DOSSIER SPÉCIAL.

La mystique hitlérienne et les sources du nazisme.

Dimanche 10 juin 2007, par Paul Vaurs // L’Histoire

A l’attention des internautes : Je tiens à donner une précision, à savoir que ce sont les capitaux des industriels américains qui ont financés le régime "Nazi", notamment le grand-père du président actuel Georges W Bush qui a créé sa fortune dans l’Allemagne Nazi favorisant ainsi le pouvoir d’Hadolf Hitler.

Ceux qui, au travers de leurs diverses analyses historiques sur l’ascension du National-Socialisme et l’apparition brutale du nazisme, ont voulu nier en bloc ou tout simplement négliger l’influence persistante de plusieurs sociétés occultes agissant dans l’ombre du pouvoir, ont eu largement le temps ces dernières décennies de réviser leur jugement et de se rendre compte de leurs lacunes.

Ils ont pu constater également que jusqu’au jour où Hitler prit le pouvoir en Allemagne, les sociétés secrètes y fourmillaient. Les connaissant peut être trop bien, l’une des premières missions que ce dernier confia à son bras droit et secrétaire Rudolf Hess fut de les surveiller puis ensuite de les interdire, au seul profit des associations conformes à l’idéal national-socialiste. Revenir sur les évènements qui permirent l’ascension fulgurante d’un personnage comme Hitler, qui reste par bien des côtés toujours énigmatiques, permet aujourd’hui de comprendre combien il peut être facile pour certains régimes a vocation idéologique et totalitaire de se mettre en place ; surtout si le processus s’accompagne de l’assentiment de tout un peuple, qui dans ce cas précis a élu son dirigeant de manière démocratique.! Même si certains pensent que le sujet a déjà été amplement traité et qu’il est parfois devenu gênant de revenir sur un passé aussi lourd de souvenirs. Il est de notre devoir de ne jamais effacer des annales de l’histoire humaine ces événements dramatiques même s’ils choquent nos consciences.

Au fil du temps, il est presque devenu certain, que c est l’influence de plusieurs groupements occultes, dont la communauté de l’Edelweiss ou le groupe Thulé et d’une série de personnages discrets et actifs qui ont directement promu et exalté les théories de l’idéologie nazie. Même si les admirateurs du Führer se plaisent à croire qu’il est l’unique maître d’oeuvre, avec l’aide d’un groupe de fanatiques, des structures et de la pensée de ce qui deviendra une nouvelle religion d’état, il convient de mettre au jour les vrais responsables de cette expérience historique malheureuse. Par ailleurs il ne faut plus douter, qu’il y eut, dès le départ et en particulier au moment du putsch manqué de Munich, des liaisons dangereuses entre différents groupuscules et cercles ésotériques. Ce fut le cas avec les membres de la Société Théosophique ainsi que les néo-païens de l’hitlérisme. Le simple fait que le cercle rapproché d’Hitler comprenait plusieurs membres de l’Ordre de Thulé et que tous ont côtoyé plusieurs sociétés initiatiques en même temps en apporte déjà la preuve. Très vite, les nazis vouèrent une haine farouche à certains mouvements ésotériques comme par exemple celui des anthroposophes, courant dissident de la Société Théosophique dirigée par le docteur Rudolf Steiner, dont le centre initiatique, le Gotheanum de Dornach, en Suisse, regroupant de nombreux intellectuels allemands fut la cible d’un incendie volontaire.

On sait que très tôt, des hommes comme Alfred Rosenberg, qui rejoindra l’ordre de Thulé par l’entremise de Dietrich Eckaert, avaient en tête de promouvoir une sorte de « nouveau christianisme » habillé d’un message « héroïque et pur à caractère aryen », débarrassé de ce qu’ils appelaient les oripeaux Juifs. On sait aussi que des personnages du cercle rapproché de Hitler comme Himmler ou Rudolf Hess que l’on a présentés au départ comme des romantiques se croyaient investis d’une mission et se sentaient les héritiers spirituels de l’Ordre Teutonique et de plusieurs branches allemandes et germaniques de la chevalerie médiévale...

A une époque sombre de sa vie, Hitler vécut dans l’indigence la plus totale, et travailla même comme balayeur de rues et commis dans une librairie. Il semble que ses seules passions furent l’opéra (Wagner) et la lecture. Un fait curieux, souvent occulté par ses biographes, est qu’il passait la majorité de son temps à étudier avec assiduité les écrits anciens se rapportant aux légendes, aux folklores, aux traditions et aux vieilles chroniques médiévales. Il fréquenta le libraire marginal, occultiste et antisémite, Ernst Pretzche et aussi Guido Von List, guide d’une secte sataniste. Féru d’ouvrages d’alchimie et d’occultisme, Hitler y annotait des remarques personnelles de sa fine écriture serrée. On a redécouvert récemment bon nombre d’ouvrages empruntés sur lesquels il avait consigné ses commentaires. Hitler connaissait parfaitement et presque par coeur toutes les légendes des chevaliers partis à la conquête du Graal ainsi que l’oeuvre du célèbre Wolfram von Eschenbach et son « Parsifal », les livres de Fichte, de Schelling, d’Hegel.

Hitler se lia d’amitié un certain temps avec le docteur en philosophie Stein et le célèbre Théosophe Rudolf Steiner. Stein qui fut l’un de ses intimes durant cette période, confirma ce fait dans ses mémoires peu connues des historiens ou volontairement écartées car visiblement jugées trop révélatrices, voire dérangeantes. Hitler se serait même fait initié dans un mouvement paramaçonnique qui l’entraîna dans des milieux marginaux de l’ésotérisme. Sous l’influence de Pretzche qui l’aida discrètement sur le plan financier, le futur Führer prit goût à la drogue, notamment au « peyotl », cette plante hallucinogène originaire d’Amérique du Sud.

Il n’a d’ailleurs jamais caché dans son livre « Mein Kampf » que les années situées, entre 1909 et 1913 furent les plus importantes de son existence et qu’elles l’amenèrent plus tard à mieux assumer la direction du parti. Stein qui travailla entre autres pour le contre-espionnage britannique et dont les études approfondies sur l’histoire médiévale font autorité, fréquenta Hitler à l’époque la plus noire de sa jeunesse à Vienne. Il fut certainement le seul, et unique témoin privilégié de cette période. Il affirma qu’Hitler possédait des pouvoirs paranormaux et qu’il atteignait même, sous l’emprise de la drogue, certains états de conscience modifiés pouvant effrayer les personnes sensibles. Il ne fait plus de doute aujourd’hui qu’Hitler fut envahi très tôt par un irrésistible penchant pour les sciences secrètes. Il tenta d’approcher et d’approfondir les méandres sinueux des pouvoirs cachés humains. Il est incontestable qu’il était déjà persuadé à l’époque de manière intuitive qu’il jouerait plus tard un rôle historique d’envergure.

L’ouvrage de Jacques Bergier et Louis Pauwels « Le matin des magiciens » nous apprend que l’Allemagne a dépensé plus pour les recherches de l’Ahnenerbe que l’Amérique pour la fabrication de la première bombe atomique et que l’Ahnenerbe, sous le couvert de projets rigoureusement tenus secrets, dépensa un budget colossal à l’étude des pratiques occultes et possédait une section spéciale de renseignements d’ordre surnaturel. Himmler, principale cheville ouvrière de la SS et du laboratoire de recherche l’Ahnenerbe, s’adressant en 1940 aux officiers de la Leibstandarte, affirma haut et fort, face un avenir qui lui semblait à cette époque sans nuage « qu’il voulait pour son Führer construire un ordre qui exprimait et développait la conception contenue dans le sang nordique, afin d’attirer au peuple allemand tout le sang nordique du monde ; Le retirer à leurs adversaires, et l’amener afin que dans la grande politique envisagée, ils n’aient jamais plus à lutter contre de grandes quantités de ce sang, ni contre les valeurs qu’il représente. »Himmler ajouta qu’il fallait attirer à eux ce sang nordique, et que les autres ne devaient pas en avoir. Cette idée et ce but selon lui existaient depuis des années et n’ont jamais été abandonnés. » L’idéologie nazie et avec elle, celle des SS était donc entièrement inclue dans le mythe du sang, évoquant à la fois la pureté raciale mais aussi une forme de combat cosmique.

Cette idée prendra rapidement la forme d’une véritable religion et fut rendue familière aux Allemands grâce aux Contes des « Nibelungen », remis à la mode par le compositeur Wagner. Ces anciens textes médiévaux, faisaient référence au héros Siegfried qui tuait le dragon et se baignait dans son sang de manière à devenir invincible. Au-delà de ces textes de références purement germaniques, c’était aussi tout le Moyen Age européen qui était imprégné par ce mythe. A ce sujet Frédéric Reider rapporte dans l’un de ses ouvrages que lorsque Hitler et Himmler parlent d’un Ordre des Templiers chargé de la garde du Saint-Graal, du réceptacle du sang purs ils font appel à la tradition médiévale, où le sang est symbole d’honneur et de fidélité. Ce sera le sens du Blutfahne, le drapeau du Sang, pieusement conservé depuis la fusillade du 9 novembre 1923 à Munich.

Chaque année, Hitler établit un lien mystique entre ce drapeau et les nouveaux étendards de la SS et de la SA, au cours d’une solennelle cérémonie de baptême. C’est devant le Blutfahne que prêtent serment les SS. Au-delà des siècles, ce cérémonial renoue avec l’initiation chevaleresque qui lie le suzerain à son vassal par le fer, le feu et le sang. Pour les SS, leur Führer, semblable au seigneur, incarne les principes éternels de vie de la terre ancestrale et sacrée, où retournent les morts, qu’ils arrosent et fécondent magiquement par le sang répandu
Ainsi, les idéologues du parti nazi avec Hitler à leur tête s’en remettaient-ils directement aux énergies ancestrales, sommeillant en cette mystérieuse terre d’Allemagne pour imposer leur nouvelle religion. Par une sorte de messianisme pervers et une inconscience totale, le peuple allait se laisser mener vers son propre bûcher. Le règne du IIIème Reich fut éphémère mais il permit néanmoins de réveiller de vieux démons. Les éléments de la mystique nazie étaient aussi vieux que le sang germanique, aussi mystérieux que les premiers dieux qui hantèrent l’imagination des grands poètes allemands. Les « Niebelungen », ces Fils illustres du brouillard, sont partout présents dans la culture germanique et les « Walkyries » ont souvent emporté dans un même élan littéraire les âmes des différents héros tombés sur les divers champs d’honneur. Le grand réveil de la « race des dieux » mêlé à une série de mythes ancestraux a de tous les temps, hanté le peuple allemand et il n’est dès lors pas possible de comprendre les mécanismes qui ont engendré le nazisme sans que l’on en fasse référence.

