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La sexualité.

Mardi 9 octobre 2007, par Paul Vaurs // Santé

Introduction

Des connaissances plus ou moins intuitives de sa sexualité à la constitution d’un savoir scientifique autour de la notion de plaisir sexuel, le cheminement fut long pour aboutir aux fondements de la sexologie occidentale. Ce n’est qu’à la fin du X1X° siècle qu’on vit éclore les prémices de cette science nouvelle et, en 1911, apparaître pour la première fois le terme de sexologie.

L’opprobre jeté sur le plaisir sexuel par la morale chrétienne a longtemps conduit les scientifiques à n’aborder les difficultés sexuelles que par le biais de la reproduction. En France, la distanciation par rapport au carcan religieux, grâce à la reconnaissance des concepts darwinistes et à la laïcisation de la société, a permis une nouvelle réflexion sur la sexualité. Celle-ci, en tenant compte des besoins sexuels de la femme, allait aussi ébranler la suprématie masculine.

La publication des premiers grands rapports sur les comportements sexuels, qu’on doit à Alfred C. Kinsey, allait mettre en évidence la fréquence, bien plus grande qu’on ne le pensait, de certaines pratiques sexuelles dans la population générale, telles la masturbation ou la fellation. En revanche, les comportements déviants, auxquels s’était particulièrement attachée une grande partie des pionniers de la sexologie, restaient relativement minoritaires.

Au-delà de l’étude de la physiologie sexuelle et des descriptions des pratiques sexuelles, la sexologie naissante se devait aussi d’apporter des réponses aux peines de sexe. Jusqu’à la fin des années 1960, les difficultés sexuelles relevaient du psychiatre ou du psychanalyste. La thérapeutique sexologique, que fondèrent, en 1970, William H. Masters et Virginia H Johnson, partir de leurs études sur les réactions de l’être humain au cours de l’acte sexuel, permit de proposer à un bon nombre de patients des techniques sous forme de rééducation comportementale.

Fort des observations de ces chercheurs et de l’efficacité de leurs stratégies thérapeutiques, qui jetaient les bases d’une approche nouvelle de la sexualité humaine, le monde médical commença à s’intéresser autrement aux patients en difficulté sexuelle. La reconnaissance de causes organiques locales ou générales, dans bien des cas où les sexothérapies étaient inopérantes, à conduit développer ou à appliquer des techniques médicales et chirurgicales spécifiques, afin de mettre en évidence l’origine du dysfonctionnement et de soigner ces patients.

Des connaissances plus ou moins intuitives de sa sexualité à la constitution d’un savoir scientifique autour de la notion de plaisir sexuel, le cheminement fut long pour aboutir aux fondements de la sexologie occidentale. Ce n’est qu’à la fin du XIX° siècle qu’on vit éclore les prémices de cette science nouvelle et, en I 9 I 1, apparaître pour la première fois le terme de sexologie.

L’opprobre jeté sur le plaisir sexuel par la morale chrétienne a longtemps conduit les scientifiques à n’aborder les difficultés sexuelles que par le biais de la reproduction. En France, la distanciation par rapport au carcan religieux, grâce à la reconnaissance des concepts darwinistes et à la laïcisation de la société, a permis une nouvelle réflexion sur la sexualité. Celle-ci, en tenant compte des besoins sexuels de la femme, allait aussi ébranler la suprématie masculine.

La publication des premiers grands rapports sur les comportements sexuels, qu’on doit à Alfred C. Kinsey, allait mettre en évidence la fréquence, bien plus grande qu’on ne le pensait, de certaines pratiques sexuelles dans la population générale telles la masturbation ou a fellation. En revanche, les comportements déviants, auxquels s’était particulièrement attachée une grande partie des pionniers de la sexologie, restaient relativement minoritaires. Au-delà de l’étude de la physiologie sexuelle et des descriptions des pratiques sexuelles, la sexologie naissante se devait aussi d’apporter des réponses aux peines de sexe. Jusqu’à la fin des années 1960, les difficultés sexuelles relevaient du psychiatre ou du psychanalyste. La thérapeutique sexologique, que fondèrent, et, 1970, William H Masters et Virginia E. Johnson, à partir de leurs études sur les réactions de l’être humain au cours de l’acte sexuel, permit de proposer à un bon nombre de patients des techniques sous forme de rééducation comportementale.

Fort des observations dc ces chercheurs et de l’efficacité de leurs stratégies thérapeutiques, qui jetaient les basses d’une approche nouvelle de la sexualité humaine, le monde médical commença s’intéresser autrement aux patients en difficulté sexuelle. La reconnaissance de causes organiques locales ou générales, dans bien des cas où les sexothérapies étaient inopérantes, a conduit à développer ou à appliquer des techniques médicales et chirurgicales spécifiques, afin de mettre en évidence l’origine du dysfonctionnement et de soigner ces patients.

Les innovations thérapeutiques ont beaucoup progressé ces trente dernières années. Des implants péniens au sildénafil, la sexologie médicale peut, de nos jours, apporter des réponses aux difficultés sexuelles. Mais ces possibilités entraînent inévitablement des questions sur la limite des prises en charge et de leur opportunité. Comment en effet, se situer, face au désir de performance et, dans certains cas, comment différencier ce désir de performance du trouble sexuel ? Quand y a-t-il atteinte à la qualité de vie et comment y répondre ? A ces questions sont confrontés non seulement le sexologue, mais aussi le médecin généraliste, qui est de plus en plus amené à traiter les dysfonctions sexuelles, en raison de la mise sur le marché de certains traitements et de l’intérêt médiatique qu’ils suscitent.

Se situant à l’interaction de différentes disciplines et constituant, en même temps, un corpus scientifique propre, la sexologie prend en considération tous les phénomènes sexuels, qu’ils soient normaux ou pathologiques, tout en les replaçant dans leur dimension sociale et culturelle. Etant donné l’ampleur de son domaine d’étude et d’intervention, il faudra se limité à des thèmes permettant de se Forger une culture de base en sexologie. L’intérêt étant aussi de sensibiliser le lecteur à la richesse de cette nouvelle science, qui est encore en pleine expansion.

Nous ne sommes pas en mesure de savoir depuis quand l’être humain détient une certaine connaissance de la reproduction sexuée. L’art rupestre du paléolithique, bien que représentant des symboles sexuels, ne nous donne pas d’information à ce sujet. On petit toutefois supposer que la procréation n’étant pas consciente, la finalité de l’activité sexuelle des premiers hommes n’a probablement pas été la reproduction mais la quête du plaisir charnel. Le rôle du père géniteur n’a pas toujours été clairement établi et la maternité a été perçue dans certains groupements humains, et l’est encore au sein de populations dites primitives, comme relevant « d’un contact entre « femme et un objet ou un animal du milieu cosmique environnant. » À ce propos, Sarwat Anis Al—Assiouty (1991) cite les aborigènes d’Australie, qui « pensent que la pierre est censée abriter les puissances de fécondité Les femmes qui veulent tomber enceintes vont visiter un certain bas-fond entre les rochers, hanté par ces puissances, alors l’une de ces puissances se glisse dans corps de la femme et la fécondation a lieu ».

Toute l’histoire sexuelle de l’humanité est parsemée de croyances et de mythes en des « maternités spontanées  » attribuées à des éléments naturels, tels que l’eau, le vent, le soleil ou même à des aliments. Alexandre Maupertuis (1977) évoque les femmes arunta d’Australie centrale, qui se méfient des tourbillons de poussière qui pourraient les engrosser. Il mentionne également les conseils qu’on prodiguait, dans la Grèce antique, aux jeunes filles afin qu’elles évitent certaines eaux pouvant les féconder. Cet auteur souligne l’omniprésence de telles croyances : « Un peu partout et aux meilleures époques de la chrétienté, on trouvait des fontaines qui ne passaient pas seulement pour favoriser la fécondité des femmes, mais vraiment pour les féconder directement. On attribuait cette puissance à la virilité du saint. »

Même si l’homme, au cours de son évolution, a pu au sein de certaines cultures, accéder assez tôt, lors de relations hétérosexuelles, à la conscience de l’existence d’un lien entre orgasme masculin et enfantement, ces actes n’étaient toutefois pas considérés comme suffisants pour faire naître un enfant. L’intervention d’une puissance divine semblait nécessaire pour envoyer une âme, animer le foetus. Cette croyance est toujours d’actualité dans de nombreuses religions, et, comme le précise Pierre Cordon (1946) : « La naissance d’un être nouveau n’a jamais cessé d’être, pour les croyants, une collaboration entre Dieu et un couple humain. »

La sexologie moderne.

La laïcisation de la société, une certaine acceptation de notre animalité grâce aux théories évolutionnistes de Darwin, ainsi que l’avènement d’une morale bourgeoise font partie du contexte où naît, au cours du XlXe siècle, un nouveau discours de la médecine sur le sexe. Le fonctionnement de la sexualité de l’être humain est cependant abordé principalement sous l’angle de la pathologie dégénérative. Ce courant évolutionniste s’attache aux caractéristiques de l’hérédité et étudie la sexualité entant qu’instinct biologique pourvu d’une fonction de reproduction. Les perversions, anomalies de la conservation de l’espèce, sont largement décrites dans les travaux de Richard von Krafft-Ebing (1840-I 902). Du fétichisme à l’auto-érotisme en passant par la zoophilie, c’est à ce médecin allemand que revient le mérite d’avoir été le premier à entreprendre une classification clinique qui est d’ailleurs restée longtemps vigueur —des psychopathologies sexuelles dans son ouvrage Psychopathia sexualis, eine Klinisch-forensische Studie, dont la première édition date de 1886.

La démarche de Havelock Ellis (1859-1939) —qui est considéré comme étant l’un des initiateurs principaux de la sexologie, si ce n’est le fondateur —est basée sur une observation des phénomènes sexuels qui ne se limite pas aux déviances. Ce médecin australien, conscient du maigre savoir existant dans Le champ de la sexualité et de la complexité de cet objet d’études, a préconisé, avant de prescrire des thérapeutiques, d’approfondir les recherches dans ce domaine. En 1896, parait, aux Etats-Unis, le premier volume de Studies in the Psychology of Sex (Études de psychologie sexuelle, 1935). Il s’agit d’une analyse de la sexualité, allant des sentiments aux déviations sexuelles, qui aura le mérite de placer dans le champ de la normalité des pratiques qui, jusque là étaient considérées comme relevant de la perversion : la masturbation, la fellation, le cunnilingus, etc.

La sexologie naissante doit beaucoup, également, à des personnes non issues du milieu médical qui se sont penchées sur les relations de couple, mais aussi sur la place de la femme dans la société, voire sur sa sexualité, en particulier. Il faut préciser que les médecins de cette époque ne s’intéressaient pas au plaisir féminin, car, pour eux, il n’était d’aucune utilité dans le processus de reproduction et, en plus, il pouvait se révéler pervers. Parmi les sociologues,historique, juristes, ethnologues, anthropologues, qui ont permis d’élaborer un discours différent sur la sexualité, on peut citer : le philosophe Rémy de Courmont auteur de Physique de l’Amour, le juriste René Guyon, qui rédigea les « Etudes d’éthique sexuelle, ainsi que les ethnologues H. Ploss et M. Bartels qui firent paraître, en 1897, une étude anthropologique basée en grande partie, sur la sexualité de la femme.

