La réaction démesurée d’Israël à l’enlèvement d’un caporal par un groupement armé palestinien ne peut s’expliquer que par l’insolence d’un pays grisé par sa force, estime le site Amin.

Lundi 21 août 2006, par Paul Vaurs // Le Monde

AMIN à Ramallah. 

Aujourd’hui, Israël se trouve en position de force grâce â sort écrasante domination militaire, politique et financière, ainsi qu’au soutien du pays le plus puissant du monde [les Etats-Unis] Face lui, un peuple [les Palestiniens] sans armée, assiégé, avec des employés qui n’ont pas été payés depuis des mois et une économie exsangue. Dans ces conditions, l’Etat juif n’est nullement pressé de négocier. Alors, il se contente de dicter sa volonté, Et la communauté internationale, dans son ensemble, laisse faire.

Les Israéliens (le peuple, le gouvernement, comme l’armée) n’en font qu’à leur tête et peuvent faire ce qu’ils veulent avec les populations des Territoires qu’ils occupent. Quoique ! Sur une infime question, ils ne peuvent imposer leurs quatre volontés aux Palestiniens, à savoir, les obliger à faire la paix sans leur rendre leurs terres. Même sur ce sujet apparemment insignifiant du point de vue israélien, la cause semble entendue le nouveau gouvernement israélien est intimement convaincu qu’il n’a pas besoin des Palestiniens pour faire la paix.

Le compromis historique (deux Etats séparés par la frontière de 1967) que les Palestiniens sont disposés à accepter paraît finalement inacceptable pour le Premier ministre, Ehoud Olmert, et pour la majorité des Israéliens qui a voté pour lui. Les Israéliens ont décidé de renoncer à quelques terres (Gaza et une partie de la Cisjordanie, à l’exclusion de Jérusalem et de la vallée du Jourdain) et ils pensent que tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais il y a un grain de sable dans ce scénario apparemment bien ordonné. L’autre camp, c’est-à-dire les Palestiniens, refuse de se soumettre.

Au milieu de ce débat interne (les Israéliens ne négociant qu’entre eux), voilà qu’il y a un hic. Un groupe de scélérats a osé défier la puissante machine israélienne, mener une opération militaire et capturer un soldat israélien. Et quoique, dans cette circonstance, deux autres soldats aient été tués, ainsi que deux Palestiniens, le fait que des Palestiniens se soient emparés d’un soldat vivant a empêché Israël de dormir. Tout d’un Coup, ce puissant pays avec sa puissante armée, ses services de renseignements efficaces et sa longue liste d’amis veut obtenir quelque chose des Palestiniens. Non pas qu’il soit prêt à négocier pour cela. La question d’un échange de prisonniers (selon Israël, il s’agit d’un Israélien enlevé, et non d’un prisonnier de guerre, tout comme les 10 000 Palestiniens croupissants dans ses prisons ne le sont pas) ne se pose pas.

L’Etat hébreu a réagi en mettant en branle sa puissante machine militaire, sans plan précis, avec pour seul objectif de semer la destruction et la désolation. Son raisonnement revient à masser les chars aux frontières de Gaza ; détruire quelques ponts, mettre hors service la centrale électrique : peser de tout son poids politique pour obtenir des Américains et des Egyptiens qu’ils fassent pression sur les Palestiniens ; menacer la vie du gouvernement et du Président palestiniens ; voire enlever des dizaines d’élus palestiniens et espérer que ce rouleau compresseur donnera le résultat attendu :: La libération du caporal israélien.

Si jamais il existe une occasion pour Israël , d’engager des discussions sérieuses avec les Palestiniens sur quelque chose d’aussi simple qu’un cessez-le-feu, c’est bien celle-ci. Mais, à cause de l’arrogance que confère la puissance et en raison de l’idée que de telles tractations affaibliraient le pouvoir de dissuasion d’Israël, le sang coule de plus belle et le cycle de violence se poursuit indéfiniment. Par le passé, les Israéliens ont toujours refusé de discuter avec ceux qu’ils appellent les « terroristes », de manière à ne pas leur octroyer une quelconque légitimité. Dans le cas présent, ils n’ont pas le droit d’employer le terme « terroristes » pour décrire une opération purement militaire qui visait un site militaire. L’arrogance aveugle souvent les militaires et même les politiques, les empêchant de comprendre que, de l’autre côté de la frontière, il existe également une nation avec ses aspirations à mener une vie normale, avec son espoir de voir ses prisonniers libérés, l’injuste siège levé, et ses terres rendues.

