La Vienne cap ça sur le futur.

Mercredi 23 mars 2011 // La France

Parmi les quatre départements de la région Poitou-Charentes, le département de la Vienne en constitue l’un des éléments moteurs avec la Charente-Maritime. C’est dans sa capitale, Poitiers, que siègent la préfecture de région et le conseil régional présidé par Ségolène Royal. Terre de convoitise, la Vienne s’est inscrite, depuis quelques années, dans le lucratif créneau du futur.

Qui vient dans le département de la Vienne y trouve le souvenir d’une histoire riche en événements, en personnages, en vestiges architecturaux, en beauté des paysages. Du Loudunais au pays civraisien, de la vallée de la Vonne à celle de la Gartempe, le souvenir des temps anciens est prégnant, notamment à l’approche de l’abbaye Saint-Martin de Ligugé. Fondée par Saint-Martin au IVe siècle, elle reste à ce jour le plus ancien établissement monastique d’Occident encore en activité ! Poitiers, ancienne capitale du duché d’Aquitaine, conserve aussi le souvenir des premiers chrétiens d’occident avec le baptistère Saint-Jean (398 ap. JC), celui des « bâtisseurs de cathédrale » avec l’église Notre-Dame (Xle), celle de Saint-Hilaire-le-Grand (X-X1°) l’église Sainte-Radegonde (Xl°), et la cathédrale Saint-Pierre (Xll°).

RÉVOLUTION

Le département est aussi connu pour ses légendes, notamment celle de Mélusine, fondatrice de la lignée de famille de Lusignan, celle de Gargantua, immortalisée par Rabelais ou encore celle de la Galipote, sorte de dragon gardien du sous-sol et des trésors qu’il renferme. D’autres épisodes, d’autres femmes et hommes célèbres ont marqué de leur empreinte cette belle contrée : les fameuses possédées de Loudun (vers 1630), une affaire retentissante qui conduisit un prêtre, Urbain Grandier, au bûcher ; Théophraste Renaudot (1586-1653), né à Loudun, fondateur de la presse française ; Marie Besnard surnommée la « Bonne Dame de Loudun » (encore !) soupçonnée d’être une tueuse en série et finalement acquittée des crimes qu’on lui a imputés... Si la Vienne a pu conserver tous ces souvenirs architecturaux, c’est aussi parce qu’elle a été épargnée et préservée des soubresauts de la Révolution qui ont durement touché la partie occidentale du Poitou
historique (Vendée et Deux-Sèvres).

PÔLE D’EXCELLENCE

Sur le plan économique, le département est toujours orienté vers l’agriculture et l’agroalimentaire. Le conseil général vient de déposer un dossier de candidature pour l’appel à projet « Pôle d’excellence rurale » dans le cadre du soutien aux filières d’élevage ovines et bovines par le développement de circuits courts. La Vienne s’est aussi diversifiée sur le plan industriel : équipements automobiles, matériels électroniques, industries alimentaires, contrôles et mesures... Nombre d’entreprises se sont implantées dans le Châtelleraudais, premier bassin régional industriel. La ville et ses proches environs accueillent de grandes entreprises comme Thalès Avionic (deux sites de productions), Fenwick Linde (plus grosse usine du groupe), Fonderie du Poitou, MagnetiMarelli, Snecma... Reste que le secteur secondaire a souffert des délocalisations et de la mondialisation. Le sort de l’équipementier automobile New Fabris a marqué les esprits, après le licenciement des 366 salariés qui avaient tout tenté pour sauver leur usine, allant même jusqu’à menacer de la faire sauter avec des bonbonnes de gaz !

PREMIERS MINISTRES

Bien que son chiffre d’affaires annuel soit moindre que le groupe alimentaire Eurial-Poitouraine (610 millions d’euros), le Futuroscope (87 m€C.A.) reste l’entreprise emblématique du département. Né d’une volonté politique, celle de René Monory (1923-2009), ce parc à thèmes avait pour but de « créer les conditions les plus favorables au développement d’un département rural en perte de vitesse ». Peu de monde croyait alors à cette entreprise. Non seulement le Futuroscope est aujourd’hui devenu le deuxième parc français, mais il s’est adjoint une vaste technopole à vocation tertiaire, un secteur qui représente à lui seul environ 40% de l’activité économique du département et 63% des salariés de la Vienne ! Malgré cette réussite à porter au crédit de la droite, cette dernière peine à percer sur le plan politique. À ce jour, elle ne détient qu’une seule des quatre circonscriptions, en la personne de Jean-Pierre Abelin (NC) qui est parvenu à ravir la mairie de Châtellerault en 2008. Elle était détenue par le P5 depuis 1977. La droite pourrait bien perdre, au soir du 27 mars, le conseil général qu’il ne tient que d’une voix. Finalement, dans ce département qui a donné deux premiers ministres sous la Ve République (Édith Cresson et Jean-Pierre Raffarin), le slogan dont il s’est doté reste plus que jamais d’actualité : « Demain vous appartient ».

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