Le chômage et une des causes de la détresse humaine.

Mardi 11 mai 2010 // La France

Préambule..

Il est aussi indispensable qu’urgent d’activer la réinsertion des chômeurs et des exclus, de plus en plus marginalisés et atteints dans leur dignité. Aujourd’hui, sauf certains chômeurs professionnels qui profitent du système d’indemnisation, l’immense majorité aspire davantage à un retour à l’emploi qu’à une assistance pécuniaire. Ainsi, la création d’emplois, doit-elle devenir la première des priorités pour ceux qui sont en charge des affaires de l’État.

Il convient désormais que tous les secteurs de la société fassent preuve d’imagination, de responsabilité et de solidarité, pour enrayer un fléau qui ne menace de provoquer une explosion sociale d’une ampleur jamais connue et dont déjà, les prémices sont perceptibles. Tant, en ce qui concerne le domaine privé que le domaine public, tout doit être mis en œuvre pour réduire rapidement une fracture sociale qui touche des millions de français. La modernisation de l’outil de travail ne doit plus pénaliser l’emploi, mais au contraire, profiter à l’homme dans le cadre d’une productivité en harmonie avec les impératifs nouveaux de la société. Face à l’exclusion et au chômage, il convient de recenser les gisements d’emplois, et de ne négliger aucune piste y compris la remise en question de l’automatisation et de l’informatisation de certaines prestations de services qui ne répondent pas aux exigences de la communication, d’humanisation, ni de sécurité attendue par les usagers.

C’est une réalité dans les services publics, mais c’est également une réalité dans bien d’autres activités du secteur privé.

Ainsi, la généralisation des stations automatiques de distribution de carburant est-elle réductrice d’emploi et va-t-elle à l’encontre de l’intérêt des consommateurs dans les zones rurales déjà très touchées par de nombreux handicaps ; un prélèvement de quelques centimes sur les taxes permettrait la création immédiate de dizaines de milliers d’emplois. D’autres gisements sont à explorer, que ce soit dans le domaine de la santé, des services à domicile, de l’environnement, de la sécurité (en augmentant le nombre de pompiers professionnels de façon très significative), de l’entretien, et de la surveillance des immeubles et des résidences, en redonnant aussi ses titres de noblesse aux concierges en les rétablissant dans leurs fonctions irremplaçables.

Il faut revaloriser le travail manuel par une orientation accrue vers les formations d’apprentissage, et par une révision des salaires ouvriers. Il faut livrer une chasse impitoyable au travail « au noir », au travail clandestin, aux fonctionnaires qui touchent déjà une retraite de l’État, notamment les anciens militaires, les agents des services de police ou de gendarmerie.

Il faut enfin revoir les procédures de licenciements collectifs, pour enrayer les abus de trop nombreux chefs d’entreprise.

Aussi, à défaut de rétablir les autorisations préalables de licenciement, il serait opportun de confier à un collège dans lequel siégeraient un représentant des syndicats de salariés, un représentant des syndicats patronaux, un représentant des corps consulaires, un représentant du ministère du Travail et de l’Emploi, ainsi qu’un magistrat du tribunal d’instance, le soin d’examiner les licenciements collectifs et les cas litigieux. Plus jamais, la France ne doit admettre que des patrons licencient de jeunes et anciens collaborateurs par le biais d’un haut-parleur, avec en prime un taxi qui les attend afin de les reconduire à leur domicile ; cette manière de procéder relève de lourdes sanctions pénales pour ces cyniques chefs d’entreprise.

Aides aux chômeurs, et aux citoyens qui bénéficient du RSA dans le cadre des divers transports.

Il serait normal, que les chômeurs ou RMISTES bénéficient de la gratuité des transports urbains, et de conditions spéciales dans le cadre de déplacements à l’intérieur du territoire, pour les personnes dont la recherche d’un emploi nécessite l’usage des transports en commun terrestres, publics et privés. Après justification du déplacement auprès des services du « pôle emploi, un titre de transport pourrait leur être délivré. Vu le coût élevé des appels téléphoniques, il est tout aussi souhaitable que les demandeurs d’emplois puissent bénéficier de la gratuité des communications, dans les bureaux de poste et sur présentation d’une justification, ou dans les centres des « pôles Emplois », ou un service et des locaux faciliteraient la réalisation de ces mesures.

