.

Mécanismes de la politique agricole commune.

Le budget de la PAC s’élevait, en 2002, à 44 milliards d’euros, soit 44% du budget européen, et 0,5% du produit intérieur brut (PIB) communautaire. La France, premier producteur agricole de l’Union européenne (UE), en est la première bénéficiaire (22 %). Le budget de la PAC a été « sanctuarisé  » jusqu’en 2013. Il devra financer l’adhésion des nouveaux membres, y compris de grands pays agricoles comme la Pologne et la Roumanie.

 À quoi sert la PAC et comment fonctionne-t-elle ?

Lancée dans les années 1960, la PAC repose sur l’instauration de prix plus élevés que le cours mondial, garantis aux producteurs (prix institutionnels garantis). Les produits circulent librement à l’intérieur de l’Union. A l’importation, les agriculteurs européens sont protégés par des prélèvements variables, égaux à la différence entre le prix de marché intérieur et le prix mondial à l’exportation, les « restitutions » (qui sont des primes) compensent la différence entre le prix intérieur et le prix mondial. Ce système de prix élevé est financé par le consommateur. Les objectifs quantitatifs de cette politique ont été remplis, mais elle a causé des dégâts ; Production d’excédents, sources de dérive budgétaires et de déstabilisation de marchés extérieurs, et dommages sur l’environnement.

En 1984, un régime de quotas est instauré en production laitière, afin de limiter les quantités produites. En 1992, une réforme générale est décidée. Pour freiner la dérive budgétaire, les prix garantis dans les secteurs les plus sensibles (viande, céréales) sont abaissés. Afin de compenser la perte pour les agriculteurs, des aides directes au revenu sont versées. Cette réforme introduit donc un premier découplage entre le niveau de soutien et les mesures agro-environnementales sont mises en place et la jachère entre en vigueur. Au regard des objectifs affichés, cette politique s’avère insuffisante et doit être relancée dans l’Agenda 2 000 adopté en 1999. Enfin, la réforme à mi-parcours de la PAC a abouti, en juin 2003, à la signature d’un nouvel accord, à Luxembourg.

La PAC actuelle est l’héritage, à la fois, des choix anciens et des réformes successives opérées, ce qui explique la coexistence de règles variables selon les secteurs. Les aides directes, qui compensent la baisse des prix, représentent désormais 77 % des dépenses, tandis que 7 % sont consacrées aux restitutions. La PAC est financée en majorité par le contribuable, et non par le consommateur. Les premiers postes de dépenses de la PAC sont les cultures arables. Les céréales (32 % des aides en 2002), la viande bovine (16,4 % ), le lait ( 5%), l’huile d’olive (5,4 %). La part des aides et leur nature sont variables selon les productions. En France, la pari des subventions dans la valeur produite s’élevait en 2002 a 48,5 % pour le blé dur, 32,7% pour le blé tendre, 28% pour le maïs, 30 % pour les gros bovins, 22 % pour les ovins. Les aides directes entrent pour 54,8% dans la formation du résultat agricole de l’ensemble des grandes cultures et pour 59,5% de l’ensemble de la production bovine.

Certains secteurs ne bénéficient pas, ou peu, d’aides : les vins et alcools, pourtant l’un des premiers postes de la balance commerciale agroalimentaire française, les fruits et légumes, les productions hors-sol (volailles et porc). Certaines filières bénéficient de soutiens indirects, comme le sucre, dont l’organisation commune de marché (0CM) continue à fonctionner selon les mécanismes de l’ancienne PAC, c’est-à-dire du soutien par les prix. La commission entend s’attaquer à la réforme de ce secteur.

« Les productions AOC ne sont ni opéables ni délocalisable ».

