Le Roi D’Espagne

Le Royaume d’Espagne, un exemple à suivre pour la France.

Jeudi 26 mai 2005, par Paul Vaurs // Le Monde

Fils de don Juan, comte de Barcelone, et de Maria de las Mercedes de Bourbon, princesse des Deux-Siciles, petit-fils d’Alphonse XIII, Juan Carlos de Bourbon est né à Rome. En 1941, le prince et sa famille quittent l’Italie pour les environs de Lausanne où ils demeurent cinq ans. Lors de la défaite des puissances de l’Axe, don Juan, héritier légitime du trône d’Espagne, publie un manifeste dans lequel il désavoue le régime de Franco, et somme le Caudillo de renoncer au pouvoir : en vain. En 1946, Juan Carlos et les siens s’installent à Estoril près de Lisbonne. L’année suivante, Franco fait approuver par référendum une « loi de succession » qui transforme l’Espagne en royaume, mais il se réserve le droit de désigner ou de révoquer son successeur.

Malgré la réaction indignée de don Juan, ou peut-être en raison de cette réaction, le Caudillo organise en août 1948 une rencontre avec le comte de Barcelone sur son yacht, l’Azor, au large de Saint-Sébastien. L’espoir des monarchistes est vite déçu, car les entretiens portent en fait sur l’avenir de Juan Carlos qui est autorisé à faire ses études en Espagne. En septembre 1948, le prince est inscrit à l’institution de San Isidro à Madrid, qu’il quittera en 1954. En décembre 1954 a lieu une nouvelle entrevue, officielle cette fois-ci, entre Franco et don Juan à Cáceres en Estrémadure ; les deux hommes conviennent que Juan Carlos entrera en juillet 1955 comme cadet à l’académie militaire de Saragosse ; promu lieutenant d’infanterie en juin 1957, l’infant est reçu au palais du Pardo par le Caudillo. Il sert ensuite dans la marine en faisant le tour du monde sur le navire-école Juan Sebastian el Cano : ce voyage est l’occasion pour lui de parcourir les États-Unis avec son père et lui vaut la promotion de capitaine de frégate (1958). Enfin, il entre à l’École de l’armée de l’air ; les trois armes n’auront donc plus de secrets pour lui. En 1962, il épouse à Athènes la princesse Sophie de Grèce, et le couple s’installe au palais de la Zarzuela aux environs de Madrid. Le baptême de leur fille aînée, en 1963, permet une rencontre que l’on dit amicale entre don Juan et le Caudillo.

La loi organique de 1966, approuvée par référendum, réaffirme la qualité de royaume dévolue à l’Espagne, et c’est le 5 janvier 1968 que Juan Carlos atteint ses trente ans, âge requis pour la majorité constitutionnelle ; en février, le baptême de son fils aîné, l’infant Felipe, se déroule en présence de la veuve d’Alphonse XIII et du comte de Barcelone dont l’audience dans les milieux monarchistes inquiète Franco. Aussi, par un décret signé en juillet 1968, proclame-t-il que l’héritier du trône est le deuxième personnage de l’État après lui dans les cérémonies officielles ; la présence fréquente de Juan Carlos au côté du dictateur confirme le choix de ce dernier. En juillet 1969, Franco célèbre le trentième anniversaire de son régime en faisant approuver par les Cortes la désignation de l’infant comme son successeur. Pendant les six années qui le séparent du trône, Juan Carlos parcourt de nombreux pays (il parle d’ailleurs couramment l’anglais, le français et l’italien ; un peu le grec).

