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Le courage d’Ingrid Bétancourt.

Vendredi 14 décembre 2007 // Le Monde

La vidéo - plus exactement deux vidéos très semblables - et la lettre d’Ingrid Betancourt à ses proches ont bouleversé la donne sur le maintien en captivité de l’otage franco-colombienne. Elles ont aussi bouleversé au fond d’eux-mêmes tous ceux qui ont bien voulu prendre le temps de les regarder et de les lire, montrant l’inhumanité des ravisseurs et la remarquable force de caractère de l’ancienne candidate à l’élection Présidentielle dans son pays.

Jusque-là on se trouvait plutôt partagé entre une résignation doublée d’attente et l’agacement devant la médiatisation dont cette représentante d’un petit parti écologiste était seule à bénéficier alors que les Forces armées révolutionnaires de Colombie ont enlevé des milliers d’otages et qu’elles se livrent au trafic de la drogue et à la prostitution. On voyait et entendait régulièrement son mari, sa mère, sa soeur et sa fille et les divers membres d’un comité de soutien hyperactif. Le Premier ministre Dominique de Villepin, son ancien professeur à Sciences Politique, avait même monté une opération de sauvetage qui avait échoué et Nicolas Sarkozy, dès son élection, avait fait de sa libération une des priorités de sa présidence. Le chef de l’Etat vénézuelien Hugo Chavez qui vient de perdre le référendum devant accroître ses pouvoirs n’avait pu présenter la preuve de sa vie ; mais les bonnes âmes, pour lesquelles tout ce qui se mijote à l’extrême gauche ne saurait être foncièrement mauvais, accusaient le Président colombien Alvaro Uribé de tous les maux, à commencer par celui de ne pas se plier aux exigences des ravisseurs.

Et puis sont tombés ces images et ce long témoignage. Les premières ont montré une femme amaigrie qui se voulait économe de ses gestes et de ses regards, perdue au milieu d’une jungle dont on a vite compris qu’elle ne restait jamais la même. Mais ce corps affaibli et quotidiennement éprouvé par les marches harassantes, la promiscuité et l’absence de presque tout, recèle une énergie fondée sur la confiance en Dieu et l’amour des siens ouvertement exprimés.

Parmi d’autres, quelques extraits de ce quelle a écrit, témoignent de son courage.

« C’est un moment très dur. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimentée, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités. L’unique réponse à tout est « non » il vaut mieux donc n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs.

« La vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets. J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. A chaque instant ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour s’en aller] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme n’importe quel animal. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires, ou ils me les prennent. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste : cela a été une bénédiction, Car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus pour me couvrir. Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus.

« Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge. Ici, tout a deux visages : La joie vient puis la douleur La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures. ( Il nous faut tous) avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’égo se réduit â sa plus minime expression et où on grandit an humilité et force morale. »

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