La Toile

Somme toute, une bonne année…2009.

Mardi 13 janvier 2009 // Le Monde

Somme toute, une bonne année…2009.

Une année qui s’achève. Exercice difficile que de tirer un bilan. Mais dans notre petit monde à nous à l’écoute de la France, de tous les gens de France et à l’écoute du monde, les royalistes n’ont pas été en reste… Pour preuve la naissance de la Toile. Un beau travail de nos amis de « monarchiste.com ».

Pour ce premier numéro en « ligne », la Serbie est à l’honneur.
Une Serbie, un peuple serbe que l’Europe voudrait bien rayer de sa mémoire…
Mais les Serbes ne l’entendent pas ainsi, tout comme S.A.R. le Prince Alexandre…
Comprendre la Serbie et son histoire, ses liens forts avec la dynastie des Karageorgevic, c’est tout l’intérêt du travail de Sylvain et de Khemara.
De l’histoire, des rappels salutaires et des entretiens. Et le Kosovo…

La France n’est pas oubliée. Dans une actualité toujours « dense » il fallait trancher. Dorange nous offre un coup de zoom sur une réforme qui n’a pas passionné les foules. Un réforme qui n’est pas anodine : « La réforme des services de renseignement intérieur » Un regard critique, non sans raisons…Ouverte au monde, la Toile voyage.

Des nouvelles de la planète « Monarchiste » nous conduisent au Cambodge, en Thaïlande, à Hawaï, en Allemagne, à Tuvalu, en Roumanie et aussi au Québec…
Un rappel des « mouvements », en France…

Ce numéro de La Toile sort de l’ordinaire en ce sens qu’il n’est pas réservé aux seuls inscrits de monarchiste.com. Pourquoi ? Parce que nous avons considéré, en concertation avec les organes de régulation de monarchiste.com que, compte tenu du travail et de la qualité de ce journal électronique, il était souhaitable de le diffuser largement, de permettre aux uns et aux de se l’approprier, de l’utiliser, de le citer.

Ensuite parce que La Toile n’est pas un énième media monarchiste venant concurrencer ce qui existe déjà tant sur le plan papier que sur le plan de l’écran. La Toile est un media qui parle de la “planète monarchiste” aux monarchistes (ou aux autres…).

Nous ne cherchons ni à faire du prosélytisme, ni à affermir les convictions ; nous partons du principe que nos lecteurs attendent de l’info sur l’actualité du monarchisme et des monarchistes, ici et dans le monde. Ce créneau était inoccupé, ce sera le nôtre. Après maints ajustements (et quelques ratés), l’équipe rédactionnelle est enfin parfaitement opérationnelle. Même si nous ne rejetons aucune bonne volonté occasionnelle ou régulière…

Aidez nous à tisser la Toile.

Sylvain

La réforme des services de renseignement intérieur par Dorange

Afin de rationaliser le fonctionnement des services de renseignement intérieur, Nicolas Sarkozy a pris la décision de fusionner la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG) et la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Le 1er juillet, ces deux institutions policières ont disparu au profit de la nouvelle Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), dont le siège se situera à Levallois-Perret (92).

Si la réforme permettra de mutualiser les savoir-faire en éliminant certains doublons inutiles, elle confrontera des cultures de renseignement très différentes et n’empêchera pas les luttes de pouvoir dans la haute administration. En outre, elle entérinera un processus durable visant à une redéfinition contestable des missions.
Pour comprendre les enjeux d’une telle réforme, il convient toutefois de dresser un bref état des lieux des systèmes existants.

La DST sera peu affectée par la réforme. En effet, la nouvelle DCRI fonctionnera sur son modèle d’organisation territoriale : une structure nationale, dont les missions s’exercent au travers des zones de défense sur l’ensemble du territoire, sans l’intermédiaire des préfets départementaux. En outre, les missions dévolues à la DCRI seront identiques à celles de la DST.

A sa mission traditionnelle, le contre-espionnage, s’ajoute depuis quelques années l’anti-terrorisme et l’intelligence économique.
La DCRG sera au contraire très affectée par la réforme. Non seulement du point de vue de l’organisation administrative, mais également du point de vue de ses missions…

La monarchie serbe, un bref aperçu par Sylvain

L’histoire de la Serbie moderne est intrinsèquement liée à celle de la dynastie des Karageorgevic. Le fondateur de la dynastie, Georges Petrovic, était un simple paysan qui, de 1804 à 1813, dirigea politiquement et militairement le soulèvement des Serbes contre l’occupation Turque, remportant les batailles de Ivankovac (1805) et de Misar (1806) avant de prendre Belgrade (1807).
Surnommé “Kara Yorgi” (Georges le Noir) par les Turcs, “Karageorges” Petrovic fut désigné comme seigneur héréditaire de Serbie par une assemblée du peuple en 1808.

