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POLITIQUE INTERNATIONALE.

Le basculement du monde.

Dimanche 12 avril 2009 // Le Monde

PLUS QUE JAMAIS, les États-Unis ont besoin de l’Asie. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si la première visite l’étranger d’Hillary Clinton, Secrétaire d’État de la nouvelle Administration américaine, a été consacrée, pour la première fois depuis quarante ans, à cette partie du monde. En ne choisissant ni l’Europe, ni le Proche-Orient pour son déplacement inaugural, elle a voulu montrer la rupture, sur la forme et sur le fond, avec l’administration Bush,

DES INCERTITUDES MAJEURES.

Il est vrai que Washington a plus que jamais besoin des fonds de son premier créancier, la Chine, qui détient pour 696,2 milliards de dollars (545 milliards d’euros) des bons du Trésor américain, achetés avec l’argent des excédents commerciaux de Pékin et destinés à financer la dette des Etats-Unis. Une dette qui ne peut manquer de se creuser plus encore avec le plan de relance de 782 milliards de dollars (615 milliards d’euros).

Certes, les enjeux en Asie sont tout à la fois économiques et stratégiques mais, la raison du souci que manifeste la puissance des USA tient surtout à l’incertitude majeure qui s’attache désormais à toute cette zone, qu’il s’agisse de la Chine de plus en plus impérialiste ; de la Corée du Nord toujours imprévisible et qui multiplient les provocations ou encore de Tokyo, l’allié fidèle englué dans une situation politique fragile, et qui s’inquiète, comme Séoul d’ailleurs, des risques de désengagement américain.

Un axe sino-américain n’est peut-être pas pour demain. Cc qui est sûr, en revanche, c’est que l’on risque d’assister à l’émergence d’un ensemble américano-asiatique, nouveau centre dynamique de la planète. Quant aux dirigeants de l’Union européenne, froissés de ce que le nouveau président américain ne les perçoive ni ne les traite comme des partenaires prioritaires, tout laisse à penser, au-delà des bonnes paroles à venir, qu’ils n’ont guère à espérer dc changements concrets.

UN GRAND MARCHANDAGE RUSSO-AMÉRICAIN.

Après le climat de quasi-guerre froide qui a régné entre Moscou ce Washington ces derniers temps et notamment après le conflit russo-georgien de l’été passé, l’autre dossier dont devrait se saisir la Maison Blanche est celui d’une révision des relations avec Moscou. Après des années de tensions et de crises, la nouvelle administration des USA, soucieuse de faire porter l’essentiel de ses efforts d’une part sur le front économique ; et d’autre part sur le front diplomatique, l’Iran et le conflit afghan semblent désireuse de discuter de tous lessujets de discorde aussi bien l’Iran que le bouclier antimissile, en passant par la relance de la négociation sur les armements stratégiques, tout en recherchant activement les possibles domaines de coopération susceptibles de changer le climat bilatéral.

Du côté américain, on pourrait proposer des avancées sur le nucléaire militaire lors des prochaines négociations sur le renouvellement du traité stratégique (Start), assouplir la position sur le bouclier anti-missile (pour lequel Moscou propose un projet tripartite ; » Russie, Europe, Etats-Unis, avec stations radar sur le territoire russe et en Azerbaïdjan) et reconsidérer l’épineuse question de l’élargissement de I’OTAN, en gelant les candidatures de l’Ukraine et de la Géorgie qui exaspèrent le Kremlin.

En échange, la Russie pourrait se montrer compréhensive dans le dossier iranien en ne soutenant plus Téhéran au Conseil de sécurité et en stoppant les ventes d’armes, ce qui contraindrait le régime des mollahs mettre un frein à leur programme nucléaire et au soutien massif qu’ils apportent au Hamas et au Hezbollah.

Mais il est clair qu’on voit mal le Kremlin faire l’impasse sur l’important marché iranien, ni réduire son influence dans le Golfe sans d’importantes satisfactions politiques et financières en retour.

On sait par ailleurs que l’approvisionnement des troupes de l’OTAN en Afghanistan est de plus en plus difficile, le Pakistan est devenu un véritable danger public. Là encore Moscou pourrait monnayer ses bons services en permettant par son territoire le transit du matériel militaire américain.

Dialogue à tout prix ?

Par-delà les considérations géopolitiques, force est de constater que la crise économique frappe durement Moscou comme Washington et réduit leurs marges de manœuvres budgétaires en matière militaire. Des considérations qui devraient peser lourd dans les négociations entre les deux capitales.

Reste qu’après l’affaire de la fermeture de la base militaire américaine au Kirghistan, le désir de dialogue tout prix avec Moscou est loin de faire l’unanimité dans l’équipe Obama. D’aucuns parlent de naïveté américaine face à ce qu’ils considèrent comme l’antiaméricanisme viscéral du sérail russe qui se resserre autour de Poutine. Certains n’hésitent pas à dire qu’abandonner Tbilissi et Kiev ne servirait à rien, car le Kremlin ne bougera pas le petit doigt sur l’Iran. Il tient là une carte géopolitique majeure.

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