Paris 2008

La droite à la peine.

Mardi 9 octobre 2007, par Paul Vaurs // La France

Surfant sur les divisions de la droite, Bertrand Delanoë a présenté, début septembre, sa candidature à la mairie de Paris, avec l’espoir et de sérieuses chances d’effectuer un second mandat. Mais la droite parisienne, qui a plus d’un tour dans son sac, ne semble pas avoir dit son dernier mot.

Panafieu ? Debré ? Borloo ? Qui sera tête de liste pour concourir contre Bertrand Delanoë ? Officiellement, Françoise de Panafieu qui a été élue le 4 mars 2006 par les militants de I’UMP de la capitale. Une élection dans un fauteuil puisque Claude Goasguen (contre la promesse d’un poste de premier adjoint ?) s’est retiré du second tour la veille du scrutin. Françoise de Panafieu a recueilli 5 252 voix contre 387 bulletins nuls. Mais le député Bernard Debré, frère jumeau du président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis, lui conteste cette légitimité.

Panafieu responsable.

Il l’accuse de ne pas avoir su renouveler ses équipes, de ne pas avoir de projet, d’attaquer Bertrand Delanoë sur ses succès et non sur ses échecs ou ses carences. Autant de facteurs qui ont, selon lui, conduit au recul significatif de la droite aux dernières législatives, dont il la tient pour responsable. L’entrée en dissidence de Bernard Debré et sa rivalité avec Françoise de Panafieu, relancent l’hypothèse d’une troisième voie avec la candidature Borloo. Mais le ministre de l’Écologie, qui bénéficie de soutiens au sein de L’UMP pour briguer la capitale, semble avoir décliné l’offre. Auréolé d’une bonne côte de popularité, l’ancien maire de Valenciennes ne voudrait pas hypothéquer son avenir à l’image d’un Philippe Douste-Blazy qui se morfond l’Élysée.

Six arrondissements décisifis

Car Jean-Louis Borloo est conscient que l’élection comporte deux inconnues primordiales. Tout d’abord, l’attitude du Modem dont les voix (entre 5 et 10% ) peuvent faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre. Ensuite, l’issue incertaine du scrutin dans six arrondissements. En effet sept arrondissements semblent acquis à la gauche et autant à la droite. Les dernières élections (régionales, européennes, législatives et présidentielles) ont cristallisé leur physionomie sociologique et politique ainsi les 3°, 10°, 11°, 13°, 18°, I9° et 20° devraient rester gauche quand les I°er, 6°, 7°, 8°, 16°, et 17°, sont traditionnellement ancrés à droite. Tout se jouera donc dans les 2°, 4°, 5°,  9°, 14°, et surtout le 12° qui possède un nombre décisif (10) de conseillers de Paris.

Quatrième tour.

Alors droite ou gauche ? Bertrand Delanoë sait que l’issue du scrutin sera décisive pour lui. La victoire pourrait lui ouvrir de nouveaux horizons le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste et pourquoi pas une candidature à la présidentielle de 2012. Mais il ne mésestime pas les manoeuvres de ses adversaires. Il sait qu’un quatrième tour succédera au troisième, celui par lequel la droite pourrait reprendre la main sur le territoire francilien. La constitution d’un Grand Paris. En effet, la capitale est la seule commune à ne pas posséder de structure intercommunale, à l’instar de Marseille ou Lyon. Avec une telle création pour laquelle elle milite ardemment avec le soutien moral du chef de l’État (ancien maire de Neuilly), L’UMP court-circuiterait le conseil régional présidé par Jean-Paul Huchon (PS) et la mairie de Paris qui semble acquise à l’édile sortant, Résultat après mars 2008.

Répondre à cet article