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La droite coupée en deux.

Dimanche 5 septembre 2010 // La France

N Sarkozy e tFrédéric Mitterand

Deux ans et demi après l’élection présidentielle que reste-t-il de la « rupture »,thème qui fit le succès de la campagne de Nicolas Sarkozy ?

QU’EST-CE que la droite ? Et qu’est-ce que la gauche ? Qu’est-ce qui distingue ces courants de pensée qui, depuis deux cents ans, structurent la vie politique française ? Depuis que François Mitterrand, et les socialistes, sous le vernis marxisant des discours, se sont convertis à l’économie de marché et à « la concurrence libre et non faussée » et que la plupart des mesures « sociétales » ; depuis le septennat de Giscard, ont été prises par des gouvernements de droite, il était devenu difficile de répondre, tant les hommes en place, les programmes, les promesses, semblaient, pour la majorité des Français, interchangeables ou équivalents. Contre cette confusion, le candidat à l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy incarnait le retour à l’ordre des choses, retour qu’il symbolisa par un mot, un programme : « la rupture ». Une rupture pourfendant l’héritage de 1968 par son contraire, c’est-à-dire par un discours de droite « décomplexé », célébrant la nation et l’identité nationale, condamnant l’assistanat par une réhabilitation de l’effort et du mérite et sachant rassembler dans une synthèse magistrale les composantes historiques de la droite française, libérale, catholique, populaire. Les thèmes de droite « classique » le travail, l’entreprise associés à un retour aux traditions de la droite « légitimiste », fondées sur un certain nombre de « valeurs » sociales et morales. Entendus, les électeurs du Front national furent séduits et toute la droite, ou presque, avec eux.

À DROITE TOUTE.

« Le problème n’est pas tant d’être le meilleur à droite que d’être le seul ». Théorisée par les conseillers du président partisans d’une « droitisation » de la campagne de 2007, la formule a fait florès. Le ralliement du MPF de Philippe de Villiers et du CPNT de Frédéric Nihous au Comité de liaison de la majorité présidentielle a validé la stratégie électorale pour les prochaines régionales et la présidentielle de 2012 : créer un front le plus large possible au premier tour afin de provoquer une dynamique pour le second face à une gauche divisée. Si la stratégie a parfaitement fonctionné aux européennes, mais d’abord grâce à la montée des Verts « accompagnée » par la majorité, l’absence de « réserves » de voix pour le second tour s’est fait sentir aux municipales partielles de Rambouillet, de Corbeil-Essonnes et de Poissy malgré les victoires des candidats de l’UMP. « C’est un avertissement au gouvernement », a prévenu Christine Boutin inquiète, comme nombre de ses collègues, de voir l’électorat de droite « déboussolé » par « les affaires » qui gangrènent l’actualité gouvernementale depuis quelques mois.

LE TOURNANT DE LA MI-MANDAT.

« Les évolutions récentes traduisent une déstabilisation du peuple de droite. Cette population est prompte à mobiliser un certain nombre de valeurs qui semblent aujourd’hui écornées », confirme Jean-Daniel Lévy, de l’Institut de sondage CSA. Au point que des voix n’hésitent plus à s’élever au sein de la majorité pour dire tout haut leur hostilité aux réformes initiées par le président de la République et le gouvernement. Questions de nécessité. Un élu n’a-t-il pas raconté avoir été « agressé verbalement » par ses électeurs ? « Le président de la République a changé et je le regrette. Il est plus en phase avec l’air du temps qu’avec ses anciens discours sur la rupture », ose ainsi, dans les colonnes de Valeurs actuelles, le député Lionel Luca.

L’air du temps ? Un tournant s’est effectivement opéré à mi-mandat, notamment sur les questions de société, « Tendon d’Achille de la droite depuis plus de trente ans ». Comme si l’ouverture politique, destinée d’abord à affaiblir la gauche, faisait souffler sur le gouvernement l’esprit de 68 dont la dénonciation constituait naguère l’offre électorale du candidat Sarkozy. Si « rupture, » il y a, c’est aujourd’hui entre la majorité présidentielle et une partie de ses électeurs, entre cette « France d’en bas » et cette « France d’en-haut » qu’elle avait pourtant juré de réconcilier sur des « valeurs » partagées.