Les premiers axes de recherche en sexologie avaient trait, comme l’explique Philippe Brenot (1994), à la pathologie psycho-sexuelle, la sociologie sexuelle et au contrôle de la fécondité. Pour cet auteur, trois ouvrages de référence de l’époque traduisent ces tendances. L’intérêt que certains médecins portaient à l’étude de la sexualité en dehors du champ de la procréation n’a pas toujours été très bien compris par leurs confrères et ils se sont souvent, attiré des vives critiques. Tel fut le cas pour Sigmund Freud (1856-1939), fondateur de la cure psychanalytique. Il a apporté un éclairage nouveau en matière de sexualité, en avançant une théorie sur l’existence d’une sexualité infantile présente dès le début de la vie. Jusque-là, on pensait, en effet, que seules les personnes mûres physiquement dans l’esprit de certains, cela ne s’adressait qu’aux hommes, présentaient des réactivités sexuelles. Ce médecin autrichien a aussi souligné l’impact des événements vécus au cours dc l’enfance et de l’adolescence sur la genèse de la sexualité de l’âge adulte. Il a proposé également, dans Trois essais sur la théorie de la sexualité de faire la distinction entre génitalité, c’est-à-dire les organes et la fonction de reproduction et sexualité, qui inclut les divers types de satisfactions sexuelles et même celles qui ne sont pas liées à l’appareil génital.

La première revue sexologique, a été élaborée en 1899 par Magnus Hirschfeld ( 1868-1935). Ce dernier fut également à l’initiative des premières statistiques sur le comportement sexuel à partir d’une étude menée sur des Berlinois ; il a déclaré que l’homosexualité se retrouvait au sein de toutes les couches sociales de la population. Ce médecin a, par ailleurs, tenté « d’ignorer une sociologie sexuelle où prendraient place les problèmes éthiques. criminologiques et législatif. Dans son esprit, cette sociologie ne devait pas se borner aux problèmes des personnes mariées ou divorcées, mais à l’ensemble des problèmes sexuels, y compris ceux se rapportant à la prostitution, et au contrôle des naissances.

Alors que les activités sexuelles étaient devenues un champ d’observation pour les médecins et, très souvent, pour les psychiatres, différentes disciplines médicales, l’endocrinologie et la générique, entre autres —, en ouvrant, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, de nouvelles voies de recherche dans le domaine de la sexologie, contribuèrent à dépasser les théories freudiennes.

Cette ère nouvelle semble débuter avec Alfred C. Kinsey (1894-1956), qui mena de vastes enquêtes sur le comportement humain. Alors qu’il devait faire une intervention sur la biologie du sexe en 1938, il se rendit compte qu’il n existait pas de littérature sur la sexualité humaine. De ce fait, il entreprit d’étudier lui-même le comportement de ses compatriotes et fonda un institut pour la recherche sur le sexe. La démarche scientifique particulière de cet entomologiste de formation, fondée sur observation des faits tout en se basant sur le concept de variation au sein d’une population, permit d’apporter une méthodologie différente à l’étude des comportements sexuels.

La sexologie est devenue une discipline scientifique autonome ayant pour objet la sexualité de l’être humain à travers une approche pluridisciplinaire et spécifique. Elle s’est, en effet, constituée en une pratique propre à partir des apports théoriques et thérapeutiques de diverses disciplines. Psychologie, biologie, médecine générale, urologie, gynécologie, endocrinologie, médecine psychosomatique, vénérologie, psychiatrie, sociologie, éthologie, etc. Sa spécificité réside dans son attachement au plaisir et à la satisfaction sexuels. On définit deux courants principaux en sexologie ; l’organiciste (troubles organiques ou physiologiques) et le psychogène, qui s’attache à la problématique sexuelle et aux difficultés relationnelles des sujets. Étant donné l’importance de l’intrication du comportemental, du psychologique et de l’organique, ces approches sont complémentaires. La démarche médicale et la démarche psychologique doivent rester liées, même si certains spécialistes privilégient l’un des aspects.

D’éminents personnages ainsi que de remarquables ouvrages scientifiques ou de vulgarisation ont contribué à l’évolution et à la connaissance de la sexologie au cours de ces trente dernières années.

LE POINT SUR LA SEXOLOGIE CONTEMPORAINE

La sexologie est une science, mais aussi un art, dont l’enseignement s’est considérablement développé à travers le monde, notamment au Canada, aux États-Unis et dans de nombreux pays européens. L’existence d’associations nationales et internationales (World Association for Sexology ou W.A.S.) ainsi que d’instituts et de sociétés de sexologie (en France : la Société française de sexologie clinique ou S.FS.C. ; la Société française de pathologie sexuelle., l’Association inter-hospitalo-universitaire de sexologie ou A.I.H.U.S.) regroupant des personnes ayant une activité en sexologie, permet de promouvoir l’échange et l’évolution des connaissances. Par ailleurs, un des soucis majeurs de ces associations est d’instaurer des cadres de réglementation pour la pratique de la sexologie afin de favoriser la reconnaissance professionnelle et sociale des sexologues et de garantir le sérieux de leurs adhérents auprès du grand public.

Les progrès effectués dans le domaine de l’anatomie et de la physiologie sexuelle ainsi que dans la connaissance des comportements ont permis d’élaborer de nouvelles thérapeutiques. La prise et, charge des doléances sexuelles peut parfois différer d’un pays à un autre. Aux Etats-Unis, par exemple, on préconise une approche psychologique, et les sexothérapies sont très en vogue, tandis que, en France, la tendance est plutôt la médicalisation des difficultés sexuelles. À partir des recherches sur la fonction érectile masculine dans les années 1980, on utilise e terme de médicalisation de la sexualité. Les dernières innovations thérapeutiques et les études prometteuses en cours, (Viagra) et autres molécules de l’érection, les possibilités thérapeutiques de la DHEA dans les troubles sexuels féminins, ne font que renforcer cette tendance au sein d’une population qui, culturellement, présente une foi immense et parfois compulsive en tout traitement médical.

Cette tendance soulève cependant bien des questions et, notamment, celle de la limite de la médicalisation, qui nous conduit aussi à nous interroger sur ce qu’on entend par une sexualité normale. Le risque est, en effet, grand de confondre amélioration de la qualité de vie et réponse à une demande de quête de performance. Des pseudo-normes dans le domaine sexuel, induites très souvent par des films pornographiques, ainsi que par une avalanche d’articles grand public portant sur la sexualité, ont fait naître des doutes et des désirs chez bien des personnes. Les spécialistes avant une activité en sexologie ont l’habitude de ces patientes qui cherchent désespérément leur point G ou même, depuis certaines émissions télévisées, des orgasmes d’une durée quasi infinie. Plus grave est la conviction des patients de ne pas être « normaux » et de se créer de fausses pathologies, qui finissent parfois par déclencher de véritables troubles sexuels.

De ce fait, toute approche et toute réponse médicales, doivent tenir compte du contexte affectif et relationnel dans lequel baigne le parient, mais aussi de ses représentations et de ses normes. Il est, en effet, bien tentant, pour des médecins non formés à la sexologie, de répondre aux souffrances des patients par la prescription d’une pilule, oubliant ainsi de cerner la réelle difficulté et en finissant par réduire la réponse sexuelle à un simple processus mécanique. Une écoute de la souffrance des patients et leur prise en charge psychologique vont de pair avec toute prescription médicamenteuse.

Même si les connaissances de la physiologie sexuelle, surtout dans le domaine de la génitalité féminine, restent encore lacunaires, les possibilités d’exploration des troubles sexuels et la vaste gamme des stratégies thérapeutiques, dont disposent actuellement les sexologues, permettent de répondre d’une manière souvent bien satisfaisante aux souffrances des personnes en difficulté de sexe.

LA PRATIQUE DE LA SEXOLOGIE

La sexologie, qui se veut une science objective de la sexualité, recouvre trois niveaux d’activité, tels que les décrit Philippe Brenot (1994) : la recherche, l’enseignement et la clinique. C’est cette dernière activité qui sera l’objet principal de ce chapitre.

L’étude biologique des faits sexuels tient une place prépondérante dans la recherche en sexologie. On espère pouvoir mettre ainsi en évidence tous les processus sous-jacents aux fonctions sexuelles et arriver à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques. La recherche fondamentale porte, notamment, sur les processus hormonaux, sur les neurotransmetteurs, mais aussi sur les aphrodisiaques. Différentes études sont, par ailleurs, menées sur les principes actifs des plantes utilisées en tant qu’aphrodisiaques dans la médecine traditionnelle. Un autre secteur connaissant actuellement un fort intérêt est celui des appareillages, qui constituent une des réponses possibles en sexologie.

De nombreuses universités possèdent des départements de sexologie. Les enseignements sont répartis parfois sur plusieurs cycles (au Canada, par exemple) et certaines universités (aux Etats-Unis, en Belgique) décernent des doctorats en sexologie. En France, où ce fut la Société française de sexologie clinique (S.ES.C.) qui organisa le premier enseignement de la sexologie, les formations sont dispensées par des facultés ainsi que par des organismes privés. Elles s’adressent très souvent à des médecins, mais certaines sont aussi ouvertes aux psychologues, sage-femmes et éducateurs.Les formations universitaires, d’une durée de trois ans, sont sanctionnées par un DU (diplôme universitaire) ou d’un DIU (diplôme interuniversitaire qui regroupe plusieurs facultés au programme commun) et sont multidisciplinaires. On y aborde différents domaines des sciences humaines, comme l’anthropologie, la sociologie et, bien sûr, la psychologie ; les sciences cliniques médicales et les différents types de thérapeutiques et thérapies existants font également partie du programme. Ces formations ne visent cependant pas à prodiguer un savoir cumulatif, mais à amener l’étudiant à une compréhension de la sexualité allant au-delà des cloisonnements que fabrique chaque discipline.Il existe, par ailleurs, depuis 1998, un diplôme inter-universitaire de sexologie, principalement pour des médecins afin que leur compétence cm sexologie soit officiellement reconnue.

L’activité clinique, ou sexologie clinique, est la pratique appliquée aux patients et elle inclut l’information, le conseil et la thérapeutique. L’information en matière de sexualité et le conseil peuvent se donner dans des cadres autres que celui du cabinet du praticien et par des personnes ayant un niveau de formation en sexologie moins poussé.