La valeur mythique du sang est constante dans tous les Ordres de chevalerie. C’est le sang répandu qui unit les chevaliers entre eux. Parmi ces Ordres, celui des Chevaliers teutoniques exercera une fascination toute particulière sur le sinistre ordre de la « SS ». Et ce n’est pas un hasard si Fréderic Reider nous rappelle que les couleurs de la « SS », le noir et le blanc, furent autrefois celles de l’Ordre des Chevaliers teutoniques, qui les légua ensuite à la Prusse.
Fondé en 1198, pour venir en aide aux chevaliers allemands blessés ou malades durant les croisades, ces moines-soldats se distinguèrent d’emblée des autres ordres hospitaliers, chevaliers de Saint-Jean ou Templiers.

Leur recrutement était exclusivement germanique. C’est aussi cette même sélection ethnique qui décidera du destin de l’Ordre. En 1211, il abandonna la terre de Palestine et se vit confié par la « Bulle d’Or » de Rimini la colonisation exclusive des terres slaves à l’Est de l’Elbe, avec le double patronage du pape et de l’empereur. Sous la direction éclairée du grand maître Hermann Von Sain, la croix servit dorénavant de prétexte à l’expansion germanique. Par après, une succession de répressions et de soulèvements, permirent à l’Ordre, de s’étendre sur l’ensemble du territoire de la Prusse et ses alentours, et ce plus d’un siècle durant. L’Ordre connut son apogée durant la deuxième moitié du XIV° siècle avant d’être finalement brisé par une coalition militaire de Polonais alliés à des Lituaniens. On sait ce qui adviendra plus tard du mythe engendré par l’Ordre teutonique. Les SS reprirent à Leur compte son épopée en y ajoutant les références au « Sang et à la race ». Himmler ne cessa jamais de se référer dans ses discours à cet Ordre prestigieux comme il s’inspira du duc de Saxe, Henri 1er l’Oiseleur (876-936), élu roi de Germanie en 919 dont il pensait être la réincarnation. C’est dans cet esprit que pour satisfaire son immense ego, Himmler célébra chaque année la mémoire d’Henri l’Oiseleur au cours de cérémonies et de rituels particulièrement inspirés, dans la crypte du château de Quedlinburg où ce roi avait été enterré. On découvrira ainsi que la première de ces veillées de recueillement fut déjà organisée pour fêter le millénaire de la mort d’Henri 1er, le 2 juillet 1936, en présence des principaux hauts dignitaires de l’Ordre noir et d’un cercle d’invités triés sur le volet. A cette occasion, de manière solennelle, Himmler fera le serment devant le tombeau gardé par des SS en armes et à la lueur des torches, de toujours rester fidèle aux leçons de l’unificateur des Germains.

Leur espace humain n’a jamais été fixé et l’on est plus authentiquement allemand par l’indicible puissance du rêve que par un acte d’état-civil. L’Allemagne, c’est la terre des ancêtres, le « Vaterland » de tous les ancêtres, historiques et mythiques de la race. Dès lors, il n’y eut plus de bornes à l’esprit germanique qui alla où le poussait sa soif de conquêtes. C’est l’un des autres grands traits de la théorie nationale-socialiste, celui de « l’espace vital ». Dans ce contexte de réflexion, il n’est donc pas du tout étonnant que les chefs du national-socialisme fussent dès l’aube de leur parcours individuel largement influencés par le caractère spirituel de la destinée de la Grande Allemagne.

Quantité de sectes et de sociétés secrètes, depuis la fin du XlX° siècle et le début du XX° avaient depuis longtemps pour principale préoccupation la découverte du prophète, de « l’envoyé » qui conduirait le pays allemand à la réalisation de son destin. L’humiliante défaite de la première guerre mondiale eut sur les survivants de terribles conséquences. Elle fut marquée par le retour d’hommes aigris, prêts à tout pour saliver l’Allemagne et convaincus pour la plupart que les véritables responsables de cette débâcle étaient les juifs, les socialistes et la bourgeoisie issue du commerce.

Parmi ces vaincus, on retrouve des personnages comme Adolf Hitler, RudoIf Hess et Hermann, Gœring. Tous les trois allèrent connaître, grâce des contacts communs, et des rencontres pour la plupart provoquées, des aventures initiatiques auprès de sociétés secrètes. Le premier d’entre eux fut Rudolf Hess, il fut l’homme qu’Hitler prit à ses cotés comme fidèle compagnon de route et qui orchestra dans l’ombre jusqu’à sa fuite en Angleterre, tous les coups bas et machinations du Fürhrer. Curieux personnage que ce Rudolf Hess qui naquit à Alexandrie, le 26avril 1894. Il était le fils d’un commerçant allemand installé en Egypte. En rejoignant Allemagne, il entreprit des études à Bad Codesberg et suivit par la suite un enseignement commercial à Neuchâtel dans un établissement renommé. Il était en stage à Hambourg lorsque se déclencha la première guerre mondiale. Il rejoignit le front et s’y distingua en tant que pilote d’aviation. Il fut décoré de la Croix de fer à la fin du conflit. Plus tard, il rejoignit l’université de Munich et y suivit des cours de philosophie. Considéré comme un élève surdoué, il fut rapidement pris en estime par son professeur, un véritable maître à penser, l’énigmatique Karl Haushofer qui dirigeait la société de Thulé. C’est ce théoricien et professeur d’histoire géopolitique qui l’introduisit dans le cercle fermé de la société secrète et qui lui fit rencontrer le journaliste Dietrich Eckart ainsi qu’Alfred Rosenberg. Il était attiré depuis toujours par les charmes ésotériques de l’Orient, une passion qu’il partageait avec son professeur. Profondément allemand, il n’en restait pas moins enclin à des préoccupations dépassant le cadre de la Germanie et aimait se référer à des données de métaphysique orientale. Si différent des autres nazis, qu’on l’appelait fréquemment « l’Egyptien », Hess fut au point de départ de toute l’aventure nationale-socialiste. Il suivit avec grand intérêt un cycle initiatique, on lui enseigna les grands mythes germaniques et l’idéal de la doctrine du groupe de Thulé. Pour beaucoup d’observateurs, l’élan mystique qui l’animait en permanence et certains aspects de son comportement indiquaient que tôt ou tard, son chemin finirait par croiser celui du dictateur.

Lorsque Adolf Hitler fut emprisonné, après son putsch manqué de Munich, le 9 novembre1923, il reçut régulièrement la visite du général d’artillerie Karl Haushofer qui venait comme le rappelle Werner Gerson dans la geôle de Landsberg sous prétexte de réconforter Rudolf Hess, son ancien élève, mais qui, en réalité, s’intéressait surtout à Hitler. Beaucoup dirent de lui qu’il « fabriqua patiemment » Hitler, ce qui est en partie exact. Ce fut lui, tout au moins, qui apporta les documents et les directives que l’on retrouve inscrites tout au long de l’ouvrage « Mein Kampf. » Il tenait compte de l’étonnante faculté d’assimilation du dictateur. Un gros volume commencé le soir était terminé le matin. Hitler dormait très peu et était capable le matin de réciter par coeur de nombreux passages de l’ouvrage lu pendant la nuit. Le futur chancelier n’aurait pu avoir meilleur maître... Le terme de gourou à cette occasion n’est certainement pas dénué de sens.

Quand Adolf Hitler espion des services de renseignement de l’armée, rencontra à Munich, en 1919 Anton Drexler, président du Parti des Travailleurs allemands DAP, il ne savait pas encore qu’il s’était engagé dans une voie ésotérique. En effet, le D.A.P. n’était qu’une des façades du groupe Thulé, lequel n’apparaissait jamais au plein jour, se manifestant uniquement par des écrits ou des associations politiques illustrant des thèmes pangermanistes. En 1920, Hitler transforma le DAP en Parti National-Socialiste des Travailleurs allemands le N.S.D.A.P., selon les directives du groupe ésotérique et les conseils, entre autres d’un de ses mentors Dietrich Eckart. Hitler lui dut beaucoup, à commencer par son « initiation » à la légende de Thulé et le développement de ses facultés médiumniques. Eckart, on le sait aujourd’hui, contribua considérablement à développer chez Hitler cette inébranlable confiance en soi, fondée sur la certitude de posséder les plus importants secrets pour la domination du monde. De plus, nous rappelle André Brissaud, Hitler reçut d’Eckart de nombreuses indications sur la façon d’écrire et de parler et aussi de larges contributions financières qui lui permirent d’acquérir de précieuses relations. Hitler l’en remercia d’ailleurs dans « Mein Kampf ». Le deuxième volume se termine d’ailleurs par cette dédicace pleine de sens : « Les seize héros » (il s’agit des 16 nazis tués lors du putsch manqué à Munich en novembre 1923.)

Vu les terribles enjeux mis en place par le groupe de Thulé et l’ampleur du programme de propagande qui suivit la préparation de l’accession au pouvoir d’Hitler, on comprend mieux maintenant, que rien ne fut négligé ni improvisé. On comprend surtout comment on utilisa la mystique de la croix gammée comme symbole de rassemblement d’un peuple qui était alors en attente d’un véritable message et d’un messie pour sauver l’Allemagne. En s appropriant la croix gammée de l’Ordre de Thulé, l’un des plus antiques symboles universels qui se rencontrait tant en Orient qu’en Occident ou en Amérique précolombienne. Hitler pensa-t-il réellement faire revivre de manière subliminale le passé mythique des origines de la race germanique ? René Guénon le pense car le signe de la « svastika » exprime le mouvement qui s’opère autour du centre du monde ou de l’axe universel. Les nazis auraient semble-t-il voulu y voir un symbole du pôle, prétendant que les Aryens avaient primitivement vécu aux environs du pôle Nord, et que c’était une déviation subite de l’axe terrestre, qui avait contraint ceux-ci à émigrer vers le Sud. Mais ce n’est qu’une hypothèse parmi tant d’autres.

Le 24janvier 1920. Hitler présenta le programme du Parti à la Hofbrauhaus et le 24 février de la même année, il dirigeât le premier méeting de masse à la Hofbrau. Sous l’influence des maîtres occultes de l’Ordre de Thulé, il développa son talent d’orateur et ses dons médiumniques. Hitler proposa de joindre au drapeau du parti, un symbole datant de plus de 3.000 ans avant J.C. et présent dans toutes les civilisations anciennes, que l’on connaît tristement aujourd’hui sous le nom de « Croix gammée ».

L’essentiel probablement de son fulgurant succès vint du fait qu’il fut toujours persuadé que ses rêves deviendraient un jour réalité et qu’il mit tout en oeuvre pour les concrétiser. Son imagination débordante était en manque de création permanente. Hitler que certains dirent « possédé » était porteur d’un véritable pouvoir personnel qui lui échappait parfois, Il n’est donc pas étonnant qu’à des niveaux divers, plusieurs fortes personnalités influencèrent sa carrière et que Karl Haushofer, Dietrich Eckart furent parmi ceux là. Ils façonnèrent de manière indélébile le cerveau d’un être aux multiples facettes et au comportement pour le moins inattendu dont l’intuition ne fut jamais mise en défaut.

