« Le Royalisme, c’est apprécier la France et les Français ».

Dimanche 18 mai 2008 // La France

Qu’est ce qui vous passionne avant tout dans votre engagement municipal ?

J’ai envie de vous répondre comme le feraient Dominique de Villepin ou Michèle Alliot-Marie : la France et les Français sont mes passions principales. Ma responsabilité d’élu local est toute récente mais j’ai compris lors du conseil d’installation que je devrais m’inscrire dans une logique d’opposition ou de marginalité, parcs que « je n’étais pas sur leur liste » ; je déplore juste que l’on ne sache pas optimiser les compétences dans cette affaire. Ce qui me passionne a trouvé sa réponse depuis de nombreuses années dans le militantisme d’abord, puis dans un parcours universitaire pétri de relations socioculturelles diversifiées, dans un éveil aux choses du monde, bref un cosmopolitisme comme le vantait Montesquieu et qui fait gravement défaut dans notre société.

Parlons seulement de Salers ; Ma famille paternelle en est Originaire. On y retrouve des Gineste dès la fin du XVI° siècles disséminés comme hobereaux ou propriétaires terriens. Mon père est monté à Paris pour travailler dans la restauration, comme tous les enfants d’Auvergne c’est la fameuse histoire des « Bougnats », et croyez bien que je suis fier d’être le fils de l’un d’entre eux. Mon grand-père Camille était agriculteur il a contribué, à son niveau, à faire de la race Bovine Salers l’une des plus prisées du monde avec celle de l’Aubrac. Ce climat familial et communautaire a naturellement entretenu une affection pour la terre des ancêtres. Mes années d’engagement dans l’action dans la cité, que ce soit socialement ou politiquement, m’ont fait prendre cette décision d’être un Auvergnat de Paris, qui met au service de son territoire rural les réseaux et contacts que l’on glane dans la capitale.

Horizon 2005.

J’ai fait une campagne dans la droiture et la sincérité envers les Sagraniers. Le programme que j’ai présenté à l’occasion de réunions publiques qui ont attiré plus de soixante-dix personnes (pour 321 électeurs) est complet et projette la ville vers l’horizon 2025. Salers, est un grand nom. Nous bénéficions d’un patrimoine culturel mais également gastronomique sans commune mesure. J’ai voyagé dans quelques grandes villes du monde que ce soit à Bruxelles, au Caire, à Shanghai ou à Pékin, j’ai toujours trouvé quelqu’un qui connaissait Salers.

Aujourd’hui, « Salers au bois dormant » doit se réveiller et, pour cela, mobiliser les énergies et les bonnes volontés. Parmi les commerçants d’abord, qui sont et font la richesse de la commune, mais aussi dans la Communauté de communes qui est un nouvel appareil territorial. Le contenu patrimonial et culturel doit être le guide des actions commerciales à mener et pas le contraire. Je nourris un projet simple, redonner à Salers ses lettres de noblesse. Inverser la courbe démographique en amenant des investisseurs privés sur des concessions communales trouver toutes les solutions nécessaires pour maintenir notre école et recourir au besoin au partenariat public-privé pour qu’un internat laïc s’y installe. Il appartient à la mairie de faire ta promotion du cadre de vie. Je nourris aussi l’ambition de refaire parler de Salers dans les milieux parisiens ; nous sommes une cité touristique qui intéresse massivement des classes moyennes, mais pour les faire venir, il nous faut des tarifs attractifs, des activités et une programmation culturelle structurée, ce qui, forcément, demande des investissements et donc un appel au monde extérieur.

Je trouve une approche positive dans le Royalisme. C’est une idée défendue par une poignée de nos concitoyens. L’énorme défaut du royalisme est de n’avoir aucune ligne de conduite fédératrice. J’ai rencontré des gens par dizaines, par centaines même, de tous milieux et de tous horizons, qui sont sensibles à l’idée monarchique. Ils ne sont pas choqués de nous voir défendre une organisation qui sanctionne le sommet de l’Etat par un principe héréditaire, que beaucoup trouvent davantage vertueux qu’une surenchère électorale entre candidats avides de pouvoir.

Je me rappelle qu’en 2002, Lionel Jospin avait osé parler d’un objectif de « ZERO SDF  pour 2007 » peut-être y est-il parvenu sur l’ile de Ré, mais je ne l’ai pas vu se démener pendant cinq minutes pour aider les plus démunis... Le problème n’est pas tant d’être monarchiste ou non... Je défends cette idée, mais de manière généreuse, et même pas en opposition avec le message républicain et démocratique, au contraire ! Quelle nation puissante, fière et ambitieuse pour l’Europe qui se construit, pourrions-nous avoir si nous parvenions à opérer la synthèse entre ces trois régimes, et enfin répondre aux attentes et aux besoins de nos concitoyens !

Nous devons affirmer nos idées dans le champ de la politique actuelle. Notre jeunesse est le signe de notre engagement. Quelques têtes ont émergé ces dernières années, dans le monde politique, dans le monde médiatique, au service des princes. L’existence de ce réseau transversal est une bonne chose, et légitime totalement qu’aujourd’hui, élus et collaborateurs d’élus monarchistes se rassemblent. C’est dans l’exercice concret de l’action publique que nous enrichirons et corrigerons notre monarchisme pour l’adapter à la société française du XXI° siècle.

La ruralité.

Si j’ai accepté de m’investir dans une fédération d’élus revendiquant un héritage monarchiste, c’est avant tout parce que le suis issu dune génération qui tranche avec celle qui a connu des relations politiques musclées et mouvementées. Nous ne sommes pas les héritiers du 6 février 1934, ni de la réaction à Mai 1968, pas plus que nous ne sommes une antichambre de formations politiques extrêmes en rupture avec les valeurs de générosité et de partage... Ces valeurs éternelles de la France, qui doivent devenir à nouveau celles du monarchisme.

Il n’existe pas de vision « royaliste » de la ruralité au sens idéologique. Il existe avant tout un fort attachement à des terres et des traditions.. Etre le jeune élu d’un territoire rural est davantage glorieux que d’être élu sur une liste à grand renfort d’investitures de partis. On vote pour la personne. Vous ne pouvez pas mentir à une élection locale rurale, quelle que soit l’idéologie à laquelle vous vous rattachez. Le royalisme, aujourd’hui, c’est surtout apprécier la France et les Français en donnant la priorité à l’aménagement du territoire. Nous avons suffisamment souffert des grands oukases parisiens (qu’ils soient républicains ou monarchiques d’ailleurs) pour arrêter les frais. C’est peut-être un signe si nos élus émergent avant tout des petites communes.

J’ai appelé ma campagne « Salers au cœur » ce n’était pas anodin, j’ai vraiment ce territoire dans mon affection. Je suis persuadé que la force d’une nouvelle génération de monarchistes, nourris à la sève d’Immédiatement et aux colonnes du Figaro Littéraire, saura relever ce défi magnifique, celui d’avoir la France au cœur !

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