L’information et le conseil font partie de la prise en charge du couple par des conseillers conjugaux. L’information peut également être rattachée à l’éducation sexuelle. Celle-ci devrait être dispensée en France dans les établissements du second degré depuis la mise en place de la circulaire du 26 juillet 1973, qui a été remplacée par la circulaire n° 96-l0O du 15 avril 1996. Actuellement, l’information en milieu scolaire est, en général, basée sur la prévention des M.S.T et, notamment, du sida. L’information peut s’adresser à des adolescents ou à des adultes dans différents cadres. Cabinet du médecin généraliste, contexte scolaire ou professionnel, consultations prénatales. Aussi bien, le médecin généraliste, la sage-femme dont le rôle est aussi de dispenser du conseil —,le psychologue, l’infirmière scolaire que l’éducateur peuvent s’en charger, à condition d’avoir reçu une formation adéquate. Certaines informations techniques en matière sexuelle, comme celles qui sont prodiguées à des personnes ayant subi des lésions médullaires à la suite d’un accident, relèvent d’une formation spécifique.

La thérapeutique

Il s’agit de la prise en charge d’une personne ou d’un couple présentant une souffrance liée à une difficulté ou à un dysfonctionnement dans le domaine sexuel. Grâce à des stratégies thérapeutiques, on tente de les aider à trouver, ou à retrouver une santé sexuelle. À ce jour, aucun statut officiel ne reconnaît l’exercice de la sexologie en France. Bien que la sexologie n’ait pas encore accédé dans l’Hexagone au rang de spécialité médicale, comme en Allemagne ou en Pologne, elle est toutefois admise en tant que compétence. Parmi les personnes se disant compétentes dans le domaine de la sexologie, une large majorité est issue du monde médical (médecins généralistes, gynécologues, endocrinologues, andrologues, psychiatres, urologues, les urologues, qui sont parmi les interlocuteurs privilégiés de l’homme présentant des troubles sexuels, on, fortement contribué à la progression des connaissances et des traitements de la fonction érectile). Les autres justifient d’une formation de psychologue clinicien ou appartiennent à des secteurs paramédicaux. En marge, se situent quelques soi-disant thérapeutes, aux formations fantaisistes, qui se sont décrétés sexologues (ces personnages tentent souvent de recruter des patients par le biais des pages jaunes de l’annuaire téléphonique ou par des annonces dans des magazines). La sexologie est, pour 90 % de ceux qui l’exercent, une activité annexe ; seuls 10 % des sexologues s’y consacrent à plein temps.

La sexologie s’avère être de plus en plus un travail d’équipe pluridisciplinaire ; aussi, des centres spécialisés proposant des prises en charge multiples se développent dans quelques villes. Néanmoins, il n’est pas toujours aisé de trouver un sexologue et une certaine vigilance s’impose. Bien souvent, c’est le médecin généraliste ou encore le gynécologue ou urologue qui sont en mesure d’indiquer L’adresse d’un sexologue. On peut égaiement s’adresser à l’A.S,Cli.F (Association des sexologues cliniciens francophones), à la S.F.S.C. (Société française de sexologie clinique) ou encore à l’institut de sexologie, à Paris. Il existe la aussi un syndicat national des sexologues et sexothérapeutes (S.N.S.S.) dont les adhérents s’engagent à respecter un code de déontologie et acceptent designer une Charte Ethique.

Si l’on souhaite un entretien de conseil conjugal et familial, on peut s’adresser à l’Association française des centres de conseil conjugal, qui se trouve également à Paris.

Il n’est pas encore entré dans 1es moeurs en France d’aller consulter, d’emblée, un sexologue lorsqu’on estime avoir un problème avec sa sexualité. Il est certes plus aisé, lors de difficultés d’érection, de demander furtivement à son médecin traitant une ordonnance prescrivant une molécule qui pourrait l’induire facilement. Il existe toute une catégorie de personnes qui ne parlent pas de leurs troubles sexuels. Parfois, parce qu’elles ne savent pas à qui s’adresser ou ne savent tout simplement pas qu’il existe des spécialistes pouvant les écouter et les aider. Trop souvent, elles pensent encore que le médecin est là pour ôter certaines souffrances physiques mais non pour redonner du plaisir. Elles se murent dans un silence et ce n’est parfois qu’au bout d’une dizaine d’années, voire plus, qu’elles arrivent à consulter un spécialiste.

Il arrive aussi que les personnes évoquent directement ou en filigrane leurs difficultés, et le médecin, gêné, non formé, répond par la banalisation à leur demande ou prescrite des traitements peu adaptés, sans avoir le réflexe de les orienter Vers un sexologue. Ce sont des personnes de tout âge et issues de toutes les classes sociales qui s’adressent au sexologue. Elles le font en individuel ou en couple — la présence du partenaire, bien que fort conseillée, est loin d’être des plus habituelles. En dehors d’une catégorie d’individus aux tendances perverses, qui ressentent une jouissance à exhiber des propos sexuels et qui ne consultent, en général, que pour ça, il est vrai que parler de son intimité n’est pas chose facile. Pourtant, ce n’est qu’à ce prix-là qu’on peut s’engager dans une voie conduisant vers une plus grande satisfaction sexuelle et une meilleure harmonie relationnelle.

Par une attitude ouverte et bienveillante, le sexologue doit s’attacher à instaurer une relation de confiance afin de faciliter l’expression de la parole. Les patients en souffrance sexuelle ont très souvent besoin d’être rassurés. Nombreux sont ceux qui se demandent, en effet, s’ils sont normaux et qui s’interrogent sur l’origine de leurs difficultés, Ils apparaissent, en général, très curieux de savoir s’il existe des solutions — de préférence simples et rapides à leurs troubles.
Le sexologue portera une attention particulière au discours spontané du patient, mais devra également procéder à un interrogatoire avant de recueillir des informations indispensables à l’établissement d’un diagnostic. Le recueil de ces informations nécessite un certain temps et ne se fait pas au hasard. Pour ce faire, la méthodologie utilisée peut varier d’un sexologue à un autre ; la prise de connaissance, au cours de la première et, parfois, de la deuxième consultation, des antécédents du patient, ainsi que des éléments permettant de préciser le ou les troubles, reste cependant incontournable. La passation préalable d’un questionnaire peut faciliter le recueil de certaines données, mais aussi l’entretien.

L’interrogatoire sexologique comprend, pour cet auteur, deux volets : le premier inclut (l’histoire de la vie sexuelle individuelle) ainsi que l’évaluation des éléments relationnels, psychologiques, psychopathologiques, sans oublier l’histoire du patient avec ses antécédents familiaux, personnels, etc. Le deuxième volet s’attache à « la symptomatologie perturbante », où le sexologue fait préciser, entre autres, le retentissement du trouble sur la relation du couple, la nature exacte du trouble, les traitements antérieurs éventuels, etc. Lorsqu’un couple consulte, en général après avoir évoqué son histoire commune le sexologue effectue des entretiens séparés portant sur la vie sexuelle et sentimentale de chacun. Puis, le couple est à nouveau réuni.

  • Qu’il s’agisse d’une personne consultante seule ou avec son partenaire, le sexologue doit connaître ou repérer les éléments suivants :
    les antécédents familiaux et personnels.
  • Le contexte culturel, socialet religieux dans lequel la personne a été élevée et dans lequel elle baigne, afin d’avoir, entre autres, une idée de ses systèmes de valeur et de ses conditionnements (la connaissance de conditionnements par le milieu socio-professionnel peut mieux faire comprendre certains comportements sexuels : la fréquentation, par exemple, de prostituées par des marins).
  • Son environnement familial (difficultés avec les enfants, conflits avec la famille ou le partenaire.. .) professionnel (période de chômage, retraite, pénibilité du travail et du trajet, vécu sur le lieu de travail : non considération, conflits, harcèlement...), et social (perte de statuts sociaux, conflits...) actuel.
  • L ’existence de difficultés financières, de problèmes légaux (incarcération), de périodes de surmenage,
  • L ’histoire sexuelle : des premières découvertes du plaisir sexuel au cours de l’enfance à la sexualité à l’âge adulte. Les attitudes parentales, l’image du couple parental, Les sentiments de culpabilité accompagnant la masturbation, les fantasmes, les premiers rapports sexuels, d’éventuels traumatismes sexuels (attouchements sexuels subis au cours de l’enfance, viol), les différents partenaires, les mariages, les séparations.
  • La vie sexuelle actuelle : existence d’une sexualité relationnelle ou seulement d’une activité génitale (masturbation). Le type de rapport entretenupar le couple, la qualité de la relation affective, les infidélités, la contraception... Le début des troubles évoqués, l’existence d’une prise en charge antérieure de ces troubles, Effectuer une évaluation des performances sexuelles actuelles par rapport à un état antérieur. Evaluer le désir, l’érection, le plaisir ou encore le degré de satisfaction sur une échelle de O à 10. Repérer la nature des fantasmes. Voir comment le ou la partenaire apprécie la situation présente par rapport aux troubles.
  • Les tendances addictives, dans le registrepsychopathologique, on entend par conduites addictives la dépendance à un objet (tabac, alcool, stupéfiants ou encore nourriture) et un besoin impérieux de celui-ci pour se satisfaire.
  • Les événements particuliers autres que ceux déjà évoqués (traumatismes physiques et/ou psychologiques liés à un accident, une catastrophe ou une agression ; Témoin d’accidents ou d’attentats, etc.).
  • Les antécédents médicaux, obstétricaux, traumatiques, chirurgicaux, psychiatriques, et les traitements médicaux suivis ainsi que les hospitalisations et les cures.
  • Les problèmes de santé actuels et la prise de médicaments. Les plaintes somatiques pouvant faire suspecter, par exemple, une infection ou une forte angoisse.
  • Les problèmes psychologiques ou psychiatriques. Évaluer le niveau d’anxiété, ses expressions psychiques ou physiques, repérer un état dépressif (les difficultés sexuelles peuvent entraîner angoisse et dépression qui, en général, disparaîtront après l’amélioration de la sexualité. En revanche, un fonctionnement psychique plus ou moins pathologique peut donner lieu à des dysfonctionnements sexuels. Si cela s’avère nécessaire, le sexologue, non formé en psychologie clinique, peut faire pratiquer une évaluation psychologique et demander un avis psychiatrique).

L’examen médical n’est, bien sûr, pratiqué que par un médecin. Le sexologue non médecin doit, le cas échéant, adresser son patient à un praticien afin qu’il soit examiné sur le plan somatique. Des examens complémentaires peuvent être demandés afin de cerner d’éventuelles causes organiques générales ou spécifiques ou encore iatrogènes — c’est-à-dire liées à des traitements médicaux ; nombreux sont, en effet, les médicaments pouvant avoir un impact négatif sur la sexualité. Après un examen médical global rendant compte de l’état général du patient (prise de poids, de la tension artérielle, des pouls...), le médecin s’attachera à certains points précis, tels que la recherche de varices, la palpation de la thyroïde, l’observation des caractères sexuels secondaires (seins, taille des testicules, morphologie générale, poils), les réflexes, etc.

L’examen complet des organes génitaux, de la région anale et des alentours est souvent indispensable aussi bien chez la femme que chez l’homme. Il permet de rendre compte de l’état fonctionnel des organes génitaux, de la qualité de leur irrigation vasculaire, de la tonicité de la musculature pelvienne, mais également de suspecter des maladies sexuellement transmissibles et de mettre en évidence des anomalies des organes génitaux. Selon les indications, des examens complémentaires peuvent être pratiqués ou demandés, tels que des prélèvements pour dépister des infections génitales, des bilans biologiques ou des radiodiagnostics.