Si ce déséquilibre entre Israéliens et Palestiniens continue de bloquer toute perspective d’accord négocié, parfois de simples actions comme cette dernière opération militaire palestinienne de Karm Abou Salem (Kerem Shalom) peut rappeler cette notion fondamentale :: une nation qui se laisse griser par sa puissance risque de trébuchet sur une toute petite pierre.

Daoud Kuttab

Un appel adressé à l’opinion Internationale par le rédacteuren chef du quotidien de Ramallah.

Privée d’électricité, la bande de Gaza vit dans les ténèbres au plus fort des chaleurs de l’été.

Mais nous n’avons pas d’autre Gaza pour nous y réfugier.. Aujourd’hui, si nos enfants ne meurent pas sous ces bombardements, ils succomberont à la chaleur étouffante ou mourront de faim. En effet, la bande de Gaza est à deux doigts de l’asphyxie

Tout autour, les chars Israéliens aboient et la mort est en embuscade, à l’affût du moindre signe de vie. Le président Mahmoud Abbas vit ce que son prédécesseur (Yasser Arafat) a déjà vécu avant lui... et il reste pour travailler toute la journée dans son quarter général. Quant au Premier ministre, Ismaïl Haniyeh, il vit ce qu’a vécu avant lui le président
Abbas lorsqu’il était Premier ministre.

Ces derniers mois, le Hamas (au pouvoir) a traversé, du point de vue politique et moral, ce que le Fatah a connu pendant quarante ans. Il « goûte » en quelques jours ce que le Fatah a subi pendant plusieurs années.

On pourrait, certes, dire que nous ne manquons pas d’aptitudes à nous punir et à nous flageller, comme si ne voulions pas que nos esprits retrouvent une certaine sérénité, comme si nous ne souhaitions pas que nos corps respirent. Mais, en réalité, le peuple de Gaza n’est pas entrain de s’apitoyer sur son sort. C’est le destin auquel ne peut échapper un peuple en quête de Liberté, même si Gaza mérite davantage de considération de la part des différentes factions politiques et de leurs bras armés. Alors, laissons tomber les analyses et les anathèmes. Appelons-en à la conscience d’une communauté internationale qui pourtant semble indifférente aux menaces que fait peser le blocus sur la bande de Gaza :: Manque de nourriture, d’électricité, d’eau, de tout.

Mais qui va écouter nos doléances, alors que nous sommes incapables de nous écouter nous rnêmes, que nous continuons à nous accuser de brader notre cause et à comploter les uns contre les autres ? Aimons la Palestine et non tel courant ou telle milice. Ce n’est que comme cela que nous serons respectés, tant par nos ennemis que par nos amis.

Hafez Al- Berghouti.

Le message envoyé par un journaliste Palestinien au caporal Israélien capturé et gardé en otage à Gaza.

Souris, Gilad Shalit, tu es à Gaza. Regarde, nous avons une mer bleue et du pain chaud, Il nous reste aussi quelques enfants que vos balles n’ont pas abattus, mais qui souffrent de la faim que vous leur imposez. Mais ne t’inquiète pas. Nous soignerons tes blessures et nous n’hésiterons nullement à prélever sur nos maigres stocks les médicaments dont tu auras besoin, Rassure-toi, Gilad Shalit, nous ne te ferons aucun mal. Tu te rétabliras. Et demain, lorsque tu rentreras chez toi, tu parleras de nous. Tu écriras tes mémoires au calme, tu verras vivre ton village prospère, aux rues animées, embaumant la fleur d’oranger. Et si te reviennent des images d’arbres abattus, de maisons détruites, de cimetières d’adolescents, de ruelles encombrées de ruines et défoncées de cratères, tu te souviendras que tout cela est de votre fait.