À la mort de Franco (20 nov. 1975), il est proclamé roi d’Espagne sous le nom de Juan Carlos Ier, et bien qu’il ait prêté serment de fidélité au Mouvement national franquiste devant les Cortes, il fait évoluer son pays vers la démocratie. Celle-ci, timide sous le cabinet d’Arias Navarro, progresse de façon spectaculaire à partir du moment où le roi choisit comme président du gouvernement Adolfo Suárez, un ami personnel (juill. 1976) ; le nouveau ministre met au point un projet de réforme politique approuvé par le référendum de décembre et fait procéder aux élections législatives du 15 juin 1977, où sont représentées légalement les principales formations politiques. Pendant ce temps, le roi effectue des déplacements dans les provinces périphériques, régions névralgiques où se manifeste l’opposition. Il signe des décrets qui consacrent la liquidation du franquisme et, s’il s’abstient généralement de présider les conseils du gouvernement, et s’il ne prend pas part au scrutin du 15 juin, il désigne le soir même les quarante et un sénateurs à vie. Ses voyages en Amérique et en Europe doivent contribuer à l’intégration de son pays dans le concept européen et mondial.

Juan Carlos 1er.

Petit-fils du roi d’Espagne Alphonse XIII, Juan Carlos, après avoir provisoirement exercé les pouvoirs du général Franco quand celui-ci était malade, fut désigné par le dictateur comme son successeur. Couronné en novembre 1975, il fit progressivement évoluer le régime vers la démocratie.

La résolution et le sens politique de Juan Carlos ont largement contribué à enraciner en Espagne la monarchie parlementaire instaurée par la Constitution de 1978. Son sang-froid lors de la tentative de coup d’État du 24 février 1981, qui traduit le mécontentement des forces armées devant l’incapacité des politiciens à combattre le terrorisme basque, lui permet de reprendre la situation en main et de sauver la démocratie espagnole. Depuis 1982, il cohabite avec un Premier ministre socialiste, Felipe González. En 1981, il se rend en visite officielle en Chine, devenant ainsi le premier chef de l’État espagnol à se rendre dans un pays communiste.

En mars 1992, cinq cents ans après qu’Isabelle la Catholique eut signé le traité d’expulsion des juifs d’Espagne, il entre au côté du président israélien Haïm Herzog dans la synagogue de Madrid, mettant ainsi fin à un épisode honteux de l’histoire de l’Espagne. De même, en cette année du cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, plutôt que de « célébrer » l’événement alors que les nations indigènes dénoncent les crimes commis par les conquistadores, Juan Carlos préfère mettre en place une nouvelle forme de coopération avec les peuples de ce continent. En juillet 1992, dix-neuf chefs d’État et de gouvernement participent à Madrid au deuxième sommet Ibéro américain (le premier avait eu lieu un an plus tôt, à Guadalajara, au Mexique). En octobre 1993, Juan Carlos prononce devant les députés français un discours axé sur le rôle de l’Europe dans le monde. Il est le premier chef d’État étranger à s’exprimer devant l’Assemblée nationale depuis le président américain Wilson en 1919.

A voir le Couple Royal Espagnol, et le Couple Présidentiel Français, on peut comprendre la fierté du peuple Ibérique. Une population qui a vécu l’atroce guerre civile, un peuple qui durant 40 ans a subit l’oppression du Dictateur Francisco Franco, et qui a retrouvé l’espace d’un éclair les valeurs de la démocratie.

Grâce à l’institution Royale les citoyens Espagnols, vécurent le passage de la Dictature à la Démocratie sans la moindre effusion de sang, sans le moindre drame.

La Monarchie Parlementaire met le Roi au-dessus des Partis Politiques. Le suffrage universel décide tous les quatre ans de porter au pouvoir l’Assemblée législative qui a recueillie la majorité électorale. Le Parlement Espagnol « Les Cortes » élisent un Premier Ministre et par la même un gouvernement qui décidera du destin du Pays pour le meilleur du Peuple Espagnol.

L’Espagne a réussit sa décentralisation, le Roi en est le Fédérateur. Il incarne les traditions et la culture de son Pays. Il est un Ambassadeur du savoir faire Ibérique à travers le monde notamment en Amérique latine.

En Monarchie Parlementaire le Roi incarne une Démocratie vivante, il est le parangon de l’unité du Pays. Il laisse au Premier Ministre le soin de gouverner. Contrairement à la Démocratie Française le Souverain s’interdit toutes interventions qui pourraient entraver la conduite du Pays.

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