Après l’interrogatoire et l’examen clinique, un diagnostic peut être souvent avancé et les examens complémentaires viendront le confirmer. Dans d’autres cas, même si le symptôme est évident, son étiologie peut ne pas l’être et les examens complémentaires seront nécessaires pour établir les causes. Ils sont également indispensables pour dépister des pathologies associées, avant l’instauration d’un traitement. Des bilans biologiques sont souvent demandés afin de mettre en évidence des déséquilibres métaboliques ou hormonaux ou encore la présence d’un agent infectieux. Les explorations d’imagerie représentent un moyen d’investigation fort utile en sexologie. Leur développement a permis de réduire, du moins en première intention, le recours à certaines techniques exploratoires invasives présentant parfois des risques secondaires non négligeables.

On peut citer : l’échographie pelvienne et endo-vaginale, l’imagerie par résonance magnétique (IRM), le scanner. La cavernographie — radio des corps caverneux après une érection artificielle, n’est, quant à elle, plus employée enpremière intention. Dans des cas d’impuissance, on a actuellement recours à un examen Doppler couplé à une échographie. Cet examen des artères péniennes, qui peut, dans certains cas, s’étendre à l’ensemble du système vasculaire, est pratiqué lors du test de l’érection provoquée, mis au point par Ronald Virag. Cela consiste à pratiquer avec injection dans les corps caverneux d’un sérum physiologique. En mesurant le débit du liquide, on peut mettre en évidence l’existence d’une atteinte organique. Pour que l’érection soit maintenue, le muscle pénien doit, en effet, être en mesure de retenir le sang. Cependant, non seulement une atteinte des corps caverneux, mais aussi un stress, peut affecter ce processus.

Selon Ronald Virag (1997), grâce au test de l’érection provoquée, on peut répondre « à presque toutes les questions posées sur la fonction érectile, les examens spécifiques ne servant plus qu’à affiner certaines d’entre elles ». Toutefois, ce médecin précise qu’une érection obtenue au cours de ce test ne permet pas d’affirmer qu’il n’existe pas d’atteintes organiques, mais seulement que « l’érection pourra être restaurée par une méthode non chirurgicale ».

Les explorations fonctionnelles concernent les voies neurologiques, les réactions musculaires et vasculaires, etc. Elles permettent de rendre compte de dysfonctionnements d’origine organique et aussi émotionnelle. Certains appareils étudient d’ailleurs, d’un point de vue psychophysiologique, diverses modifications corporelles, mettant ainsi en évidence l’impact des phénomènes émotionnels sur le corps.

La pléthysmographie pénienne est une technique qui permet d’évaluer l’état fonctionnel des corps caverneux et peut rendre compte de lésions artérielles couplé à un examen Doppler. Elle est basée sur l’enregistrement de la rigidité pénienne, grâce à un rigidimètre, au cours du sommeil (pléthysmographie nocturne dc la verge). Elle peut aussi être utilisée, lors de la consultation, après des injections d’un produit vasodilatateur dans le corps caverneux pour provoquer l’érection.

La pléthysmographie qui explore la physiologie sexuelle masculine fait partie des techniques d’investigation qu’on tente d’utiliser dans les dysfonctionnements féminins. La pléthysmographie vaginale rend compte, par exemple, du niveau de vasocongestion pelvienne chez la femme pendant certaines phases du sommeil. La thermographie est une technique qui montre les modifications de chaleur, dues à l’afflux de sang dans les organes génitaux, grâce à des électrodes thermosensibles, cet afflux de sang contribue à la lubrification et à l’érection. La thermographie peut aussi être utilisée à visée thérapeutique au cours de thérapie ayant recours au biofeed-back.

Parmi les examens étudiant le fonctionnement de muscles qui contribuent à la fonction sexuelle, on peut citer l’électromyogramme du périnée. Il peut être une indication dans les cas d’éjaculation précoce, car il permet de rendre compte du temps de latence du muscle bulbo-caverneux. Ce temps de latence, trop long ou trop court, peut induire des troubles sexuels. Chez la femme, afin de mesurer ses capacités de contraction du muscle pubo-coccygien, qui joue un rôle important dans les phases d’excitation et d’orgasme, on place dans le vagin une sonde : le périnéomètre.

En sexologie, peut-être même plus que dans tout autre domaine, l’intrication des causes de difficultés sexuelles est majeure. Le sexologue en tient compte dans l’évaluation des différentes composantes et dans la synthèse qu’il effectue après le(s)entretien(s), l’examen clinique et l’obtention des résultats objectifs à partir des examens complémentaires. Il réfléchira sur la part éventuelle des causes organiques et des facteurs psychologiques coexistants dans les troubles et proposera au patient une orientation thérapeutique adaptée, tenant compte de son degré de motivation, de son âge, de son état de santé général et de son environnement. Le programme thérapeutique est établi de concert avec le patient, à qui est souvent laissé, après avoir reçu les informations nécessaires, un temps de réflexion. Le sexologue doit, cependant, savoir refuser certaines prises en charge inutiles en raison du manque de motivation du patient ou encore parce que le pronostic reste très réservé et qu’aucune réponse thérapeutique ne pourra être vraiment efficace.

Etant donné que, dans la mesure du possible, on cherche non seulement à soigner le symptôme, mais aussi à enrayer la cause, des prises en charge complémentaires peuvent être proposées. L’amélioration d’un dysfonctionnement sexuel par un traitement médical n’exclut pas, par exemple, une sexothérapie. Par ailleurs, une prise en charge médicale d’un trouble rendra aussi nécessaire un travail de soutien de la part du sexologue pour aider le patient à supporter le traitement. Il s’agira aussi dévaluer les progrès et de discuter des difficultés rencontrées dans la vie affective, sociale ou professionnelle. Le sexologue, selon sa formation, mais aussi en tenant compte de la relation établie avec le patient ou le couple, se charge de la prise en charge proposée ou oriente vers un autre thérapeute. Il peut aussi prendre en charge une partie du suivi du patient qui, en même temps, engagera un travail complémentaire avec un autre spécialiste.

Il est, bien sûr, impossible de détailler les différentes prises en charge thérapeutiques auxquelles la sexologie fait appel et on se limitera à un aperçu des types d’orientations thérapeutiques existants. Cet ouvrage n’étant pas un traitémédical, le lien systématique entre troubles sexuels et leurs traitements a été à dessein, en grande partie, évité. L’intérêt étant de montrer qu’il existe de nombreuses réponses thérapeutiques possibles face aux souffrances sexuelles.

La restauration de la fonction sexuelle passe souvent par un rééquilibrage métabolique et endocrinien, par l’éradication d’un agent infectieux ou par le réajustement d’un traitement médical. Il est parfois nécessaire de mettre en place un traitement hormonal (ménopause, ablation des ovaires), de restaurer la flore vaginale (après une antibiothétapie), de prescrire des sédatifs pelviens, d’instaurer un traitement anxiolytique, voire antidépresseur, ou encore d’inciter et de proposer une aide médicale au sevrage de conduites addictives.

Connaissant l’importance de l’imprégnation hormonale dans l’activité sexuelle, on pense parfois que la prise d’hormones pourrait améliorer la sexualité. Il s’avère qu’un traitement à base de testostérone l’hormone mâle n’est efficace que si son taux a chuté au préalable. Il peut alors jouer sur la libido, mais pas sur la rigidité pénienne. Par ailleurs, un tel traitement nécessite un suivi constant.

Une meilleure connaissance de la physiologie de l’érection a donné lieu à l’apparition de différentes substances pour traiter les dysfonctions érectiles. Depuis 1988, on utilise dans certains cas d’impuissance, des injections intracaverneuses locales de produits vaso-actifs qui se font à la base du pénis. Pendant longtemps, on a eu recours à la papavérine ; actuellement, on lui préfère d’autres substances, comme la Prostaglandine (El) et le chlorhydrate de moxisylyte, dont les effets secondaires sont plus faibles. Cinq à dix minutes après l’injection, apparaît une érection persistant de 15 à 45 minutes.

Pour les réfractaires à l’injection, il existe une méthode (système MUSE) qui permet, grâce à un petit appareil, d’introduire par le méat urinaire la Prostaglandine El. Il suffit ensuite de masser le pénis pour répartir le médicament. Cette technique s’avère, cependant, bien moins efficace que les injections intracaverneuses.

Les vasodilatateurs prescrits par voie générale étaient assez peu efficaces en dehors de l’yohimbine, une substance végétale qui peut être responsable d’effets indésirables, comme le priapisme, jusqu’à l’apparition en 1998, aux Etats-Unis, du sildénafil (commercialisé sous le nom dc Viagra). Celui-ci a généré une révolution dans la prise en charge de l’insuffisance érectile, mais, d’après quelques études, aussi au niveau des comportements sexuels. Ce médicament, qui à l’origine, était destiné au traitement de l’angine de poitrine, doit être pris une heure avant le rapport sexuel (d’autres applications sont à l’étude) Une stimulation sexuelle est cependant nécessaire pour déclencher l’érection. Le sildénafil n’agit pas sur le désir, mais facilite l’érection tout en la rendant plus importante et plus longue. Des effets secondaires ont cependant été mentionnés et un examen médical préalable est indispensable.

Le sildénafil pourrait être aussi indiqué dans des dysfonctionnements sexuels féminins et des études sont en cours. Par ailleurs, La découverte fortuite de ce traitement a ouvert de nouvelles voies à la recherche et a fait apparaître d’autres molécules ayant la vocation de traiter l’insuffisance érectile, en agissant sur la vascularisation du tissu érectile. Ces traitements impliquent toutefois une programmation qui peut être vécue de manière contraignante, et bien des patients sont en attente de médicaments qui agiront sur l’impuissance, mais de manière durable. En application locale, différentes crèmes dont la vocation serait d’induire l’érection ont été étudiées, mais les résultats apparaissent, pour l’instant, peu concluants. À noter, l’existence d’un produit (la lidocaïne) pouvant être appliqué en pulvérisation dans certains cas d’éjaculation précoce.

Il faut reconnaître que la physiologie sexuelle de la femme a été bien moins explorée que celle de l’homme et les réponses thérapeutiques à ses difficultés sexuelles sont moins spécifiques aussi. Selon les études en cours, le champ d’application du sildénafil pourrait s’élargir à la femme, notamment, pour des problèmes de lubrification. Également, la prise de DHEA en tant qu’hormone prévenant certains effets dus vieillissement pourraient voir un jour des applications spécifiques, notamment, dans le champ des troubLes sexuels. Actuellement, des études ont montré qu’un apport de DHEA chez des femmes d’un certain âge dont le taux était à zéro permettait d’améliorer la libido.

