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Le dimanche, c’est sacré !

Jeudi 29 janvier 2009 // Divers

L’EXAMEN de la proposition de loi du député Richard Maillé, élargissant les dérogations au repos dominical, a été reportée au mois de janvier. Il a été remanié dans un sens beaucoup plus restrictif.

Il n’est plus question, comme à l’origine, de permettre sous certaines conditions l’ouverture des commerces le dimanche ni, non plus, comme il a été proposé par la suite, d’expérimenter pendant cinq ans l’ouverture des magasins le dimanche dans des zones définies. Le principe du repos dominical est de nouveau affirmé. La permission d’y déroger ne concerne plus que les zones touristiques et les zones dites d’attractivité commerciale exceptionnelle dans les unités urbaines dc plus d’un million d’habitants, Paris, Marseille, Lyon et Lille. Les grandes surfaces alimentaires sont exclues du dispositif pour ne pas porter préjudice aux commerces de proximité. Le salarié a toujours le droit de refuser la rémunération doit être doublé, et un repos compensateur est exigé.

Si les exceptions peuvent se comprendre, et de toutes façons, il y a d’ores et déjà des millions de cas particuliers dans des quantités de métiers, il n’en reste pas moins qu’il est toujours mauvais de légiférer sur des cas particuliers et surtout pour enfreindre des principes fondamentaux.

Nicolas Sarkozy a plié sur ce sujet qui lui tenait à cœur et il a bien fait. Il n’y a jamais de mal à reconnaître une erreur. Et, pour une fois, la représentation parlementaire a joué parfaitement son rôle. Sur ce sujet précis !

Les autres discussions, ces derniers temps, ont relevé du cirque parlementaire et du mauvais cirque : celle sur la réforme de l’audiovisuel en particulier. Ce qui tend à prouver que la réforme constitutionnelle sur les pouvoirs du Parlement, comme il était prévisible, n’a en rien changé le fond de la question. La représentation nationale est radicalement faussée par le régime des partis. C’est une évidence qui est claire pour la majorité des Français et même pour la majorité des hommes politiques quand ils parlent en vérité. Il ne s’agit pas de supprimer la représentation, il s’agit de la rendre réelle et efficace en vue du bien commun. L’affaire du dimanche a, de ce point de vue, donné un bon exemple.

Nicolas Sarkozy avait cru pouvoir y toucher il privilégiait le travail avant tout. Il appliquait, là aussi sa formule : travailler plus pour gagner plus. La tradition chrétienne et Française était bafouée par cette volonté. Remettre le pays au travail, soit, mais pourquoi le dimanche précisément Cette aberration déformait le dessein primordial et lui donnait une autre connotation.

Eh bien, les évêques ont parlé. Ils ont eu raison de parler. Et de parler fort : L’homme ne se nouait pas seulement de pain. Le travail, ni l’argent, ni la consommation ne sont des dieux. Le dimanche, en France, depuis ses origines, est consacré à Dieu ( pour les croyants) et au repos. Les évêques français ont fait leur travail de représentants de la plus vieille nation catholique du monde.

Les syndicats, y compris professionnels, ont parlé aussi. Et là, dans cette matière, ils ont parlé juste ils ont rappelé que les travailleurs avaient droit à leur repos dominical et familial.

Et les parlementaires ? Ceux de l’opposition ont fait leur métier d’opposants, mais, cette fois-ci, ils ont trouvé de vrais arguments, confondant cependant volontiers, selon la mode républicaine, le culturel et le culturel. Peu importe ce n’était plus le « non » du parti, mais le « non des Français ».

Et puis, bravo aux députés de la majorité qui n’ont pas hésité à affirmer haut et fort leur conviction. Ils ont forcé l’Élysée et Matignon à les recevoir et à tenir compte de ce qu’ils représentaient : le pays profond parlait par eux. Ils ont rempli leur devoir.

Leçon que la France se retrouve elle-même sur son essentiel et tout ira beaucoup mieux.

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