La Seconde Guerre Mondiale.

Mardi 20 mars 2007, par Paul Vaurs // L’Histoire

La Seconde Guerre mondiale commence comme un conflit franco-allemand traditionnel, provoqué par la volonté de Hitler de supprimer les frontières que le traité de Versailles avait imposées à l’Allemagne. 1939-1945. La Seconde Guerre mondiale ; les théâtres d’opérations. Europe. Afrique du Nord. Pacifique.
 
Commentaires : La Seconde Guerre mondiale découle des initiatives belliqueuses de l’Allemagne nazie et de l’impuissance des démocraties occidentales à juguler la montée des périls. Les accords de Munich (sept. 1938), puis l’occupation de la Bohême et la vassalisation par le Reich de la Slovaquie (mars 1939), ont démantelé le système d’alliances édifié par la diplomatie française ; les autres États de la Petite Entente (Roumanie, Yougoslavie) ont pratiquement adopté une attitude de neutralité. La France ne peut compter à l’est que sur la Pologne, dont l’éloignement constitue un sérieux obstacle. Le pacte germano-soviétique a provisoirement supprimé la menace d’un deuxième front oriental dangereux pour l’armée allemande, tout en faisant peser sur la Pologne la menace d’un nouveau partage. En avril 1939, Hitler annonce à ses généraux sa décision d’envahir la Pologne. Il dévoile ses véritables desseins : Dantzig est un prétexte ; ce qui importe, c’est la conquête de l’« espace vital » à l’est.

Accords de Munich. 

Benito Mussolini (1883-1945), à gauche, serre la main du ministre de la Défense français Édouard Daladier (1884-1970), en présence du chancelier allemand Adolf Hitler (1889-1945) et du Premier ministre britannique Neville Chamberlain (1869-1940), le 29 septembre 1938. 
Jozef Beck (1894-1944), ministre polonais des Affaires étrangères depuis 1932 (à gauche), en conversation avec l’ambassadeur français à Varsovie, en 1938, peu avant l’invasion de la Pologne par les Allemands. 
 
À l’ouest, depuis la remilitarisation de la Rhénanie, la Belgique a adopté une politique de neutralité, dite « d’indépendance » ; pour porter secours à la Pologne, l’armée française devra, ou violer la neutralité belge, ou attaquer sur le Rhin et se heurter immédiatement aux fortifications allemandes de la ligne Siegfried. La France est protégée dans le même secteur d’opérations éventuel par la ligne Maginot, mais celle-ci s’arrête au nord-ouest, à la trouée de Sedan. Pour la première fois depuis les guerres de l’Empire, la France est menacée d’une guerre sur trois fronts ; l’agressivité de l’Italie fasciste (qui réclame à la France Nice, la Corse et la Tunisie) l’oblige à laisser des troupes sur les Alpes et en Afrique du Nord, ainsi qu’une partie de la flotte en Méditerranée, pour éviter que soient coupées ses relations maritimes avec l’empire colonial ; sur les Pyrénées, si l’Espagne est sortie exsangue de la guerre civile, nul ne sait dans quelle mesure Franco accordera son appui - bases aériennes et sous-marines, rassemblements menaçants de troupes, libertés de passage - aux puissances de l’Axe, à qui il doit son arrivée au pouvoir.

La Grande-Bretagne a mis toute sa puissance aux côtés de la France et le Commonwealth l’a suivie - l’Afrique du Sud avec des réserves. Mais, si les flottes française et anglaise réunies donnent aux deux démocraties la suprématie sur les mers, il n’en est pas de même pour les armées de terre et de l’air. La Grande-Bretagne vient à peine d’instituer le service militaire obligatoire et elle ne peut envoyer en France qu’un corps expéditionnaire bien équipé, mais peu nombreux ; son aviation de chasse est moderne, mais non celle de bombardement.

La réputation de l’armée française demeure considérable, et les généraux allemands la redoutent. En fait, l’état-major demeure prisonnier des modes de pensée hérités de la guerre de 1914-1918 ; faute du corps cuirassé réclamé en vain par le général de Gaulle, faute d’une aviation moderne qui n’existe encore qu’à l’état de prototypes, l’armée française est confinée dans une défensive, à laquelle inclinent d’ailleurs aussi bien ses chefs que l’opinion publique. La mobilisation générale s’est effectuée sans incident, mais dans un esprit de morne résignation. En face des Panzerdivisionen allemandes, opérant en étroite liaison avec une puissante aviation d’assaut, l’état-major français en est resté à la stratégie de 1918, et il dissémine chars de combat et avions entre les corps d’armée.

