La guerre inévitable : 1939 à 1945.

Vendredi 20 mars 2009 // L’Histoire

Jusqu’en 1914, l’histoire des relations Internationales se confond quasiment avec celle des rapports entre les puissances européennes. Certes, au cours des deux décennies qui ont précédé l’éclatement de la guerre, la montée de jeunes puissances extérieures au vieux continent a eu pour effet de constituer de nouveaux pôles de décision ayant leurs propres objectifs de politique étrangère et disposant des moyens de les faire triompher. Le Japon en 1895 (contre la Chine, puis en 1905 « contre l’Empire des tsars », les États-Unis en 1898 (contre l’Espagne) ont ainsi montré qu’ils pouvaient agir dans leur propre sphère d’influence sans avoir a se soucier outre mesure des réactions des Européens. Pour l’essentiel néanmoins, c’est en Europe que se joue le sort des peuples. C’est là que se trouvent concentrés les facteurs de la puissance et c’est de là que panent les impulsions qui agitent le système international.

Au sortir de quatre années d’une guerre atroce, les choses ont sensiblement changé. L’hégémonie européenne a subi de rudes atteintes. Les principaux acteurs du jeu international ont été durement et durablement touchés par la saignée démographique et par la destruction d’ une partie de leur potentiel industriel. Leur domination politique et le magistère intellectuel et idéologique qu’ils exerçaient sur les populations des autres parties du globe ont été fortement ébranlés. Pourtant, c’est encore entre eux que vont se jouer, durant les deux décennies qui suivent le premier conflit mondial, les événements majeurs de l’histoire du monde.

L’Europe de Versailles, mythes et réalités de l’Europe nouvelle.

L’Europe offre en 19 1 8 un aspect contradictoire. Apparemment, le droit triomphe de la force et le modèle démocratique paraît devoir s’ imposer à la plus grande partie du continent, tandis que s’effondrent Les régimes autocratiques et que les petits Etats de Paire méditerranéenne et balkanique cherchent à s’insérer dans l’ordre international imposé par es vainqueurs. Cet ordre international, les puissances victorieuses de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie entendent qu’il soit durable, donc que les causes d’affrontement entre les Etats et entre les peuples qui avaient abouti au conflit le plus meurtrier de l’Histoire disparaissent à jamais. Cela implique que les « responsables » du déclenchement de la guerre soient clairement désignés, et que soit mis en oeuvre un nouveau système international, fondé non plus sur la force, sur l’étalage de la puissance militaire, sur la soumission de minorités nationales aspirant à prendre en main leur destin à la volonté d’un monarque ou d’un groupe ethnique dominant, mais sur les notions d’équité, de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de solidarité internationale. Autant d’idées et de principes qui relèvent du vaste corpus idéologique que les classes dirigeantes occidentales ont hésité de la philosophie des Lumières et des retombées de la « révolution atlantique ». Avec la Société des Nations, dont le projet prend forme au cours du premier semestre de 1919, et à laquelle les promoteurs du nouvel ordre mondial assignent comme mission de maintenir la paix dans le respect des droits et de la souveraineté de chaque État, Ces principes et ces idées paraissent devoir triompher de manière définitive des « Forces du mal » qui ont conduit à l’affrontement guerrier.

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