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La cité phocéenne : Combinazione au soleil.

Jeudi 27 janvier 2011 // La France

Ville cosmopolite, « carrefour du monde » qui au gré des voyages et des échanges s’est mélangée, Marseille donne l’image d’une ville à la fois ensoleillée et multiple. Une ville qui rayonne autour de la Méditerranée et bien au-delà.

Si Marseille a décroché en 2008 le statut de capitale européenne de la culture pour 2013, c’est une petite surprise mais pas un hasard. L’image que « monsieur Tout le monde » se fait de la cité phocéenne se compose du mistral, de ses 2 800 heures d’ensoleillement, de ses petites criques, de la Bonne Mère, du château d’If rendu célèbre par Alexandre Dumas, de son équipe de football, la seule française à avoir décroché le titre de championne d’Europe... Elle se compose aussi de l’exubérance de ses habitants qui défilant à 20 000 se comptent finalement 200 000, de la sardine qui bouche le port, de l’épisode de la French Connection dans les années 70 et de bien d’autres lieux communs, assez éloignés de la culture. Cependant, la face cachée de Marseille a repris le dessus. Ville de patrimoine et d’art, elle doit beaucoup à son histoire multiséculaire. L’ex-Massalia, fondée vers 600 avant J.C. par des marins grecs originaires de Phocée en Asie Mineure, s’est d’emblée placée sous la vitalité du commerce avec les Romains, les Phéniciens, les Grecs, les Egyptiens, avant que ses ports ne deviennent plus florissants encore quand ils ont participé aux Croisades.

Ce dynamisme qui servit de rampe de lancement aux colonies, au XVIIIe et XIXe siècles, ne s’est pas démenti. Marseille tient toujours la corde en matière économique avec un PIB proche de 50 milliards d’euros, deux fois plus que celui du Guatemala ou de la Tunisie, derrière Shanghai mais devant Pékin ! Reste que la deuxième aire urbaine la plus peuplée de France redistribue mal ses richesses. En effet, en 2007, la moitié des Marseillais déclarait un revenu inférieur à 15 284 euros, nettement inférieur à celui de Lyon (19 810 € de Nice (16 701 €) et de Paris (23 408 €). La cité phocéenne est l’une des principales villes françaises, où l’éventail des revenus déclarés en 2007 est le plus large. Les hauts revenus y sont près de quinze fois plus élevés que les bas revenus, particulièrement faibles, en raison d’un fort taux de chômage (14,1%), en particulier chez les populations issues de l’immigration.

PSYCHODRAME

Pour diriger une ville aussi rayonnante, extravagante et disparate, il faut un homme fort qui fasse corps avec la ville, qui la comprenne, la sente, l’aime, qui établisse avec elle des liens passionnés et passionnels. Depuis la Révolution qui a donné le nom de la ville à l’hymne national, nombreux sont les édiles de Marseille à avoir exercé, dans le civil, la 1 fonction de négociants. Plus récemment, deux figures politiques ont marqué la ville de leur empreinte : Gaston Defferre, maire de 1953 à 1986 et Jean-Claude Gaudin, maire depuis 1995. Le premier, connu pour ses lois de décentralisation (1981-1982), fut un personnage haut en couleurs. Célèbre « Monsieur X » lors de l’élection présidentielle de 1965, Il disputa le dernier duel officiel en 1967 contre son homologue Roger Ribière, député de Seine-et-Oise. L’humoriste Thierry le Luron disait de Defferre lorsqu’il occupait la place Beauvau : « Pour s’occuper du grand banditisme, il vaut mieux un spécialiste ».

Le second connaît bien Marseille pour être né dans le quartier de Mazargues (9e arr.). Élu sur la liste de Gaston Defferre en 1971, Jean-Claude Gaudin sait mieux que personne qu’une majorité n’est jamais acquise. C’est pourquoi, il a passé des accords locaux avec le Front national en 1988, ce qui lui a permis de conserver son siège de député. Ainsi pensait-il faire de son dauphin désigné, Renaud Muselier, le président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole. Mais c’est le socialiste Eugène Caselli qui a été élu, en 2008, à ce poste par 79 voix contre 77. Cependant l’actuel président ne dispose pas lui-même d’une majorité. Son premier rapport a été rejeté par 89 voix « de droite » contre 68 « de gauche » ! Depuis deux ans, le psychodrame se répète à intervalles réguliers, dans les séances de conseil communautaire : blocage des projets, grève des éboueurs etc. Caselli va-t-il jeter l’éponge ? Jean-Claude Gaudin attend en embuscade avec l’espoir de prendre la présidence, de se faire réélire au Sénat en septembre 2011. Mieux, il ne « s’interdit rien » pour repiquer à la mairie de Marseille en 2014. Au grand dam de Renaud Muselier qui trépigne depuis de trop longues années... À Marseille, les passions finissent toujours par l’emporter !

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