La rencontre des membres du groupe de THulé avec le futur dictateur, ne fut pas du tout fortuite. Ce qui était moins prévisible à l’époque, c’était de savoir que le futur dirigeant de l’Allemagne deviendrait à un moment donné complètement incontrôlable. Ceux qui virent en lui une marionnette qu’ils allaient pouvoir manipuler à leur guise durent déchanter.

A sa sortie de prison, le 14 décembre 924, et dès les premiers contacts avec les membres les plus importants de la société de Thulé, Hitler détenait désormais toutes es armes ésotériques avec lesquelles il allait galvaniser le peuple allemand. Mais pour la Société Thulé, les choses n’étaient pas aussi faciles qu’elle l’avait espéré. Hitler lui échappait. Il se conduisait en maître, et son étoile montait au firmament de la République de Weimar. L’ancien mendiant avait absorbé l’enseignement de la secte et entendait s’en servir à des fins politiques personnelles.

En décembre 1933, Hess, fut nommé ministre sans portefeuille, ce qui le mena à exercer au pied levé de multiples fonctions, sans nécessairement devoir rendre des comptes à ses collègues. En 1936, durant les jeux olympiques de Berlin, le fils d’Haushofer, Albrecht rencontra le marquis de Clydesdale, futur duc d’Hamilton. Cette rencontre marqua le début d’une triple amitié entre Rudolf Hess, Albrecht Haushofer et Hamilton. A partir de ce moment, Albrecht devint le plus proche conseiller de Hess. Hess fut également membre du conseil pour la défense du Reich en 1939. Il fut désigné après Goering comme successeur d’Hitler qui en fit l’un de ses héritiers politiques. Rudolf Hess était un idéologue qui cherchait à bâtir la Grande Allemagne, à ramener dans le giron de la patrie les minorités du Reich. Il n’envisageait pas leur rapatriement, mais une extension de la puissance de l’Allemagne sur les pays où résidaient ces minorités. C’est ce plan qu’Hitler adopta et qui le conduisit l’Anschluss et aux agressions contre la Tchécoslovaquie et la Pologne. Rudolf Hess respecta toujours l’enseignement de Karl Haushofer, qui considérait que l’Allemagne devait tout tenter pour réaliser une paix séparée avec l’Angleterre.

Il s’envola d’ailleurs seul pour la Grande-Bretagne, un matin de 1941. Sa destination ? Le château de Lord Hamilton. Son but, convaincre le duc, un initié de plusieurs sociétés secrètes, de l’aider auprès du gouvernement anglais, afin que soit réalisée cette paix séparée. La conclusion de l’affaire ? L’avion de Hess fit un atterrissage forcé non loin du château Hamilton. Légèrement blessé, il ne put parvenir chez le duc. La police et l’armée se mêlèrent de l’affaire. On déclara par la suite que Rudolf Mess était fou à lier. Il resta dans un asile jusqu’au procès de Nuremberg. En 1945, Sa condamnation fut exemplaire : La prison à perpétuité jusqu’à sa mort, le 17 août 1987 ; il resta le dernier prisonnier de Spandau. Des gardes des quatre puissances victorieuses le surveillaient jour et nuit, Peut-être pour les terribles secrets que l’Egyptien pouvait révéler au monde...

Un autre prévenu de choix au procès de Nuremberg fut l’incontournable maréchal Hermann Goering, le dauphin désigné par Hitler pour lui succéder à la tête du IIIème Reich. Né en Bavière, en 1893, il était un ancien officier de l’armée impériale et un héros de l’aviation militaire distingué lors de la première guerre mondiale. Passionné par tout ce qui touchait l’espace et le vol aérien, il poursuivit sa carrière dans l’aviation civile. Il fut l’un des tous premiers à adhérer au mouvement animé par Hitler à Munich.

Les Côtés obscurs et oubliés de l’Accession d’Hitler au Pouvoir.
L’analyse de la personnalité d’Hitler reste controversée et il se trouva même au début des années 30 et de la montée en puissance du nazisme, de nombreux d’observateurs pour déclarer qu’elle était aussi peu intéressante que sa vie. On a vu au fil du temps ce qu’il est devenu, à la fois du personnage et des conséquences de son accession au pouvoir.

Né le 20 avril 1889 à Braunau-sur-lnn, fils d’un petit fonctionnaire des douanes autrichiennes, d’une instruction primaire et incomplète, orphelin à seize ans, dévoré d’ambitions artistiques, mais renvoyé pour manque de talent de l’Académie de Peinture, forcé de gagner son pain en travaillant à Vienne dans le bâtiment, puis peintre à Munich, voilà ce que l’on sait de son existence avant la première guerre mondiale. Il entra comme volontaire au 16ème régiment bavarois d’infanterie et obtint le grade de caporal. Il se comporta néanmoins, en soldat modèle, obéissant aux ordres de ses supérieurs. Il fut blessé à la jambe en octobre 1916 et même gazé en 1918, il reçut ensuite la Croix de Fer de première classe entant qu’agent de liaison, pour avoir parfaitement accompli sa mission entre les lignes. Toutefois, il garda une certaine rancoeur du fait qu’il ne bénéficia d’aucun avancement au sein de sa hiérarchie militaire. Son comportement parfois « hystérique » attira l’attention de ses supérieurs. Sur le front, il eut l’occasion de se faire remarquer et de partager des moments de campagne avec un interlocuteur inattendu, Lord A. Eden, qui devint plus tard, Ministre des Affaires étrangères britanniques. Les hasards de l’Histoire les ayant fait combattre face à face dans les tranchées.

Durant la première guerre mondiale, Hitler fut presque un héros, sans qu’il en ait eu vraiment l’étoile. Après l’Armistice de Rethondes, le Il novembre 1918, puis l’humiliant Traité de Versailles, il revint à Munich durant l’hiver On sait que par le fait du destin et le coup pouce de sociétés secrètes, qui virent en lui l’homme providentiel, Hitler prit le pari quasi impossible de reconstituer l’ossature solide d’une Allemagne disloquée et vaincue. N’oublions pas qu’à la sortie de la guerre après la libération de Munich, il était toujours affecté au 2ème régiment d’infanterie comme membre d’une Commission chargée d’étudier les événements révolutionnaires et qu’il fut même nommé « officier instructeur avec mission de faire l’éducation patriotique de la troupe .
Après la guerre, il découvrit (et d’autres avec lui l’aideront à se perfectionner) qu’il possédait un certain talent d’orateur. Un groupe occulte s’entendit à le protéger très vite et misa sur sa carrière, l’employant à réaliser diverses conférences patriotiques traitant, entre autre, des conséquences du Traité de Versailles. C’est ainsi que commença une carrière politique qui se distingua par le fait que le monde ne connaissait pas d’autre exemple d’une si fulgurante ascension au départ d’un passé modeste au demeurant banal voir médiocre, du moins, en apparence.

Ses admirateurs de l’époque le placèrent très vite au-dessus de Bismarck, ce qui était lui faire beaucoup d’honneur car Bismarck était un homme d’une grande érudition et d’une grande culture. Dans les années trente, Hitler, pour ses contemporains et surtout la plupart des observateurs étrangers, ne semblait posséder ni esprit, ni finesse, ni aucun bagage intellectuel. Mais ce fut, nous le savons une grave erreur de jugement que les membres de la diplomatie internationale payèrent très cher. La presse occidentale en le présentant presque comme un apprenti garçon de café titillé par le démon de la poésie et de la peinture et épris d’un esprit revanchard par rapport à la défaite de l’Allemagne en 1918 commit, elle aussi, une erreur d’analyse aux lourdes conséquences.

Que cela déplaise à certains historiens peu objectifs, Hitler eut ses maîtres à penser. Il avait bien plus qu’une simple conception primaire et grossière du monde. Sa culture dépassait le niveau des brochures antisémites qu’il se targuait de lire. Il est vrai aussi qu’il porta très vite sur ses épaules l’image d’un être fanatique et souvent hystérique semblant animé lors de ses discours, d’une force presque surnaturelle, qui l’amenait à convaincre son auditoire bien au-delà d’une simple adhésion aux idées qu’il exprimait. La légende officielle qui courut à propos de sa fulgurante ascension au sein du Parti ouvrier allemand fondé par Antoine Drexler. qui devint par la suite le « Parti ouvrier national-socialiste allemand » ou NASDAP, n’est pas étrangère non plus à bien des erreurs d’interprétation sur sa véritable personnalité et le rôle joué dans l’ombre par certains de ses protecteurs. A cette époque, il faut rappeler que le Parti ouvrier ne rassemblait en fait que sept membres. Mais ce que l’on néglige de mentionner, c’est que de nouveaux partis politiques naissaient un peu partout presque au hasard de certaines rencontres, et qu’Hitler apprit un jour qu’il était inscrit d’office au « parti ouvrier allemand ».

Littéralement, Hitler promit « tout à tous « . Et ses promesses avaient l’avantage de ne pas coûter très cher. Aux chômeurs, il promettait du travail et ils votèrent pour lui. Aux commerçants et autres artisans, il offrait les temps prospères de jadis et ils le crurent. Aux industriels qui entrèrent rapidement dans son jeu, il promettait la réduction des charges sociales. Les industriels et les banquiers le financèrent et le soutinrent. Aux locataires qui éprouvaient des difficultés à payer leurs loyers, il promettait des loyers modérés. Qu’espérer de plus. Surtout qu’aux propriétaires, il proposait dans le même temps un meilleur revenu de leurs immeubles. Aux contribuables, il annonçait une administration moins coûteuse. Aux fonctionnaires, il promettait des traitements plus élevés. Et surtout, en fin tacticien, Hitler s’engageait envers l’ensemble des consommateurs à leur offrir une vie moins chère.

Pour finir, il n’hésita pas à offrir aux grands propriétaires terriens une protection douanière et une remise à plus tard de leurs dettes. Sans oublier les anciens officiers, les officiers de réserve de l’Armée Impériale et tous les soldats à qui il promettait une nouvelle et grande armée super équipée avec des possibilités d’engagement et de promotion susceptibles de contenter les plus dépités. Cerise sur le gâteau. Hitler promettait aussi aux médecins sans clientèle, aux avocats sans cause, l’élimination de leurs concurrents juifs. Démagogue jusqu’au bout, Hitler, osa promettre aux « nouveaux pauvres » de l’inflation une expropriation en leur faveur des « magnats de la Bourse et de la Banque « . Sans contestation possible, le chômage fit l’un des principaux alliés du succès d’Hitler.

