La porte de sortie !

Lundi 13 février 2012 // Le Monde

Drapeau de France

L’issue en Afghanistan n’est pas militaire mais politique. L’après Karzaï commencera en 2014 : Il se joue maintenant.

La décision prise au sommet de l’OTAN à Lisbonne en novembre 2010 d’afghaniser la sécurité du pays à échéance de 2014 afin de permettre à cette date un retrait quasi total des forces de la Coalition, de 130.000 combattants à 20.000 formateurs, n’était certes pas sans risques. La perte de quatre militaires français le 18 janvier en est la preuve. Mais elle ne remet pas en cause le processus politique engagé. La visite du président Karzaï à Paris le 27 janvier a été marquée par la signature d’un accord de partenariat stratégique assorti d’un accord de coopération, comme à Washington, Londres ou Rome. Une conférence tenue à Bonn en décembre avait dessiné les contours de ce que seraient les concours au développement du pays après le retrait de la Coalition.

L’un des problèmes les plus ardus de ce type de situation est en effet la transition d’un état de guerre à la phase de reconstruction. Des sommes énormes sont actuellement déversées dans ce pays. La fin de l’effort militaire signifiera l’arrêt d’une manne gigantesque. On devrait passer en quelques années de quelque 400 milliards de dollars à une dizaine ou moins de fonds de développement, dont l’essentiel sera absorbé par la prise en charge du budget de la défense. On comprend dans ces conditions que le président Karzaï plaide pour des compensations financières au retrait des forces étrangères. La question sera discutée au prochain sommet de l’Otan en mai à Chicago.

La question de la gouvernance vient en second : qui gérera les finances réduites du pays à partir de 2014 ? La donne politique a changé, à la fois régionalement et globalement. Les échelons de responsabilité des talibans ont été la cible principale des attaques notamment aux confins du Pakistan. Islamabad est affaibli par l’affaire de la capture de Ben Laden et nec peut empêcher des contacts directs entre Washington et une représentation du Hizb-el-Is mi installée opportunément au Qatar. La contagion du raz de marée islamiste en Egypte et en Afrique du Nord donne à réfléchir : un processus politique dit « inclusif », c’est-à-dire dont les salafistes ne sont plus exclus et dont ils ne s’excluent plus eux-mêmes est désormais légitime. Pourquoi pas à Kaboul ? Les Qataris sont partis l’expliquer sur place. Cela est susceptible de faire une grande différence.

La responsabilité passe donc désormais des militaires aux diplomates. Il faut partir à temps pour que la présence militaire ne devienne pas contre-productive mais pas trop tôt avant que ’ les préliminaires des négociations ne soient réellement engagés. La décision du président Sarkozy d’avancer le retrait à 2013, avec un retrait plus important que prévu fin 2012, ne répond pas seulement à des considération, de politique électorale ou des pressions des allié mais est en phase avec le progrès du processus politique afghan, même si elle este un pari sur l’avenir.

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