Si les appellations d’origine contrôlée existent en France depuis 1935 dans le secteur des vins, il est vrai que, depuis une dizaine d’années, on a vu se multiplier sur les linéaires des commerces, les mentions et les signes officiels ou privés, revendiquant la qualité, l’origine ou la tradition dans l’ensemble des secteurs agroalimentaire. C’est le contrecoup de l’industrialisation croissante de l’agriculture qui a fait passer, en quelques décennies, à plus de 80 % la part des produits agricoles transformés dans la consommation des ménages. Chacun d’entre nous a vécu cette évolution comme une perte de sens et d’identité, ainsi que le remarquent les sociologues. Les agriculteurs, qui vivent eux aussi une crise d’identité, avec les réformes successives de la politique agricole commune, voient dans les filières d’origine une occasion de répondre aux attentes des consommateurs en se réappropriant leurs racines. Quant aux grandes enseignes, elles ont créé des marques pour capter l’image positive des terroirs et être reconnues d’un consommateur devenu sourcilleux.

L’appellation, et la qualité qui s’ensuit, crée aussi de la valeur foncière. Le prix de terres d’oliviers de Nyon (Drôme) plantées en AOC croît de 2% par an plus vite que celui des terres non AOC. L’appellation permet ainsi à l’agriculture de résister à la pression foncière née du tourisme ou de l’urbanisme. Autre avantage les productions d’appellation ne sont, par définition, ni « opéables  », ni « délocalisables » !. La lentille verte du Puy ou le Roquefort sont une propriété collective et ne peuvent être expatriés, à la différence d’une marque qu’un des industriels peut conserver, tout en déplaçant sa production en Asie ou en Afrique pour obtenir des prix plus bas.

L’AOC, est tout autant valable pour le Fromage de Laguiole, qui par la qualité des herbages de l’Aubrac, est de bien meilleure qualité, que le Cantal, ou le Salers. Le village de Laguiole, n’a pas déposé d’AOC pour « ses fameux couteaux », mais il suffit d’aller aux forges de Laguiole pour constater, qu’il existe bien un couteau de Laguiole, fait entièrement à Laguiole. Il est reconnaissable à son signe qui figure sur la lame « Un couteau ouvert vers le manche » ; La seule usine qui fabrique le « Couteau de Laguiole » se situe sur la route d’Aubrac, et se nomme, dois- je redire ::  » Les forges de Laguiole ». Tous les autres couteaux sont fabriqués à Thiers, hormis une minorité, qui sont fabriqués par « Honoré Durand ». Ils sont en nombre restreint, mais de grandes qualités. Les couteaux Calmels, ne sont nullement des produits fait à Laguiole.

 Face à des produits marketing qui jouent tous, sur des noms ou des images symboliques du produit AOC ( le terme « terroir  », l’image de la vache normande), le consommateur peut être tenté de se rabattre sur une pâle imitation de l’A O C, moins chère. C’est pourquoi, « L’INAO », veille à ce qu’il n’y ait pas de détournements de la notoriété d’un produit issu d’un territoire. Pas question d’accepter des tagliatelles de Bourgogne ! Selon les produits, nous sommes aussi proches du plafond de ce que le marché peut absorber comme productions de qualité supérieure. En matière de vins, les AOC couvrent 55 % de la production française. Il ne serait pas raisonnable de vouloir aller au-delà et convertir le reste du vignoble à cette démarche. Même chose pour les volailles, dont une grande partie est sous Label rouge et indication géographique.

La France n’est-elle pas un peu solitaire dans cette démarche de qualité, face aux grands pays exportateurs qui réclament des marchés sans entraves ? L’appellation d’origine n’est pas un concept réservé aux États riches. Nous coopérons avec de nombreux pays qui mettent en place des procédures de protection des appellations. La Chine a adopté, avec l’aide de la France, une loi sur les appellations en 2 000, et reconnu une trentaine d’AOC allant du vin jaune à des thés en passant par des jambons typiques de certaines régions. Le Vietnam lui a emboîté le pas en 2001. La première indication géographique, attribuée au « nuoc-mam de Phu Quoc », a séduit Unilever, qui a investi 1 million de dollars en relocalisant sa production dans cette île. Le prix du nuoc-mam AOC a, depuis, été multiplié par trois.