Au-delà de toutes les analyses objectives sur le plan historique, économique et même psychologique, Hitler fut assisté par de mystérieux commanditaires, au moyen d’une campagne de propagande particulièrement bien orchestrée qui se servit d’être généreux ou honnêtes sur le plan intellectuel, et se limitaient généralement à développer devant ses auditeurs une sorte d’immense image d’Épinal de l’Allemagne. Elle était pour lui et ses acolytes « peuplée de l’élite du genre humain, qui avait été traîtreusement attaquée en 1914 par des peuples inférieurs envieux de sa grandeur et de l’éclat de sa puissance. » Mais l’Allemand était suffisamment brave et fort pour triompher même d’une coalition aussi nombreuse, aussi la guerre, après quatre années de lutte, allait elle être gagnée lorsqu’un coup de poignard vint frapper dans le dos l’armée victorieuses la révolution de 1918. Ce coup de poignard était l’oeuvre des « Marxistes », c’est-à-dire : Socialistes, démocrates, pacifistes. bolchevistes et juifs, les uns corrompus par l’or français, les autres rêvant d’une « hégémonie judaïque ». La République était une institution criminelle et les chefs républicains autant de filous et de profiteurs qui ne travaillaient que pour leur propre poche. Pour que le pays retrouve sa prospérité, il fallait balayer la République et, dans ce but, le peuple allemand devait se grouper autour de lut autour du conducteur du « Führer » élu de Dieu qui seul, pouvait encore sauver la nation. Ainsi parlait Hitler. Comme on le voit, sa doctrine éminemment subjective et mensongère cherchait les causes du malheur, non pas dans les circonstances réelles mais dans la perversité et la traîtrise des hommes.
 
La rencontre et le pacte historique de Hitler, avec les dirigeants de l’industrie allemande et les banques dont les principaux actionnaires étaient juifs, fut incontestablement à la base de la seconde guerre mondiale. Ces barons véreux en tirèrent une énorme satisfaction avant, pendant et après la guerre, sans jamais se voir inquiétés. Ils en sortirent même en vainqueurs, récoltant parfois les honneurs de la nation pour service rendu à la patrie. C’est le dessous des cartes, pas toujours agréable à entendre et que les générations actuelles, n’ont certainement pas entendu de leur professeur ni lu dans leurs manuels scolaires. Ironie de l’histoire et élément très peu connu, des juifs allaient participer volontairement ou non au massacre d’autres juifs...

A Munich, en 1920, la foule acclama le drapeau dessiné par Hitler et que certains lui avaient inspiré, fond rouge, disque blanc et croix gammée noire ; des couleurs qui auront un retentissement terrible dans l’Histoire. Au cirque Krone, l’année suivante, pas moins de 6.500 personnes accoururent pour l’acclamer. Une deuxième réunion, au même endroit, huit jours après, puis une troisième, obtinrent le même succès. Hitler parlait pendant des heures et recueillait de plus en plus d’admirateurs. Chargé jusqu’alors du service de la propagande, il fut élu chef du mouvement, désormais, sa réputation grandit. Les marques de sympathies et les adhésions affluaient. Le gouvernement républicain avait banni les uniformes et les défilés que les Allemands pour leur part adoraient. Hitler leur donna ce qu’ils voulaient du spectacle Il conquit la rue en traversant au pas cadencé avec six centuries, deux fanfares, quinze drapeaux.

Les élections au Reichstag du 14 septembre 1930 attirèrent pour la première fois l’attention du monde entier, sur le mouvement hitlérien. 6.400.000 électeurs votèrent en faveur d’Hitler. 107 nazis, au lieu du petit groupe insignifiant d’hier, entrèrent tout à coup au Reichstag. Aux élections de juillet 1932, les voix de 1930 se trouvèrent doublées et les Hitlériens devinrent la faction la plus nombreuse du Parlement. Bien que les élections de novembre 1932 aient amené un recul de 2 millions de voix, à tel point que les optimistes et les naïfs croyaient déjà avoir éliminé le danger de la Croix gammée, le pouvoir d’attraction de l’Hitlérisme n’était pas brisé parce que la crise économique continuait imperturbablement à durer.

Hitler alla de victoire en victoire. En 1921, le parti comptait 3000 membres. Hitler n’en devint président qu’en juillet 1921. Mais l’Allemagne connut au début de très violentes confrontations, Qu’Hitler ait été machiavéliquement doué dans bon nombre de matières et des choix qu’il entreprit, nul n’oserait le contester. Ce fut aussi pour tous ceux qui l’on fréquenté de près, au-delà du brillant autodidacte qu’il fut un être profondément perturbé et pratiquement insaisissable.

La République installée en Allemagne était toujours lourdement grevée de l’hypothèque de la défaite. En outre, elle avait contre elle, dès son début, de nombreuses forces sociales et économiques opposées à son régime avec entre autres, la Reichwehr, la grande industrie, et de nombreuses couches agricoles.

Par sa politique totalement inefficace, elle allait directement à la catastrophe et au suicide. Ses facteurs de faiblesse étaient nombreux et l’opposition au régime de mieux en mieux organisée que ce soit du côté des forces communistes ou du côté des forces nazies. La situation était dramatique. La République allemande n’épuisa pas toutes les possibilités et les ressources dont elle disposait. Elle allait droit dans le mur, opérant ici et là de vagues réformes, s’appuyant surtout sur un personnel trop vieux et trop incompétent, pour saisir l’ampleur et l’importance de la tâche. Beaucoup de ses dirigeants étaient des hommes politiquement corrompus ou carrément atteints de déficiences intellectuelles, incapables d’analyser la situation, Elle commit surtout l’erreur de ne pas osé couper résolument certains ponts qui la reliaient au passé.

Alors que la propagande hitlérienne, rejetait de manière véhémente et sans scrupule sur la révolution de novembre la responsabilité de tous les maux dont souffrait le peuple allemand, elle clouait au pilori des hommes tels que Rathenau et Stresemann ; les accusant d’être des traîtres à la solde de l’étranger, pendant qu’elle attribuait à la République une seule ambition, celle de « livrer aux Juifs de la finance internationale, le produit du travail allemand. La République n’eut jamais le courage de proclamer la vérité en rejetant la responsabilité de la grande misère de l’après guerre sur l’Allemagne Impériale qui s’était inconsidérément lancée dans le confit et l’avait perdu. Les grands moyens d’éducation du peuple et de la propagande, l’école et la Radio étaient entre les mains de la République, mais elle n’osa pas les utiliser. Elle alla même jusqu’à tolérer dans les écoles, que des maîtres d’opinion monarchiste la couvrent d’insultes. Quant la Radio, elle resta strictement « neutre ». Quant on sait aujourd’hui que le nazisme fut à ses débuts, très faible et pour ainsi dire inexistant, on comprend qu’il ne serait pas sorti de ses balbutiements s’il n’avait eu cette terrible crise économique, mais aussi de puissants parrains et sponsors. On conçoit aussi, mieux combien une erreur de jugement politique de la part d’hommes au pouvoir quels qu’ils soient peut avoir de terribles conséquences. Profitant habillement de la situation de troubles, Hitler et ses acolytes purent s’appuyer également sur la Reichswehr de Bavière.

Le BAR n’était qu’une des façades du groupe Thulé, lequel n’apparaissait jamais au grand jour, se manifestant uniquement par des écrits ou des associations politiques illustrant des thèmes pangermanistes. Ce fut là le premier « coup de pousse » d’hommes de l’ombre membres du groupe de Thulé qui s’intéressaient depuis un certain temps à lui. On l’invita à une séance du Comité où il ne rencontra que quatre hommes de bonne volonté, sans argent, sans programme sans disciples. Sa carte d’adhérent portait alors le n0 7, et ces sept hommes représentaient à eux seuls le parti tout entier dont un certain Harrer, journaliste de grande culture comme Président et Anton Drexler, simple ouvrier, a la tête de la section munichoise. Aux réunions publiques constituées en véritable café du commerce, qui se tenaient dans le fond d’une brasserie ces mêmes adhérents se retrouvaient dans une salle vide. Les soirs d’affluence lorsque arrivaient enfin quelques auditeurs attirés par le battage publicitaire habillement orchestré ils étaient parfois une trentaine. Mais Hitler prenait toujours la parole avec enthousiasme et détermination et restait très exalté dans ses propos.

De la création de 1’Ahnenerbe à la quête du Graal.

L’Ahnenerbe, la société d’étude pour l’héritage des ancêtres, organisation officiellement reconnue comme étant rattachée à l’Ordre Noir des SS avait parmi ses buts déclarés « La Recherche et la localisation, de tout ce qui rattachait l’esprit, les actes, et l’héritage de la race indo-germanique ». Elle avait aussi pour tâche principale « de communiquer au peuple allemand, sous une forme intéressante, les résultats de toutes ses recherches ».

Les fondateurs de cet organisme avaient rajouter spécifiquement à leurs statuts que « l’exécution de cette mission devait se faire surtout en employant des méthodes d’exactitude scientifique » Sur le plan historique l’Ahnenerbe, a été fondée à titre privé par le maître spirituel de Sievers, Frédéric Hielscher, mystique et ami de l’explorateur suédois Sven Hedin, lequel était en rapports étroits avec Karl Haushofer dont nous avons exposé dans un autre chapitre l’influence importante qu’il eut sur la préparation d’Hitler au pouvoir. Sven Hedin, quant à lui était un spécialiste de l’Extrême-Orient, et avait longuement vécu au Tibet où il joua un rôle d’intermédiaire important dans l’établissement des doctrines ésotériques nazies. Pour démontrer la validité et la légitimité de leur thèse sur l’indiscutable supériorité de la race allemande, les savants nazis, anthropologues, ethnologues, généticiens etc.. s’appuyaient sur
l’origine certaine de celle-ci, qu’ils appelaient la « race aryenne ».

Les études qui seront menées à grands frais dans cette direction ne verront jamais leur aboutissement, et les expéditions aux confins du Tibet seront des échecs de même que la théorie avancée du monde glacé d’Horbiger. Mais autour dc l’intérêt pour ce sujet, le mystère de l’Ahnenerbe, un organisme aux multiples facettes est d’autant plus épais qu’il fit toujours protégé par un rigoureux secret et que la plupart des documents d’archives (sauf certaines expériences médicales et quelques autres) ont été soit détruits, soit ont disparus. Car les préoccupations de ces recherches allaient au-delà d’un intérêt historique ou simplement archéologique, l’Ahnenerbe à côté de son activité scientifique proprement dite s’occupait de très près de l’étude des pratiques occultes. Elle s’occupait également de superviser dans les camps de la mort la vivisection pratiquée sur les prisonniers et portait une attention toute particulière à l’espionnage des sociétés secrètes. C’est ainsi, à titre d’exemple, qu’il y eut des pourparlers avec Skorzeny pour organiser une expédition dont l’objet était de retrouver le Saint Craal et une mission spéciale allouée à un certain Otto Rahn dans la région de Montségur, pour retrouver le trésor des Cathares. On sait qu’Himmler créa tout spécialement au sein de cet organisme une section attachée au service de renseignements, chargé du domaine du surnaturel. C’est ce qui fera dire aux auteurs de l’ouvrage « Le matin des magiciens » J. Bergier et L. Pauwels « que l’Allemagne ait dépensé plus, pour les recherches de l’Ahnenerhe que l’Amérique pour la fabrication de la première bombe atomique.