La DHEA est une hormone, produite par les glandes surrénales, qui a été découverte, il y a une trentaine d’années, par le professeur Etienne-Émile Baulieu. Avec l’âge, elle diminue dans l’organisme, mais il existe des variations d’un individu à l’autre, notamment, en raison du taux d’origine de la DHEA. La venue sur le marché de cette hormone (dans les pharmacies de France depuis le mois d’août 2000), dont on ne connaît pas, à ce jour, tous les effets, relève d’un véritable problème de santé publique, car de nombreuses préparations sont vendues en dehors des circuits pharmaceutiques, notamment, aux Etats-Unis. Des études ont certes mis en évidence des améliorations de la libido et du fonctionnement cutané chez des femmes âgées, mais, à ce jour, des résultats émanant d’essais à long terme font encore défaut.

Les interventions chirurgicales dans le cadre de dysfonctionnements sexuels sont de plusieurs niveaux et peuvent aller du petit geste chirurgical (défloration chirurgicale) à des interventions lourdes, auxquelles on n’a recours qu’en cas d’inefficacité des autres traitements (pose d’un implant pénien).

Les interventions mineures.

On peut citer, par exemple :

  1. Ouverture d’un hymen résistant ; ablation de reliquats d’hymen.
  2. Correction d’un phimosis (resserrement du prépuce qui empêche le passage du gland) par une plastie du prépuce en évitant la circoncision.

On évoque un phimosis lorsque le repli de la peau qui entoure le gland est trop serré et ne lui laisse pas la possibilité de se découvrir.

Les courbures congénitales donnent lieu à des déformations du pénis lorsqu’il est en érection. Dans certains cas, elles peuvent entraîner une gêne fonctionnelle. Le redressement de la verge se fait grâce à une intervention chirurgicale.

  • Corriger une cicatrice (suite à une circoncision, par exemple)
  • Corriger les déformations causant une gêne importante dans l’acte sexuel (par exemple, dans la maladie de La Peyronie) ;
  • Corriger les malformations diverses touchant les organes génitaux : les courbures congénitales, les aplasies vaginales (par des techniques de colpoplastie, on constitue un vagin fonctionnel), certaines hypertrophies du clitoris (dans les pseudo-hermaphrodismes féminins)
  • Pallier, si possible, les amputations traumatiques.
  • Restaurer un vagin déformé, traiter un prolapsus (les parois du vagin ou le col de l’utérus sortent de la vulve qui est souvent béante) ;
  • Résection du scrotum (la peau des bourses peut pendre excessivement et doit être reprise).

L’origine artérielle et veineuse dans les dysfonctions sexuelles est assez fréquente chez l’homme. Des techniques chirurgicales permettent d’empêcher la fuite du sang pendant l’érection ou encore de revasculariser le tissu érectile en amenant une artère dans le corps caverneux. Dans des cas d’obstruction des artères conduisant le sang vers les organes génitaux, des techniques de pontage ou de dilatation peuvent être appliquées.

Les prothèses péniennes sont une réponse thérapeutique à des cas d’impuissance organique sévères et réfractaires à tout autre traitement. Ces prothèses, dont il existe différents types, sont introduites dans les corps caverneux. Il existe les prothèses semi-rigides, les prothèses gonflables et les prothèses demi-gonflables. Elles ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients (coût, risque de panne...).

La caractéristique de ces prothèses, dont il existe différents modèles, est de donner une érection permanente.
Les prothèses gonflables, permettent une érection physiologique à la demande, grâce à une pompe placée dans le scrotum, qui peut être actionnée discrètement, et un réservoir implanté sous les muscles abdominaux.

Les prothèses semi-gonflables présentent à la fois les avantages des prothèses semi-rigides et des prothèses gonflables. « L’érection est réalisée par pression d’une pompe, placée sous la base du gland qui permet le passage du liquide dans un cylindre creux, situé dans les corps caverneux, qui se rigidifie alors. Elle réunit à l’intérieur des cylindres péniens le réservoir et la pompe, ce qui supprime toute connexion. »

Nombreux sont les hommes qui ne se satisfont pas de la taille et de la grosseur de leur sexe ni parfois de l’aspect de leurs bourses ; aussi, les demandes de correction esthétique sont-elles de plus en plus fréquentes. Certaines sont tout à fait légitimes chez des personnes présentant un micro-pénis, mais d’autres relèvent, chez des sujets normalement constitués, d’une compensation narcissique.

Différentes techniques ont été mises au point pour allonger ou épaissir une verge, mais n’apparaissent pas toujours fiables et n’améliorent pas, de toute façon, l’érection. Michel Schouman (1997) fait part d’une des techniques éprouvées dans l’allongement des pénis : « On réalise une section du ligament suspenseur de la verge, sorte de membrane fibreuse qui attache la verge au pubis. La difficulté est de ne sectionner que partiellement, donc de doser l’importance de la section. Une section totale (cela s’est fait, en particulier outre-Atlantique) occasionne une verge pendante, même en érection, ce qui est à notre avis un inconvénient majeur Une section insuffisante ne permet pas de gagner suffisamment de longueur. De plus, il faut utiliser un procédé de chirurgie plastique pour recouvrir de peau, la base de la verge. L’allongement obtenu par ce procédé est de 2 à 4 cm. » Quant à l’épaississement de la verge, il s’obtient par le prélèvement de la graisse du sujet qui, après traitement, est « réinjectée sous la peau de la verge, entre la peau du fourreau et la paroi du corps caverneux.

Toutefois, avant la pratique de ce genre d’intervention, les chirurgiens consciencieux prennent des précautions afin d’établir un profil psychologique du patient et d’écarter les personnes présentant des fragilités particulières.

Différents appareils sont recommandés ou utilisés en sexologie clinique, dont certain sont des gadgets vendus dans des sex-shops ou sur catalogue par correspondance.

L’érecteur à dépression ou pompe à vide, utilisé dans certains cas d’impuissance, l’érecteur à dépression est un cylindre qu’on place sur la verge. L’air évacué produit un effet d’aspiration qui induit l’engorgement des corps caverneux. Un élastique formant garrot est ensuite posé à la base du pénis et permet de maintenir l’érection. Celui-ci devra être retiré impérativement avant vingt minutes sous peine d’entraîner des lésions irréversibles.

Les godemichés et vibromasseurs.

Ces appareils de tailles et de formes variées, sont recommandés à des couples en difficulté au cours de certaines sexothérapies. Les vibromasseurs peuvent également être d’une grande aide dans la rééducation sensorielle de personnes présentant des lésions médullaires, et leur usage peut donner lieu, chez des hommes handicapés, à des érections réflexes.

Un aphrodisiaque est une substance qui agit sur le désir sexuel et qui incite au plaisir sexuel. Cette appellation vient d’Aphrodite, la déesse de l’amour charnel. Depuis la plus haute antiquité, l’homme a fait appel à diverses substances aux vernis aphrodisiaques — réelles ou imaginaires. On peut citer entre autre, l’attrait pour le sang des gladiateurs chez les Romains, qui y voyaient un remède pour augmenter leur puissance sexuelle, ou encore la mouche cantharide, l’aphrodisiaque le plus connu dans notre civilisation. L’usage de ce coléoptère vivant autour du Bassin méditerranéen est actuellement interdit dans les pays occidentaux, sauf dans la pharmacopée homéopathique. La mouche cantharide peut, en effet, se révéler fort toxique : elle a non seulement conduit bien des hommes en quête d’érection à la mort, mais a aussi servi à empoisonner son prochain.

Ces substances ne permettent pas de restaurer une fonction sexuelle défaillante, mais, elles peuvent redonner de la vigueur à une personne ne présentant pas de pathologie avérée. Il est vrai que l’effet placebo est souvent indéniable, dans la mesure où il peut apporter un sentiment de sécurité à des personnes craignant d’avoir des difficultés à entrer en éjection et à maintenir celle-ci. Toutefois, à côté de certaines substances aphrodisiaques inoffensives, ayant parfois plus un effet magique que chimique, on rencontre des substances nocives dont l’effet sur la sexualité est encore à démontrer. La plus grande prudence dans ce domaine semble recommandée, d’autant plus que l’arrivée sur le marché du Viagra a déclenché un engouement pour les aphrodisiaques et que de nombreux produits échappant à tout contrôle sont vendus sous forme de complément alimentaire dans de nombreux magasins et sur Internet.

LES PSYCHOTHÉRAPIES

On y trouve le meilleur et le pire. Avant la découverte de traitements médicaux efficaces, le patient et ses troubles étaient renvoyés vers des « psy ». On ne peut pas, cependant, nier les implications psychiques, à divers degrés, dans la genèse de nombreux troubles sexuels. De c fait, bien des patients ou couples de patients ont, de effet, besoin d’une prise en charge psychothérapique, ainsi que de conseils et d’informations en matière sexuelle. Il existe différents types de psychothérapies, auxquels on peut avoir recours selon la problématique du patient. Certians conflits névrotiques peuvent être une indication à une psychothérapie préalable à un travail de sexothérapie. Elles peuvent être assez brèves notamment, lorsqu’il n’y a pas de conflit psychique sous-jacent important. La cure psychanalytique est déconseillée dans la prise en charge d’un patient qui consulte pour trouble sexuel.

Les Thérapies sexuelles sont aussi nommées sexothérapies. Il s’agit de thérapies courtes pratiquées individuellement ou en couple et qui sont largement basées sur les thérapies comportementales Elles visent traiter les troubles habituels en sexologie : difficultés d’érection, problèmes d’éjaculation, dyspareunies (douleurs), vaginisme, frigidité. Des méthodes complémentaires, telles la relaxation, la sophrologie, le biofeed-back, les exercices corporels peuvent être utilisées. Les sexothérapeutes ont aussi recours à des films et à des photos, notamment, à but explicatif. Si le sexologue est médecin, il peut coupler, au cours de la séance, certains exercices corporels à des traitements médicaux (injections intracaverneuses, par exemple).

Le SQUEEZING OU COMPRESSION DU GLAND.

C’est une méthode de rééducation fonctionnelle mise au point par Masters et Johnson et enseignée au couple dans le traitement de l’éjaculation précoce. L’homme doit être couché et en érection et la femme assise devant lui. Elle compresse le gland entre le pouce et l’index au niveau de la couronne et du frein. L’érection cesse en conséquence. Après une phase de repos, la femme caressera à nouveau l’homme. Si ce dernier a l’impression qu’il n’arrivera pas maîtriser son éjaculation, elle effectuera une deuxième compression du gland.

Exemple d’une rééducation fonctionnelle

Au cours de la première étape, les deux partenaires se caressent, mais ne doivent pas s’accoupler. La femme, sécurisée de savoir que ces actes n’aboutissent pas au coït, se laisse aller et est « confortée dans l’estime de son propre corps ». Deux postures sont préconisées : « la femme semi-couchée sur l’homme la soutenant par-derrière et « la femme allongée sur le ventre.

On conseille l’homme d’utiliser une lotion parfumée et de la passer sur tout le corps de la femme « sans s’attarder sur la région sexuelle ni sur ses seins. L’homme aura en général une ou deux érections. Même si la femme fait preuve d’une certaine excitation, le coït est exclu.
Ces séances ont lieu deux ou trois fois par semaine. Elles seront ensuite progressivement transformées, lorsque la stimulation érotique délibérée aura été entreprise, en authentique phase comportementale de prélude. Le pouvoir physiologique des zones érogènes, seins, ventre, cuisse, etc, est alors « consciencieusement « exploré, avant de « se précipiter » dans entrecuisse. Pour obéir à « la grille comportementale » normale de l’accouplement.

