La réforme des retraites en débat à Neuilly-sur-Seine.

Auteur : Joelle Ceccaldi Maire de Puteaux, Députée de Neuilly-Puteaux et Présidente de l’E P A D.

Jeudi 29 juillet 2010, par Joëlle Ceccaldi // La France

Lundi 7 juin dernier, au cinéma Le Chézy à Neuilly-sur-Seine, je répondais à l’invitation de Jean Sarkozy en assistant à la réunion publique qu’il organisait, en tant que délégué de circonscription, sur la réforme des retraites. En présence notamment d’Eric Woerth, ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique, et de Patrick Devedjian, ministre de la relance et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, j’ai abordé, du point du vue du législateur, la réforme des retraites.

Et je dois dire que ce rendez-vous m’a permis d’aborder un point auquel je suis particulièrement attachée : la retraite des femmes d’exploitants agricoles. En sensibilisant le ministre à cette question, l’avant-projet de loi portant réforme du système de retraite exauce ce que j’ai appelé de mes vœux : l’extension de la retraite complémentaire au conjoint de l’exploitant agricole.

« Il y a quelques semaines, nous avons célébré le 3e anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy. Ce sont trois années intenses d’actions et de réformes qui ont été engagées. Depuis juin 2007, plus de 270 lois ont été votées et promulguées !

La prochaine grande échéance que nous devons préparer est maintenant la réforme du système des retraites.

La pérennisation de notre système de retraite est un défi majeur qui se pose dès aujourd’hui pour garantir les pensions des générations actuelles et futures.

Ce n’est pas le principe de notre système de retraite par répartition qu’il faut remettre en cause ; les Français ont bien compris que telle n’était pas notre intention.

Nous souhaitons au contraire préserver ce système. Car c’est ce système qui a permis en quelques décennies une augmentation considérable du niveau de vie des retraités, ainsi qu’une forte redistribution au profit de ceux qui connaissent des interruptions de carrière, notamment au titre de la maternité et du chômage.

En revanche, et afin justement d’assurer la pérennité de notre système, nous avons le devoir de l’ajuster.

En effet, notre système est encore basé sur des équilibres qui datent des lendemains de la seconde guerre mondiale. Or, nous sommes passés d’une France des « Trente Glorieuses » portée par une forte croissance économique et démographique, à une France où l’on vit de plus en plus longtemps dans un environnement mondial plus instable économiquement.

Il en résulte à la fois : une forte dégradation financière des régimes (avec un déficit s’élevant à 32 milliards d’€ en 2010 et des prévisions à 45 milliards d’€ en 2020) ; et des perspectives démographiques qui imposent des mesures fortes et courageuses. Ainsi, on compte aujourd’hui 1,7 cotisant pour un retraité, dans 10 ans, ce sera 1,5 cotisant et dans 20 ans, ce sera 1,3 cotisant.

Ces constats s’imposent à nous, législateur comme opinion publique, à la majorité présidentielle comme à l’opposition qui malheureusement ne cesse de vouloir ménager les uns et les autres, d’avancer puis de reculer.

Comme il n’est pas question de jouer sur le montant des pensions, dont certaines sont déjà très modestes, tous les autres paramètres devront être abordés pour équilibrer les comptes, mais aussi permettre de travailler mieux tout au long de la vie.

Qu’il s’agisse de l’âge légal de départ à la retraite, de la durée de cotisation, de la pénibilité, de l’emploi des seniors, de la convergence public-privé, du financement, ce débat doit se faire sans tabou.

Dans ce contexte, Monsieur le Ministre, il me tient particulièrement à cœur d’attirer votre attention sur 2 interrogations relatives aux droits et acquis des femmes : Premièrement. Au nom de l’égalité homme-femme, quel dispositif permettrait de confirmer la prise en compte de leur maternité dans le calcul de leurs annuités ? Car il faut avoir à l’esprit que revenir sur cet acquis consisterait à pénaliser leur rôle de mère et de revenir sur le modèle français en matière de natalité !

Deuxièmement. Il y aura-t-il une extension du régime de retraite complémentaire obligatoire aux conjoints et aides familiaux de l’agriculture.

Une telle extension constituait un acquis pour les retraites des épouses d’exploitants – le plus souvent « veuves agricoles » – qui auraient ainsi pu bénéficier d’une retraite complémentaire obligatoire.

Mes amis,

Réformer les retraites, c’est quelque part refonder notre pacte social qui tient depuis la Libération et le mettre à l’aune des évolutions sociales lourdes que la France a traversé ces 60 dernières années. Le projet de loi doit être transmis au Conseil des Ministres au mois de juillet, pour un examen parlementaire à compter du mois de septembre.

Mais nous comptons aussi sur vous pour faire un travail de pédagogie, pour communiquer, expliquer sur le terrain le bien-fondé de notre politique et démontrer les résultats obtenus.
Les échéances électorales vont arriver bien vite, et nous n’entendons pas laisser les socialistes, qui ont toujours refusé d’assumer leur responsabilités sur ce sujet, caricaturer le travail de fond que nous accomplissons pour la France.

Préserver notre système de retraite, assurer sa pérennité est notre devoir.

La situation est connue depuis 20 ans. Nous sommes les seuls a avoir tenté de trouver une solution avec la loi Fillon en 2003. C’était une première réponse ; Ce qu’il faut préparer maintenant ce n’est pas notre avenir, mais celui de nos enfants et petits-enfants. C’est cela le plus important et c’est ce qui nous rassemble ce soir. »

Joëlle Ceccaldi-Raynaud
Député des Hauts-de-Seine

Membre de la Délégation au droit des femmes

Répondre à cet article