Ici, tu es notre invité, Gilad Shalit. Malgré ton uniforme militaire. Malgré les ordres que tu exécutes et qui te commandent de nous arroser de plomb et de feu. Ta seule préoccupation de bon soldat est d’obéir aux ordres et de toucher ta solde à la fin de chaque mois. Sais-tu, Gilad Shalit, que, moi, ça fait quatre mois que mon salaire ne m’a pas été versé ? Avec ta permission, Gilad Shalit nous ailons te garder quelque temps parmi nous ; Pour que tu viennes chez moi et que tu rencontres mes enfants. Tu leur demanderas toi-même de quoi ils ont envie en ce moment de t’expliquer pourquoi ils ne peuvent aller passer les vacances dans la famille lointaine, qui n’a pas de droit de venir nous rendre visite. Tu demanderas à mon petit dernier pourquoi son papa est si dur avec lui et ses frères, ces jours-ci. Tu le prendras à part, Car il n’osera peut-être pas te dire en ma présence qu’il ne reçoit pus d’argent de poche. Tiens, tu entreras dans la cuisine et ouvriras le frigo. Ne sois pas étonné :Il est vide.

Tu feras connaissance avec la voisine. Elle est souvent chez nous. Elle ne se remet pas d’avoir perdu son mari, mort bêtement alors qu’il rapportait chez lui la robe qu’il avait achetée ce jour-là et qu’il avait hâte d’offrir à sa femme pour fêter leur premier anniversaire de mariage. Il a eu le malheur de passer rue El-Cheikih Rartwane ( à Gaza) juste au moment où explosait une voiture prise pour cible par ton aviation La voisine restera avec la perte de son homme aimé, alors que toi, Cilad Shalit, tu prendras bientôt ta fiancée dans tes bras, tu l’emmèneras danser. Et tu oublieras complètement que tes mains ont versé ici le sang d’une innocente, abattu là un arbre ou écrasé le toit d’une maison sur ses habitants.

N’aie crainte, Gilad Shalit, nous te nourrirons avec ce que nous avons de meilleur. - Certes, nous sommes bien conscients que le peu que nous avons n’est pas digne d’un soldat comme toi, habitué à trois repas équilibrés par jour, accompagnés de cette agréable boisson américaine et suivis d’un bon dessert. Mais sois indulgent. Car nous, nous ne savons pas faire comme vous. Vous qui nous avez beaucoup opprimés, qui avez beaucoup usurpé nos droits et qui insistez pour semer parmi nous la mort.

Gilad Shalit, je sais que la puissance de ton armée te donne un sentiment d’invulnérabilité, que ton Assemblée est mobilisée à l’extrême par ton cas et que vos agents et amis s’activent pour parvenir à te rendre à ta mère. Elle pleurera de joie lorsqu’elle te serrera dans ses bras, et à ton frère, qui t’offrira un beau cadeau pour alléger tes souffrances et te
faire oublier l’épreuve que tu as traversée. Peut-être même que l’on t’offrira un voyage lointain pour t’aider à oublier ton séjour parmi nous. Sauf que nous, nous ne souhaitons pas
que tu nous oublies, comme tes dirigeants oublient la douleur que vous infligez à nos mères et à nos enfants.

Nous ne voulons pas que tu oublies ces maisons détruites, les rues défoncées, les arbres arrachés ni les prisonniers qui croupissent dans vos geôles et emplissent de douleur le
coeur des leurs. Nous ne voulons pas que tu oublies les cimetières toujours plus grands où sont enterrés nos adolescents. Nous ne voulons pas que tu oublies les conséquences de votre
blocus sur nos stocks de médicaments ou de farine.
Et souviens-toi, Gilad Shalit, que nous ne t’avons pas amené ici pour te tuer, ni pour t’inquiéter, mais pour que tes dirigeants sachent qu’ils ne pourront rien contre nous qu’ils n’aient déjà essayé et que l’injustice développe chez nous la force de déplacer les montagnes.

Nasser Atallah.

L’État ou la révolution.

