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Le Mirail à Toulouse, c’est comme le Bronx.

Si l’incendie venait à toucher les beaux quartiers, ce serait une autre affaire : Ce serait la révolution !

Mardi 2 novembre 2010, par Evgueni Blinov // La France

Pour ce journaliste russe, le quartier du Mirail, à Toulouse, est un ghetto en état de siège au cœur duquel trône une université contestataire. Vous avez dit exagéré ?

Telles, des forêts méditerranéennes chauffées à blanc par l’implacable soleil de Provence, les banlieues françaises sont prêtes à s’embraser à la moindre étincelle. La presse les qualifie de "quartiers sensibles" la police ne s’y rend qu’en cas d’extrême nécessité, et ceux qui s’y aventurent parce qu’une vague de déconcentration a amené leurs bureaux ou leur université dans ces "quartiers chauds,"accélèrent autant que possible le pas dès la sortie de la station de métro la plus proche.

En 2009, l’état de siège autour de l’université de Toulouse, « devenue forteresse de Brest-Litovsk de la grogne estudiantine », cette forteresse a vaillamment résisté aux assauts allemands en juin 1941, avait duré quatre mois entiers avant que le maire se décide à demander à la police de donner l’assaut. Les hésitations des pouvoirs publics ne venaient pas de leur respect pour l’indépendance de l’université ou d’une pudeur face à des mesures radicales, mais de l’emplacement même du site. L’université de Toulouse II, dans une classification qui date de 1969, porte le nom de son implantation géographique, Toulouse - le Mirail, ce qui sonne à peu près comme NewYork le Bronx. Lorsque la police a démantelé les barricades, un second cordon a été déployé au cas où des habitants auraient considéré que les "keufs" n’avaient pas à se trouver sur leur territoire. Les reportages réalisés sur place montraient à peu près tous, les mêmes images, avec des projecteurs de véhicules de police balayant des balcons débordant de bric-à-brac, des entrées d’immeubles plongées dans la pénombre ou des CRS casqués, en gilet pare-balles, courant d’un point à l’autre entre les silhouettes noires des HLM.

Rares sont les habitants du Mirail qui consentent à parler à visage découvert. Dans cette partie de la ville, on n’aime pas les bavards. Il est tout aussi difficile de trouver des courageux prêts à donner une autre vision des événements, car les journalistes ne sont guère plus appréciés que les forces de l’ordre : Aussi, tout ce qu’ils peuvent faire, c’est filmer les carcasses calcinées des voitures restées sur le champ de bataille et les nombreux impacts de balles qui émaillent les vitrines. Ce qui s’est passé ce jour-là ressemble d’ailleurs plus à une opération antiterroriste qu’à de la simple dispersion de manifestants. Les policiers, appuyés par des blindés, étaient équipés de tenues de combat qui les faisaient ressembler à des cosmonautes, des hélicoptères tournoyaient dans la nuit et des tireurs d’élite étaient postés sur les toits.

Les policiers se plaignent par ailleurs de l’architecture, qui les gêne dans leur mission de maintien de l’ordre. Les constructions irréfléchies des années 1960 se présentent sous forme de longues galeries soutenues par des rangées de piliers et traversées de passages qui relient les cours entre elles. Pour les concepteurs de ces quartiers de logements sociaux, il s’agissait de faciliter la circulation, et de créer des espaces où les habitants puissent se retrouver. Les architectes rêvaient de mixité sociale et d’amitié entre les peuples. Aujourd’hui cette enfilade de cours permet surtout de semer facilement les forces de l’ordre, et les piliers constituent de parfaits postes de tir à couvert. Quand il faut boucler un secteur à problème, toutes les forces de police et tous les véhicules disponibles doivent être mobilisés. Personne, n’ose imaginer ce qui se passerait si plusieurs incidents se produisissent simultanément en plusieurs endroits.

Cela dit, sur le terrain, rares sont ceux qui comptent encore sur l’action de la police. A toutes les plaintes celle-ci répond invariablement par le seul conseil qui vaille : "Allez vivre ailleurs." Les derniers employés de bureau ont ainsi déménagé il y a une vingtaine d’années et, plus récemment, les étudiants aussi sont partis vers le centre-ville. Selon les prévisions les plus pessimistes, d’ici dix à quinze ans, le pourcentage de population blanche dans les banlieues les plus déshéritées sera tombé aux environs des 5 %. L’utopie naïve des cités radieuses façon Le Corbusier s’est brisée sur la dure réalité de l’immigration.

Dans ces quartiers, tout signe de civilisation occidentale a disparu. Pas de magasins ouverts la nuit, pas de bars, pas de cinémas. C’est le désert. On n’y trouve que des boucheries halal et des supermarchés à bas prix. A 18 heures, tout est déjà fermé. Si vous voulez quitter l’Europe pour atterrir dans un pays du tiers-monde, il vous suffit d’aller à Toulouse, de prendre le métro et de rester assis jusqu’au terminus.

Il existe un poste de dépense sur lequel les Français, connus pour leur sens de l’économie, ne mégotent presque jamais, c’est le logement. Un étudiant, ou un modeste employé sera toujours prêt à rajouter cent à deux cents euros de loyer pour ne pas habiter à côté de, n’importe qui. Dans Paris, la somme à investir est beaucoup plus importante, ce qui fait que la diversité socioculturelle si chère au cœur des Français, perdure encore tant bien que mal. Mais cela ne saurait perdurer, car ceux qui sont contraints de vivre dans un environnement multiculturel gardent toujours l’espoir de trouver un meilleur travail, et donc d’accéder à des revenus plus élevés, et de s’installer dans un milieu européen. C’est d’ailleurs ce que s’empressent de faire les enfants d’immigrés qui réussissent.

On ne peut pas dire que les pouvoirs publics ne font rien. Des descentes de police sont effectuées de temps à autre, et des menaces d’opérations préventives résonnent parfois. En fait, cela ne sert qu’à accélérer le départ de tous ceux qui ont un minimum d’ambition sociale. L’origine ethnique et raciale des habitants de ces quartiers est officiellement taboue. Certains témoins ont entendu des appels à "tuer les Blancs", mais on refuse de les croire, car le dogme démocratique, veut que la France ne compte pas d’Arabes ou d’Africains, seulement des citoyens. Pourtant, il va bien falloir faire quelque chose des plus irresponsables de ces citoyens. Les Français éprouvent une envie grandissante de se débarrasser des banlieues comme ils se sont débarrassés, à une autre époque, de leurs colonies.

Un autre point de vue est aussi parfois mis en avant : Les troubles seraient favorables au président, pour lequel ont voté des électeurs effrayés par les guerres urbaines de 2005. La cote de popularité de Nicolas Sarkozy, se réduit comme peau de chagrin, plongeant à chaque nouvelle réforme. La seule chose qui puisse l’aider à être réélu serait une petite guerre victorieuse contre la criminalité. Cela dit, tout le monde, en France, s’est habitué à ces explosions de violence dans les banlieues. A la guerre comme à la guerre. Si l’incendie venait à toucher les beaux quartiers, ce serait une autre affaire. Là, ça sentirait vraiment la révolution, et j’adore l’odeur des pneus brûlés dans l’air du matin !

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