En 1813, les Turcs parviennent à reconquérir la Serbie. Karageorges gagne l’exil en Russie, tandis que l’un de ses lieutenant, Miloš Obrenovic fait sa soumission, se voit attribuer le commandement du district de Rudnik et confèrer le titre de “Prince”.
En 1815, Miloš Obrenovic prend cependant la tête d’un nouveau soulèvement anti-turc qui aboutit à la reconnaissance formelle d’une principauté autonome Serbe sous suzeraineté Ottomane, situation qui durera jusqu’en 1867.

Quant à Karageorges, il est assassiné en 1817 sur ordre de Miloš Obrenovic, peu de temps après son retour d’exil… Cette assassinat marque le début d’une longue suite de complots et de violence qui vont opposer les deux familles rivales, celle des Karageorgevic et celle des Obrenovic jusqu’au tout début du XXème siècle.

La famille des Karageorgevic incarnent alors l’idée d’une Grande Serbie indépendante, tandis que les Obrenovic sont considérés comme étant moins “nationaux”… Le 11 juin 1903, un groupe d’officiers nationalistes partisans des Karageorgevic prit d’assaut le palais royal et mis à mort le Roi Alexandre 1er Obrenovic et la Reine Draga, mettant fin à la dynastie Obrenovic et ouvrant la voie au Roi Pierre 1er Karageorgevic.

Durant la première guerre mondiale, la Serbie résiste d’abord victorieusement aux armées Austro-Hongroises, avant de devoir se replier à travers l’Albanie sous la conduite du Roi Pierre et de son fils Alexandre. Embarquée à Corfou, l’armée Serbe est réorganisée et rééquipée par les Alliés avant de participer à l’offensive finale et à la libération du territoire national en 1918. L’annexion du Monténégro et le démantèlement de l’Empire Austro-Hongrois permet alors la constitution d’un “Royaume des Serbes-Croates-Slovène” qui devient en 1929 le Royaume de Yougoslavie.

Préambule : Déclaration de Son Altesse Royale Prince héritier Alexandre a propos du Kosovo
« De la soit disante déclaration d’indépendance et de la violence internationale sur la Serbie » par S.A.R. Le Prince héritier Alexandre

La terreur centenaire qui pèse sur les Serbes du Kosovo et Metohija a aujourd’hui été surclassée par cette déclaration d’indépendance insensée et pourtant soutenue par certaines démocraties occidentales.
Aujourd’hui, et alors que l’Union Européenne oublie ses propres principes et mine ses propres fondations, il devient inutile de parler de loi internationale et de justice. Aujourd’hui nous ne devons que penser à ceux qui restent prisonniers de ce territoire, contre nature, bâti dans l’illégalité, le sang et la terreur. Aujourd’hui nous ne devons penser qu’au retour de nos terres perdues.

J’en appelle aux Serbes de la mère patrie et ceux de la Diaspora, nous ne devons jamais oublier nos frères et soeurs du Kosovo et Metohija, ces frères et soeurs qui sont désormais les habitants du dernier camp de concentration européen du 21e siècle. J’en appelle aux hommes politiques de Serbie, plus particulièrement ceux qui sont au pouvoir, ils doivent faire, avec le plus grand sérieux et la plus grande responsabilité, tout ce qui est possible pour protéger les populations et les sites sacrés du Kosovo et Metohija.

Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas la première injustice ni le premier crime commis à l’encontre du peuple Serbe. Par expérience nous savons que le Kosovo n’est pas perdu tant que nous le conservons dans nos coeurs. Par le passé nous avons déjà perdu le Kosovo, et nous l’avons retrouvé.

Et nous le retrouverons encore avec la force de notre foi, et notre révolte face aux crimes et injustices commis aujourd’hui à notre encontre. Dieu est parmi nous.

S.A.R. Le Prince héritier Alexandre
Paris, le 17 février 2008

 

Les Tchetniks, un mythe du XXe siècle par Khemara

Les Tchetniks, plus que tout autre mouvement, ont marqué l’histoire contemporaine des Balkans. De la première guerre balkanique aux conflits de l’ex-Yougoslavie, en passant par la 2ème Guerre Mondiale, ils auront été de tous les combats et continuent aujourd’hui encore de peser sur le jeu politique serbe.