Seize pays d’Afrique de l’Ouest ont demandé à l’INAO d’identifier deux produits susceptibles d’être certifiés chez chacun d’entre eux. Nous sommes sollicités par des pays aussi variés que le Maroc, qui veut protéger l’huile d’argan (un épineux), la Bolivie pour le vin et le quinoa (une céréale), le Brésil pour le vin. On le voit, l’enjeu n’est pas d’imposer au reste du monde une vision franco-française ou le seul intérêt des pays développés. Nous croyons que la mondialisation de l’alimentation ne doit pas se traduire par une banalisation des produits, mais bien par un développement des échanges respectueux des différences et des cultures alimentaires.

En additionnant les vignerons, les éleveurs, les oléiculteurs, les arboriculteurs et les maraîchers engagés dans les 600 produits sous AOC et indication géographique protégée (IGP), on arrive à 140 000 exploitations agricoles sur un total de 650 000. Ce nombre peut et doit progresser dans les prochaines années, la mondialisation de l’alimentation ne doit pas se traduire par une banalisation des produits, mais bien par un développement des échanges respectueux des différences et des cultures alimentaires. Plus nous serons nombreux autour de la table de négociation de l’organisation mondiale du commerce (OMC) à poursuivre ce modèle de développement basé sur la diversité et la qualité, mieux nous tiendrons tête aux pays ultralibéraux du groupe de Cairns.

VARSOVIE

C’est un scénario-catastrophe qui donne des migraines à Bruxelles et aux sociaux-démocrates au pouvoir en Pologne. Imaginons qu’en novembre l’Union européenne (UE) ne puisse verser les aides directes dues aux agriculteurs polonais pour 2004, en raison de l’incapacité technique du pays à les gérer. Le mécontentement du milieu rural ferait le lit du « Samoobrona » (autodéfense), le parti populiste et euroscéptique d’Andrzej Lepper, qui gagnerait les élections générales de 2005... De la politique-fiction ? Peut-être, mais dans un pays où l’avenir de l’agriculture est un thème éminemment sensible, tout peut arriver..

Ce secteur compte quelque 1,8 million d’exploitations dont, près de la moitié, très petites, sont quasiment autarciques. Quant à la population agricole totale (actifs agricoles à temps plein, plus ceux qui ont un deuxième emploi, plus les retraités...), elle culmine à 20 %, 22 % de la population active.

La part énorme et historique de l’agriculture dans la société polonaise ne doit pas dissimuler « les profondes mutations que ce monde a connues au cours des dix dernières années et qu’il continue de mener, dans la perspective de l’adhésion à l’Union au « 1° mai », rappelle Jerzy Plewa, vice-ministre de l’agriculture et ancien négociateur, auprès de Bruxelles, de ce dossier qui ne fut bouclé qu’à la dernière minute. « L’agriculture est encore aujourd’hui l’objet de mythes. Les Européens ont peur de voir déferler des produits agricoles polonais bon marché, les Polonais appréhendent l’inverse », explique Jerzy Plewa.

Cet expert dresse un tableau contrasté des conséquences de l’adhésion. Certaines cultures s’en sortiront mieux que d’autres. C’est le cas des fruits et légumes et de leur transformation. Un secteur peu réglementé où la Pologne pourra faire jouer le faible coût de la main-d’oeuvre locale ou saisonnière en provenance d’Ukraine, encore moins chère. « L’avenir est en revanche, incertain pour les plus grandes exploitations, qui seront en concurrence directe avec celles des Etats membres. Or certaines sont fortement endettées, après leur course à la modernisation, souvent d’ailleurs avec des équipements en provenance de « l’UE », constate Jerzy Plewa. Difficile, selon lui, de faire la balance entre les avantages et les inconvénients liés, par exemple, à la suppression des droits de douane au sein de I’UE, d’une part, et, d’autre part, l’application de taxes communes aux Etats membres pour le commerce avec les pays extérieurs.