« Plus le trouble est grand, plus il faut gouverne : Sortant d’un immense tumulte, ce qui s’impose, d’abord, c’est de remettre le pays au travail. Mais les premières conditions, sont que les travailleurs puissent vivre. »

Le chômage face à la fausse impuissance de l’Etat.

Avons-nous bien fait de voter OUI ?

En votant OUI au référendum, nous voulions démontrer que le peuple de France veut aller de l’avant dans une Europe qui n’a plus connu des guerres épouvantables depuis 60 ans.

En votant OUI, nous voulions exiger l’abolition des privilèges dont bénéficient nos élus.

En votant NON, nous voulions exiger que les agents de la fonction publique soient soumis aux mêmes devoirs, aux mêmes avantages que les travailleurs du privé.

En votant NON, nous voulions faire savoir que si un citoyen passe la frontière espagnole avec X paquets de cigarettes, il ne doit pas être pénalisé, puisque des produits en provenances d’Asie, d’Afrique, d’Europe de l’Est où, d’ailleurs de par le monde, peuvent être exportés sur notre sol détruisant au passage des milliers d’emplois, et qu’ils sont fabriqués par des esclaves. 

En votant NON, nous voulions faire savoir que nous en avons ras-le-bol des délocalisations, et au-delà, d’un chômage qui ne cesse de croître. Oui, à une aide aux peuples en détresse ( En Afrique, en Asie, en Europe orientale) Non à des dictateurs qui bafouent les droits les plus élémentaires, des femmes, des enfants, et des hommes, des droits légitimes à vivre dans la sérénité et la quiétude.

Je suis comme beaucoup de Français déçu par nos dirigeants, notamment par ma famille politique. Oui, « La Droite » s’est déconnecté du peuple, ses dirigeants oublient, ils se comportent de façon que l’on pourrait qualifier de « mal élevé » contrairement aux nobles d’autrefois, ils n’ont ni leur éducation, ni la moindre reconnaissance. 

L’oubli sera le vrai linceul des nouveaux populistes. Tel sera le sort de ceux que j’ai connu avant.

En août 1790, nous avons assisté dans l’allégresse générale à l’abolition des privilèges. Aujourd’hui, ces privilèges sont légion, et personne ne dit mot. Les Français sont les cocus de la nuit du quatre août 1790. Remettons de l’ordre dans une France hypocrite, dans une Nation où la vérité a été édulcorée.

Le chômage endémique, qui frappe particulièrement notre jeunesse, sans épargner pour autant les autres tranches d’âge, est en complète contradiction avec les nombreuses offres d’emploi non pourvu et l’incompréhension de nos concitoyens lorsqu’ils tentent d’avoir recours à un ouvrier spécialisé (métiers de bouche, plomberie, électricité, réparations diverses ou entretien courant, …) ou lorsqu’ils envisagent un projet plus élaboré, de construction, par exemple.

Cette carence de main-d’œuvre spécialisée a plusieurs conséquences négatives

Tout d’abord, économiques, c’est l’augmentation du coût de l’intervention, la main-d’œuvre se faisant rare. Il suffit d’appeler un dépanneur et comparer ses tarifs avec ceux de la visite à domicile d’un médecin. Il y a une disproportion flagrante entre le prix de revient du déplacement et du temps d’intervention de l’un par rapport à l’autre. Faut-il croire que le bon fonctionnement de la machine à laver est plus important que notre santé ? Faut-il penser qu’un CAP a plus de valeur qu’un Bac + 7 ? Non, bien entendu, mais dans le jeu de l’offre et de la demande, ceci explique cela. Cette absence de main-d’œuvre spécialisée a aussi des répercussions sur le marché de l’emploi et le taux de chômage, car, faute de formations adaptées aux secteurs qui pourtant souffrent chroniquement d’une pénurie de main-d’œuvre spécialisée, le sans-emploi, dépourvu du savoir-faire demandé, reste chômeur. Résultat : Le coût social et économique du chômage continue de s’aggraver. Par ailleurs, le moral du sans-emploi est en berne. Il considère qu’il ne sert à rien et qu’il n’a pas sa place dans notre société. Parallèlement, l’opinion d’une partie du grand public se dégrade vis-à-vis de la jeunesse et des chômeurs, soupçonnant ceux-ci de manquer de vigueur et de pugnacité pour trouver un emploi. Ils en déduisent que l’effort budgétaire consenti pour faciliter cette insertion par le travail est vain. Ceci revient à dire que le traitement politique et administratif du chômage est mal conçu et mal conduit. Or, si les plans de lutte contre toutes les formes d’exclusion peuvent être améliorés, car tout peut l’être, le désintérêt croissant de nos concitoyens pour les métiers manuels est, hélas, bien réel : Il est pour l’essentiel, à l’origine de la situation paradoxale que nous venons de décrire. Et pourtant, aucun plan d’envergure ne s’en est jamais vraiment préoccupé.

