Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Le Bilan de l’État et l’État du Bilan !

Jeudi 25 juin 2009 // La France

On est habitué à examiner le budget de l’État, avec ses recettes et ses dépenses, semblable à un compte d’exploitation. Ce qui domine, c’est surtout le déficit, qui, dépassant les 100 milliards, atteint presque le tiers du budget.

La préparation du budget pour 2010 se révèle un exercice de haute voltige. Mais désormais, l’État publie aussi son bilan, comme le ferait une entreprise, et la Cour des comptes vient de l’examiner avec sévérité, faisant neuf « réserves substantielles ». Certes, l’exercice a quelque chose de fictif, puisque justement l’État n’est pas une entreprise et qu’il n’a pas de clients, mais des contribuables taillables et corvéables à merci.

Mais enfin, les résultats sont intéressants. Selon les derniers chiffres officiels examinés par la Cour des comptes, l’Etat a un « actif » de 639 milliards. L’essentiel est constitué par l’actif immobilisé (494 milliards), bien difficile à négocier, voire à évaluer (quelle est la valeur d’un bâtiment universitaire, d’une cathédrale antérieure à la loi de 1905 ou du château de Versailles ?). La Cour des comptes souligne par exemple le manque de fiabilité de la mesure des actifs du ministère de la Défense. Le reste est plus banal : un actif circulant de 85 milliards et une trésorerie de 13 milliards.

Coté passif : le chiffre d’abord donne le tournis : 1.325 milliards. Ce qui veut dire que la situation nette (actif moins passif) est largement négative, de l’ordre de 686 milliards ! Le passif est donc de plus du double de l’actif. Qui survivrait à cette situation ? Il s’agit pour l’essentiel de dettes financières (1.044) et non financières (111), d’un passif de trésorerie (67 milliards) et de quelques autres éléments techniques. Le résultat, est plus qu’inquiétant.

Oui, mais voilà, il est faux : le passif est fortement sous-estimé. La Cour des comptes fait remarquer que le gouvernement a oublié d’intégrer la dette sociale dans son bilan... La dette sociale est bien dans la dette publique au sens de Maastricht (Bruxelles oblige) mais pas dans le bilan de l’Etat. La Caisse d’amortissement de la dette sociale est ainsi oubliée. Or elle est sous la tutelle de Bercy et la majorité des droits de vote au conseil d’administration appartient à l’Etat. Et il y a une garantie implicite de l’Etat. Voilà une centaine de milliards à rajouter.

A un détail près : cela n’intègre pas, même avec ce calcul large, l’essentiel de la dette sociale potentielle : les retraites des fonctionnaires. Un tout petit détail, évalué, si l’on tient compte « des droits acquis au 31 décembre » à 1.050 milliards ! Autant que toute la dette financière. Certes, ces retraites seront payées année après année par le budget de l’Etat, donc par les impôts ; mais c’est bien une dette, puisque l’argent, dans un système par répartition, n’a jamais été mis de côté, il faudra donc le trouver, en bon français cela s’appelle une dette.

Certes, la Cour des comptes fait quelques contorsions pour expliquer qu’avec la légalisation actuelle, si elle était inchangée, cela permettrait de financer dans les années à venir environ 700 milliards. C’est bien une dette, mais, si nous comprenons bien, la Cour des comptes veut dire qu’elle n’impliquerait pas, pour ces 700 milliards, une hausse nouvelle des impôts. Même en rentrant dans ce raisonnement tortueux (car une dette est une dette, sauf à imaginer de ne plus payer les retraites des fonctionnaires), il manquerait quand même, selon les calculs de la Cour des comptes, 357 milliards d’ici à 2050 ! Bien entendu, cela ne concerne que les retraites des fonctionnaires. La bombe des retraites du privé est encore une autre histoire.

Tout cela représente la situation au 31 décembre 2008, c’est-à-dire sans intégrer les plans de relance et les déficits de plus en plus explosifs, qui vont encore plomber le passif. La Cour des comptes qui sait parier le « politiquement correct », parle d’une « progression particulièrement dynamique des charges » : en bon français, une explosion ! « Dès 2009, la conjugaison de charges accrues et de moindres produits renforcera l’impact sur les comptes » : en français, ce sera pire. Le Parlement est-il là pour veiller au grain ? Non, car la Cour indique qu’il a voté en 2008 une hausse des, dépenses de 1,9% ; or, le résultat a été +3,4% : presque le double. Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Répondre à cet article