QUOTAS STRICTS.

Par ailleurs, des produits tels, le lait seront dorénavant soumis à des quotas stricts et contraignants, inférieurs à la production actuelle. En réalité, l’agriculture polonaise n’a pas fini sa mutation. Pour autant, certains secteurs se sont adaptés très vite au nouvel environnement. C’est, notamment, le cas du secteur laitier, qui s’est fortement concentré en cinq ans, passant de 850 000 fournisseurs à 340 000 aujourd’hui. Environ 80 % de la production est maintenant aux normes européennes, selon le ministère de l’agriculture. Et puis, au crédit de l’adhésion, il y a les aides directes que Bruxelles versera aux agriculteurs polonais. Varsovie a choisi une méthode simple, calculée sur le nombre d’hectares et non sur la production. Au total, les agriculteurs polonais devraient donc bénéficier d’environ 700 millions d’euros la première année, correspondant à 25 % de l’acquis européen en ce domaine. Cette part augmentera progressivement jusqu’à atteindre 100 % dans dix ans. A cela il faut ajouter la part consacrée au développement rural dans les régions les plus défavorisées, les fonds d’ajustements structurels pour la reconversion ou le départ en préretraite d’une partie des agriculteurs. Il y a également l’entrée sur un marché unique où les prix sont relativement stables. Au bout du compte, la balance penche en faveur de l’UE. Jérzy Plewa rappelle d’ailleurs qu’en 1995, déjà, il avait réalisé une étude concluant sur l’impact positif de l’intégration de la Pologne à l’Union. « Je réécrirai la même chose aujourd’hui », confirme ce spécialiste, qui raye sur son calendrier les jours le séparant de l’adhésion formelle à l’UE, comme un forçat sur le mur de sa cellule en attendant sa libération.

Le Salon où l’on cause.

Certes, l’aveu vient du président de la FNSA, Jean Michel Lemétayer. Il est cependant partagé par l’ensemble de la profession agricole : « Cette année 2003 qui s’achève nous laissera un goût bien amer ». Il faut bien le reconnaître, l’an passé fut pour le moins riche en problèmes et rebondissements en tous genres.
 Inondations, gel, sécheresse, de nouveau inondations, échec des négociations de 1’OMC, accord sur la politique agricole commune, chute des cours dans certaines productions... Cependant, à croire la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation, le revenu agricole aurait légèrement augmenté (1,1% en 2003. « Faux », rétorque en substance l’Assemblée permanente des chambres d’Agriculture (APCA) qui, dans une étude rendue publique début janvier, rappelle « qu’il s’agit d’un résultat moyen qui cache de nombreuses disparités entre agriculteurs » et qu’il « s’agit de prévisions susceptibles de révisions ». En fait, les chiffres auraient été artificiellement dopés par la hausse des prix des productions végétales (blé, maïs...) dont les rendements ont été faibles. Mais, il arrive que « la baisse des volumes ne s’accompagne pas toujours de hausses de prix ». remarque 1’APCA.

C’est ainsi le cas de la viticulture de qualité, dont les prix progressent à peine plus vite que l’inflation, remarque l’étude. Les chiffres tiennent aussi compte des fonds que la puissance publique a débloqués au titre des calamités agricoles. Tant et si bien que les subventions d’exploitation (500 millions d’euros) auraient progressé de 37% Ce qui, correspondrait à 2,5 % du revenu selon l’APCA. C’est aussi pourquoi la Coordination rurale, estime qu’il faut mettre un terme à la « véritable agression » que constitue la publication de ces chiffres. Car « aucune autre catégorie socioprofessionnelle n’admettrait ce traitement qui se retourne contre l’image de l’agriculture » d’autant que « le nombre de paysans ne cesse de diminuer ».

Préserver les droits.