Les opérations irréfléchies des groupes armés Palestiniens, qu’ils soient islamistes ou marxistes, ont porté plus de préjudice à l’Autorité palestinienne qu’à Israël, affirme Al-Hayat Al-jadida.

Le slogan électoral du mouvement islamiste Hamas, « Pouvoir et résistance » a fait long feu.

Aujourd’hui, en Palestine, le gouvernement constitue par le Hamas a des obligations (envers son peuple comme envers la communauté internationale) Ce qui laisse des possibilités de manoeuvre bien plus restreintes que les actes et déclarations des mouvements armés, qui ont toujours nui au pouvoir. L’expérience de ces dernières années nous démontre, au contraire, à quel point des opérations mal conçues et mal étudiées peuvent porter au pouvoir un préjudice mortel. Ainsi, feu le Président Arafat a été victime d’un blocus total [de la part de l’armée israélienne] au prétexte qu’il soutenait la cellule qui a assassiné le ministre du Tourisme
Israélien Rehavam Zeevi (en octobre 2001), abattu en représailles de l’assassinat par les Israéliens d’Abou Ah Moustapha, le chef du Front populaire de libération de la Palestine. Et si les Israéliens avaient capturé Abou Ah Moustapha à ‘intérieur de la Mouqataa (le siège de l’Autorité palestinienne àRamallah), ils auraient saisi ce prétexte pour pour suivre indéfiniment leur blocus.

Le Hamas s’est employé par le passé à saboter le pouvoir, et je pense qu’il s’expose à reproduire la même situation aujourd’hui. A ceci près que le conflit proviendrait cette fois de ses propres rangs (entre modérés et extrémistes) et non d’une confrontation avec une partie adverse, en l’occurrence le Fatah.

Le pouvoir palestinien n’a plus aujourd’hui aucune réalité. Il ne dispose plus de services de sécurité ni de ministères opérationnels. La moitié de ses ministres sont dans les geôles israéliennes, ainsi que la majorité des députés. Quant au président, il est prisonnier de sa résidence à Gaza, alors que le chef du gouvernement est dans la ligne de mire de l’armée israélienne (ses bureaux ont été bombardés à Gaza) et que le président de l’Assemblée
législative est recherché parla même armée. Comment, dans ces conditions, prétendre encore qu’il existe un pouvoir ou un gouvernement.?

L’occupant israélien ne veut ni gouvernement ni pouvoir palestiniens forts. Le Président Abbas se trouve complètement dans l’impasse. Moustapha Barhouti Ramallah

Connu pour ses positions humanistes, le secrétaire du Parti travailliste israélien, devenu ministre de la Défense, s’est mué en chef de guerre impitoyable, regrette un Arabe israélien.

De nombreuses personnalités israéliennes douées de raison ont vu dans votre arrivée au ministère de la Défense une avancée politique qui n’allait pas tarder à faire sentir ses effets positifs sur les relations avec les Palestiniens. Vous disposiez d’ailleurs de toutes les capacités nécessaires pour imposer une nouvelle vision stratégique qui ne prévoirait plus de traiter avec les Palestiniens uniquement sous l’angle du fusil a du sang.

Malheureusement, tous ces espoirs se sont effondrés et le pire. Monsieur le ministre de la Défense, c’est que le fusil est paradoxalement devenu l’unique moyen que vous envisagez d’utiliser, depuis que vous êtes chargé de ce ministère, pour traiter avec les Palestiniens.

L’Amir Peretz qui s’est lancé en politique avec le mouvement La Paix maintenant n’a rien à voir avec l’Amir Peretz qui aujourd’hui sème la terreur et fait couler le sang dans les rues et sur les plages de Gaza. Croyez-vous vraiment, Monsieur Peretz, que ce fleuve de sang palestinien va conduire votre navire jusqu’au poste de Premier ministre de l’Etat d’Israël ? Croyez-vous qu’appliquer contre les Palestiniens des méthodes identiques à celles employées en Irak par Zarqaoui soit susceptible de produire des effets positifs pour la sécurité dc la population israélienne ?Votre « humanisne », lorsque vous avez permis qu’une enfant et son oncle, victimes de balles israéliennes, puissent être soignés dans un hôpital israélien, ne parvient pourtant pas à couvrir les cris d’horreur des enfants palestiniens dont le sang est entrain de couler ou qui sont à la recherche de leurs proches dont les membres ont été déchiquetés dans un bombardement. Est-ce le même Amir Peretz qui fut un véritable leader ouvrier, capable dc susciter une révolution au sein du Parti travailliste, lui faisant adopter une ligne socialiste et démocratique qui a transformé ce parti on une formation sensible à la réalité sociale des couches les plus pauvres de la société israélienne.