Au cours de la deuxième phase, la femme devra s’intéresser à ses organes génitaux et les explorer On prodigue alors au couple des informations sur l’anatomie, la physiologie de la sexualité, avec photos à l’appui.

Les exercices qui suivront dépendent des capacités orgasmiques que la femme connaît ou a connues. Par exemple, dans un cas de frigidité de type primaire, il est important qu’elle arrive par elle-même et sans l’aide d’un appareil vibreur à déclencher l’orgasme clitoridien. On l’incite à s’explorer pendant an moment de détente, au calme, au besoin sur fond de musique douce, celle qu’elle aime. Elle doit « se concentrer » sur son sexe et sur le plaisir. Oubliant tout ce qu’elle a souvent malencontreusement lié à la sexualité.. .} »Le meilleur fantasme à conseiller concerne le partenaire actuel, branché sur une histoire plausible. »

LE PLAISIR SEXUEL.

Les structures anatomo-physiologiques et les mécanismes biologiques permettant de ressentir une excitation sexuelle, qui peut aller jusqu’à l’orgasme, soit présents dès la naissance. Tant qu’une certaine maturation n’a pas eu lieu pour les contrôles, le corps réagit par réflexe aux stimulations des zones érogènes. L’aboutissement à une sexualité mature, à l’âge adulte, avec le désir dc l’autre, passe par l’apprentissage, au cours de l’enfance et de l’adolescence, du plaisir solitaire, ainsi que par l’étape de la puberté, puis de la découverte des premières relations sexuelles.

Le plaisir sexuel qu’on est en mesure de ressentir dès la naissance peut être inhibé à différentes étapes de notre développement et présenter des dysfonctionnements à l’âge adulte, en raison d’événements qui nous ont marqué ou de problèmes organiques. Parfois c’est le désir d’avoir du plaisir par le sexe —qu’on peut définir comme étant l’appétit orgasmique qui est défaillant. Cet appétit est variable d’une personne à l’autre, mais peut aussi fluctuer selon les circonstances. Il va bien au-delà du simple besoin de procréer et notre espèce présente une disposition au plaisir sexuel qui n’est pas limitée, comme chez la plupart des animaux, h des périodes de rut.

La fonction érotique va pousser l’être humain à chercher un partenaire sexuel avec qui partager les sensations du plaisir jusqu’à l’orgasme, qui est le point culminant du plaisir sexuel. L’orgasme est un phénomène qui relève au niveau physique de muscles et de circuits neurologiques. Lorsque l’intégrité de ceux-ci a été affectée, en cas de paralysie, par exemple on peut, en partant du principe, comme l’explique Bernadette Soulier (1994), que si « un sensest déficient ; les autres se développent pour prendre le relais », amener la personne handicapa à découvrir et à stimuler certaines zones érogènes afin de la faire accéder à un para-orgasme. Etant au cœur de l’être humain et l’embrasant régulièrement, le plaisirsexuel s ne peut être ôté qu’avec la vie.

LA DIFFÉRENCIATION SEXUELLE.

Des anomalies portant sur la différenciation des sexes peuvent apparaître à la naissance, tel l’hermaphrodisme vrai, qui est très rare. Secondairement, à la puberté ou à l’âge adulte, elles relèvent, en général, d’une rumeur ou d’un traitement médical.
 
L’étiologie des anomalies congénitales est variable. Certaines sont liées a une aberration chromosomique comme dans les syndromes de Turner, de Noolan et de Klinefelter, qui présentent une anomalie des chromosomes sexuels (gonosomes). Parmi les anomalies non liées à des aberrations chromosomiques on peut citer les ambiguïtés sexuelles (pseudo-hermaphrodismes masculin et féminin) dues à des déficits ou des excès de sécrétions hormonales, ainsi que les troubles de la réceptivité hormonale dans le syndrome du testicule non masculinisant. Ces troubles sont responsables d’une absence d’organes reproducteurs féminins chez un sujet présentant, par ailleurs, un physique et un vécu féminin.

Quant aux anomalies secondaires, elles peuvent relever d’un dysfonctionnement hormonal dû, assez souvent, à une tumeur ou encore à des prises d’hormones à but thérapeutique. On peut ainsi constater des virilisations de la femme et des diminutions des caractères masculins chez l’homme accompagnées de troubles de l’érection. La castration chez l’homme entraîne également des conséquences sur les caractères sexuels secondaires et sur sa sexualité. Son impact est cependant différent selon qu’elle a eu lieu avant ou après la puberté. Dans le premier cas, elle empêche le développement de la phase pubère, dans l’autre, les caractères masculins sont en partie maintenus, mais le désir sexuel connaît un fort abaissement. Le transsexuel est un autre cas de figure : n’acceptant pas son sexe anatomique, il tente, par des traitements hormonaux, des épilations et, parfois, des interventions chirurgicales, de changer de sexe.

Les organes génitaux externes de la femme.

Le mont de Vénus ou pénil est un renflement formé de tissus adipeux, dont la fonction pourrait être celle d’un coussinet amortissant le choc des corps pendant les rapports sexuels. Il attire également, avec la pilosité qui le recouvre, le regard masculin.

Les grandes lèvres sont deux replis cutanés saillants mesurant environ 8 cm de long sur 1,5 3 cm de large. Leur face interne est lisse et humide en raison des sécrétions glandulaires ; La face externe est recouverte de poils.

Les petites lèvres sont deux replis cutanés non recouverts de poils, situés en dedans des grandes lèvres, mais elles peuvent dépasser de celles-ci. Leur longueur est d’environ 3 cm et leur largeur de 1 cm. Elles recouvrent l’entrée du vagin et forment, à leur extrémité antérieure, le capuchon (les nymphes) et le frein du clitoris. Très réactives aux stimulations, elles se gonflent sous l’afflux du sang. Très rapprochées chez les vierges, les grandes et les petites lèvres sont plus ou moins écartées chez les femmes matures. Entre les lèvres se situe une fente appelée le sillon labial ou canal vulvaire.

Le clitoris est un organe érectile qui, tout comme le pénis, possède des corps caverneux. Il est recouvert d’un capuchon et seule son extrémité est visible. Toutefois, lors de son intumescence, son aspect est peu modifié. Fortement innervé, il est très sensible aux caresses.

L’hymen est une fine membrane qui peut être considérée comme marquant la séparation entre les organes génitaux externes et les organes génitaux internes. L’hymen d’une vierge laisse apparaître un ou des orifices d’où s’écoule le sang des règles. Il existe différents types anatomiques d’hymen. Au cours du premier rapport cette membrane se rompt, bien qu’il existe des hymens dits complaisants » qui peuvent rester intacts après avoir été franchis avec une certaine douceur par un membre viril en érection de calibre moyen ». En revanche, certaines activités physiques peuvent provoquer une rupture accidentelle ou encore son atrophie. L’utilisation de certains tampons peut avoir le même effet. Après la rupture, il subsiste des petits restes de tissus lui entourent l’orifice du vagin et que l’on appelle les caroncules myrtiformes (en forme de feuillies de myrte ).

LES ORGANES GÉNITAUX INTERNES DE LA FEMME

Le vagin est un conduit qui s’étend du col de l’utérus à la vulve. IL mesure en moyenne 7 à 10 cm de long et 2 cm de large. IL est particulièrement élastique grâce à la présence de plis de chaque côté. Son axe est légèrement oblique de bas en haut et d’avant en arrière. L’extrémité inférieure s’ouvre au niveau de la vulve et son extrémité supérieure enveloppe le col de l’utérus. Les cellules de la muqueuse sécrètent un liquide qui l’humidifie en permanence. Une flore bactérienne composée de bacilles de Döderlein protège le vagin de la prolifération pathogène d’autres bactéries.
Dès le début de la phase d’excitation, une lubrification provoquée par une vasodilatation du réseau veineux produit une transpiration vaginale. Les deux tiers supérieurs du vagin s’allongent et se dilatent alors que le tiers inférieur va, au cours du rapport sexuel, enserrer le pénis. Au moment de l’orgasme, des contractions rythmiques s’y font sentir.

Le point G doit son nom au docteur Gräfenherg qui, en 1950, a parlé d’une zone érogène se situant dans le vagin derrière l’os du pubis (zone qui correspond au fascia de Halban). Selon certains sexologues, c’est la stimulation de cette zone qui déclencherait l’éjaculation féminine (les femmes-fontaines). L’origine de l’éjaculât qui sort de l’urètre et qui risque d’être confondu avec le l’urine, (la composition n’est pas la même) reste controversée.

L’utérus ou la matriceest un organe creux situé entre la vessie et le rectum et au-dessus du vagin. Les contractions du muscle qui forme en partie la paroi de l’utérus, permettent l’accouchement et jouent également un certain rôle au cours de l’activité sexuelle. La muqueuse qui tapisse l’intérieur de ce muscle présente d’importantes variations au cours du cycle menstruel et de la grossesse. Au moment de la menstruation, la tunique muqueuse, épaissie pour accueillir l’oeuf fécondé, se désagrège. Celle-ci se reconstitue ensuite sous l’action des hormones.

Les trompes de Fallope ou trompes utérines sont deux conduits situés de part et d’autre de l’utérus. Leurs parties externes se déploient à proximité des ovaires pour recueillir l’ovule contenu dans les follicules de De Graaf. En général, au quatorzième jour du cycle l’ovulation se produit : L’ovule est libéré et descend vers l’utérus, prêt à être fécondé par les spermatozoïdes. La stérilisation féminine se fait en coupant et en ligaturant les trompes.

Les ovairessont les glandes génitales de la femme. Ils produisent les ovules et secrètent également des hormones : la Folliculine et fa progestérone. Il sont placés de chaque côté de l’appareil reproducteur Leurs dimensions varient d’une femme à l’autre, mais aussi en fonction du cycle. Vers un âge donné (45-55 ans en général), ils cessent de produire des ovules : c’est la ménopause. Entre la puberté et la ménopause, il se produit environ 400 ovulations.

LES ORGANES GÉNITAUX EXTERNES DE L’HOMME.

Le pénis ou verge est l’organe de la copulation. IL se compose dc trois corps érectiles : deux corps caverneux et un corps spongieux qui entourent l’urètre. La hampe se termine dans sa partie antérieure par un renflement appelé le gland, particulièrement riche en terminaisons nerveuses. Au moment de l’érection, les corps caverneux, le corps spongieux et le gland se gonflent de sang, augmentent de volume et deviennent rigides. La peau du pénis s’appelle le fourreau. Autour du gland, chez Les hommes non circoncis, elle forme un repli appelé prépuce qui, au moment de l’érection s’étire et laisse dépasser le gland. Le prépuce est attaché sous l’orifice de l’urètre par une petite peau : le frein.