Sans forcer le trait ni assombrir le tableau, l’année 2004 ne s’engagerait pas, de l’avis général, sous les meilleurs auspices. En tête des préoccupations des agriculteurs :: l’application de l’accord de Luxembourg entériné en juin 2003, autrement dit, la réforme de la PAC à mi-parcours. « Il faut l’appliquer dès 2005 ». ont martelé presque comme un seul homme Philippe Mangin, président de Coop de France (ex-Confédération française des coopératives agricoles), Luc Guyau, président de I’APCA et Jean-Michel Lemétayer. Les trois dirigeants agricoles justifient leurs propos par le vide juridique qui naîtrait de la non application de cet accord. Cela concerne en particulier les droits à produire, notamment les quotas laitiers. « Si on attend 2007 on n’a pas fini de s’amuser pour savoir à cette date, à qui appartiendront les droits transmis le 29 septembre 2003 sur des références laitières de 2001/2002 », a indiqué Luc Guyau lors d’une conférence de presse à la mi-janvier. Tout report créerait une insécurité sur les mutations foncières et bloquerait l’installation de jeunes agriculteurs. Le fait est que de nombreux paysans sont d’ores et déjà allés voir leur notaire pour essayer de démêler l’imbroglio et prendre toutes leurs précautions afin de préserver leur droit, par conséquent leur outil de production.

Marchés fragiles.

Autre inconnue face à cette réforme jugée illisible par des nombreuses organisations professionnelles agricoles :: le comportement des exploitants qui seraient tentés de percevoir les subventions européennes tout en se contentant de laisser le tracteur dans le hangar. En dehors d’une attitude susceptible d’entamer le crédit de la profession, cette conduite risquerait de déstabiliser des marchés agricoles encore très fragiles. C’est notamment le cas pour la production porcine qui traverse depuis trois ans, une crise sans précédent. Le kilo de porc payé au producteur peine à atteindre aujourd’hui un euro quand le coût de revient de ce même kilo grimpe à 1,35 € voire 1,50 € si l’on tient compte du renchérissement du prix des céréales suite à la canicule de l’été dernier.

 La situation est toute aussi dramatique pour les producteurs avicoles. La Bretagne, il est vrai, première région productrice de France, a tout de même perdu en trois ans 200 000 tonnes de volailles et 2 000 emplois directs. « Nous devrions en plus fermer 500 000 mètres carrés d’ateliers dans les prochains mois », s’est récemment inquiété Jean Salmon, président de la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne. « Dans les centres de gestion agricole, certains commencent à faire des règles de trois tant de mètres carrés en moins, c’est tant de chiffre d’affaires en moins et tant de comptables en moins. Eux aussi s’inquiètent pour leur avenir », a-t-il ajouté.

.L’élargissement au 10 nouveaux pays, le 1er mai prochain, la réactivation des négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le développement de la qualité et la protection de l’environnement constitueront les autres grands défis que l’agriculture française devra relever pour 2004. Sur ce dernier point, le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard a souhaité que 30% des exploitations soient qualifiées « Agriculture raisonnée » à l’horizon 2008. Cela suffira-t-il à redresser l’agriculture française ?

Et si l’on parlait un peu de nos abeilles ?.

Le droit français condamnera-t-il un jour la « criminalité écologique » comme le suggère le député vert de Gironde Noël Mamère, »’ qui estime que la société BASF devrait être poursuivie pour ce chef d’accusation dans l’enquête sur l’impact de leur insecticide Régent sur les abeilles.? En attendant, le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard a pris la décision d’interdire le Régent et cinq autres insecticides contenant du Fipronil, le même principe actif. En même temps, une enquête a été demandée par le ministre, sur la toxicité du Gaucho, un autre insecticide suspecté d’être à l’origine d’une surmortalité des abeilles et dont le précédent ministre de l’Agriculture, Jean Glavany, avait déjà suspendu l’utilisation sur le tournesol en 1999.