C’est deux ans après l’arrivée au pouvoir des nazis, le 1er juillet 1935, que fut officiellement constituée la « Deutsches Ahnenerhe », sous-titrée « société d’études pour l’histoire ancienne de l’Esprit ». (Deutsches Ahnenerbe ».

Elle deviendra le 20 mars 1937, plus brièvement, « Der Ahnenerbe », C’est Himmler en personne sous les ordres d’Hitler et des membres dirigeants de l’Ordre de Thulé qui ordonna la constitution de la Société, inspiré par Hermann Wirth, un universitaire hollandais qui avait choisi la nationalité allemande, spécialiste de l’étude des sources du monde germanique. On retrouve l’affiliation de celui-ci au N.S.D.A.P en 1925 c’est-à-dire très tôt dans la chronologie de la création du mouvement nazi. Il s’était aussi porté volontaire lors de la guerre 1914-191S, et était habituellement connu dans les milieux universitaires pour ses travaux assez controversés sur l’étude du Moyen Age et l’antiquité germanique.

Le premier département de l’organisation fut créé directement par lui, où il s investit tout particulièrement dans ce qui deviendra « l’institut pour l’Etude de l’Ecriture et des Symboles » qui prêtait une attention particulière à l’étude de l’ancien alphabet runique qui eut tant d’importance dans le choix et l’usage de nombreux symboles dans le régime nazi, entre autres sur les uniformes et tout le matériel de propagande. Le choix du symbole même de l’Ahnenerbe fit puisé dans l’alphabet des runes et représentait le signe de la vie chez les anciens celtes. De 1926 à1933 il s’éloigne du parti. Certains de ses propos et écrits seront même censurés comme par exemple lorsqu’il dissertera assez longuement sur le sujet « Qu’est-ce que l’âme allemande ? ». Ses commentaires lui vaudront les foudres au sein du jeune Parti, puisqu’il sera même interdit de parole par Alfred Rosenberg.

Mais les choses s’arrangeront car le docteur Wirth parviendra à plaider sa cause auprès d’Himmler lors d’une rencontre chez des amis communs lors d’une soirée s’étant déroulé durant l’automne 1934. C’est Wirth qui le premier semble-t-il évoque devant lui le projet d’une société savante sous le nom d’Ahnenerbe, ou « Héritage des Ancêtres », dont l’objet serait l’étude et la recherche de l’antiquité germanique dans le but d’appuyer, par des preuves scientifiques, les conceptions nationales socialistes. Derrière ces intentions se profilent aussi sous le prétexte de prouver le sérieux, et la validité des thèses nazies sur les origines et la supériorité de la race germanique, les moyens d’éliminer définitivement tous les « imparfaits » et de rechercher les moyens biologiques en vue de créer « le parfait aryen ».

Le Reichsfùhrer SS se laisse facilement séduire par une idée aussi proche de ses préoccupations et celles de ses compagnons. Il en parle directement à Hitler qui approuve le projet, dont les objectifs sont en phase avec ceux déjà poursuivis par plusieurs membres de l’Ordre de Thulé. La société est très vite constituée en 1935 avec le statut de société savante. Himmler lui apportera dès le départ l’appui du docteur Walter Darré, un agronome mais surtout le chef du « Rusha » fondé en 1931, Direction pour la race et le peuplement, pilier de l’Ordre SS qui deviendra plus tard le 7 octobre 1939 le « Commissariat du Reich, pour le renforcement de la communauté populaire allemande ». Cet institut continuera alors le travail de contrôle de la pureté raciale, mais sera dorénavant plus spécifiquement chargé de la germanisation des territoires qui vont être conquis et permettra l’installation de centaines de milliers de colons allemands. Barré est tout de suite très intéressé par l’offre de collaboration. Il proposera une aide efficace dans la mesure où, étant à la tête du ministère dc l’Agriculture il contrôle un très important budget. C’est lui qui versera les sommes nécessaires à la création et au fonctionnement initial de la société jusqu’au moment où Himmler décidera en janvier 1939 d’intégrer cette dernière dans l’organigramme de la SS. Les cotisations des membres sont évidemment insuffisantes et la SS, aussi curieux que cela puisse paraître à cette époque était toujours, nous rappelle Frédéric Reider à la recherche de fonds, incapable de verser certaines sommes indispensables au bon fonctionnement. Mais cette pénurie d’argent ne va pas s’éterniser longtemps. L’Ahnenerbe dépend donc à la fois de la SS mais surtout pour ses fonds du ministère de Barré. Assez vite, certaines dissensions vont apparaître entre ce dernier et Himmler.

En 1936 Darré remettra même en cause cette collaboration entre son ministère et l’institut. Les différents, ne sont pas d’ordre pécuniaire mais bien strictement d’idéologiques. Darré voit dans le Germain idéal « un sédentaire » ce qui implique une idée défensive de l’Allemagne, « attachée strictement à son sol et à son sang ». Himmler est tout d’abord d’accord avec la conception statique de Barré, puis il s’en dégage pour voir dans le Germain non un sédentaire mais un « nomade guerrier ». Ce qui est plus proche de la réalité historique. Himmler partage l’avis de son Führer et de nombreux autres idéologues de son parti à savoir que l’Allemand, dans son fort intérieur est un conquérant, une sorte de Viking on quête de nouvelles terres ce qui correspond plus aux idées de la SS et jadis des chevaliers teutoniques. Ce désaccord de conception influença fortement l’avenir dc l’Ahnenerbe et c’est la raison pour laquelle, dès novembre 1936, elle sera directement intégrée à l’état-major personnel du Reichsführer SS qui chapeautera l’édifice soigneusement mis en place.

Himmler aura en permanence un oeil sur les activités de l’Ahnenerbe et en février 1937, se produira la rupture définitive des relations entre les deux hommes. Pour bien marquer son autorité sur l’institution, Himmler nommera même un délégué spécial à la société Bruno Galke, dont la mission essentielle sera de soustraire la société de l’influence omniprésente de Darré. Une des premières mesures renforçant la tutelle de Himmler sera l’éviction lente de Wirth, trop lié à Darré. En 1937, il est condamné au silence. Frédéric Reider précise cependant que Wirth continuera d’émarger au budget de la SS. L’homme qui le remplace à la tête de la société bénéficie dans les sphères universitaires d’une plus grande audience. Le professeur Walter Wüst est en effet doyen de l’université de Munich et titulaire de la chaire « pour l’étude de la culture et de la linguistique aryenne ». Cet auteur précise aussi que le 11 mars 1937, à la suite de l’écartement définitif de narré et dc Wirth, Himmler procède à un remaniement.

 Il ressent la nécessité de modifier les statuts pour asseoir son autorité et pour fixer des buts a sa convenance. Il décrète l’intégration de l’Ahnenerbe à la SS. Ses membres sont soumis à la hiérarchique de la SS, et la société est placée sous la tutelle du chef de l’administration de la SS (W.V.H.A), Oswald Pohl. Cette décision est lourde de conséquences et annonce un avenir inquiétant, car c’est le même Oswald Pohl, avec sa W.V.h.A., qui est chargé de l’administration des camps de concentration. L’Ahnenerbe se trouve ainsi engagée sur une voie que n’exigent nullement ses buts et qui la marquera plus tard d’une tache infamante.

A partir de ce moment, s’infiltrèrent dans ses rangs des éléments de stabilité psychique douteuse et de compétence professionnelle nulle, se livrant à des expériences extravagantes et risquées qui coûtèrent la vie à des milliers de prisonniers de Dachau et d’autres camps de concentrations (voir dossier portrait sur les Médecins de la mort). N’oublions pas que c’est l’Ahnenerbe, sur ordre d’Himmler, qui procédera à des expériences pseudo-médicales à partir de 1942 dans les camps, mais aussi sur le sol français au Struthoft. Il était évident qu’une organisation aussi vaste que l’Ahnenerbe, dans laquelle ses départements jouissaient d’une grande autonomie et fit face à une époque à de grandes convulsions, ne pouvait pas éviter que se commettent des excès de ce type. Il est certain que la plus grande partie de l’Ahnenerbe n’était pas composée de ce type de « scientifiques fous » mais c’est sur ces pratiques fragmentaires et sur ces sujets isolés que l’on construisit l’accusation de « crimes contre l’humanité » contre les dirigeants de toute l’institution. Comme Himmler se réserve un pouvoir absolu de contrôle avec le titre de Curateur de toute l’institution de l’Ahnenerbe les dés sont pipés.

La direction effective est assurée jusqu’au 1er janvier 1939 par un trio composé de Bruno Galke, Walter Wüst et Wolfrant Sievers. C’est ce même Colonel Wolfrant Sievers devenu entre temps l’administrateur général de l’Ahnenerbe qui fut condamné à mort en 1948 à Nuremberg. Jacques Bergier rappelle à cet effet qu’il se borna lors de son procès à une défense purement rationnelle et écouta avec une étrange indifférence sa condamnation a mort. Il demanda aussi d’être accompagné avant d’entrer dans la chambre de pendaison par Hielscher qui selon Brissaud, fut membre également de la loge Thulé. Lors de son procès ce dernier refusa obstinément de parler de l’Ahnenerbe et accompagna Sievers jusqu’à la potence. Pour Sievers on lui laissa comme une dernière volonté la possibilité de célébrer son culte, afin de prononcer dans une langue mystérieuse ses dernières prières. Curieuse concession où le condamné livra par la suite son cou au bourreau, impassible.

A partir de 1939, l’Ahnenerbe connaît un élargissement progressif de son champ d’investigation. Himmler lui-même ne veut pas en rester à l’histoire ancienne, aussi importante soit-elle pour l’idéologie et la mythologie SS. Le but de l’Ahnenerbe est absolument de confirmer, de moderniser et de compléter d’une manière ou d’une autre les hypothèses racistes du siècle précédent. Dans un étrange mélange d’esprit scientifique et de ferveur romantique, il s’agit de réexaminer tous les fondements de la connaissance. Après plus de mille ans de dictature spirituelle de judéo-christianisme sur l’Europe, nous pensons qu’il faut tout prouver à nouveau. » Désormais, aucun domaine ne devra rester étranger à l’Ahnenerbe, malgré sa prédilection pour l’antiquité germanique. Elle comprendra plus de cinquante départements scientifiques et une quinzaine de commissions de recherche. Parmi ses animateurs, on compte de nombreux universitaires dont plus de trente professeurs de faculté. Trois directions de recherches principales. L’héritage proprement dit (Erbe), l’espace (Raum) et l’esprit (Geist). Ainsi, la préhistoire fait bon ménage avec la géopolitique et la philosophie avec la biologie. L’Ahnenerbe attire des universitaires ou des chercheurs qui n’auraient jamais pu s’accorder des conceptions officielles du Parti, telles que les exprimait alors par exemple Alfred Rosenberg.