Les dimensions du pénis véritable obsession pour beaucoup d’hommes, dont certains souffrent du syndrome du petit pénis alors qu’ils se situent dans les normes habituelles sont variables. À l’état d’érection, les moyennes, selon le Rapport Kinsey, sont les suivantes :

  • 12% des hommes ont un pénis de 10,2 à 12,3 cm ;
  • 20% ont un pénis de l2,7à l5cm ;
  • 45% ont un pénis de 15,2 à 17,6 cm ;
  • 20% ont un pénis de 17,8 à 20cm ;
  • 3 % ont un pénis de 20,3 cm et plus.

À noter, cependant, que, plus d’un pénis est grand lorsqu’il n’est pas en érection, moins il a de chance d’augmenter de taille au cours de l’intumescence. La capacité érectile est « la différence entre le volume atteint par le pénis lors de l’érection et celui qu’il a lorsqu’il est flasque.

Différentes anomalies peuvent affecter le pénis. Dans certains syndromes chromosomiques (syndrome de Klinefelter XXY), on peut observer des micro-pénis, c’est-à-dire un pénis d’une raille inférieure à 5,5 cm au repos et à 7,5 cm en érection. On distingue toutefois les vrais micropénis des faux micropénis qui sont souvent rétractés. Certaines malformations touchant l’appareil génital et/ou urinaire peuvent entraîner des difficultés sexuelles comme l’hypospadias (l’orifice urétral se situe au niveau inférieur de la verge ou même au niveau du scrotum ou du périnée) ou les courbures importantes de la verge (pouvant être associée l’hypospadias) et rendre parfois impossible l’accouplement.

Le scrotum, qui est aussi appelé les bourses en raison de sa forme de sac, est une poche cutanée qui contient les organes reproducteurs.

LES ORGANES GÉNITAUX INTERNES DE I’HOMME.

Les testicules, au nombre de deux, sont contenus dans le scrotum placé sous la verge. Ils ont la forme de deux oeufs ou figues aplatis. Le testicule gauche est en général situé plus bas que le droit. Le tissu qui forme les testicules se compose de canaux séminifères enroulés qui produisent les spermatozoïdes (environ un million par jour). Entre les canaux séminifères se trouve un tissu conjonctif renfermant les cellules de Leydig qui produisent l’hormone masculinisante ou testostérone.

La prostateest une glande qui entoure une partie de l’urètre en dessous de la vessie. Elle pèse 20 g environ et son volume est variable selon l’âge. Elle contient une quarantaine de petites glandes dont la sécrétion est déversée dans une vingtaine de petits canaux qui débouchent dans l’urètre au même niveau que les orifices des deux canaux éjaculateurs. La sécrétion prostatique, qui entre pour un tiers dans la composition du sperme, est expulsée au moment de l’éjaculation. Cet organe est cause de bien des inquiétudes chez l’homme,, notamment, à partir de la cinquantaine, et fait souvent naîtrela crainte de devenir impuissant.

Le sperme est une substance visqueuse et laiteuse dont l’odeur varie d’un homme à l’autre. Il est composé à plus de 80% d’eau et essentiellement de spermatozoïdes. Le liquide spermatique est un mélange de sécrétions provenant de la prostate, des vésicules séminales ainsi que des voies spermatiques, des glandes de Cowper et de Littré. Le nombre des spermatozoïdes est variable. On trouve entre 40 à 200 millions de spermatozoïdes dans un centimètre cube de sperme normal. Moins de 30 millions, on parle d’oligospermie. Tandis que l’azoospermie est l’absence totale de spermatozoïdes dans le sperme. L’asthénospermie indique une faible mobilité des spermatozoïdes qui peut être associée à un taux bas de spermatozoïdes ; il s’agit alors d’une oligoasthénospermie.

Les premières études sur les réactions sexuelles chez l’homme et chez la femme d’un point de vue anatomo-physiologique remontent à Masters et Johnson. Ces chercheurs ont mis en évidence un cycle de réponses sexuelles faisant suite à des stimulations déclenchant un certain niveau de réactivité. Ce cycle est composé de quatre phases : la phase d’excitation, la phase en plateau, la phase orgasmique et la phase de résolution.

L’état d’excitation sexuelle peut être obtenu par la vue, l’odeur, le toucher d’un objet désirable ou simplement par sa représentation dans l’imaginaire sexuel- Les scénarios fantasmatiques jouent également, pour de nombreux individus, un rôle hautement érogène. Ils permettent de déclencher et d’augmenter le désir sexuel. Le contact direct sur le corps et les organes génitaux de sa propre main ou de celle de son partenaire peut évidemment provoquer une excitation physiologique largement favorisée par un état de manque. Des éléments extérieurs, tel que l’ensoleillement ou intérieurs, comme certaines phases du cycle de la femme, Favorisent généralement la réceptivité sexuelle (on a observé que la femme a une libido variable au cours de son cycle avec une augmentation des désirs sexuels lors du pic hormonal précédant l’ovulation et qui correspond à une augmentation d’une hormone mâle : la testostérone).

À noter aussi que certaines circonstances peuvent donner lieu à un état d’excitation physiologique qui ne sera pas toujours poursuivi : Le frottement non intentionnel d’un vêtement ou d’un objet sur les organes génitaux, les secousses d’une moto, l’état de relâchement au cours du sommeil paradoxal, etc.

LES RÉACTIONS SEXUELLES GÉNÉRALES.

Sous l’activation du système neurovégétatif qui agit sur la vascularisation et la contraction musculaire, des modifications au niveau des organes génitaux sont observables chez l’homme et chez la femme. Des réactions générales peuvent également être mises en évidence au cours des différentes phases de la relation sexuelle, comme par exemple :

  • L’apparition d’une rougeur, nommée rougeur sexuelle, au niveau du thorax, du visage, de l’abdomen. Elle peut, chez certains sujets, s’étendre sur tout le corps.
  • L’hypersudation.
  • L’augmentation des pulsations cardiaques.
  • L’accélération du rythme respiratoire.
  • L’activation des muscles pelvi-périnéaux, qui sont accessibles à la volonté.

On note, chez la femme, une augmentation du volume des seins accompagnée d’une contraction de l’aréole et du mamelon.

 

LES RÉACTIONS SEXUELLES CHEZ LA FEMME

LA PHASE D’EXCITATION

La physiologie du désir de la femme reste encore difficile à cerner, mais tout un ensemble de modifications sur le plan anatomo-physiologique est observable. La phase d’excitation, en réponse à une stimulation physique et/ou psychique, est d’une durée de 2 à 6 minutes, parfois bien plus.

Le vagin est le premier organe à réagir à cette phase marquée par un engorgement des tissus sanguins. « Les sensations causées par la stimulation sexuelle cheminent à travers les nerfs jusqu’à la moelle épinière qui commande, en retour, un relâchement des muscles lisses qui entourent les artères. La dilatation qui s’ensuit permet une augmentation de la quantité de sang circulant dans les organes génitaux et provoque l’apparition de la lubrification vaginale, ainsi qu’un gonflement des grandes des petites lèvres et du clitoris. Ce réflexe dépend principalement de bipartie du système nerveux qu’on appelle parasympathique.

Une lubrification survient et tapisse toute la paroi vaginale. Il ne s’agit pas d’une sécrétion, mais d’un mécanisme similaire à la sudation. La cavité vaginale, quant à elle, se modifie. Les deux tiers supérieurs du vagin se dilatent et s’allongent en repoussant l’utérus vers le haut. Le tiers inférieur connaît aussi une certaine dilatation. Le clitoris subit des variations au cours de cette phase avec une vascularisation accrue, mais son volume change peu. Au niveau de la vulve, on constate une augmentation du volume des petites lèvres. Par ailleurs, les nymphes gonflées vont repousser les grandes lèvres pour libérer l’orifice vaginal.

LA PHASE ORGASMIQUE

Les orgasmes diffèrent en qualité et en durée, bien que celle-ci soit en général de l’ordre de quelques secondes. Pour Gilbert Tordjman (1986), « l’orgasme-féminin met en jeu la contraction de muscles spécifiques lisses et striés qui se produit 2 à 4 secondes après que la femme a pris conscience du début de sa jouissance ». Selon Masters et Johnson, les contractions ont lieu à huit secondes d’intervalle et seraient au nombre de 3 à 5 au minimum et de 10 à 15 au maximum.

Comme l’expliquent Diane Brouillette et Marie-Christine Courchesne (1995), deux centres nerveux différents régissent les contractions musculaires du phénomène orgasmique : « L’un de ces centres, situé dans la région sacrée de la moelle épinière, déclenche les contractions des muscles périvaginaux, L’autre, situé dans la région thoraco-lombaire, déclenche celles de l’utérus, » Selon leurs propos, cette constatation neurophysiologique permet d’avancer la possibilité d’obtenir trois types d’orgasmes : le clitoridien, le vaginal, le « combiné. »

  • L’orgasme clitoridien, c’est la stimulation directe du clitoris qui provoque un orgasme lié aux contractions des muscles périvaginaux. Il provoque, en général, des secousses dans tout le corps.
  • L’orgasme vaginal ou profond, plus discret quant à son expression, il résulte des stimulations relevant de la pénétration. Il donne lieu à des contractions de l’utérus.
  • L’orgasme « combiné » comme son nom l’indique, il combine les deux types de réaction précédemment décrits.

LA PHASE DE RÉSOLUTION

La durée de cette phase de résolution est proportionnelle à l’intensité de la phase d’excitation et dure généralement plus longtemps chez l’homme que chez la femme. Par ailleurs, la femme peut souvent retrouver un regain de tension sexuelle et accéder à d’autres orgasmes si la stimulation sexuelle est reprise. Cette phase est tout d’abord marquée par le retour du clitoris à sa position normale en quelques secondes et par le changement de couleur des petites lèvres qui dégondent. La vaso-congestion disparaît au niveau du tiers inférieur du vagin et les deux tiers supérieurs du vagin retrouvent leur état initial en quelques minutes. La rougeur sexuelle disparaît, selon Masters et Johnson, « dans un ordre presque opposé à celui de son apparition.

LES REACTIONS SEXUELLES CHEZ L’HOMME

LA PHASE D’EXCITATION

Comme le spécifient Masters et Johnson, la première réaction physiologique d’un homme à une stimulation sexuelle conséquente est l’érection. Cc phénomène est dû à l’afflux du sang dans les corps caverneux et à la vasodilatation des artères caverneuses. D’autres mécanismes entrent également en action, permettant, entre autres, le maintien du sang dans le pénis. L’érection complète peut se faire lentement ou rapidement, selon l’intensité des stimulations.

Des modifications liées à la vaso-congestion et à la contraction de fibres musculaires s’observent au niveau du scrotum. Les testicules sont élevés vers le périnée en raison d’un raccourcissement des cordons spermatiques ; cette réaction n’est cependant pas spécifiquement sexuelle et peut s’observer dans d’autres cas de figure Sa durée est très variable et peut être modulée par l’homme selon ses capacités à différer l’éjaculation. Elle peut aller de deux minutes à plus d’une heure. Au cours de cette phase, on observe l’écoulement d’un liquide par l’orifice urétral, provenant de différentes glandes ainsi que des vésicules séminales et de la prostate. Une légère augmentation du volume de la couronne du gland marque l’approche de la phase orgasmique.