Certes, tout jeune peut revendiquer d’accéder aux plus hauts des sommets de l’échelle sociale : c’est la traduction même de l’égalité démocratique. Mais cette ascension se réalise suivant les moyens de chacun et l’effort accompli pour y parvenir. Dans notre conception démocratique, chaque citoyen a sa place et son utilité quelle que soit la position qu’il occupe, mais encore faut-il que nous ayons la sagesse de ne mépriser aucun travail essentiel à la vie de chaque jour. « Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que des sottes gens ». Ainsi, le simple bon sens nous oblige à avoir un autre regard sur le travail manuel. En effet, tout le monde ne peut être médecin, enseignant, chercheur, … cela n’aurait d’ailleurs aucun sens et serait catastrophique pour notre avenir, car la chaîne de ce qui est indispensable à notre vie quotidienne serait interrompu et entraînerait rapidement des catastrophes. Mais, revaloriser le savoir-faire, c’est aussi, redonner ses lettres de noblesse au travail bien fait. Ceci est particulièrement vrai pour le travail manuel. Il est regrettable, que devant le recul de la qualité du travail, les entreprises tentent d’y remédier en instaurant de plus en plus de prix, chartes et labels de qualité, alors qu’après tout, on est censé rechercher naturellement la qualité dans nos diverses activités et a fortiori dans le cadre d’un contrat de travail. Quoi qu’il en soit, le travail bien fait n’est plus forcément une généralité. En conséquence, tout ce qui va dans le sens de la qualité de nos productions et de nos prestations doit être encouragé. L’objectif principal des chefs d’entreprise de demain sera donc de recréer un climat propice à cette recherche de qualité bénéfique à tous et ainsi de rendre vivante la formule de Pascal « Il faut avoir l’enthousiasme de son travail pour y exceller ». Ainsi, les conséquences d’une revalorisation intelligente du travail manuel seraient multiples.

C’est tout d’abord, l’intégration d’un grand nombre de jeunes par un travail durable. Avoir enfin un véritable métier et non plus occuper de petits boulots qui génèrent le stress, décourage et finisse par anéantir le goût du travail bien fait. C’est même l’intérêt pour la chose publique et la vie en société qui est atteinte, la monté des égoïsmes s’opposant à l’intérêt général et au-delà, à la morale et aux valeurs républicaines. Le citoyen n’est plus acteur de sa vie mais simple figurant. Il finit par y perdre sa dignité au profit de l’assistanat, cette aide perverse qui contente celui qui donne, rend veule celui qui reçoit et engendre une société de médiocres.

L’intégration par un véritable emploi, c’est aussi lutter contre la délinquance sous toutes ses formes (drogues, violences, etc...) mais c’est aussi redonner vie au préambule de la constitution sur le droit au travail ainsi qu’à la maxime de Ferdinand Buisson « Le premier devoir d’une démocratique, est de faire des Démocrates  ». Nous déplorons, de plus en plus, le désengagement de bon nombre de nos concitoyens pour nos institutions démocratiques, pour la Nation elle-même. Mais comment s’enthousiasmer pour quelque chose qui ne dit rien, et ressemble plus à une nature morte dans un beau cadre doré qu’à une force en mouvement ? La démocratie nous accorde des droits en contrepartie de nos devoirs. Certains exigent d’abord leurs droits, surtout individuels et sociaux, en oubliant leurs devoirs.

