Le communautarisme est étranger aux traditions françaises.

Mardi 22 septembre 2009 // La France

Pour comprendre le mot communautarisme, apparu en 1951 dans la langue française, il faut lire Le Petit Larousse : « 1. Tendance du multiculturalisme américain qui met l’accent sur la fonction sociale des organisations communautaires (ethniques, religieuses, sexuelles, etc.). Toute conception faisant prévaloir l’organisation de la société en communautés sur l’exigence d’assimilation des individus selon des règles et un modèle équivalent pour tous. »

Ce que les Américains appellent « communitarianism » a en effet exercé là-bas ses ravages. La société étasunienne semble être passée de l’individualisme exacerbé au communautarisme intolérant : la défense d’un individu ne s’exerce plus maintenant qu’à travers la communauté dont il se réclame. Cela amène inévitablement la cohabitation des diverses communautés, qui ont forcément tendance à se comporter en ghettos, s’organisant chacune selon ses habitudes et ses règles ; à terme, c’est la fin de tout ce qui est commun aux uns et aux autres. Derrière le vocable respectable de la communauté, se cache en fait sa dislocation, car le communautarisme ne croit pas à une communauté nationale, celle qui résulte de la volonté de vivre ensemble d’un certain nombre de personnes différentes. Ce sont des droits pour chacun sans devoirs pour tous et ce repli identitaire fait fi de la texture commune qui va au-delà des différences. Ce renfermement constitue la négation de ce qui offre au particulier d’aller vers quelque chose de plus universel. En cela, le communautarisme est totalement étranger aux traditions françaises qui, soit par le christianisme soit par les Lumières, se dépassent toujours pour tendre à ce qui peut concerner l’ensemble de l’espèce humaine.

L’exemple des Pays-Bas est intéressant. Cette petite nation héritière d’un glorieux passé, notamment maritime et colonial, a su s’adapter aux exigences du commerce contemporain et, dans la dernière décennie, répudiant la social-démocratie où elle s’engluait, elle a retrouvé sa vitalité. Or, la promotion du multiculturalisme - toutes les cultures sur le même plan sans un tronc commun - y avait poussé des groupes à se refermer sur eux-mêmes : certains étrangers établis depuis plus de vingt ans dans le pays ne connaissaient ainsi toujours pas le néerlandais. Aujourd’hui, on y refuse les ghettos culturels et on a mis une sourdine à la promotion dudit multiculturalisme.

On peut donc trouver dommage que la France reproduise l’erreur des États-Unis et que, après avoir empilé des individus, on entasse des communautés. Notre pays s’est fait en deux millénaires non pas en parquant les autres dans des ghettos mais en leur donnant une place dans une communauté ouverte à tous.

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