C’est au sein de la redoutable VMRO/ORIM (Organisation de la Résistance Intérieure de Macédoine) que se constituent les premières unités Tchetniks (“compagnie militaire”), elles rassemblent des volontaires serbes venus combattre, aux cotés des macédoniens, l’occupant ottoman. Lorsque la première guerre mondiale éclate, les Tchetniks sont nombreux à participer aux combats menés par l’armée du Roi serbe Pierre 1er. Leur courage et leur valeur leur vaudront l’estime de leurs alliés français et anglais, parmi eux le colonel De Gaulle qui devait se lier d’amitié avec le jeune Draza Mihailovic. La paix revenue, les Tchetnik purent croire leur rêve réalisé avec la constitution d’un Royaume de Yougoslavie en 1929.
Cela n’allait pas durer, l’effondrement des troupes italiennes en Grèce allait provoquer l’intervention allemande. Le Roi Pierre II refusant le passage aux troupes allemandes doit partir en exil avec son gouvernement, sur place la résistance s’organise, les Tchetniks sont les premiers à répondre à l’appel de leur Roi et à se soulever. Au plus fort du conflit, ils seront plusieurs dizaines de milliers à combattre sous les ordres du général Draza Mihailovic au sein de “l’armée yougoslave pour la Patrie”.

Laissant pour certains pousser leur barbe en attendant le retour de leur Roi, les Tchetniks et leur chef Mihailovic seront présentés par les médias américains et britanniques comme les “derniers défenseurs de la liberté en Europe”. Bien organisés puisque encadrées par les anciens officiers de l’armée royale yougoslave et les vétérans des guerres balkaniques, les troupes Tchetniks tiennent tête aux offensives des allemands et de leurs alliés croates, les célèbres “oustachis”. Comme le reconnaîtront plus tard les historiens, mais en se gardant bien de mentionner le rôle pourtant essentiel des forces royalistes serbes, la résistance yougoslave aura immobilisé un nombre important d’unités allemandes, autant de troupes qui auraient pu faire basculer le cours de la guerre en Russie mais aussi en Afrique du Nord. Car rapidement, les royalistes doivent faire face à un nouvel adversaire en la personne de Josip Broz Tito et de ses partisans du parti communiste de Yougoslavie. Ceux ci sont fortement appuyés et encadrés par les forces soviétiques. Le conflit latent devient ouvert entre les deux forces de résistance, alors que la répression menée par les forces allemandes devient plus dure et efficace.

Attentif au sort des populations civiles serbes, Mihailovic choisit de réduire le rythme de ses offensives et de contenir la menace allemande mais aussi communiste en dehors des zones qu’il contrôle. Dans plusieurs régions, un certain nombre d’unités Tchetniks choissent de collaborer ponctuellement avec l’occupant allemand dans des opérations contre les partisans de Tito. Soucieux de plaire à Staline, les britanniques finissent par abandonner leur allié Draža Mihailovic qui est finalement capturé puis exécuté par les partisans d’un Tito qui s’ouvre ainsi les portes du pouvoir. Alors que la plupart des officiers finissent par rejoindre leur souverain en exil, les dernières forces Tchetniks résistent encore quelques années, oubliées de tous.

Entretiens par Khemara
*** Nikola Sretenovic

Qui sont les Kraljeva Omladina, et quels sont vos objectifs ?
Les Jeunesses du Roi, Kraljeva omladina, sont une organisation très jeune, et pourtant nos progrès sont indéniables. Créées autour d’un noyau d’étudiants, nous ne sommes pas un parti, pas une organisation gouvernementale et encore moins commerciale. Nous nous plaçons sous le patronage de SAR le prince héritier Alexandre II de la Maison Royale de Karadjordjevic (prononcé Karageorgevitch). Nous entendons développer pour notre pays une véritable société civile, une conscience citoyenne et promouvoir la Monarchie par tous les moyens légaux, pacifiques et démocratiques. Pour se faire, nous souhaitons travailler avec toutes les autres organisations et associations de Serbie et d’ailleurs.

Les Jeunesses du Roi n’entendent pas livrer “bataille” pour arriver à leurs fins, car le terme “bataille” renvoie à une image agressive avec des vainqueurs et des perdants. Nos actions sont au contraire dictées par notre dévotion à la Serbie, ses traditions et son histoire. Nous devons moderniser notre société à l’image des Monarchies constitutionnelles que sont la Suède, l’Espagne, le Canada, le Japon et d’autres nations encore. Bien sûr certaines républiques sont aussi des réussites. Nous ne sommes pas anti-républicains mais pour nous, la Monarchie est la voie la plus rapide vers le progrès et la prospérité.
Pourquoi être monarchiste en Serbie aujourd’hui ?