Les diverses politiques de lutte contre la délinquance et l’exclusion, de gauche comme de droite ont toutes été un échec et le demeureront tant que les hommes politiques n’auront pas compris la nécessité de relier la prévention à la répression. Lorsque la politique de la main tendue n’a pas été comprise et de précéder, accompagner et faire suivre le volet prévention répression d’une éducation à la citoyenneté, alliée à une formation professionnelle digne de ce nom. N’oublions jamais en effet que nous sommes toutes et tous des victimes potentielles, certes, satisfaites de voir notre agresseur arrêté. Quant à l’inéluctable mondialisation, celle-ci ne doit pas être sauvage, violente, source d’exclusion. La seule recherche de profit ne suscite que des conflits sociaux dont l’issue n’est pas satisfaisante. Il en est de même en ce qui concerne la construction de l’Europe : la réalité d’une citoyenneté européenne n’est plus contestée, mais celle-ci se développera-t-elle à l’anglo-saxonne où le profit est Président et l’exclusion présidente où, à la « française », où le principe de fraternité, associé à celui de liberté et d’égalité, replace le citoyen au cœur des débats. ? Certes, donner du travail à tout le monde constituera un pari difficile mais au moins que l’emploi offert à ceux qui n’en ont pas, ne soit pas rendu inaccessible faute de formation adaptée. Par ailleurs, le problème de nos retraites serait en partie réglé par l’augmentation des actifs. Or, comme nous le savons, de nombreux postes de travail ne sont pas pourvus malgré nos deux millions de chômeurs ! Il est donc de notre devoir d’engager la bataille contre les a priori visant le travail manuel, et de faciliter par tous moyens la formation dans les secteurs d’activité porteurs d’emplois durables. Mais comment revaloriser le travail manuel ?

D’abord, en modifiant son image. Pour cela, il faut utiliser toutes les techniques modernes pour attirer, encourager la jeunesse à se diriger vers ces métiers porteurs et surtout à en être fiers. Il faut, en un mot, redorer le blason des métiers manuels et redonner tout son sens à l’expression admirative du « riche ouvrier », sachant tout faire de ses mains, avec une qualité affirmée. Si cela passe par la technologie de la communication, cela doit aussi s’inscrire dans le cadre normal de la formation scolaire et professionnelle. Le rôle de l’éducation nationale sera ici primordial. Il faut renforcer particulièrement en ce domaine, le rôle éducatif de l’Éducation nationale. Il s’agira d’abord de réinjecter de la morale afin d’inculquer à la jeunesse un véritable goût de l’effort et le rejet du travail facile et bâclé ; Cela, en lui faisant comprendre que tout se mérite, que rien n’est acquis d’avance, en lui faisant savourer la joie d’un travail difficile mais finalement mené à bien. Et qu’on ne peut pas non plus compter que sur les autres, l’assistanat étant une aide perverse qui nuit à la dignité du citoyen.

Si on ne peut se résoudre à être continuellement assisté, il est également illusoire d’imaginer de construire son avenir en s’investissant dans les jeux de hasard ou, dans des combines délictuelles qui ne mènent à rien, sinon à la déception et à la détresse.

Mais pour arriver à passer ces messages, il faut aussi que l’enseignant soit lui-même fier de ce qu’il est. Il est donc indispensable que sa fonction soit aussi revalorisée, qu’il soit investi d’une véritable mission « former l’élite de la nation sans oublier les autres ». Mais que cette « élite » tout à fait relative soit consciente que, sans les autres elle n’est rien, et, que son intérêt particulier se confond avec l’intérêt général. Ceci aussi doit s’apprendre à l’école. C’est la leçon de morale suprême de toute société civilisée et démocratique. Elle est volontairement oubliée, contestée parce que difficile à construire et à faire partager dans notre société permissive où la prise de responsabilité n’est plus encouragée, voire déconseillée au profit d’une hypocrite neutralité qui vire très vite à l’irresponsabilité. Pourtant, il faut enseigner la morale, car il n’existe pas de Société sans morale et, pour nous, c’est celle de la démocratie !

