Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

La dame venue du froid.

Samedi 4 octobre 2008 // Le Monde

Le choix du gouverneur de l’Alaska comme candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis montre une fois de plus que la réalité dépasse la fiction quant à Obama il n’a jamais eu autant besoin d’Hillari Clinton...

L’Alaska est le théâtre d’excellents films récents, mais nul n’avait jamais imaginé que le monde politique américain prendrait le risque de placer le gouverneurdu plus jeune Etat américain — qui ne rejoignit la fédération qu’en 1959 — en position de prendre la tête des Etats-Unis, au cas où le plus vieux président jamais élu « Mc Gain vient de fêter ses 72 ans » viendrait à disparaître avant la fin de son mandat. Que Sarah Palin soit une mère de cinq enfants dont un trisomique de 4 mois et demi, une évangélique bon teint, tout ceci est bien représentatif de L’Amérique profonde. Mais qu’elle provienne de ce territoire arctique, objet de toutes les convoitises, voilà qui sort de l’ordinaire et en dit sans doute plus long sur les priorités du moment.

Imagine-t-on ce qu’est la vie à Wasilla, commune de 9000 habitants, à une cinquantaine de kilomètres au nord d’Anchorage — y avait-il quelque chose au nord d’Anchorage ? — entre concours de beauté, matches de hockey, courses en scooters des neiges — dont son mari est champion et chasse au caribou, avec le jour vingt quatre heures six mois de l’année et une température moyenne oscillant entre zéro et moins 40 ? Or Mme Palin n’a lamais quitté Wasilla de sa vie, sauf pour ses études, qu’elle a terminées à Moscou, Université d’Idoha cela ne s’invente pas — et n’a demandé un passeport que l’été dernier pour rendre visite aux soldats de l’Alaska en mission au Koweit. Elle avait alors déclaré qu’elle n’était pas là pour donner une opinion sur la guerre en Irak, le retrait ou le sursaut (dû à son colistier McCain) mais seulement pour savoir ce qui ferait plaisir aux jeunes soldats de l’Alaska à leur retour au pays, par exemple une saison de chasse supplémentaire.

L’Alaska et le Vexas (ex-gouverneur George Bush) sont les deux principaux producteurs de pétrole américains, aujourd’hui à peu près à égalité. Sauf que l’ALaska a une politique de redistribution des dividendes à ses résidents (près de vingt mille dollars en 2006 pour une famille de la taille de celle des Palin), bref un émirat du froid, et dispose des plus importantes réserves sous l’Arctique. Mme Palin, comme Bush et Cheney, tous liés au lobby pétrolier, sont d’ardents partisans de l’exploitation au détriment de l’environnement. Mme Palin a même associé son nom à un immense projet d’oléoduc traversant tout l’Alaska vers le Canada.

Anchorage est par ailleurs le site de la principale base de missiles anti-missiles.

En bref Sarah Palm est plus qu’une Bush en jupons, ou une réincarnation de Ronald Reagan, c’est la version américaine de Vladimir Poutine. Frontalière de la Russie, l’Alaska est sans doute la dernière frontière, ce mythe si ancré au sein de la mentalité américaine. Kennedy avait su jouer sur ce sentiment. Obama croyait pouvoir l’incarner, jusqu’à cette littérale apparition d’une femme venue de nulle part, acte presque involontaire de la part d’un McCain qui ne la connaissait pas et semble avoir été manipulé par un entourage particulièrement retors mais suprêmement intelligent. La candidature de ce dernier, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’enthousiasmait personne, pas même lui, en a reçu une impulsion totalement inattendue et potentiellement explosive.

Les débats médiatiques qui commencent le 26 septembre seront à contre-emploi : Obama contre McCain, Joe Biden contre Sarah Palin. McCain et Biden sont deux vieux routiers de la politique, spécialistes de la politique internationale. Obama et Palin incarnent la nouvelle Amérique, tout en n’ayant pratiquement rien de commun entre eux. Ils sont à des années-lumière l’un de l’autre, et de même leurs électorats respectifs. C’est dire combien, sous la surface McCain-Biden, l’Amérique profonde demeure plus que jamais divisée.

Répondre à cet article