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Le droit international, l’Islam et nous.

Mercredi 18 mai 2011 // Le Monde

L’Otan est devenue le lieu où l’on cause de la relation avec les nouveaux régimes arabo-musulmans, parce que c’est là que se prennent les décisions.

S’il est bien un principe qui résiste à tout, c’est le principe de réalité. Dans le cas des révoltes arabes, au moins pour la partie méditerranéenne, l’interlocuteur et l’acteur n’ont pas été l’Union européenne ni même les États-Unis qui se sont dépêchés de se débarrasser du bébé. Paris et Londres, embryon d’une potentielle Europe de la Défense, se sont essayés à donner le change. Mais le commandement de l’opération « Aube de l’Odyssée » est revenu le 30 mars à l’Otan. Qui peut croire que le pilotage politique serait, lui, confié à un comité de représentants en marge de l’Organisation ?

On doit le regretter, mais voyons comment la structure peut réaliser la mission, non pas militaire cela va de soi, mais politique qui lui est confiée. L’objection française à l’Otan était que celle-ci serait regardée comme hostile par le monde arabe : une structure militarisée n’est pas propre au dialogue avec des pays arabes qui ont de mauvais souvenirs. Or, la révélation des mouvements arabes actuels est précisément qu’ils n’incorporent aucun ressentiment anti-occidental ou anti-impérialiste. Au contraire, la revendication de la démocratie rapproche la rue arabe des Occidentaux. Comme hier Nasser et Saddam Hussein, les Kadhafi et Assad ou le yéménite Saleh, sont les héritiers du vieil esprit nationaliste jouant sur la corde anti-occidentale jusqu’à l’user totalement.

Aujourd’hui les opposants sont donc tout naturellement alliés de l’Occident et de sa structure la plus symbolique pour les dictateurs, à savoir l’Otan.

Le pays qui a le mieux compris cette révolution intellectuelle est la Turquie. Ankara, d’abord réservé, a fait le choix de l’Otan pour demeurer au coeur des centres de décision politique. C’est au contraire l’aventurisme de Sarkozy et Cameron dont il redoute les conséquences. Un cadre institutionnel bien établi vaut mieux qu’une coalition de rencontre ou que l’Union européenne où la Turquie n’a pas voix au chapitre, contrairement à sa présence dans le concert européen depuis le traité de Paris (1856) jusqu’à la chute de l’empire ottoman (1924). Sa réintroduction date de son admission dans l’Otan (1952).

Finalement, ce sont les questions de sécurité qui l’emportent. L’erreur a été de privilégier, comme à l’origine de la communauté européenne, les questions commerciales ou l’aide au développement au travers des accords d’association puis du processus de Barcelone et enfin de l’Union pour la Méditerranée. Il ressort que le plus important est d’arriver à une conférence de sécurité internationale pour assurer l’avenir des nouvelles greffes démocratiques. Mais quel sera le partenaire de l’Otan ? La Ligue arabe est bien faible ; l’Union du Maghreb Arabe (UMA) est sur papier ; on ne voit guère que la Turquie comme fédérateur.

Ankara est vu comme un modèle de démocratie musulmane. Non seulement pour les Arabes, mais surtout pour les Occidentaux qui y voient la bonne manière de gérer l’Islam. La Turquie peut nous aider à accepter l’inéluctable conséquence de cette démocratisation qui est la montée des forces ou opinions musulmanes au sein de la société et du gouvernement de pays qui nous apparaissaient jusqu’à hier comme des modèles de tolérance voire de laïcité. Mais c’est l’unique possibilité à moyen terme du mixte politico-religieux vers lequel tend la réforme de l’Islam.

Reste encore à organiser l’émancipation’de ces démocraties musulmanes sur le pourtour de la Méditerranée par rapport aux centres de l’Islam situés plus à l’est, La Mecque, l’Iran, le Pakistan. Il ne s’agit pas tant ici de séparer le politique du religieux que de briser sinon l’universalité de la foi du moins l’internationalisme qui s’y attache depuis Médine, libérer les consciences d’un Saint-Empire qui ne dit pas son nom. Il s’agit de restaurer entre nations musulmanes, et entre elles et nous, un droit international qui tienne la route. Commençons par ne plus donner à l’Arabie saoudite le monopole du discours sur une prétendue Alliance des Civilisations, arrêtons même tout à fait cette ligne de discussion. Tenons-nous en au politique et à notre zone d’intérêts, et lançons l’idée d’une nouvelle conférence de sécurité en Méditerranée, type OSCE, une fois que les démocraties musulmanes seront en place.

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