Cependant, on ne saurait ignorer le rôle des autres éducateurs, en premier lieu des parents, qui doivent participer activement au processus de la revalorisation du monde du travail. Il faut éduquer aussi les parents en ce domaine. C’est le devoir des enseignants de l’École Publique ou privé de remettre cette morale démocratique en exergue, quand elle est déjà souvent prise en compte dans l’enseignement privé. Lui redonner toute sa vigueur serait l’honneur de l’école publique ou privée et l’aiderait à mieux résister aux attaques lancées contre le principe de droiture. Forte de ces raisonnements basés sur le bon sens et sur les principes démocratiques, je propose la « revalorisation du travail manuel » en expliquant la nécessité de celle-ci, mais surtout en faisant quelques propositions concrètes qui seront mises en place dès la rentrée de septembre.

L’Association de prévention, pour une Meilleure citoyenneté des jeunes, a pour objet de promouvoir tous types d’actions tendant à la prévention de la délinquance et à la lutte contre l’exclusion, en développant, particulièrement chez les jeunes, le sens de la morale, du civisme, de la solidarité et des valeurs de fraternités, afin qu’ils deviennent demain des citoyens responsables. Mais la promotion des valeurs démocratiques serait vaine sans un volet formation/emploi, seul à même de permettre à ces jeunes de devenir acteurs de leur propre vie. En conséquence, dans le cadre de la revalorisation du travail manuel, deux critères constitueront les vectrices permanentes de nos initiatives. » L’acquisition de valeurs citoyennes, l’apprentissage d’un métier manuel pour insérer ces jeunes en difficulté et faire face aux carences inquiétantes de recrutement dans certains corps de métier. » Pour réussir cet ambitieux projet, il faut avoir un partenariat fort avec les diverses organisations professionnelles et syndicales intéressées, ministères, établissements scolaires, collectivités locales, … Dès à présent, de nombreux organismes nous ont assumés de leur intérêt et souhaitent s’associer à notre démarche.

Artisanat : mot récent, réalité ancienne. Si le terme artisanat n’apparaît qu’à la fin du XIX° siècle, sa racine étymologique, en révèle toute l’ambivalence. À l’origine il englobe, en effet, l’ensemble des activités manuelles extra agricoles, au point qu’on ne distingue pas l’artisan de l’artiste. Mise à part la distinction, selon la taille de l’entreprise et l’effectif employé, entre le « secteur des métiers » et la « manufacture », ancêtre de l’industrie, il faut attendre le XVI° siècle pour que la discrimination soit faite entre les « arts mécaniques » exercés par les « gens de métier » et les « arts libéraux » exercés par les artistes proprement dits, bien que l’on ait pris l’habitude de parler d’artisanat d’art pour certains métiers où la création et l’esthétique jouent un rôle essentiel (ferronniers d’art, vitriers d’art, métiers des arts graphiques). L’ambiguïté se maintiendra jusqu’au milieu du XIX° siècle. Le dictionnaire Poitevin, jouant sur les mots, affirme que « l’artisan exerce un art demandant un certain apprentissage », s’opposant en cela à l’ouvrier de l’agriculture ou de l’industrie. Si l’on englobe dans l’artisanat, à l’instar du décret francais du 1er mars 1962, les activités de production, de transformation, de réparation ou de prestation de services, son histoire est aussi vieille que celle des techniques qu’il applique. Il a subi en outre les avatars des sociétés et des civilisations.

L’artisanat aujourd’hui

La législation actuellement en vigueur tend à délimiter un domaine artisanal, variable, parfois fondamental, d’un pays à l’autre. Il faut bien admettre qu’une définition recouvrant les réalités économiques précises est difficile dans un monde en rapide mutation. Aussi s’en tient-on généralement à une délimitation socioprofessionnelle que l’on apprécie selon des critères plus ou moins flous : Mode d’exécution du travail à la demande et largement à la main,, qualification professionnelle de l’exécutant, faible dimension de l’entreprise, titres et qualités de son chef, voire ses traits psychologiques (esprit d’indépendance et de tradition), sa mentalité, son attitude face au travail (goût de la liberté, de la création, de l’ouvrage soigné et mené de bout en bout par le même homme). C’est pourquoi, si tant de formulations synthétiques ont été tentées, peu d’entre elles reçoivent l’assentiment général, péchant tantôt par leur rigueur, tantôt par leur libéralité. On a dit que l’artisanat recouvrait les activités manuelles, mais c’est trop restrictif lorsque la mécanisation, quoique sommaire, est passée dans tous les métiers. On a voulu également y voir l’apanage tantôt des travaux soignés, tantôt de la production et des services personnalisés. Or d’autres secteurs ont aussi cette prétention, savamment orchestrée par la publicité.

