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La confusion des pouvoirs.

Vendredi 11 novembre 2011, par Bertrand RENOUVIN // La France

Cette campagne pour l’élection présidentielle nous paraît très mal engagée. Les candidats à la primaire socialiste nous ont parlé des impôts, du nombre des professeurs, des emplois aidés, du déficit budgétaire et de bien d’autres sujets importants qui firent également l’objet de débats entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, entre Jacques Chirac et Lionel Jospin. Et François Hollande se prépare à défendre un long catalogue de mesures élaborées par des experts et destinées à séduire des catégories ciblées d’électeurs. Il en sera de même pour le sortant.

Ce comportement nous avait frappés en 2002 lorsque nous participions activement à la campagne pour Jean-Pierre Chevènement : il fallait avoir réponse à tous sur tout, du mariage des homosexuels à la politique industrielle en passant par la question, alors obsédante, de la sécurité sur la voie publique. Les nouveaux lecteurs s’étonneront sans doute de notre malaise : n’est-ce pas normal qu’un candidat annonce urbi et orbi ce qu’il va faire ? A droite, à gauche, nul ne remet en question cette volonté de conquérir l’Élysée grâce à un programme complet... de gouvernement.

Or cette volonté, tellement « normale » dans son expression, est en totale contradiction avec la lettre et l’esprit de notre Constitution. On nous dit, à droite, que l’élection présidentielle est le moment privilégié de la rencontre entre un homme et un peuple. C’est faire référence au général de Gaulle qui instaura notre monarchie élective dans laquelle le président de la République doit être l’homme de toute la nation, son serviteur en charge de l’essentiel. Mais comment prendre en charge l’essentiel, à savoir le respect de la Constitution, l’arbitrage, la continuité de l’État, l’indépendance nationale, si l’on s’occupe de tous les aspects de la vie de la nation ? Le fardeau écraserait un génie ! Prétendre tout porter sur ses épaules, c’est le fantasme de l’autocrate qui a des effets désastreux pour les institutions et pour la nation.

Il y a confusion entre la fonction du président de la République et les responsabilités du Premier ministre et de son gouvernement. Notre régime politique a toujours été instable – il faudrait un arbitrage royal pour l’équilibrer – mais le quinquennat a considérablement aggravé les choses : la fonction présidentielle est pratiquement absorbée par une fonction « primo-ministérielle » qui a pris une forme caricaturale avec ce Nicolas Sarkozy qui intervient en tous domaines dans le parfait mépris de la séparation des pouvoirs.

Le candidat socialiste devrait dénoncer cette dérive autocratique et nous entretenir des questions qui relèvent de sa responsabilité éminente : par exemple l’indépendance nationale donc la politique étrangère et de défense, plus précisément la présence militaire française en Afghanistan, la participation à l’Otan, la crise de l’Union européenne, la protection de l’économie nationale... Or tous les débats entre les candidats à la primaire ont porté sur les modalités du gouvernement de la France, non sur la manière dont la charge présidentielle doit être assumée dans le souci des intérêts vitaux de notre patrie. La question des institutions posée par Arnaud Montebourg (2) a été noyée dans les généralités et l’on continue à faire comme si le président de la République avait l’initiative des lois et la maîtrise, entre autres, du ministère des Finances, du ministère de l’Éducation nationale, du ministère des Affaires sociales.

Bien sûr, François Hollande se récriera : il nommera un gouvernement issu de l’Assemblée nationale ! Cela suppose que la gauche remporte les législatives – ce qui n’est pas mécaniquement assuré. Cela implique une conception pyramidale du pouvoir selon laquelle le chef de l’État, le chef du gouvernement et le chef du parti dominant sont hiérarchiquement liés. Le système de médiations que la Ve République a rendu possible s’en trouve dès à présent rejeté et l’autorité arbitrale sera une fois de plus sacrifiée à la volonté de puissance des individus et des partis. Pour une gauche qui affiche haut et fort sa conviction démocratique, c’est là un sacré paradoxe !

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