Himmler se montre beaucoup moins étroit. Il place sous sa protection tous les chercheurs indépendants qui n’entrent pas complètement dans la ligne du Parti. Alors que la plupart des idéologues du national-socialisme montrent une vive méfiance allant jusqu’à l’hostilité vis-à-vis des universitaires et des intellectuels, curieusement Himmler refuse et condamne cette attitude. Grâce à un surprenant libéralisme, il incorporera à l’Ahnenerbc des universitaires brillants. En effet, il sépare nettement la recherche de l’éducation idéologique. L’armature de fer qu’il impose à la SS lui permet de prendre ce risque calculé. Sur son ordre, les recherches doivent être poursuivies à l’aide de méthodes strictement scientifiques.

Le contrat des chercheurs stipule néanmoins que, dans le cas où les résultats seraient contraires aux idées de la SS, ils ne seront pas publiés. Cest bien le moins que le grand inquisiteur peut faire ! L’Ahnenerbe inventera la technique des groupes d’étude et de recherche, composés de chercheurs aux disciplines intellectuelles différentes, travaillant sur un même thème. Cette méthode est aujourd’hui utilisée avec succès dans toutes les universités, Himmler crée également dans les centres universitaires des foyers d’étudiants SS afin de lier profondément l’Ahnenerbe aux facultés. Enfin, le doctorat d’université est exigé pour les membres de la société, ce qui n’ira pas sans mal pour certains, qui auront des difficultés à passer le cap. au grand dam d’Himmler. L’un des pôles d’attraction de la recherche est la préhistoire.

Tout est mis et, oeuvre pour justifier par des fouilles, des recherches sur les dialectes, l’existence d’un courant de culture germanique millénaire et de valeur supérieure. Le docteur Teudt, un ancien prêtre passionné de culture germanique, célèbre pour ses recherches et ses thèses publiées en 1929, adhère au N.S.DA.P. en 1933. Il entre à l’Ahnenerbe et devient directeur du département des « Externsteine », riches fouilles des crêtes des falaises de la forêt de Teutohurg, où les Germains d’Hermann écrasèrent les légions romaines de Quintitius Varus et, l’an 9 de notre ère. Ce haut lieu de l’histoire germanique était un sanctuaire dès l’époque préhistorique. Le docteur Teudt en fera un « territoire d’intérêt idéologique » pour la SS, où seule la société aura le droit d’effectuer des fouilles.

Ces recherches préhistoriques ont également pour but de rassembler le plus grand nombre d’informations sur les traditions germaniques les plus anciennes. L’anneau SS à tête de mort, la symbolique des runes, le Julturm sont les fruits de ces essais pour retrouver et faire revivre le passé. La manufacture SS d’Allach reproduisit tous ces objets. En 1938, Himmler donne l’ordre de confier les fouilles à l’Ahnenerbe.

Leur direction supérieure est confiée à Rolf Hôhne qui devint « inspecteur des fouilles ». Il est personnellement chargé de faire les recherches nécessaires à Quedlinburg, pour retrouver les restes d’Henri 1er l’Oiseleur. Ses découvertes lui vaudront des difficultés avec ses supérieurs à la suite d’une communication du spécialiste de l’histoire médiévale, Carl Erdmann, qui en contestera fortement l’authenticité. Par la suite, Wüst et Sievers tomberont d’accord pour trouver suspectes les méthodes scientifiques de Hôhne. Ils le démettront de ses fonctions. Il sera remplacé par le docteur Hans Schleif.

 L’une des sommités les plus reconnues en matière de fouilles sera Herbert Jankuhn, un ami du professeur Lothgsdorf, chef de file de la recherche préhistorique. Jankuhn se charge des fouilles à Haithabu. Ce sera l’un des succès les plus considérables de la société. Jankuhn sera promu directeur d’un institut d’histoire ancienne à Kiel, nommé à une chaire d’université. Malgré la mise en veilleuse de ses recherches dès le début de la guerre, Jankulhn fera paraître en 1943 un rapport provisoire sur les fouilles d’Haithabu qui présente une grande valeur scientifique. Haithubu, au Schleswig correspond à l’extrémité du mur défensif édifié au IXème siècle par le roi Godfred et qui défendit les Danois des incursions carolingiennes.

C’est peut être ce thème là qui a attiré particulièrement les idéologues nazis prêt à tout pour justifier leur entreprise. Car le seul point commun que l’on peut détecter entre ces deux mouvements est le fait que la religion cathare comme la nouvelle mystique religieuse, qui voulait s’installer au travers de la croix gammée, se voulait l’une et l’autre si parfaite que la plupart de ses sympathisants restèrent volontairement en dehors des normes religieuses de leur époque.

Ici encore par le biais des fouilles couvertes par l’Ahnenerbe le bûcher cathare a engendré un tel intérêt, tant de polémiques et de controverses qu’il est intéressant d’explorer cette piste ... Un personnage va particulièrement centraliser le projet de retrouver le Graal mythique bien avant que l’Ahnenerbe ne soit constituée. Il s’agit d’Otto Rahn, chercheur et écrivain possédant une solide connaissance historique, il est l’auteur en particulier d’un ouvrage assez étonnant intitulé « La Cour de Lucifer ». Ce que nous savons de lui est sujet à polémique mais il est certain cependant qu’il appartiendra un moment donné à une cellule de l’Ahnenerbe et qu’il fouilla pendant plusieurs années de fond en comble l’Ariège à la recherche du trésor du Graal. Dans son ouvrage Otto Rahin parle entre autres d’un habitant de Lavelanet (Ville proche de Montségur) en 1931 qui, l’ayant invité dans sa maison, lui montra des objets en pierre et en bronze trouvés lors de fouilles faites dans un endroit qu’il ne nommera jamais. Il parle aussi de la découverte dans les mines de Montségur d’un livre écrit avec des caractères étranges dont le témoin qui eut l’ouvrage dans ses mains précisait qu’il avait été écrit avec des caractères qui lui évoquaient soit du Chinois, soit de l’Arabe. Otto kahn voulut en savoir davantage sur ce livre mais hélas l’ouvrage avait mystérieusement disparu. Cela n’empêcha pas celui-ci au départ de ce simple témoignage de se lancer à corps perdu dans la quête du Graal.

Attardons-nous sur cet étrange personnage que les habitants de cette région ont vu arriver un beau matin durant l’été 1931. Le jeune inconnu a alors 27 ans, il est revêtu d’une tenue de montagnard et a des allures étranges. Pourquoi cet homme était-il venu jusqu’aux portes et ruines du château de Montségur et au sommet du piton rocheux du « Pog » ? Qui était-il ? Tout le monde se pose la question. Les événements retiendront à l’époque que ce jeune homme mystérieux est seulement d’origine allemande, et qu’il se retrouve sur la route des mystères cathares, espérant découvrir par lui-même ce que recelait Montségur, dernière place forte des albigeois, haut lieu de la résistance cathare. Pour comprendre pourquoi Otto Rahn se trouvait là, il faut d’abord savoir ce que représente ce lieu et quelle est son histoire ? Plusieurs croyances s’y sont succédées.

A la fin du néolithique, les Ibères, peuple originaire du Sahara, allaient déjà au Thabor pour l’équinoxe d’automne. Il s’y trouvait un cromlech, monument mégalithique formé de menhirs dressés encerclés. Ce monument très rare fut un lieu de culte célèbre et il continua à fasciner les croyants. En effet, les catholiques, pour mettre fin aux anciennes et persistantes pratiques païennes, ont édifié en lieu et place du Tabor, une chapelle vouée au culte de Saint Barthélemy. Ici aussi comme et, Allemagne le passé pèse de tout son poids et les légendes sont tenaces. Notamment celle qui consistait à penser que ce lieu avait des vertus magiques. En effet, le massif de Saint-Barthélemy est pourvu de deux lacs se nommant respectivement l’étang aux truites et l’étang du diable, ce dernier ne souffre pas d’explication. Par contre le premier nom viendrait en fait d’une déformation du mot « druide » devenant donc par la suite « truite ». Bien sûr la présence du cromlech confirme cette théorie et donne à ce lieu un souffle enchanté digne de la légende arthurienne comme s’il avait été le siège de quelques cérémonies druidiques lorsque les Celtes occupaient ces régions. Une croyance consiste à montrer l’existence d’un cercle magique qu’il est interdit de franchir sous peine de profanation du lieu.

Géographiquement parlant, le château de Montségur occupe, semble t’il une position stratégique intéressante puisqu’à 1272 mètres d’altitude il est une place difficilement « prenable ». Cependant d’autres faits sont mystérieux et la construction laisse quelques interrogations en suspens. Si Montségur, par sa position stratégique, semble imprenable au sud, il possède un immense à pic de 560 à 800 mètres de hauteur ainsi que des murs d’enceinte de deux mètres d’épaisseur mais sans crénelage. Il est d’autant plus étrange de constater l’absence de protection sur un des flancs, laissé à l’abandon de la roche et également l’absence de tours de flanquement. L’entrée en elle-même est protégée par une gigantesque porte. Force est de constater que sur le plan militaire des failles sont présentes par rapport à la dite invincibilité du lieu ; il nous faut donc étudier la piste du sacré. Architecturalement, la citadelle n’est autre qu’un bloc pentagonal accompagné d’un donjon. Ces constatations nous amènent à penser que même si Montségur, à l’architecture imposante et à la géographie spécifique, a été un terrain de repli et de résistance albigeoise ; il est plus sûrement un site sacré, un lieu de culte. Si l’on s’en réfère aux plans du bâtiment, on observe que les principales positions du lever du soleil sont remarquablement visibles. Rien ne sert donc de se voiler la face, Montségur est un haut lieu du culte solaire que se sont par la suite, appropriés les cathares pour asseoir leur culte manichéen.

D’autres lieux présentent les mêmes caractéristiques et ont également été remarqués par les cathares. Dans le sud-ouest, nombre de sites sont comparables en bien des points et renferment, eux aussi des aspects surprenants. Sous certains châteaux, dans les combles, ont été découverts des souterrains menant le plus souvent à des chapelles cachées, chapelles qui accueillent des genres d’autels. Fait étonnant, dans une même région et à partir de plusieurs sites distincts, on observe que ces lieux sont orientés de telle sorte qu’ils convergent vers un même point. A partir de ces observations il devient plus évident qu’avant d’être des lieux de repli, ces forteresses sont autant de lieux de culte, de lieux spirituels, sièges de cérémonies initiatiques. Mais revenons au jeune allemand que nous avions laissé sur la route de Montségur ; nous nous posions la question de savoir qui il était, ce qu’il faisait ? Otto Rahn n’est autre que l’auteur de « La croisade du Graal » paru en 1933 en Allemagne et c’est donc à propos du Graal qu’il a effectué des recherches dans la région pendant près de trois mois.