Cette décision intervient après que la ministre de l’Ecologie Roselyne Bachelot s’est prononcée pour l’interdiction totale du Régent et du Gaucho et après qu’un juge de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), saisi par les apiculteurs, a décidé de mettre en examen la société Bayer Crop-science France et son directeur général.

Surtout l’affaire avait été relancée quelques jours auparavant par la publication d’un livre enquête de Philippe de Villiers entré en croisade contre les insecticides. Sous-titré « un scandale d’Etat », l’ouvrage du président du Conseil général de Vendée, « Quand les abeilles meurent, les jours de l’homme sont comptés », a, immédiatement été attaqué en justice par la société Bayer Crop-Science France (BCF), productrice de l’insecticide Gaucho, qui a tenté d’empêcher la sortie de l’ouvrage. Finalement, le juge des référés a simplement ordonné la publication d’un communiqué dans un quotidien, aux frais de M. de Villiers, destiné à rappeler que le producteur d’insecticide bénéficie de la présomption d’innocence.

« J’observe votre silence, silence de plomb, silence incompréhensible » avait écrit Philippe de Villiers, dans un « message personnel et solennel » adressé à Hervé Gaymard. Et même s’il est sans doute abusif de laisser sur les épaules de l’actuel ministre de l’Agriculture la responsabilité de tant d’années de silence. On peut en effet s’étonner que les autorités aient tant tardé à mettre en oeuvre le fameux principe de précaution dans cette affaire. Si des expertises et contre-expertises, parviennent à des conclusions contraires, il est un fait cependant qu’une surmortalité des abeilles frappe les ruches depuis 1994, date du début de l’utilisation du Gaucho puis du Régent.

 Les chiffres de l’hécatombe sont impressionnants, selon les apiculteurs, près du quart des ruches françaises perdent leurs travailleuses chaque année ce qui correspond à la disparition de plus de 450.000 ruchers depuis 1996. On imagine aisément l’ampleur du désastre, notamment sur le plan économique, pour les apiculteurs. Mais les conséquences écologiques sont bien plus graves puisque, rien qu’en Europe, 20.000 espèces végétales, dont de nombreuses espèces cultivées, ne peuvent pas se reproduire et ne peuvent donc pas survivre sans la pollinisation par les abeilles.

Alors que le principe de précaution, conduit de plus en plus facilement à des mesures de retrait de certains produits dans l’attente d’un complément d’enquête ; alors que les autorités, prenant la mesure du mauvais état des eaux superficielles en France, n’ont pas hésité à interdire de nombreux pesticides laissant des traces résiduelles dans les cours d’eau, pourquoi a-t-on tant tardé à interdire la commercialisation du Gaucho et du Régent, ne serait-ce, que pour s’assurer de l’innocuité promise par leurs fabricants ?
 
Faut-il accuser, comme Philippe de Villiers qui en demande la réforme, un « système d’homologation des produits phytosanitaires, beaucoup trop perméable aux firmes multinationales agrochimiques » ?.

Les fabricants d’insecticides, d’herbicides et de pesticides, qui viennent de lancer une campagne de publicité s’adressant directement aux Français, rappellent au contraire que « l’industrie de la protection des plantes, au même titre que l’industrie pharmaceutique, est très réglementée en France ». Chaque produit, avant d’obtenir homologation, fait l’objet d’une dizaine d’années d’études, profil toxicologique et écotoxicologique ».

Mais dans le sillage de mouvements comme l’agriculture biologique et l’agriculture raisonnée, il faudra de toute façon, si l’on veut préserver la qualité des écosystèmes, apprendre à limiter l’utilisation des 82.000 tonnes de pesticides actuellement employés annuellement par l’agriculture française. Au-delà du sort des abeilles, l’affaire du Régent vient rappeler que le principe de précaution peut et doit s’appliquer en matière d’environnement et pas seulement en matière de risque sanitaire. Cette affaire doit surtout inviter à une remise en cause globale de la consommation de pesticides et insecticides en France, 3° consommateur mondial derrière les Etats-Unis et le Japon.

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