La restauration du Royaume de Serbie apporterait stabilité, unité et continuité à une nation qui a connu de nombreuses épreuves ces dernières années. Stabilité, puisqu’un Président est toujours issu d’un parti ou d’une coalition politique, le Roi, lui, est au dessus des partis. Les gouvernements se succèderont au rythme des échéances électorales mais le Roi restera et autour de lui se décideront les politiques sur le long terme. Le sort du pays ne sera plus lié au résultat de telle ou telle élection.

Unité, parce que la Serbie a besoin d’une personnalité autour de laquelle se rassembleront les citoyens de toute origine ethnique ou religieuse, condition sociale et enfin de toute affiliation politique.
Continuité, parce qu’aujourd’hui, la Monarchie peut être un pont idéal entre les aspirations à la modernité et les valeurs traditionnelles de chaque nation, et de chaque individu.
Les siècles d’histoire qui ont façonné la nation et l’état Serbe démontrent la nécessité d’une restauration de la Monarchie, mais une Monarchie de son temps, moderne, et donc constitutionnelle.

Planète monarchiste par Bob et Khemara

Cambodge - Une campagne électorale sans enjeu. La campagne législative vient de commencer au Cambodge et ce pour un mois. Parmi les 11 partis en lice, quatre partis s’affichent ouvertement monarchistes. Le scrutin du 26 juillet ne devrait toutefois pas modifier la donne politique en place depuis les premières élections de 1993.

La campagne électorale cambodgienne vient donc de commencer avec ces longues processions de militants en ville mais aussi en campagne. Parmi les 11 partis à présenter deux candidats, quatre se revendiquent ouvertement monarchistes, le Funcinpec (FUN) et trois autres partis dissidents. Le FUN n’est plus que l’ombre de lui même depuis sa victoire de 1993, et s’il continue d’occuper plusieurs postes gouvernementaux, le parti historique, créé par le roi Norodom Sihanouk au temps de la résistance, ne peut plus espérer peser à lui seul sur le scrutin. Emmené par la princesse Arunrasmey, la vieille formation royaliste doit désormais faire face à la concurrence du parti portant le nom de son ancien président le prince Norodom Ranariddh.

Ce dernier, démis de la présidence du Funcinpec il y a maintenant deux ans, a réuni autour de lui et de son Parti Norodom Ranariddh (PNR) un quarteron de fidèles. L’une au gouvernement, l’autre dans l’opposition, les deux formations ont obtenu un certain nombre d’élus lors du dernier scrutin communal, et devraient faire de même pour ce scrutin, bien loin toutefois des 26 sièges qu’occupe actuellement le FUN au sein l’Assemblée.
Le parti Hang Dara - Mouvement pour la démocratie, qui avait déjà présenté des candidats en 2003, et le parti Justice Sociale, se font aussi les champions de la cause royaliste mais de manière plus marginale, faute de moyen. Résultat le 26 juillet prochain.

 

vie des mouvements (suite) par Khemara
Entretien avec Yves-Marie Adeline

Pouvez vous vous présentez, votre parcours professionnel et politique ?

Je suis d’origine universitaire, et ma principale carrière est celle d’un écrivain ; je publie des manuels, des essais, et de la littérature.

Il s’est trouvé que, après avoir publié mes premiers travaux en philosophie politique, j’ai été appelé à diriger le cabinet de Jean Arthuis en 1992, ce qui m’a introduit dans l’univers politique concret. Quand la “Gauche plurielle” a repris le pouvoir à Chirac en 1997, j’ai voulu promouvoir le projet opposé d’une droite plurielle, et dans cette perspective j’ai aidé Jean-Marie Le Chevallier à se faire élire député dans le Var. Je suis resté avec lui 18 mois. Aux régionales de 1998, nous sommes passés à deux doigts d’un rapprochement entre les droites, mais l’affaire a échoué, de manière inattendue non pas du fait de Chirac, qui était prêt à marcher, mais du fait de Le Pen, dont l’étroitesse de vues ou l’arrogance a tout fait capoter.

Vous avez fondé l’Alliance Royale en 2001 ; quelle était votre motivation alors et vos ambitions pour cette formation ?

Je pensais que le sentiment royaliste qui existe en France, et qu’a confirmé en 2007 un sondage BVA-France-soir pendant la dernière présidentielle, pouvait être transformé en force politique. Ainsi, les royalistes dont la plupart s’engagent ailleurs ou soutiennent par leur vote des partis acceptant la forme républicaine, trouveraient enfin un parti pour porter leurs idées. Et le royalisme serait revenu sur la scène politique contemporaine, la question institutionnelle centrale pouvait être reposée : république ou monarchie ? J’ai donc monté un parti politique, sans lequel aucune action politique n’est possible, dans l’espoir d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire du royalisme en France.