Une mission lui avait été confiée par le cénacle allemand qui préparait l’avènement du IIIème Reich. Il devait mener l’enquête et vérifier si la théorie selon laquelle Montségur était le Mont du Salut ou Montsalvat était fondée. Le Montsalvat, dans la légende arthurienne était censé être le lieu qui dissimulait le Saint Graal. Pourquoi les allemands se sont-ils intéressés à ces forteresses ? On sait que le prosélytisme cathare s’est répandu jusqu’en Allemagne aux Xlème et Xllème siècles mais s’est surtout concentré en France. Il était donc naturel qu’Otto Rahn, spécialiste de l’étude de la Roumanie se soit intéressé à ce site et à ce qu’il recelait. Un autre argument a son importance pour démontrer l’intérêt des allemands pour les cathares.

En effet, selon les dires du recteur de la cathédrale de Cologne, c’est en « Rhénanie » que la fête en l’honneur de Manès, grand initiateur cathare, aurait été créée, preuve que les cathares ont bien poussé leur périple jusqu’en Allemagne. Pour mener ses recherches, Otto Rahn devait bénéficier de sources uniques et inconnues des français et autres spécialistes. Son ouvrage a eu un large écho en Allemagne aussi bien qu’en France. Pourquoi ses théories ont eu un tel succès ? Parce qu’Otto Rahn pensait que Montségur avait été le dernier fief où fit détenu le Saint Graal par les cathares. Sa théorie va plus loin encore et il suppose que le Saint Graal n’était pas, comme le disent les chrétiens, un calice d’émeraudes. En 1937, il fut délégué par les intellectuels hitlériens à Montségur une deuxième fois, cependant ses recherches (d’où sont issues un autre ouvrage) n’ont alors pas abouties à plus de révélations. Mais si son arrivée à Lavelanet en 1931 semblait mystérieuse à ses habitants, sa mort n’en est que plus trouble. Qui était-il vraiment ?.

Les renseignements collectés auprès de l’administration allemande affirment qu’Otto Rahn occupait un poste important dans I’Allgemeine SS de Himmler. Sa mort est plus nébuleuse et plusieurs hypothèses coexistent. Deux confirment le suicide, mais avec des implications différentes, une autre nous attire vers une piste où il aurait volontairement pris une autre identité et aurait disparu dans la nature. Mais il serait trop long ici d’exploiter cette piste. Un premier postulat consiste à dire que ses recherches l’avaient transformé spirituellement, il n’était donc plus vraiment en accord avec les doctrines du III ème Reich se préparant à la guerre et il aurait mis fin à ses jours en avalant du cyanure. Le second postulat part du fait qu’effectivement Rahn était contre la politique du parti nazi qui ne lui aurait laissé le loisir que de choisir entre, adhérer à la doctrine officielle ou mourir Si ce n’est le désespoir, aucune autre solution ne s’offrait à lui sinon trouver un moyen de se faire oublier, et il aurait ainsi officiellement ingéré le poison, tout comme les cathares avec « l’endura ». Le reste est mystère et plusieurs auteurs continuent de persister à écrire qu’Otto Rahn est mort sans avoir vu, ni les massacres, batailles et abominations de la seconde guerre mondiale. Christian Bernadac qui a longuement enquêté et écrit sur le sujet est d’un avis contraire. Des rumeurs persistantes ont continué de circuler dans les milieux autorisés allemands prétendant que Rahn avait bien retrouvé quelque chose et qu’il l’avait confié contre sa liberté aux autorités de l’Ahnenerbe et à Himmler en personne. Mais nul à ce jour n’a jamais pu confirmer l’une ou l’autre de ces versions.

Avec le déclenchement de la guerre, les recherches et les travaux de l’Ahnenerbe sont mis en sommeil. Himmler prendra soin, cependant, de maintenir le personnel nécessaire pour permettre la remise en marche de ces départements dés le retour à la paix. Au début de la guerre, la tendance est à l’improvisation. Il s’agit pour Sievers de trouver de nouvelles activités, en accord avec les nouvelles exigences du moment. Ces nouvelles activités, qui touchent notamment à la recherche médicale ne seront menées qu’en partie directement par
l’Ahnenerbe. Celle-ci se contentera surtout d’apporter un concours technique. Bien lui en prendra car, à côté de travaux classiques, se développeront des entreprises au mieux suspectes et au pire notoirement criminelles. L’un de ces inquiétants chercheurs est le professeur Hirt, titulaire de la chaire d’anatomie de l’université de Strasbourg, où les étudiants SS sont nombreux. Avec l’appui d’Himmler, le professeur Hirt réunira une collection de crânes destinés à faire des mesures anthropomorphiques. Les sujets choisis sont des condamnés à mort. Il se rendra au front pour étudier le comportement des combattants en fonction de leur appartenance à telle ou telle catégorie raciale.

Le professeur Beger, autre spécialiste de l’anatomie réunira une collection de squelettes de races différentes, où figureront en bonne place ceux de quelques commissaires politiques de l’Armée rouge d’origine eurasiatique, qui seront froidement exécutés pour la circonstance. Le professeur Ernst Schafer l’un des plus anciens membres de la société, s’était acquis avant la guerre un renom en Allemagne par ses voyages au Tibet. Il sera chargé par Himmler de sélectionner une race de chevaux des steppes particulièrement résistante au froid, en vue de leur utilisation militaire. D’autres recherches se poursuivent dans les camps que beaucoup de médecins utilisent pour leurs études sur les maladies.

Sigmund Rascher est l’un de ces médecins de sinistre réputation dont nous aborderons les activités dans le dossier sur les « médecins de la mort ».

Cependant, toutes les études médicales poursuivies dans le cadre de l’Ahnenerbe ne sont pas aussi fantaisistes. Elles permettront, entre autres, la mise au point de produits hémostatiques et de coagulants, dont bénéficieront les blessés de la Wehrmacht et de la Waffen SS. Un autre secteur capital de la recherche scientifique, celui des armes secrètes, tombera dans l’escarcelle de l’Ahnenerbe en 1944. Jusqu’au milieu cette année, Werner V. Braun, patron
de Peenemünde, bien que SS-Führer, semble fidèle à la Wehrmacht. Il sera même arrêté par la Gestapo. Mais après le 20 juillet 1944, Himmler obtient le contrôle des fusées. A cette époque, le peuple allemand tout entier reporte ses espoirs sur les armes secrètes. On sait que les V 1 et les V 2, arrivèrent trop tard pour éviter la défaite.

Ces activités parallèles n’empêchent ni l’Ahnenerbe de poursuivre ses recherches, ni le Reichsführer de s’y intéresser. Alors que la guerre est entrée dans sa phase la plus critique et qu’Himmler écrasé par les charges accumulées sur ses épaules, n’a semble-t-il plus un instant à distraire de ses fonctions policières et militaires, il trouve le temps de lire attentivement les rapports de I’Ahnenerbe. Il dira que c’est là son seul vrai plaisir et son seul délassement. Le 17 août 1944, il écrit aux professeurs Wüst et à Wolfram Sievers une longue lettre critique à la suite d’une communication sur les anciennes coutumes germaniques.

A lire quelques passages de cette correspondance, on saisit mieux les motivations intellectuelles et pour mieux dire, religieuses de ce personnage énigmatique : « Après lecture, écrit Himmler, j’ai les remarques suivantes à faire en ce qui concerne les coutumes et l’histoire du droit allemand tombes des ancêtres et pierres de manage : Dans l’ensemble, je crois qu’autrefois tous les actes Juridiques, parmi lesquels figuraient bien entendu au premier rang les mariages, étaient accomplis sur la pierre tombale de la grande sépulture collective du clan. Cela correspond aux coutumes de nos ancêtres et à leur croyance. Les ancêtres morts participaient à toute la vie de leurs descendants qui devaient répondre de tout, devant eux. Dans votre rapport, il est écrit : D’après la tradition, les mariages ont été célébrés sur elle pendant la guerre de Trente Ans.

 DOSSIER PORTRAIT. Les Médecins de la Mort.

Pour comprendre comment des êtres humains peuvent en arriver à torturer, tuer de sang froid des innocents, des enfants, des femmes, des malades... il faut tenter de percevoir le contexte politique, l’idéologie, la personnalité de ceux qui mirent en place les mécanismes de cette « folie meurtrière. »

En ce qui concerne la planification et l’organisation des expérimentations pratiquées dans les camps de concentration, la responsabilité en revient à Hitler et à Himmler. Dans Mein Kampf, sorte de Bible du régime nazi, Hitler après avoir démontré la supériorité du régime nazis déclare : « L’Etat est un moyen d’arriver à un but....et son but est de maintenir et de favoriser le développement d’une Nation. »

Le principe est posé, il faut une classe de Seigneurs écrasant un peuple d’esclaves. Si il faut effacer les êtres inférieurs, il faut aussi se servir d’eux pour établir l’Empire de 1000 ans et pour l’amélioration de la race des Seigneurs. C’est là qu’entre en scène Himmler qui propose pour arriver à ses fins de pratiquer des expérimentations médicales sur des sujets â disposition les déportés des camps de concentration.

Nous vous proposons ci-après un portrait de ce dignitaire nazi qui fut avec Hitler et quelques autres un des acteurs principaux de cette pièce tragique qu’est la seconde guerre mondiale.

Heinrich, Himmler est né à Munich en octobre 1900. Il est le deuxième fils d’un professeur connu, précepteur d’Heinrich de Wittelsbach, prince héritier du Royaume de Bavière. Ce dernier sera son parrain et son premier protecteur, lui-même ne cachant pas ses sympathies pour les nazis dans les années 20.

Élevé dans une famille catholique pratiquante, il est scolarisé en Bavière. Après ses études secondaires, il rejoint en 1918, le 11° Régiment Bavarois, et reçoit une préparation d’officier Cependant la fin du premier conflit mondial ne lui donne pas l’occasion de participer au combat.

Après la guerre, il fait partie d’un Frei Korps, une de ces unités non officielles de l’armée allemande chargées en Bavière par le gouvernement légal social-démocrate d’écraser la République des Conseils avec l’accord des alliés. Il termine des études d’ingénieur agronome au début des années 20, et devient dans un premier temps vendeur d’engrais, puis il dirige une exploitation avicole jusqu’à la fin des années 20.