« Jouir sans entrave », « il est interdit d’interdire »... Voilà que les slogans de la gauche « caviar », élitiste et médiatique, que « la rupture » sarkozyste devait effacer une fois pour toutes de la mémoire nationale, ont ressurgi au sommet de l’État avec la sordide « affaire Mitterrand ». Si Nicolas Sarkozy a volé au secours du neveu du défunt président socialiste, la polémique a laissé des traces au sein de la majorité qui voit le « gouvernail » présidentiel virer ostensiblement. Sont-ce bien des « valeurs » de droite que de justifier le viol sur mineure et le libertinage sexuel, qui plus est tarifé et entaché de soupçon de pédophilie ?

LE GOUVERNEMENT AMNÉSIQUE.

Au vrai, deux ans et demi après l’élection de Nicolas Sarkozy, c’est tout le gouvernement qui semble devenu amnésique. La droite accusait la gauche d’encourager l’assistanat, de privilégier les droits au détriment des devoirs, de déresponsabiliser les citoyens ? C’est elle qui propose, aujourd’hui, une « prime d’assiduité » dans les écoles pour combattre l’absentéisme et un RSA jeune, prémices, penseront certains, du « salaire universel » dont rêve une partie des socialistes. Elle reprochait au Gouvernement Jospin, voire à Jacques Chirac, leur laxisme en matière de sécurité et d’immigration ? Voilà que, pour résoudre le problème de la surpopulation carcérale, elle entend supprimer les peines inférieures à deux ans de prison et que, dans le même temps, le ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale, Eric Besson, refuse de signer le décret d’application sur les tests ADN pour lutter contre l’immigration clandestine. Et si l’ouverture garde sa capacité de nuisance intacte à gauche, elle reste aussi un puissant motif d’agacement à droite. « Trop, c’est trop », a ainsi fulminé Claude Goasguen après la nomination de Claude Evin, ancien ministre socialiste, à la tête de l’Agence régionale de santé d’Iles-de-France. Ajouter à cela, la remise en question des retraites des mères de famille, « l’affaire Jean Sarkozy » ou encore la désastreuse « taxe carbone », qui frappera particulièrement les classes moyennes, socle de l’électorat de la majorité, et l’on comprend le malaise qui s’empare depuis quelques mois des parlementaires de l’UMP.

DROITE « LÉGALE » ET DROITE « RÉELLE ».

D’ailleurs, le moins que l’on puisse dire, c’est que les députés ne se sont pas empressés pour défendre ces différentes positions prises par le gouvernement, eux qui se sont fait élire dans le sillon tracé par la campagne présidentielle en 2007, sur des options radicalement opposées. « Les campagnes, ne disent jamais tout des convictions profondes de ceux qui les mènent », regrette le député de la Drôme, Hervé Mariton, qui affirme : « La droite doit reprendre la main sur les questions de société ». Une droite qui « trop peu sûre de ses propres valeurs se laisse séduire par les idées à la mode et par ceux qui les défendent, même quand ils sont de gauche ». D’où cette impression, persistante depuis le septennat de Giscard d’Estaing, le président qui légalisa l’avortement et créa le regroupement familial, d’une droite coupée en deux. D’un côté, une droite d’affaire, libérale, pragmatique, qui se désintéresse des questions de société ou qui se fait l’interprète de ses aspirations, de l’autre, une droite qui puise dans l’histoire une vision de l’intérêt général située au-dessus des intérêts particuliers. Une droite « légale », portée au pouvoir depuis trente ans par une droite « réelle », celle qui, des ouvriers aux classes moyennes, avait pu se retrouver dans le discours du Latran avant que le candidat, devenu Président de la République, ne nomme au poste de secrétaire d’État à la famille une partisane de l’homoparentalité... comme par hasard catholique !

Voilà pourquoi sur la famille, le travail du dimanche, les questions éthiques, l’écologie, pourtant vieille notion de droite, elle n’a jamais su faire émerger une pensée cohérente. À quelques mois des élections régionales et à deux ans de l’élection présidentielle « la rupture » reste encore entièrement à définir. Au risque de perdre les voix de la droite « réelle » et de laisser le champ libre à une gauche qui, pour être divisée, n’en est pas moins restée fidèle à ses convictions.

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