Je me demande ce qu’il va rester de votre engagement social. Et je m’interroge aussi sur qui sont vraiment les membres du Parti travailliste, dès lors que le ministre de la Défense issu de ses rangs applique désormais la méthode Zarqaoui contre les Palestiniens.

S’il vous reste, Monsieur Amir Peretz, ne fût-ce qu’un peu de considération pour vous-même et pour le programme de votre parti, le choix est clair et la décision est entre vos mains. Car, si vos déclarations sont toujours d’allure humaniste, les actes commis sous votre responsabilité de ministre de la Défense sont des crimes de guerre, que vos beaux discours ne parviennent plus cacher !

De tels crimes sont—ils, en Israël, le passage obligé pour réussir en politique ? Si tel était le cas, il y aurait vraiment lieu de s’inquiéter. Et pas seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour le peuple israélien, à qui l’on fait croire que l’assassinat quotidien d’hommes, de femmes et d’enfants en Cisjordanie et à Gaza lui apportera sécurité, stabilité et développement économique.

L’argument de l’enlèvement du caporal israélien Shalit ne justifie rien. Le président de l’Autorité palestinienne a en effet donné des ordres précis pour tenter de le retrouver. Votre offensive, qui a conduit à la destruction des infrastructures palestiniennes, ou ce qu’il en reste, est une politique qui n’a pour effet que d’aggraver l’évolution d’un conflit sanglant Et la voie que vous avez choisie risque surtout de réenclencher un cycle de vengeances réciproques .

Nabil Audeh


Sur son blog, une Palestinienne de Gaza décrit son quotidien à l’heure de l’invasion Israélienne .

De Gaza, Vendredi 3O Juin, 1H3O du Matin.

Il n’y a toujours pas d’électricité. Le courant est tantôt coupé, tantôt rétabli ça dépend. La compagnie d’électricité fait tout ce qu’eue peut pour fournir du courant à 1,3 million de personnes. La centrale électrique a été complètement détruite le 28juin. Puis, un autre générateur électrique, à Jabaliya a été pris pour cible et complètement détruit. J’ai essayé d’expliquer à ma fille les mécanismes complexes de la distribution de l’électricité et de montrer les efforts fournis parla compagnie d’électricité. Elle était très déçue d’apprendre que les coupures allaient continuer pendant trois mois AU MOINS.

Et il faut se priver sur tellement de choses : La nourriture, l’eau, les sorties. Un jour, il faudra peut-être économiser les sourires et les rires. Le pire, c’était quand les hôpitaux ont dû limiter les opérations, par manque de médicaments, d’électricité, etc. La vie continue, le monde arabe et la communauté internationale continuent honteusement à garder le silence. Cela ne date pas d’hier et ce n’est pas terminé ::les Palestiniens vont continuer leur combat contre l’injustice et l’occupation d’Israël, « la grande démocratie » de la région et non moins force d’occupation. C’est un peu la même situation en Irak, avec les Etats-Unis, le pays le plus démocratique et le plus puissant du monde. Avec le soutien des Américains, Israël peut faire ce qu’il veut : Les deux pays sont des forces néocoloniales.

En ce moment même, ils attaquent les villes de Gaza, Jabaliya et Beit Lahia. Le bruit des avions de chasse et des hélicoptères Apache a interrompu mon sommeil, mais je ne dormais que d’un œil. Maintenant, je suis complètement éveillée. Ça fait quatre jours que je ne dors pas.

