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Le Président face à une certaine Fronde.

Mardi 22 juillet 2008 // La France

Un an après son accession au pouvoir le chef de l’État est confronté au mécontentement d’une grandepartie de la population et surtout de son soutien le plus précieux, les députés et les sénateurs, véritables courroies de transmission de la pensée et de l’action élyséennes.

Nicolas Sarkozy n’est pas roi de France. Mais il a dû lui aussi affronter la fronde du Parlement, bien que le Parlement du XXI° siècle relève du législatif quand celui du XVII° relevait, lui, du judiciaire. Qu’importe. Pour fêter la première année de sa présidence, les députés de la majorité, ont offert un superbe cadeau empoisonné au chef de L’État : Une victoire de la gauche qui a censuré la loi sur les organismes génétiquement modifiés. Ce qui ne devrait être qu’un épiphénomène est révélateur de l’état d’esprit qui règne dans les rangs de la droite et qui oscille entre lassitude et ras-le-bol.

Depuis mai 2007, les deux hémicycles n’ont pas eu le temps de véritablement souffler. Députés et sénateurs ont enchaîné les textes qui doivent « remettre la France dans le bon chemin » et ont souvent été débordés par la quantité de projets et propositions de Loi à examiner. Immigration, bouclier fiscal, réforme du code du travail, loi anti-récidive, service minimum, université, régimes spéciaux. Il n’est pas un texte qui ne fasse l’objet chaque semaine d’une déclaration d’urgence. Nicolas Sarkozy a expliqué cette avalanche de textes à quelques-uns de ses proches, le 7 mai à L’Élysée : « Dès qu’on récuse, on s’arrête de réformer Mitterrand l’a montré avec le tournant de la rigueur en 1983. Après il n’a plus rien fait Chirac, c’est pareil. En 1986, quand il était à Matignon, après l’affaire Malik Oussekine, il a reculé sur la réforme de l’éducation et ensuite, il n’a plus rien fait ». L’intention est fort louable, mais les parlementaires semblent aujourd’hui à bout. A bout de n’être considérés que comme la cinquième roue du carrosse, d’incarner une chambre d’enregistrement et parfois d’être court-circuité. « Peu de voix se sont élevés sur L’Afghanistan parce que la plupart des députés UMP n’ont pas de couil… au cul ! », s’est exclamé le député ( UMP Yvelines) Jacques Myard, un des grognards en chef de l’Assemblée nationale. Beaucoup s’émeuvent aussi de ce que la commission Balladur sur les institutions ne comporte en son sein aucun Député UMP !

Dépassé par les événements.

En creux, il s’agit de dénoncer des textes bâclés, inexpliqués, parfois imbuvables et contraires à l’opinion publique. Ainsi, « la réforme des hôpitaux est nécessaire et je milite pour sa mise en place depuis des années, insiste Jacques Domergue, député UMP de l’Hérault. Mais si on ne fait rien on risque de provoquer une réaction négative de tous les acteurs ». Dans un registre identique, la réforme des allocations familiales a été très mal perçue par les élus de la Nation. Pis. La réforme même du Parlement qui doit renforcer ses pouvoirs et qui a été inscrite dans le programme du candidat Sarkozy est reportée sine die. « Pas le temps », explique-t-on à L’Élysée. Jusqu’au 14 juillet, les députés auront à débattre, amender et voter une dizaine de « réformes majeures. » : Statut des fonctionnaires, ports autonomes, prisons.. Un délai « très court » reconnaissait le secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, qui a été pendant quelques semaines sur la sellette, ayant donné le sentiment d’être dépassé par les événements. Le président du groupe UMP au Palais Bourbon, Jean-François Copé, n’est pas non plus exempt de tout reproche. Il a mis longtemps à affirmer son autorité sur le groupe, jouant souvent sa carte personnelle au détriment du collectif jugé cassant, il est encore décrié par sa méthode de gouvernance un peu trop « managériale ». « On ne dirige pas un groupe comme une entreprise » lui a fait remarquer le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer.

