Le CNT change-t-il de langage ? Réponse NON.

Mercredi 31 août 2011 // L’Afrique

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, également, président du « Haut comité ad hoc de l’Union africaine » chargé de trouver une issue à la crise en Libye, a reçu en audience, mardi 2 août 2011, une délégation du Conseil national de transition (CNT) conduite par Abdel Mejid Seif Nasr.

Venu dans la capitale mauritanienne en qualité d’émissaire du président du Conseil national de transition : Le CNT aidé par les armées Françaises et par celles de l’OTAN a réussi avec un courage qui force l’admiration à mettre un terme à la Dictature sanguinaire de Kadhafi. Le chef de la délégation de l’opposition armée libyenne était accompagné de deux autres responsables : Salem Ghannan et Moussa el Kewli.

Au cours de l’audience, Abdel Mejid Seif Nasr a transmis au chef de l’Etat mauritanien, un message du président du CNT dont la teneur n’a pas été formellement divulguée. Toute-fois, la déclaration faite par l’émissaire de Beghazi à l’issue de la rencontre du 2 août 2011, indique clairement que l’opposition armée libyenne, à l’origine très réticente vis-à-vis de la médiation et de la feuille de route de l’UA (Union africaine) affiche désormais des dispositions plus réceptives par rapport à une solution continentale après plusieurs mois de guerre. C’est l’avis concordant de nombreux observateurs, à Nouakchott, et sur le continent. Par ailleurs, il faut signaler que le voyage des membres du CNT libyen, à Nouakchott, survient quelques jours après une visite dans la capitale de l’er voyé spécial du secrétaire généra des nations-unies pour la Libye Abdel El lIah Et Khatib, le jeudi 21 juillet 2011.

Après une rencontre avec le préside Mohamed Ould Abdelaziz, l’émissaire onusien a évoqué « la nécessita d’une plus grande coordination de l’efforts de paix entre l’organisation mondiale et l’UA dans la recherche d’une solution de sortie de crise e Libye ». Cette intense activité diplomatique comporte un certain nombre de signaux, dont l’essentiel se résume dans une espèce de lassitude générale face à une guerre qui s’enlise, en dépit de l’action militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), venue « protégé les populations civiles » sur la bas de la « résolution 1973 du Conseil d sécurité des nations-unies » votée l’instigation de la France et des pay occidentaux.

Au terme de sa visite en Mauritanif Abdel Majid Self Nasr a annoncé avoir rencontré le chef de l’Etat mauritanien en sa qualité de président du « Haut comité ad hoc de l’Union africaine » chargé de trouver une issu négociée à la crise en Libye. C’est notre chance qu’il soit un chef d’Et arabe, africain et islamique, a-t-il affirmé à la fin de l’audience. Confian en son excellence, nous somme venus nous concerter et discuter , sujet de l’avenir du peuple libyen, a t-il poursuivi. Visiblement, le ton du côté du CNT a changé. Le vira emprunté par ses émissaires est de 160°. A l’origine de cette situation l’enlisement du conflit libyen ( provisoire ) et la capacité militaire de l’OTAN à délogé de Tripoli, le criminel Kadhafi par ses (seuls) bombardements. A cause de leur coût extrêmement élevé, certains pays ont commencé à retirer leur participation de cette coalition militaire. C’est le cas de la Norvège qui a ordonné le retour de ses six avions de chasse qui participaient aux combats. L’Italie n’est pas en reste. Rome, qui a mis ses bases militaires à la disposition de l’OTAN, a demandé de privilégier désormais la solution diplomatique. Quant à Barack Obama qui nage complètement dans ce conflit sans savoir vers quelle rive accoster, les républicains au Congrès lui ont clairement demandé pour quelle raison il est parti bombarder Mu’ammar al Kadhafi, à la demande du président français, Nicolas Sarkozy, alors que le leader libyen, plutôt considéré jusque-là comme un ami de Washington, n’avait fait aucun mal aux Américains ? Il faut donc comprendre que l’OTAN, dans les mois qui viennent, aura grand mal à pouvoir financer son effort de bombardement en Libye devant les problèmes d’ordre intérieur que rencontrent déjà les chefs de file de cette coalition, à savoir, le Français Nicolas Sarkozy, l’Anglais David Cameron et l’Américain Barack Obama. La crise est revenue au bon moment leur rappeler qu’il y a mieux à faire avec l’argent de leur peuple.

Pour mémoire, la « feuille de route de l’Union africaine » préconise une solution politique globale à la crise libyenne, avec notamment, un cessez-le-feu immédiat, permettant l’acheminement de l’aide humanitaire. Le deuxième point concerne l’ouverture de négociations en vue de la mise en oeuvre d’un processus politique « répondant aux aspirations du peuple libyen à`la démocratie, à l’état de droit, à la bonne gouvernance et au respect des droits humains ».

La réalisation du processus politique doit se faire dans le cadre d’un dialogue impliquant les parties en conflit. Celui-ci sera organisé sous les auspices de l’Union africaine et des nations-unies, par l’intermédiaire d’un « représentant spécial du secrétaire général de l’organisation mondiale, avec le soutien de la « Ligue des Etats arabes », de l’Organisation de la conférence islamique et de l’Union européenne.

A l’occasion du dernier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, tenu les 30 juin et Zef juillet 2011, à Malabo en Guinée équatoriale, l’organisation panafricaine a formellement admis le principe de la mise à l’écart du dicteur Kadhafi, qui serait ainsi laissé en rade dans le jeu politique de la nouvelle Libye. En plus du président mauritanien, le Haut comité ad hoc est composé des présidents sud-africain, Jacob Zuma, congolais Denis Sassou Nguesso, malien Amadou Toumani Touré et ougandais Yoweri Museveni.

Ce jour 31 août 2011 l’Union Africaine a reconnu « ENFIN « le pouvoir des insurgés. Vive la Libye LIBRE.

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