La contraction de certains muscles donne lieu à la réaction éjaculatoire. « Les contractions expulsives du pénis débutent à 0,8 seconde d’intervalle. Après les 3 ou 4 premiers grands efforts expulsifs, la fréquence des contractions du pénis est rapidement réduite ainsi que la force d’expulsion. De petites contractions de l’urètre pénien continuent pendant plusieurs secondes de façon irrégulière, projetant une quantité minime de fluide séminal avec peu ou pas de force expulsive. Les derniers intervalles durent plusieurs secondes (Masters et Johnson, 1970).

Une période réfractaire où l’érection ne peut se produire, fait suite à l’orgasme. Sa durée est fonction, en grande partie, de l’âge de l’individu. La détumescence du pénis se fait, selon les observations de Masters et ,Johnson, en deux étapes. Dans un premier temps, la taille du pénis perd assez rapidement une partie de sa tumescence. La durée de la deuxième étape, qui permet de retrouver l’état de flaccidité initial, dépend de différents facteurs, notamment, des stimuli extérieurs à la situation sexuelle. On constate également un retour à la normale tant au niveau de la taille que de la position des testicules. Comme pour les autres organes génitaux, la durée du retour à l’état initial dépend du niveau de tension sexuelle ressentie au cours de la phase en plateau.

COMPORTEMENTS DE SÉDUCTION.

Selon les observations d’un éthologue allemand, il existe un comportement amoureux universel de la femme qui se traduit par différentes séquences : elle sourit à la personne qu’elle veut séduire, puis, elle lève furtivement les sourcils et ouvre en grand les yeux pour la regarder. Elle baisse ensuite les paupières et baisse en même temps la tête vers le bas et le côté et détourne le regard. Souvent, elle cache son visage dans les mains et rit nerveusement.

DES DONNEES SUR LES COMPORTEMENTS SEXUELS.

Le premier grand rapport sur la sexualité humaine à partir d’enquêtes de terrain fut celui de Kinsey : le Comportement sexuel des hommes, publié en 1948 aux États-Unis. D’autres rapports, élaborés à partir d’études assez vastes menées sur la sexualité humaine, ont vu le jour depuis. Le nombre de ces rapports est toutefois assez limité. En revanche, les petites enquêtes sur la sexualité sont fort nombreuses, mais souffrent parfois d’un manque de rigueur scientifique. Les réponses obtenues au cours de ces enquêtes fournissent des indications sur les orientations sexuelles des personnes, bien que ces dernières disent ce qu’elles veulent bien. C’est ainsi qu’on s’est aperçu que les hommes avaient tendance à augmenter le nombre de leurs conquêtes et les femmes à les minimiser.

Cette modification se fait apparemment en raison de l’imaginaire social et des comportements qu’on pense que la société attend de nous selon que nous soyons homme ou femme. Ce processus est souvent inconscient, et il est accentué par le fait que la mémoire devient sélective, surtout si elle porte sur des périodes anciennes, ce qui conduit les hommes, par exemple, à surestimer leur vie sexuelle passée. D’autres biais peuvent être liés à la constitution de l’échantillon, aux questions qui orientent les réponses, aux préoccupations de ceux qui financent l’enquête (ce sont assez souvent des laboratoires), etc. Par des estimations indirectes, on arrive toutefois, notamment, dans les grandes enquêtes, à évaluer les sous- ou surestimations et à avancer des chiffres plus proches de la réalité.

L’apparition de l’épidémie du sida a donné lieu à un regain d’intérêt pour les comportements sexuels. Différents organismes, dont l’Agence nationale dc recherche sur le Sida (ANRS), ont participé à la réalisation d’études sur ce sujet.

Dans le Rapport Simon, une distinction assez similaire a été faite chez les femmes. Parmi les différentes typologies décrites, on note : « les femmes de devoir et les orgastiques. »

En 1982, La Vie sexuelle et amoureuse des Françaises du docteur Pierre Solignac et d’une psychologue, Anne Serrero a obtenu le Prix de Sexologie. Parmi les témoignages et les réponses obtenus aux questionnaires, on relève les choix des femmes répondant à la question

« Par quel moyens jouissez-vous ? » :

  • Par stimulation clitoridienne seulement, masturbation ou stimulation par le partenaire avec ou sans scénario imaginaire 45%
  • Par stimulation vaginale seulement coït avec ou sans scénario imaginaire : 14%
  • Par stimulations clitoridienne et vaginale associées : 38 %
  • Par caresses des seins seulement : 1%
  • Par scénario imaginaire seul : 1%
  • Avec un vibromasseur : 1%

Cette étude, qui comporte des questions ouvertes, a permis de recueillir, entre autres, les propos suivants :

  • « Ma jouissance vaginale est parfois plus profonde sans que je comprenne pourquoi. »
  • « Quand le coït est associé à la stimulation clitoridienne, j’ai un orgasme plus profond. »
  • « Je jouis plus profondément quand mon mari me caresse et me dilate l’anus. »

À noter également, que, selon 92% des femmes interrogées, faire l’amour avec un homme est le meilleur moyen de jouir.

DES DONNÉES RÉCENTES SUR LES COMPORTEMENTS SEXUELS.

Enquête quantitative.

En 1993 est paru un rapport intitulé : Les Comportements sexuels en France. Il s’agit d’une vaste enquête qui a vu le jour à la demande de l’Agence nationale de recherches sur le Sida et dont la réalisation a été confiée à Alfred Spira et Nathalie Bajos ainsi qu’au groupe ACSF (Analyse des comportements sexuels en France).
La comparaison des résultats obtenus avec ceux de l’enquête réalisée en 1970 par Pierre Simon, à une époque où se développait la contraception, met en évidence « une lente évolution des comportements sexuels ». Les femmes ont un premier rapport sexuel plus tôt que par le passé (18 ans en moyenne chez les femmes et 17 ans pour les hommes). Sur certains points, les femmes ont, dans l’enquête de 1993, des comportements qui se rapprochent de ceux des hommes. Le premier rapport sexuel n’est plus, par exemple, lié au mariage ou au concubinage (mise en couple). Par ailleurs, les pratiques sexuelles semblent s’être modifiées mais, surtout, certaines pratiques sont plus facilement déclarées (masturbation, rapports bucco-génitaux pénétration anale). L’enquête de 1993 sur les comportements sexuels en France révèle que, parmi les différents groupes sociaux, ce sont les cadres qui pratiquent le plus la fellation.

« La fellation et le cunnilingus ont été expérimentés par les trois quarts des individus ; les femmes de plus de 55 ans disent ignorer la fellation dans un cas sur deux. Il s’agit clairement d’un effet de génération. Pour ces femmes, la fellation est à fois plus difficile à déclarer et moins fréquente dans réalité : il est peu habituel d’intégrer tardivement à son répertoire d’activités une pratique que l’on n’a pas expérimentée au moment de la socialisation sexuelle. Le cunnilingus est un peu plus fréquent que la fellation ; trois femmes sur quatre et près de quatre hommes sur cinq disent l’avoir pratiqué ; les femmes des générations les plus anciennes sont moins réticentes à l’égard de cette pratique « passive » qu’à l’égard de la fellation. »

La sodomie reste une activité minoritaire, Selon les données obtenues, elle n’a été pratiquée au moins une fois que par 30% des hommes et 24% des femmes. Seuls 3 % des hommes et des femmes disent l’avoir souvent pratiquée. Les hommes déclarent avoir été plus souvent amoureux que les femmes (4,5 fois contre 3 fois). Mais un homme sur dix fantasmes souvent d’avoir au moins deux femmes dans son lit en même temps. Pour 35 % des hommes et 38% des femmes, leur partenaire actuel apparaît, en général, dans leurs fantasmes. Les fantasmes de type sadomasochiste ne sont guère évoqués. Entre 0,5 et 2% des hommes ou des femmes disent en avoir souvent.

La fréquence des rapports sexuels dans un couple est de l’ordre « de 13 par mois pour les couples formés depuis moins d’un an et de 7, pour ceux ayant plus de 15 ans de vie commune ». Concernant la satisfaction sexuelle, une personne sur deux se dit très satisfaite. Pour les deux sexes, ce degré de satisfaction baisse après 45 ans. Ce sont, par ailleurs, les personnes qui déclarent n’avoir eu qu’un partenaire au cours des douze derniers mois qui se déclarent toute très satisfaite.

Une première constatation fait apparaître une plus grande facilité, de nos jours, de la part des personnes, à évoquer leur sexualité. Leurs propos mettent aussi en évidence une attitude plus désinhibée face aux différentes pratiques sexuelles. En se basant sur les résultats quantitatifs dont fait état le Rapport Spira, cette sociologue observe, en effet, que des pratiques dites minoritaires paraissent de plus en plus courantes. En ce qui concerne la sodomie, « les hommes sont beaucoup plus demandeurs que les femmes. La plupart, ont pratiqué la sodomie avec leurs compagnes et tentent régulièrement de la demander même s’il, se heurtent assez souvent à des rejets ». Une grande demande existerait chez les jeunes hommes pour ce genre de pratique. La sodomie conserve pour sa part des connotations d’interdit, de domination, de possession dont la recherche, encore vivace, on le voit — ne trouve pas d’exutoire ailleurs. »

La description du plaisir sexuel s’est révélée comme étant assez difficile. Janine Mossuz-Lavau fait part, dans son ouvrage, du parcours amoureux et des pratiques sexuelles des personnes interrogées.

Les propos des hommes décrivant les sensations de l’orgasme sont assez similaires à ceux des femmes, mais diffèrent aussi sur certains points. L’impression de choc est évoqué, mais de manière moins prégnante, ainsi que celle d’une fusion avec son partenaire. L’arrachement de quelque chose de soi est un propos qui revient assez souvent ainsi que l’impression de grande chaleur et de « sensation de paix, de plénitude, de satisfaction ».

DES PRATIQUES SEXUELLES.

Différencier les pratiques sexuelles dites habituelles de ce qu’on nomme pudiquement des comportements minoritaires instille des normes, mais apporte aussi une certaine clarté dans leur présentation. Après les pratiques sexuelles courantes, nous aborderons les pratiques plus inhabituelles avant de nous pencher sur les perversions et sur des comportements qui appartiennent à un registre franchement pathologique.

CONCLUSION.

Vu l’approche des différentes pratiques sexuelles, je ne souhaite pas les évoquer ici. Je laisse aux revues spécialisées le soin de répondre aux attentes des internautes.

Merci pour votre indulgence ; La sexualité est encore, en l’an de grâce 2007 un sujet que l’ensemble des religions, trouvent déplacés, voire vulgaires … Et pourtant la sexualité est l’essence même de la vie ; Bien des couples divorcent, ou vont à la recherche d’une compagne, d’un compagnon, parce qu’il n’existe plus de complicité et de désir, entre la femme et l’homme.

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