Les opérations militaires à Gaza ont pour but de raser toutes les infrastructures jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de gouvernement, plus d’Autorité palestinienne, plus de négociations avec les Palestiniens.

Mono EI-Farra, From Gaza

http://fromgaza.blogspot.com/, Gaza

Les Palestiniens avaient réussi à s’affranchir de la tutelle arabe, ils ne doivent pas tomber sous la coupe Syro-Iranienne estime un intellectuel palestinien de Washington.

Si la crise actuelle à Gaza et en Cisjordanie reflète aussi bien le conflit entre Israël et les Palestiniens que les divergences de vue entre les nationaliste laïcs ralliés au président Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas, elle est également révélatrice de profondes scissions au sein même du Hamas.

Ces divisions internes ont éclaté au grand jour avec l’enlèvement du caporal israélien Gilad Shalit, puis l’assassinat d’un colon israélien, lors d’un raid sur une base militaire voisine de la bande de Gaza organisé le 24 juin dernier par des Palestiniens proches de certains éléments du Hamas. Aussi, c’est à nouveau le peuple palestinien qui fait les frais de la violente offensive militaire israélienne, Cette opération visait à saper les négociations que le Premier ministre Ismaïl Haniyeh, membre du Hamas, avait engagées avec Mahmoud Abbas pour définir une stratégie palestinienne dans les rapports avec Israël. L’enlèvement de Sbalit, probablement retenu à Gaza, a placé Haniyeh dans une position plus délicate que jamais.

Haniyeh négociait d’arrache-pied et était parvenu à un accord avec Abbas sur la formation d’un gouvernement d’unité nationale. La menace d’assassinat de Gilad Shalit, alors que Tsahal avait déjà lancé son raid sur Gaza, ont peut-être convaincu de nombreux dirigeants du Hamas du bien-fondé d’un accord avec le Fatah laïc.

À en croire la plupart des médias, l’attaque contre la base israélienne (bilan deux soldats israéliens tués ainsi que deux assaillants palestiniens, et le caporal Gilad Shakit enlevé) aurait été autorisée non par la direction du Hamas, mais par des personnalités plus radicales du parti installées hors de Palestine — et notamment par Khaled Mechaal, depuis Damas — qui n’auraient pas consulté le siège du mouvement à Gaza. Ce dernier a, certes, appelé à la libération de Shalit, mais en vain.

En prenant cette tournure dangereuse, ces événements ont surtout mis en évidence la scission fondamentale qui existe au sein du Hamas, chaque faction s’efforçant d’imposer sa priorité — à savoir la cause du nationalisme palestinien d’un côté, et un islamisme politique visant à instaurer un nouvel ordre régional révolutionnaire de l’autre. Depuis sa fondation, on 1987, le Hamas a articulé son programme sur l’idée selon laquelle ces deux objectifs sont complémentaires. Et il estime que la libération nationale de la Palestine passera nécessairement par la mise en œuvre, dans la société palestinienne, des propositions sociales et politiques ultraconservatrices des Frères musulmans. En réalité, l’incompatibilité des programmes du nationalisme et de l’islam politique révolutionnaire a toujours été patente, et, au bout du compte, l’un finira par supplanter l’autre.

Le Hamas a pu jongler entre ces deux composantes tant qu’il était un parti d’opposition et ne représentait pas plus de 20 % du peuple palestinien. Mais, depuis les élections de Janvier dernier, qui lui ont assuré une majorité parlementaire, cette contradiction est de plus en plus intenable face aux impératifs du pouvoir. La direction du Hamas commence visiblement à établir une distinction entre ceux qui, surtout à Gaza et en Cisjordanie, sont essentiellement des nationalistes qui souhaitent s’allier aux laïcs et oeuvrer sérieusement à l’établissement d’un Etat indépendant existant aux côtés d’Israël et les autres, pour la plupart installés hors de Palestine, plus favorables ù une idéologie religieuse inconciliable avec le projet d’un Etat palestinien.

