La règle d’Or.

Jeudi 29 décembre 2011 // La France

La règle est d’or mais la girouette gouvernementale ne dort pas. Après la création d’un bouclier fiscal, elle le supprime mais, en contre-partie, elle allège l’impôt sur la fortune, creuse les déficits puis souhaite les interdire, veut raboter les niches fiscales mais cède à la pression des lobbies, sans jamais se tromper de cible, chaque mesure bénéficiant aux plus riches, ses amis.

Le Président proposait d’instaurer une règle d’or d’équilibre budgétaire, en réalité « plaquée or » puisqu’il s’agissait encore de limiter le déficit à 3% du PiB (critère de Maastricht). Il pensait mettre le parti socialiste en porte-à-faux, oubliant que les déficits étaient essentiellement son oeuvre personnelle. Mais le poker menteur a ses limites ; n’est pas Machiavel qui veut !

Aux dernières nouvelles, après maints sommets et maintes tergiversations, il semble qu’une règle d’or sans pitié manœuvrée parle « duo des peuples supérieurs » de l’Europe serait appliquée... d’urgence ! Sans doute, après l’élection présidentielle française !

Décidément la règle d’or fait couler beaucoup d’encre alors qu’elle n’est qu’une chose en soi banale déjà inscrite dans le programme de F. Bayrou en 2007. Il est vrai qu’on ne peut pas perpétuellement dépenser plus que ses recettes. Et pourtant, la France agit ainsi depuis 1973, dernière année d’équilibre budgétaire. Depuis la dette ne fait qu’augmenter ; de 110 milliards en 1981 elle est passée à 1.209 Mds en 2007 et, sans doute, à plus de 1.600 Mds en 2011. L’État vit donc largement au-dessus de ses moyens depuis des années et la situation s’est aggravée durant ce quinquennat. En baissant fortement les contributions des plus fortunés il a creusé le déficit.

La règle d’or qui a été proposée n’évoque guère les avantages qui leur ont été accordés. Ayant pour premier objectif de limiter les charges, elle se traduira inévitablement par une diminution des dépenses sociales et une réduction drastique de l’emploi public. Dans ces conditions les opposants au pouvoir actuel ont quelque raison de refuser de voter cette réforme même si certains proposent de la voter en 2012. : Il conviendra alors de raisonner avec justesse en augmentant radicalement la pression fiscale sur les plus riches. Souvenons-nous des tranches de l’impôt sur le revenu à 65/70% au début des années 1980. Actuellement combien est déplorable et ahurissant le laxisme envers les paradis fiscaux et les expatriés riches tels que certains de nos grands sportifs, de nos acteurs célèbres... qui cotisent en Suisse et profitent des avantages de la France quand bon leur semble ?

Etant donné les revenus de certains dans ce paradis des affaires, il ne fait aucun doute qu’une forte augmentation de leurs impôts n’en ferait pas demain des SDF ! Quant aux banques qui ont prêté à haut risque aux pays en difficulté (Grèce, Italie...), on peut penser qu’elles vont subir de lourdes pertes. Il est évidemment possible de taxer ces sommes disponibles, et d’alléger ainsi le déficit français.

Des voix s’élèvent contre cette règle de l’équilibre, synonyme de rigueur et d’austérité, ces vilains mots qui sont brandis pour nous faire peur alors qu’autrefois ils étaient signes de vertus ! Quand vous entendez « il faut rassurer les marchés » sachez qu’on a décidé de favoriser les spéculateurs. Nos politiques ne dirigent plus la finance à cause de l’endettement ; ceux qui financent commandent (et accessoirement versent quelques euros aux caisses des partis !). Il faut donc désendetter l’Etat pour qu’il retrouve son autonomie, mais pas sur le dos du peuple « d’en bas » qui en a marre d’être méprisé.

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