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Encourager le mérite, pénaliser l’absentéisme.

Vendredi 23 juillet 2010, par Joëlle Ceccaldi // La France

Avec 35 de mes collègues de la Majorité, j’ai déposé une proposition de loi tendant à promouvoir le mérite comme principe fondamental de l’éducation.

Le hasard du calendrier législatif fait bien les choses : je dépose ma proposition de loi à l’heure où est débattue celle de mon collègue Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, visant à lutter contre l’absentéisme scolaire.

En effet, j’en ai l’intime conviction, le mérite est une valeur imprescriptible de notre République. Dans l’enseignement secondaire comme supérieur, dès lors qu’il y a obtention d’un diplôme, le mérite des élèves et des étudiants doit être valorisé.

Car l’encouragement de ce mérite peut légitimement pallier la baisse de motivation des uns et favoriser l’obtention de bons résultats aux autres.

Or, si le code de l’éducation pose clairement les principes fondamentaux de l’école républicaine, il n’en demeure pas moins que la notion de mérite en est absente.

A l’échelon local, certaines collectivités territoriales prennent l’initiative d’encourager les bons résultats scolaires – ce qui demeure louable – a contrario de politiques qui rétribuent la présence en cours. Pour autant, de nombreuses disparités existent entre les politiques menées par les collectivités, créant ainsi une inégalité de fait dans la valorisation du mérite.

Aux Etats-Unis, cette cérémonie est un événement majeur du parcours académique et célèbre le passage à une vie nouvelle pour tous les nouveaux diplômés. Elle est appelée le « commencement day » et a lieu aussi bien à la sortie de l’enseignement secondaire qu’à la fin des études supérieures.

Toutefois, des initiatives françaises renouent avec cette tradition académique, à l’instar de l’université Paris Descartes, qui a réuni ses trois cents docteurs diplômés en 2009, en toge noire et écharpe blanche, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, pour se voir remettre leur diplôme par le président de l’université.

Ces cérémonies de remise de diplômes et de prix véhiculent deux messages importants : le respect de l’éducation supérieure et le culte de l’excellence. C’est le sentiment qu’exprimait Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, en 2008 : « La remise de prix ou de diplôme n’est donc pas seulement une récompense mais une marque de gratitude de l’école envers les élèves qui illustrent les valeurs de l’école ».

En France, ces cérémonies – perçues comme un excès d’individualisme – ont été supprimées en 1968. Or, selon l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, cela manque cruellement : « s’il n’y a pas des moments où l’école dit aux élèves où ils en sont, ça génère de l’angoisse. Sans ces rites, l’institution n’institue rien ».

Si les articles L. 111-1 à L. 111-5 du code de l’éducation posent les principes fondamentaux de l’éducation en France, en revanche, aucune disposition ne concerne la promotion du mérite.

Tel est l’objet de ma proposition de loi qui instaure une cérémonie académique de remise de diplômes et l’attribution de prix symboliques – qui peuvent être accompagnés de récompenses – pour les élèves les plus méritants, titulaires d’un diplôme avec mention.

Les 36 députés signataires sont : Joëlle Ceccaldi-Raynaud, député des Hauts-de-Seine (6ème), UMP ; Véronique Besse, député de la Vendée (4ème), député n’appartenant à aucun groupe ; Émile Blessig, député du Bas-Rhin (7ème), UMP ; Claude Bodin, député du Val-d’Oise (4ème), UMP ; Loïc Bouvard, député du Morbihan (4ème), UMP ; Jean-Michel Couve, député du Var (4ème), UMP ; Jean-Pierre Decool, député du Nord (14ème), apparenté UMP ; Dominique Dord, député de la Savoie (1ère), UMP ; Gilles d’Ettore, député de l’Hérault (7ème), UMP ; Jean-Michel Ferrand, député du Vaucluse (3ème), UMP ; Sauveur Gandolfi-Scheit, député de la Haute-Corse (1ère), UMP ; Gérard Gaudron, député de la Seine-Saint-Denis (10ème), UMP ; Guy Geoffroy, député de la Seine-et-Marne (9ème), UMP ; François-Michel Gonnot, député de l’Oise (6ème), UMP ; Jean-Claude Guibal, député des Alpes-Maritimes (4ème), UMP ; Francis Hillmeyer, député du Haut-Rhin (6ème), NC ; Didier Julia, député de la Seine-et-Marne (2ème), UMP ; Patrick Labaune, député de la Drôme (1ère), UMP ; Gérard Lorgeoux, député du Morbihan (3ème), UMP ; Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes (6ème), UMP ; Muriel Marland-Militello, député des Alpes-Maritimes (2ème), UMP ; Jean-Philippe Maurer, député du Bas-Rhin (2ème), UMP ; Christian Ménard, député du Finistère (6ème), UMP ; Alain Moyne-Bressand, député de l’Isère (6ème), UMP ; Bernard Perrut, député du Rhône (9ème), UMP ; Josette Pons, député du Var (6ème), UMP ; Jacques Remiller, député de l’Isère (8ème), UMP ; Jean Roatta, député des Bouches-du-Rhône (3ème), UMP ; Francis Saint-Léger, député de la Lozère (1ère), UMP ; Françoise de Salvador, député de l’Essonne (9ème), UMP ; Bruno Sandras, député de la Polynésie Française (2ème), UMP ; Dominique Souchet, député de la Vendée (5ème), député n’appartenant à aucun groupe ; Jean-Sébastian Vialatte, député du Var (7ème), UMP ; Philippe Vitel, député du Var (2ème), UMP ; Michel Voisin, député de l’Ain (4ème), UMP ; Gaël Yanno, député de la Nouvelle-Calédonie (1ère), UMP.

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