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La crise de l’Université.

Dimanche 19 avril 2009, par Edouard Usson // La France

Les médias en parlent très peu. Et pourtant, l’université française est plongée dans une crise profonde. Tout a commencé par le discours de Nicolas Sarkozy aux universitaires, le 22 janvier 2009. Le président semble n’être à son aise que dans la confrontation et il a dressé ce jour-là un constat sévère - et injuste, de mon point de vue - concernant le manque de dynamisme de la recherche française. Alors que la loi d’autonomie des établissements universitaires avait été votée sans susciter grande inquiétude en janvier 2007, le président français a soudain rassemblé contre lui tous les universitaires ou presque, de la gauche à la droite, qui se sont senti atteint dans leur dignité.

L’université et le monde de la recherche souffrent cruellement d’un manque de moyens ; contrairement à une idée reçue, l’État investit proportionnellement plus dans l’université aux États-Unis qu’en France ; et, là aussi contre une idée toute faite du président français, les sciences humaines y sont particulièrement bien dotées, tant il est vrai que les Américains les jugent essentielles à la domination culturelle du pays. Pour être universitaire ou chercheur en France, il faut un indéniable désintéressement : le travail fourni n’est pas rémunéré à des conditions dignes d’une puissance de rayonnement culturel mondial ; on est soumis à un contrôle toujours plus tatillon de l’administration et de différents comités d’évaluation ; l’absence de sélection à l’entrée de l’université transforme cette dernière en une réalité toujours plus scolarisée, où l’enseignant doit sacrifier une partie de son temps de recherche, à moins de conserver celui-ci au détriment du temps consacré à sa famille, en particulier pendant les vacances.

C’est pour toutes ces raisons que les universitaires ont très mal réagi au discours du 22 janvier. Combien sont-ils à avoir refusé de partir en Amérique du Nord, où on leur offrait des conditions de travail bien meilleures ? parce qu’ils ne voulaient pas abandonner la culture française - ou une conception du savoir comme émancipateur remontant à l’époque des Lumières ?

Les enseignants-chercheurs se sont mis en grève ; la plupart auraient cependant pratiqué une "grève à la japonaise", continuant à faire cours tout en exprimant publiquement leur désaccord ; si les universités sont actuellement, pour beaucoup d’entre elles, bloquées, c’est parce que les étudiants ont emboité le pas des enseignants-chercheurs mais aussi le personnel logistique et administratif, qui en profite pour attirer l’attention sur la précarité de ses conditions de travail dans un monde universitaire sous-équipé matériellement (On ne parle pas ici des grandes écoles).

Pour l’instant, le gouvernement joue la montre, espérant que le mouvement s’essoufflera et qu’au bout du compte la loi sur l’autonomie des universités ne sera pas remise en cause. Cette tactique n’a pas payé, jusqu’à maintenant. On assiste plutôt à une radicalisation du conflit. La clé de la "sortie de crise" est sans aucun doute dans une nouvelle rencontre du président de la République avec les chercheurs. Mercredi 1er avril, interrogé par Jean-Pierre Elkabach, sur Europe1, Nicolas Sarkozy a dit qu’il ne voyait pas ce qu’il avait à se reprocher dans la manière dont il s’était adressé au monde universitaire. Espérons que cet entêtement ne durera pas. Tout le monde perdrait à un pourrissement de la crise actuelle. Beaucoup d’universitaires sont bien convaincus que des réformes sont nécessaires. Ils seraient prêts à se couler dans le moule de la loi sur l’autonomie des universités ; ils demandent juste d’être associés au processus. Ce n’est pas une exigence démesurée.

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