Après 7 ans à la tête de cette formation, quel bilan établissez vous ?
 
Je dois vous faire une réponse mitigée. D’un côté, j’ai échoué, puisque les royalistes eux-mêmes ne m’ont pas suivi, alors que j’estimais qu’ils étaient évidemment les premiers concernés. Soit ils m’ont critiqué publiquement, soit ils ont affecté d’ignorer pendant 7 ans ce que je faisais, même aux époques où j’étais médiatisé. En outre, j’ai manqué d’argent pour toutes nos campagnes ; or le suffrage universel est un sport de riches, c’est pour cela que notre système est oligarchique.

D’un autre côté, nous avons réussi une chose, c’est une percée médiatique, et sans jamais devoir passer par l’agit-prop ou la provocation. A cet égard je pense avoir réussi à dédiaboliser le royalisme jusqu’alors uniformément perçu à travers l’aventure maurrassienne. Cela dit, ce travail avait été déjà fait avant moi par Renouvin, mais au prix d’un ancrage à gauche qui conduisait peut-être exagérément à l’autre extrémité de l’échiquier républicain, tandis que j’ai pu conserver une posture plus centrée, disons “centriste”, qui convenait mieux au royalisme, de mon point de vue en tout cas.

Et de fait, notre militantisme au sein de l’Alliance a dû nécessairement renouveler notre vision politique, en nous forçant à émettre des propositions non plus selon une pensée déconnectée du monde réel, mais selon des considérations réalistes. Je suis fier de pouvoir dire que nos ateliers qui ont construit un commencement de programme politique nous ont permis ensuite, tant aux européennes de 2004 qu’à la présidentielle de 2007, de tenir un discours que tous nos interlocuteurs ont pris au sérieux, même quand ils n’étaient pas d’accord. Ainsi, il restera au moins une trace d’une proposition royaliste dans les archives de la Commission

Balladur, par exemple, qui m’a invité à donner mon avis sur la réforme des institutions.

Enfin, il entre dans mon bilan des considérations plus personnelles, si vous le permettez.

La nécessité induite par l’Alliance d’aller sur le terrain à la rencontre de nos compatriotes m’a sorti d’un certain enfermement idéologique auquel je n’imaginais pas être sujet ; et je pense que tous les cadres qui ont mouillé leur chemise vous diraient la même chose. Et plus important encore, mais plus intime aussi, en tant que chrétien, je suis heureux que l’Alliance ait servi à deux de nos cadres à découvrir les racines spirituelles de la France, ce qui les a conduits à demander le baptême. Pour l’un d’entre eux ce ne fut pas facile car en arrivant à l’Alliance il professait déjà une religion, le judaïsme ; je suis heureux que cet “aîné de l’Ancienne Alliance” ait pu rencontrer le Christ dans un parti qui, par ailleurs, n’a jamais confondu les deux sphères temporelle et spirituelle et donc ne s’est jamais mêlé de religion.

Vous avez annoncé votre retrait de présidence de l’AR, quelles en sont les raisons ?

Cette aventure m’a pris beaucoup de temps et d’énergie, on n’imagine pas ce que cela représente ; or je dois “travailler plus pour gagner plus”, selon la formule du Président de la République actuel, afin de répondre aux besoins croissants de mes huit enfants, qui grandissent, dont les aînés entament des études supérieures etc. Et de toutes façons, même sans cela, depuis que j’ai fondé l’Alliance en 2001 je ne suis jamais parvenu à gagner suffisamment ma vie pour faire face aux dépenses qu’entraîne l’entretien d’un foyer de dix personnes (car avec huit enfants, ma femme ne peut travailler à l’extérieur, naturellement). Notez que, d’habitude, les leaders de formations héroïques et marginales sont célibataires, et peuvent s’offrir le luxe de faire ce que j’ai fait, mais sans autres conséquences que sur eux-mêmes.
L’Alliance Royale a, sous votre présidence, adhéré à la CMI, qu’attendez vous d’une telle structure internationale ?

J’en attends ce que j’ai toujours espéré pour les prochaines européennes, où il faudrait que, soit des listes royalistes émergeraient de plusieurs républiques, soit la France accueillerait des étrangers sur nos listes royalistes, y compris parfois en tête de liste… mais je vous avoue que j’ai eu trop de déceptions pour y croire.

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