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La causerie littéraire de Philippe Sénart.

Mercredi 7 mars 2007, par Philippe Sénart // L’Histoire

Patrick Rambaud a voulu raconter dans Le Chat Botté « l’ascension d’un homme ». Il le décrit, un jour de 1795, attablé au café de Chartres, petit, maigre, dans une redingote de drap gris, le visage pointu, les joues creuses, les cheveux raides et sales. C’est le général Bonaparte.

Vainqueur au siège de Toulon, Paris où il est en disgrâce ( ?), il n’a rien à faire. Il fréquente chez Madame Permon dont la fille, future duchesse d’Abrantès, l’a surnommé par dérision le chat botté. Il a écrit Lesouper de Beaucaire et il a, la tournure d’un homme de lettres peu riche en droits d’auteur.
Tourmenté par des fièvres romantiques, il rêve Rousseau, mais il lit Plutarque et il rêve plutôt d’être Alexandre ou César. Il a vingt-cinq ans et Alexandre, déjà, était roi. Il a sur Alexandre cinq ans de retard, dit M. 
Rambaud.

« .Et Bonaparte ne fut que Napoléon ».

Rattrapera-t-il jamais ce retard ? C’est à César qu’il se mesurera sur les champs de bataille où il se soumet l’Europe. Anticipant sur son destin, M. 
Rambaud, dans un roman La Bataillé, couronné en 1997 par l’Académie Goncourt et de surcroît l’Académie Française, nous a entraîné dans l’incertaine mêlée d’Essling où, en 1809, la fortune de Napoléon commença de tourner et où les généraux se demandèrent s’il ne fallait pas envisager de se débarrasser de lui. Des historiens ont tenté de le frustrer de ses victoires en les attribuant à Berthier, son chef d’état-major. Berthier était-il absent à Essling ? Balzac avait rêvé d’écrire un roman sur cette bataille. Il s’en était ouvert à Madame Hanska : « Vous verrez la bataille comme, si vous étiez ». M.Rambaud était sur le terrain, en reporter, pour nous montrer la bataille comme si nous y étions, mais il nous en a montré plutôt les dessous.

Dans Le Chat botté, il nous ramène de Napoléon à Bonaparte (non, à Buonaparte), quelques quinze ans en arrière, au moment où il n’a pas encore chaussé ses bottes de sept lieues pour parcourir l’Europe. Le chat botté, commence là où Anatole France a fini. Les Dieux ont soif le 9 thermidor an Il. Robespierre a été exécuté. Evariste Gamelin dit : « Si les Tallien les Fouché, monstres gorgés de sang et de rapine, triomphent la France se noie dans le crime et l’infamie. »

C’est cette noyade dans le sang de laquelle émerge, aux accents opposés du Réveil du Peuple et de La Marseillaise, Napoléon Bonaparte, dans une stature de général de guerre civile, que nous fait assister M. Rambaud. À Madame Permon qui lui demande « où il en est » le chat botté répond « Chinois, Turc, Hottentot, je suis qui veut et me prend « . Barras l’enrôlera dans son combat contre les « muscadins. » Et c’est ainsi que, héros de Vendémiaire ; Bonaparte a gagné la bataille de la rue Saint Honoré, où, sur les marches de Saint Roch, est blessé César Birotteau.

Après Vendémiaire, le petit général maigriot du café de Chartres, change, dit M. Rambaud, et d’aspect et de ton, mais il a commencé par enrichir sa famille. En Corse prévoyante, Laetitia Ramolino fait dès lors la pelote qui lui permettra,a-t-elle déclaré au comble des honneurs, de faire vivre tous ces rois qu’elle aura sur les bras, le jour où tout ira mal. Bonaparte fait trop d’ombre autour de lui, On cherche (déjà ) à s’en débarrasser. On l’enverra en Italie sur un théâtre d’opérations secondaires. Il en revient, ayant dicté sa loi à l’Europe. Il lui reste un ennemi, mais c’est un ennemi personnel « l’Anglais. » Il a soutenu contre lui, en Corse, son rival Paoli. L’histoire de France sera, durant ces années, celle d’un règlement de comptes entre l’Angleterre et ce général qui ne pardonne pas.

Bonaparte ne pourra atteindre l’Angleterre qu’aux Indes par la route d’Alexandre.
Installé après la victoire de Vendémiaire dans l’ancien hôtel de Dupleix, médite-t-il ce grand projet. ? M. Rambaud a abandonné Bonaparte à son départ pour l’armée d’italie. Il ne le suivra pas ensuite en Égypte. C’est là, devant Saint-Jean-d’Acre où il a été arrêté par un émigré, son camarade de l’école de Brienne, qu’est la grande croisée des chemins de l’aventure napoléonienne. La route d’Alexandre est désormais fermée au « chat botté. ».
Il revient à Paris pour faire le coup d’état de Brumaire.

« ..Et Bonaparte ne sera que Napoléon » ainsi Albert Vandal commençait-il son cours de Sorbonne sur le premier Empire.

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