La vérité sur Louis XVI.

Pour les révolutionnaires de 1789, puis les historiens de la Ille République, le souverain n’est un peu benêt : FAUX !

Vendredi 27 août 2010 // L’Histoire

Le Roi mesurait en réalité entre 1,90 m et 1,93 m et était doté d’une très grande force physique, qu’il mettait au service de ses passions, la première était de servir la France.

La Révolution française et les historiens de la III° République nous ont laissé l’image caricaturale d’un roi simplet, petit et gros, indécis et médiocre. Encore dauphin, le duc de Berry est un garçon timide et taciturne, mais intéressé par les études et doués d’une excellente mémoire. Il reçoit une éducation fénelonienne empreinte de morale et de religion, donnée par son gouverneur, le duc de La Vauguyon.

Le but est d’en faire un monarque exemplaire par ses vertus, connaissant parfaitement le fonctionnement de son royaume pour mieux en réformer les abus. Très cultivé, Louis XVI parle couramment l’anglais et lit parfaitement l’italien, l’espagnol, l’allemand et le latin. Il se passionne pour l’histoire, la géographie et les techniques, mais surtout les sciences. Sa bibliothèque, dans laquelle il aime passer du temps, compte plus de 12 000 ouvrages traitant des mathématiques, de physique, de chimie, de médecine ou encore de philosophie, en particulier ceux de l’Écossais David Hume.

Il aime dessiner les cartes de géographie, et rédigea pour l’essentiel les instructions de l’expédition maritime autour du monde commandé par La Pérouse. La reconstitution de la marine royale lui tient à cœur. Ce redressement permit de tenir en échec la flotte anglaise et contribua à l’indépendance américaine, qu’il aida (lire Historia n° 743). Lors d’une visite qu’il effectue dans le port de Cherbourg en 1786, les officiers sont étonnés par l’étendue de ses connaissances et la pertinence de ses remarques.

Soucieux du bien-être de son peuple, il est conscient de la nécessité de réformer le pays. Il se montre ouvert aux Lumières, comme en témoigne l’entrée dans son gouvernement de Turgot ou de Malesherbes. Pourtant la grande popularité dont il jouit à son avènement va décroître. Modeste et discret, aspirant à un mode de vie plus simple, il tourne le dos au système de cour hérité de Louis XIV et à l’étiquette, qu’il néglige. En accentuant la désacralisation de la figure royale déjà amorcée sous le règne précédent, cette attitude lui attire l’animosité d’une partie de la noblesse, privée de sa raison d’être sociale.

Elle fait ainsi circuler des pamphlets ridiculisant le souverain, le présentant comme faible et jouet de son épouse Marie-Antoinette. L’impopularité grandissante de la reine rejaillit également sur lui, critiqué pour céder à ses caprices et ne pas être capable de faire cesser ses dépenses. Son manque de fermeté pour mener des réformes, sa passivité face aux événements de la Révolution ou ses maladresses pour en inverser le cours le rendent définitivement impopulaire, il paiera de sa vie une impopularité qu’il ne mérité pas.

Dans les caricatures révolutionnaires, « le roi-père » devient « le roi-faible », tant sur le plan moral que physique. La République ne pouvait qu’insister sur le dénigrement d’un monarque dont la disparition permet l’envol.

L’historiographie républicaine de la fin du XIX° siècle relaya cette image dans ses manuels scolaires, en concurrence avec celle du roi martyr que forgèrent les royalistes après son exécution en 1793.

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