L’emballage et le contenu

Cette mauvaise humeur n’est pas nouvelle. Elle sourd depuis quelques mois. En octobre 2007 déjà, les rangs étaient plutôt clairsemés pour l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. À l’époque le député villepiniste de la Drôme, Hervé Mariton, s’interrogeait sur « le décalage entre l’emballage des réformes et la réalité du contenu. » Cette ambiance délétère explique les nombreux couacs de la majorité depuis la rentrée parlementaire. Ainsi le projet de financement du Nouveau Centre a été reporté sine die, faute de consensus et d’information entre gouvernement et parlement. Quelques jours plus tard, la gauche s’est emparée de l’amendement dit « ADN « déposé par le député Thierry Mariani (UMP, Var) dans le cadre de la loi sur l’immigration déposée par Brice Hortefeux. Victime collatérale du cafouillage de la majorité sur ce sujet sensible. Le conseiller parlementaire de Matignon, Jean-Pierre Camby, limogé sans frais. Les députés ont à de nombreuses reprises demandé des suspensions de séance pour prendre connaissance des textes parfois complexes, qu’ils auraient dû voter « les yeux fermés. »

Armée de lâches.

Dernier couac en date : Le dossier OGM qui à défaut de provoquer un deuxième remaniement ministériel a créé un gros séisme gouvernemental. Tout est venu d’une bise que la secrétaire d’État, Nathalie Kosciusko-Morizet (surnommée NKM) a échangé avec José Bové, qui entamait en janvier dernier une grève de la faim pour obtenir une clause de sauvegarde contre le maïs 0CM MON 810. Les députés fort « troublés et dépités lorsque la bise fut venue » a lancé Michel Raison ( UMP, Haute-Saône), ont ensuite reproché NKM d’avoir implicitement approuvé plusieurs amendements déposés par l’opposition. Au nom de l’ouverture ou des convictions.? Toujours est-il que Mme le secrétaire d’État s’est épanchée quelques jours après cet incident sur « le concours de lâcheté et d’inélégance » engagé entre son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, et le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Selon elle le premier « se contente d’assurer le minimum » quand le second, Jean-François Copé, « essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe ». Et NKM de porter l’estocade : « J’en ai marre d’être confrontée à une armée de lâches ». Après des excuses officielles, tout est (apparemment) rentré dans l’ordre. Bien que La crise gouvernementale ait été évitée, les tensions subsistent et risquent de subsister jusqu’à la fin du quinquennat.

Crise de légitimité

Tout d’abord parce que les leaders de l’UMP traversent une crise de légitimité. Le chef de l’État, qui tente d’infléchir son comportement personnel, ne parvient pas à être un chef d’État crédible. Les manifestations se multiplient contre sa politique. Il ne parvient pas fédérer ses troupes. Tous les parlementaires conviés le 7 mai pour fêter son accession L’Elysée n’ont pas répondu son invitation. Parce que Nicolas Sarkozy ne s’était pas déplacé au siège de l’UMP la veille pour célébrer une victoire qui, douze mois plus tard, fait l’effet d’un feu de paille ? François Fillon, en chef de file gouvernemental a du mal tenir ses troupes ( Bachelot, NKM, Kouchner...) et les promesses du candidat Sarkozy, sur fond de crise économique récurrente. En privé, il se délecte des sondages qui lui sont plus favorables, mais craint de devoir céder sa place à Xavier Bertrand, étoile montante (et filante ?) du gouvernement, poussé en catimini par le chef de l’État.

Pétaudière.

Patrick Devedjian, chef de file désigné de l’UMP, se fait déborder par l’hôte de l’Élysée qui s’érige en véritable chef de parti. Nicolas Sarkozy ne vient-il pas d’annoncer que les petits-déjeuners hebdomadaires qui se tenaient auparavant Matignon, se dérouleront désormais l’Élysée.? Un camouflet supplémentaire pour François Fillon et pour Patrick Devedjian qui doivent composer avec les différents camps d’un parti qui ressemble au mieux à une vaste auberge espagnole, au pire une pétaudière d’ambitions personnelles.

La Fronde pendant la minorité de Louis XIV marqua un fléchissement de l’autorité royale. Le monarque sût s’en souvenir pour asseoir plus tard son pouvoir. Nicolas Sarkozy ne dispose que de quatre ans., pour revenir en grâce.

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