Plus précisément, l’artisanat se caractérise essentiellement par sa capacité et son orientation en vue de fournir des prestations nettement différenciées suivant le lieu et le temps, et commandé dans la plupart des cas par des désirs spécifiques individuellement exprimés, avec un cachet de particularité et d’authenticité que la production de masse ne permet pas. Mais n’oublions pas que l’évolution économique et technique conduit à la pratique de la sous-traitance à la grande industrie, qui, au moins pour les produits demi-finis, entraîne la fabrication en grande série.

Les inégalités sociales devant la maladie et la mort

Grâce aux enquêtes de L’I.N.S.E.E. et de L’I.N.S.E.R.M., les inégalités sociales de mortalité sont bien connues. Elles sont très importantes chez les hommes. Les écarts de mortalité entre femmes de milieux sociaux différents sont nettement plus faibles. Ainsi, dans la période 1980-1989, entre 35 et 60 ans, le rapport entre la probabilité de décès d’une femme ouvrière spécialisée et celle d’une femme cadre est de 1,7. Il va de 1 à trois entre les hommes actifs les moins exposés (ingénieurs, professeurs et assimilés) et les plus exposés (manœuvres). En somme, plus le niveau social et culturel est élevé, plus la probabilité de décéder tôt est faible, et, par conséquent, plus la durée de vie moyenne est importante.
 
 En vingt ans, de 1980 à 2008, l’espérance de vie s’est accrue en moyenne de façon significative : deux ans supplémentaires contre un an pour les vingt années qui ont précédé. Mais l’augmentation la plus forte a concerné les ingénieurs, les cadres moyens et les agriculteurs, et dans une moindre mesure l’ensemble des cadres supérieurs, tandis que la moins forte a été celle des employés et des manœuvres. Les instituteurs, catégorie qui arrivait en tête de la hiérarchie de l’espérance de vie dans la période 1955-1960, ont connu un recul relatif. On peut faire une observation similaire pour les professeurs dont la mortalité a régressé plus lentement que celle des ingénieurs, des techniciens ou des artisans. De manière globale, l’écart entre l’espérance de vie des cadres moyens et supérieurs et celle des ouvriers et employés s’est accrue. Des années 1960 aux années 1980, l’écart, à l’âge de 35 ans, entre les ingénieurs et les manœuvres est passé de six ans à neuf ans, et à 60 ans de 3,9 à cinq ans.
 
L’examen des causes des décès permet d’éclairer ces résultats et d’évaluer l’ampleur des inégalités sociales face aux maladies. Pour les tumeurs, les maladies de l’appareil circulatoire et celles de l’appareil digestif, les écarts sociaux sont considérables. Ainsi, en 1989-1991, le taux de mortalité des hommes de 25 à 64 ans, dû aux tumeurs des voies aéro-digestives supérieures, est-il plus de dix fois plus élevés chez les ouvriers et les employés que chez les cadres et professions libérales ? L’écart est très grand aussi pour les maladies dues à l’alcoolisme. Pour la plupart des autres maladies, il va de 1 à trois environ. Entre 1954 et 1981, la mortalité masculine due au cancer du poumon a été multipliée par trois alors que la mortalité due au cancer de l’œsophage est restée stable et que celle qui se rapporte au cancer de l’estomac a baissé de moitié. Plus tard, entre les années 1980-1984 et les années 1988-1992, elle a diminué chez les cadres supérieurs, qui ont plus fréquemment arrêté de fumer, alors qu’elle a augmenté dans les autres catégories. Pour, la plupart des causes de décès, la diminution a été plus forte pour les catégories aisées que pour les autres.

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