Membre du NSDAP ( Parti national-socialiste des travailleurs allemands), dès 1923, amené par Röhm, son ancien chef de corps franc, il participe au Putsch à Munich aux côtés d’Adolf Hitler. Il n’est pas poursuivi en raison de son jeune âge et se consacre à ses activités professionnelles tout en demeurant un propagandiste actif et efficace du national socialisme auprès du monde agricole bavarois.

Longtemps catholique pratiquant, il se tourne vers le néo-paganisme, mouvement de résurgence du paganisme antique, influencé par l’apport de religions polythéistes extra-européennes, le folklore européen, l’ésotérisme et la sorcellerie à la mode dans les milieux pangermanistes. Cette évolution, il la fit probablement sous l’influence de Rudolf Hess et d’Alfred Rosenberg qui ont remarqué ses talents d’organisateur, et en ont fait part à Hitler.

On n’est absolument pas certain qu’il fit partie de la société de Thulé, et dont Hitler à un moment donné essayera en vain de se débarrasser, car il ne voulait plus en entendre parler. lI se passionne par contre pour les sciences occultes, qui est plutôt un objet d’amusement pour les autres dirigeants nazis, peu influencés par ces idées contrairement à une légende fortement ancrée dans les esprits. En effet, la doctrine du parti est le bio-logisme, forme extrême du darwinisme social mêlé a un appel au Geist ou l’essence du peuple allemand.

Il épouse Margarete Boden en 1928, dont il aura une fille. Il se séparera de Sa femme en 1940 (sans pour cela divorcer). Par la suite il aura deux enfants avec une de ses secrétaires.

Admirateur de l’ordre des jésuites, il voudra créer un ordre équivalent pour le national-socialisme. Son entreprise agricole tombe en faillite du fait de la crise des années 29-30, et il se retrouve disponible pour devenir un cadre permanent du parti. Adolf Hitler lui confie en 1929 la direction des SS avec instruction d’en faire un corps d’élite de la SA, mais échappant au contrôle d’Ernst Röhm.

En 1933, il met en place l’Ahnenerbe « Héritage des ancêtres », société (ministère) ayant pour objet « rechercher la localisation, l’esprit, les actes et l’héritage de la race nordique indo-germanique et communiquer au peuple les résultats de ces recherches sous une forme intéressante. »

A la fin de la guerre, le Führer, ayant pris connaissance qu’Himmler avait des contacts avec les Alliés par l’intermédiaire du Comte Bernadotte, le démet de ses fonctions. Déguisé en gendarme, il tente de s’échapper, mais il est reconnu et capturé le 22 mai 1945 par les Anglais afin d’être jugé. Il se suicide le lendemain de son arrestation, afin d’échapper à la justice. De récentes recherches tendent cependant à contredire cette version, évoquant la possibilité qu’Himmler ait été assassiné par les alliés...

Comme nous l’avons vu dans le portrait d’Himmler, ce dernier met en place l’Ahnenerbe. Cette institution sera l’initiatrice des expérimentations visant à prouver les thèses de l’idéologie nazie (supériorité de la race aryenne et infériorité de la race juive, des tziganes et autres groupes marginaux tels les homosexuels) et permit aux nazis de commettre des actes inqualifiables et barbares. Ces actes furent réalisés en toute impunité par des « médecins » en quête de reconnaissance d’un système qui les encourageait dans cette voie de l’horreur. Nous laissons à votre réflexion ces paroles qu’auraient prononcées Himmler en s’adressant à Heydrich « J’aurais aime joué du violon comme vous, mais surtout guérir les hommes, soit en imposant les mains soit comme médecin. »

Selon de nombreux témoignages, le livre de chevet d’Himmler était un recueil des pensées et des travaux d’Hippocrate qui lui avait été offert par sa femme en 1940. Chez Himmler le besoin de faire expérimenter était une vraie maladie....Il encouragea donc les Mengele, Rascher, Gebhart, Hirt, et beaucoup d’autres à pratiquer des expériences bestiales sur des êtres humains.

Sans vouloir faire du sensationnel nous nous sommes penchés sur ces quelques individus et sur leurs actes qui illustrent cette sombre période de l’histoire de l’humanité. Avant de vous laisser à la lecture de ce dossier, il est de notre devoir de vous mettre en garde contre les descriptions souvent insupportables des tortures infligées aux détenus des camps par les médecins nazis.

Si seulement l’histoire pouvait servir de leçon pour les générations futures...

Mengele surnommé « l’ange de la mort. »

Joseph Mengele est né le 16 mars 1911, il est l’aîné des trois fils de Walburga et de Karl Mengele, riches industriels de Bavière. Le jeune Mengele étudie la médecine et l’anthropologie dans les Universitées de Munich, Vienne et Bonn. Il obtint son doctorat d’anthropologie en 1935, et sa thèse portait sur « la structure de la mâchoire intérieure ». Ensuite il part pour Francfort où il collabore aux travaux d’Otmar von Verschuer à l’institut de Biologie héréditaire et d’hygiène raciale. C’est en 1938 qu’il obtient son doctorat en médecine.

En 1937 Mengele adhère au NSDAP et rejoint les SS l’année suivante, Pendant l’hiver de 1938-1939, il sert dans un régiment de montagnards d’infanterie légère et en 1940 il est placé dans un corps médical de réserve et sert ensuite pendant 3 ans dans une unité de Waffen SS. Durant l’année 1942 il est blessé sur le front russe et reçoit la décoration de la Croix de Fer il est enfin déclaré inapte au combat. En récompense à son comportement brillant sur le front il est promu SS-Hauptsturmführer (capitaine). Il est affecté à Auschwitz-Birkenau où il remplace un médecin malade. Le 24 mai 1943 il devient l’officier médical du « Camp des Gitans » Au mois d’août 1944 ce camp fut fermé et tous les prisonniers gazés. Il devient alors médecin-chef du camp de Birkenau. Ce n’est pas lui qui fut le médecin général d’Auschwitz, cette fonction était occupée par Eduard Wirths.

C’est pendant cette période de près de deux ans qu’il passa à Auschwitz que le « docteur Mengele » obtint son surnom « d’ange de la mort ». Il voulait percer le secret de la gémellité, mais mènera par ailleurs des expériences sur les géants, les nains, les bossus... et autres sujets « dégénérés » de la race juive. L’Allemagne victorieuse exterminait les races inférieures et le Reich réclamait à grands cris « Donnez-nous des enfants, des purs chevaliers blonds, qu’importe s’ils n’ont pas de père, Hitler et Himmler les adopteront, croissez et multipliez-vous……..

Dès lors se développe dans le cerveau tourmenté de Mengele un projet fou ; il faut que les mères aryennes donnent naissance à des jumeaux. Si, il parvient à percer le secret de la gémellité, il deviendra un héro national et le sauveur de l’empire de 1000 ans. L’occupation des territoires vierges de l’Europe centrale se fera deux fois plus vite puisque deux fois plus d’enfants naîtront. Un statisticien de I’Ahnenerbe écrit même que : « Les grossesses moyennes seront donc ramenées a 135 jours... « , Et oui 9 mois divisés par deux font 135 jours. Cette démonstration purement arithmétique nous laisse « pantois. »
 
Assisté d’un médecin déporté hongrois Miklos Nyisly, Mengele va analyser, disséquer, peser les organes de centaines de nains, de jumeaux.. .,à la recherche de ce fameux secret. Il fit établir des dossiers renfermant toutes les données qui à ses yeux pouvaient être intéressantes et qui étaient à l’origine des « défectuosités corporelles. » Certains corps seront envoyés au Musée Anthropologique de Berlin. Afin d’activer la décomposition des corps pour ne plus laisser que les os afin de faire ses analyses, il fit « cuire des cadavres ». Selon des témoignages, « Mengele sifflait souvent un air « de la Tosca », ce qui signifiait la mort pour des centaines de déportés. Il sifflait cet air quand il était de bonne humeur et quand il avait de grandes sélections à faire. »

Il empoisonna, tua, disséqua de jeunes enfants de quelques mois, le plus souvent des jumeaux, avec une froideur sans nulle autre pareille. Toutes ces expériences étaient bien entendu d’un intérêt scientifique ou médical douteux et totalement dénuées d’éthique. Il procéda à des tentatives pour modifier la couleur des yeux en injectant divers produits directement dans l’oeil. Il fit au moins une fois une tentative de création de « frères siamois » en reliant les veines de deux jumeaux. Cette opération fut un échec qui n’aboutit qu’a l’infection des mains desdits jumeaux. Toutes ces actions comme celles des autres médecins « apprentis sorciers » se faisaient avec l’approbation et les encouragements du régime qui y voyait l’application et la mise en oeuvre des préceptes contenus dans « Mein Kampf ».

En janvier 1945 Mengele rejoint Le camp dc Cross-Rosen et 4 mois plus tard il fuit vers l’ouest en se déguisant en soldat de l’infanterie régulière. Il est fait prisonnier de guerre et détenu près de Nuremberg. Les Alliés le relachèrent, car ils ne l’avaient pas identifié sous son véritable nom. Il se cacha ensuite en Bavière comme garçon de ferme jusqu’en 1949, d’où il partit pour l’Argentine rejoindre de très nombreux officiels nazis. Il suivait ainsi la filière Odessa passant par le Vatican pour rejoindre les terres du dictateur argentin Perron, admirateur du régime nazi. Il prospéra pendant les années 50, soutenu par sa famille. Il fut gérant d’une société de jouet (quelle ironie du sort lorsque l’on sait ce qu’il a fait subir aux enfants dans les camps de concentration) et ensuite, fin associé dans une société pharmaceutique. Par après il semble qu’il vécut plutôt pauvrement.

A la fin des années 50 il partit pour Le Paraguay où l’on retrouve sa trace dans les registres de l’Immigration sous la forme suivante José Mengele - passeport allemand 3415574 - Date d’arrivée le 02 octobre 1958 en provenance de Buenos Aires.. sa fiche contient également des indications de taille, couleur des yeux, empreinte digitale....Il rejoignit ensuite le Brésil où il résida jusqu’à sa mort en 1979 foudroyé par une crise cardiaque alors qu’il se baignait.

Dans les années 50 la traque des criminels de guerre nazis s’intensifia sous l’impulsion de Simon Wiesenthal. La capture par le Mossad d’Adolf Eichmann en mai 1960 augmenta les craintes de Mengele de se voir, lui aussi reconnu et jugé, il changea donc fréquemment de refuge. Dans les dernières années de sa vie, il vécut sous l’identité de Wolfgang Gerhard, un ancien SS qu’il avait rencontré en Amérique du Sud. La tombe d’un certain Wolfgang Gerhard fut trouvée et après exhumation le corps fut identifié comme étant bien celui de Joseph Mengele.

Celui qui sifflait la Tosca dans le camp de Birkenau, alors qu’il pratiquait ses crimes horribles, ne fut donc jamais retrouvé vivant et échappa à la justice des hommes.

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