Ces dirigeants du Hamas en exil donnent l’impression de ne pas vouloir résoudre le conflit israélo—palestinien, puisque le mouvement panislamique et les Etats qui appuient son action ont bien plus avantage à entretenir la cause et le conflit qu’à y mettre un terme. A cela s’ajoute une autre complication ; Les ressources financières fournies par l’Iran et d’autres bailleurs de fonds sont contrôlées par les personnalités les plus radicales du Hamas, établies on dehors de Gaza et de la Cisjordanie. Cela leur assure, sinon une hégémonie, du moins une capacité à agir indépendamment de la direction du parti à Gaza.

Nous assistons en fait à une tentative de subordonner la cause palestinienne et le mouvement national à un programme régional islamiste plus vaste et, partant, aux Etats qui exploitent cette tendance. Les Palestiniens doivent comprendre que si, une fois affranchis des intérêts des pays arabes, ils se laissent manipuler dans le cadre d’une stratégie islamiste régionale, cela pourrait bien annoncer la fin du mouvement nationaliste palestinien.

Israël et les Etats-Unis commettent une grave erreur on refusant de distinguer les différentes factions du Hamas et en rendant tous les Palestiniens, y compris Abbas, responsables des actions des groupes extrémistes. Mais les Palestiniens font également une erreur en voulant se doter d’un front uni artificiel, qui, au bout du compte, fait exclusivement le jeu de dirigeants pour lesquels l’indépendance de la Palestine n’est pas la priorité essentielle. Ziad Asali

Devant l’attaque Israélienne, les groupes armés palestiniens, islamistes, comme nationalistes, ont oublié leurs divergences, affirme le site islamiste du Qatar.

Enterrant leurs différends, qui avaient parfois pris un tour violent les combattants des divers groupes palestiniens s’unissent face à l’invasion des troupes israéliennes. « Nous sommes ensemble contre les forces d’occupation israéliennes et leurs agressions », nous a déclaré le 29 juin un combattant des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah. La tête ceinte d’un bandeau portant le logo de son organisation, Il a pris position derrière une barrière de sacs de sable au sud de Khan Younis (dans la bande de Gaza) avec un camarade des Brigades Ezzeddin Al-Qassam, la branche armée du Hamas. « Nous sommes unis face à l’ennemi israélien, proclame le combattant d’Al-Qassam. L’ennemi n’a pas réussi à nous dresser les uns contre les autres. »

Si plusieurs Palestiniens ont été tués ces dernières semaines au cours d’affrontements opposant le Fatah au Hamas, aujourd’hui les combattants coordonnent leur action dans les localités de la bande de Gaza, à Jabalya, Beit Hanoun et Beit Lahia. Ils creusent des abris derrière les murs et les talus pour se préparer à l’attaque israélienne. Ils ont dressé des monticules de terre au milieu des routes, et fermé les accès aux camps de réfugiés pendant qu’Israël massait des troupes. Portant des fusils d’assaut et des lance-roquettes, ces combattants parcourent les rues dans la douceur de la nuit, promettant une bataille acharnée.

« Ils tomberont sur un nid de frelons s’ils reviennent », proclame l’un d’entre eux. D’autres ont posé des mines artisanales et du fil de fer barbelé le long des routes qui bordent la frontière nord de Gaza. Même les Palestiniens non islamistes sont heureux devoir les combattants de la résistance unis après des mois de chaos interne. « Nous n’avons qu’un ennemi déclare Abou Adel, 60 ans, pendant que les combattants empilent des sacs sable près de sa maison. « La coopération entre les factions est au plus haut« , nous ont affirmé des sources proches de la résistance.

Dès le début de l’offensive israélienne. Ezzeddin Al-Qassam s’est empressé de distribuer de grandes quantités d’explosifs et de roquettes artisanales aux combattants des autres factions pour lutter contre l’envahisseur, ajoutent ces sources. « Les factions palestiniennes sont déterminées à faire échouer le plan Israélien nous a déclaré Abou Ahmed du Saraya
Al-Quds, la branche armée du Djihad islamique. Sept cents kamikazes ont été
déployés sur toute la bande de Gaza pour « donner à l’ennemi une leçon de sacrifice
de soit. »

Mustafa El. Sawwaf,

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