Le Coran

Mercredi 17 septembre 2008 // La Religion

Les pages qui suivent ont été écrites en me basant sur un livre traitant du Coran. Je suis CHRETIEN CATHOLIQUE, aussi j’ignore les bases du Coran. Je demande votre indulgence si vous apercevez des erreurs, ou si j’ai commis des fautes d’orthographe ; Sachez que je rectifierais toutes erreurs car j’ai en horreur d’écrire ou de lire des contres vérités. MERCI d’avance.

Comment lire le Coran ? La réponse la plus sage aujourd’hui consisterait à dire : comme un livre ouvert. Au propre et au figuré. Au propre, car il y a malheureusement trop d’intervenants au sujet de l’islam qui n’ont jamais ouvert le Coran, ou qui tentent même le chemin inverse, comprendre le Coran à partir du vécu des musulmans. Cette lecture serait légitime à certains égards, comme technique d’interprétation. Mais elle ne saurait être intellectuellement honnête que si elle était complétée par l’autre.

Au figuré, ce texte fondateur de l’islam a été révélé dans une langue spécifique, la langue arabe, à un peuple qui comprend cette langue, les Arabes. Cela ne contredit pas l’universalité de son message. Jésus aussi parlait en araméen, mais son message ne s’adresse pas qu’aux Araméens. Une des conditions pour l’acquisition des sciences du Coran, ’ulûm al-qur’ân, est donc une bonne connaissance de la langue arabe. L’arabe, comme toute langue, n’est pas une simple liste de mots qui auraient un sens unique définitif et figé. Elle est un corps vivant : elle possède ses formes d’expressions spécifiques et ses figures de styles. Le Coran recourt aux genres littéraires, principalement à l’exhortation et au récit, car, en tant que message divin, il renseigne les hommes dans un but d’édification. Il recommande des actes et en interdit d’autres. Il recourt à l’argumentation, il promet, il met en garde, etc.

Lire le Coran aujourd’hui

Parlant de lui-même, le Coran dit : « ... une noble lecture... que touchent seulement les purifiés. » (LVI, 77-79) Comment faut-il lire cette phrase ? S’agit-il d’une injonction ou bien d’un constat ? La différence est de taille. La deuxième interprétation serait presque le contraire de la première. L’injonction serait : « Il faut vous purifier avant de pouvoir toucher le Coran », alors que la deuxième signification serait : « Tous ceux qui touchent le Coran deviennent purs. » Autrement dit, s’agit-il d’une sommation rituelle ou d’un énoncé de principe ?

Cette antinomie a nécessité et justifié la distinction entre l’exotérique et l’ésotérique, le sens apparent et le sens caché. Dans le premier cas, le Coran est désigné comme un objet matériel. C’est le texte écrit ou imprimé sur un support quel qu’il soit. Le second cas nous met au contraire face à un sens du mot tout à fait autre. C’est un Coran en acte, un Coran âme et esprit du monde. Il s’agit du Coran, comme pouvoir actif d’interprétation et de signification du monde. Cela pourrait être le Prophète lui-même dont une célèbre parole dit que « son caractère était le Coran ». Seul un homme ayant atteint la pureté spirituelle du Coran peut en « toucher » le sens par son esprit. Pour surmonter la contradiction apparente entre les deux interprétations, la solution proposée est bien de les valider toutes les deux, en donnant bien entendu la préséance au sens obvie du texte. Et de fait le musulman, ordinaire ou très cultivé, évitera de toucher une copie du Livre saint, sans avoir au préalable fait ses ablutions rituelles.
Mais cela ne suffit pas à assumer pleinement le sens du verset – car comment expliquer alors que tant de non-musulmans, ignorants ou ne tenant pas compte de cette injonction, touchent chaque jour des copies du Coran ? Force nous est d’admettre le second sens, de le privilégier même, tout en continuant à marquer son respect pour le Livre saint.

La question de la Loi

L’attitude qui consiste à exclure tout autre sens que le sens immédiat, c’est cela l’attitude intégriste. Ce n’est pas seulement une attitude religieuse, loin s’en faut. C’est une attitude humaine, trop humaine. Simple ignorance, elle s’appelle bigoterie ou foi du charbonnier. Mais quand elle aspire au pouvoir pour imposer sa règle, elle s’appelle intégrisme. Ce n’est donc pas pour avoir trop médité leurs livres saints que certains croyants deviennent intégristes. Bien au contraire, c’est parce qu’ils ne le lisent pas assez... L’intégrisme n’est pas dans le texte, mais dans l’esprit du mauvais lecteur. La découverte et l’acquisition des différents sens du Coran demandent du temps, et aussi une adaptation de la psychologie de façon à la rendre conforme au savoir acquis.

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