Que peut-on espérer des États-Unis ? Des trois forces qui conduisent la politique américaine, deux, l’opinion publique et le Congrès, sont résolument isolationnistes ; la législation en vigueur, interdit au président Franklin D. Roosevelt, à peu près seul à discerner lucidement l’ampleur du danger nazi, de porter secours à la Grande-Bretagne et à la France. Cependant celle-ci, à prix d’or, a passé aux États-Unis des commandes d’avions, si bien que l’industrie aéronautique américaine s’organise pour une production de série.

Dans ces conditions, les milieux dirigeants français sont divisés sur la politique à suivre. Il y a un « parti de l’apaisement », dont le meneur est Pierre Laval, qui estime que la guerre ainsi engagée ne peut profiter qu’à L’U.R.S.S. Marcel Déat s’interroge dans L’Œuvre : « Faut-il mourir pour Dantzig ? » Une partie des milieux conservateurs, traditionnellement germanophobes, incline par anticommunisme à un modus vivendi avec l’Allemagne nazie, ou mieux encore avec l’Italie fasciste. Par contre, les partis de gauche évoluent par antifascisme vers un état d’esprit combatif ; mais, en 1939, cette évolution n’est qu’amorcée et ces partis sont encore inspirés par un pacifisme né de l’horreur des hécatombes de la guerre de 1914-1918. De plus, le pacte germano-russe a rejeté le Parti communiste dans un isolement qu’accroît la politique de neutralité qu’il recommande entre les deux blocs. Le parti a été dissous par Édouard Daladier.

Le politicien français Pierre Laval (1883-1945).. 
  
Aussi bien, les gouvernements et les états-majors français et anglais adoptent-ils une politique et une stratégie « d’attente », purement défensive ; avec l’espoir que le réarmement britannique, le blocus naval de l’Allemagne, l’évolution des États-Unis, la mise en état de guerre des immenses ressources des empires coloniaux des deux pays, grâce à une large supériorité navale, modifiera les rapports des forces en présence au détriment des puissances de l’Axe. Dans le domaine militaire, une fois la guerre déclarée, comme dans le domaine diplomatique avant la guerre, l’initiative est donc laissée à Adolf Hitler. Celui-ci est bien résolu à la prendre en dépit de l’attitude plus réticente de l’Italie, dont Benito Mussolini estime qu’elle n’est pas prête encore pour entrer en guerre. Il est clair que, dans une perspective de guerre longue, la supériorité des forces franco-britanniques a des chances de s’affirmer. Il est donc important pour les Alliés que, dans l’immédiat, la puissance allemande ne s’avère pas irrésistible.

Allemagne, 1938-1945

L’expansion territoriale du III° Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, et les succès hitlériens (sept. 1939 - juin 1940.) L’invasion de la Pologne par la Wehrmacht, (armée de terre) commence le 1er septembre 1939 à 5 heures, sans mobilisation préalable et sans déclaration de guerre ; un groupe de S.S. (Schutzstaffel, brigade de protection), déguisés en soldats polonais, a justifié l’invasion par un simulacre de raid polonais en territoire allemand. Les Allemands possèdent l’arme de la guerre éclair : La Panzerdivision, unité autonome disposant d’environ 300 chars, de troupes d’assaut motorisées, d’une artillerie tractée ; ravitaillée par air, agissant en étroite liaison avec l’aviation, elle allie mobilité et puissance.

L’écrasement de la Pologne. 

Avant même que la mobilisation française fût achevée et le corps expéditionnaire britannique débarqué, les troupes polonaises - dans lesquelles la cavalerie jouait encore un grand rôle étaient bousculées, puis anéanties et faites prisonnières. Cinq armées allemandes, dont quatre divisions blindées, convergent vers Varsovie par Bromberg, Lodz et la haute Vistule. Tandis que l’aviation du Reich incendie des villes sans défense, dont la capitale polonaise, une « cinquième colonne » joue un rôle actif en Posnanie au profit des envahisseurs.
 
Dès le 9 septembre s’engage la bataille pour Varsovie, la Wehrmacht attaquant l’armée polonaise, qu’elle a tourné, de l’est vers l’ouest. Le 17 septembre, en application du pacte germano-soviétique, l’Armée rouge envahit la Pologne orientale. Varsovie, assiégée, bombardée, résiste quelques jours ; le 27 septembre, privée d’eau, elle se rend. Le 28 septembre a lieu le cinquième partage de la Pologne, cette fois entre l’Allemagne et L’U.R.S.S. Le gouvernement et quelques milliers de soldats polonais ont seuls réussi à passer en Roumanie, d’où la plupart gagneront le Proche-Orient. Hitler annexe au Reich Dantzig et la Posnanie. Autour de Varsovie, il crée un gouvernement général, où sévit le racisme nazi (national-socialiste) et s’instaure la terreur. Le martyre de la Pologne a commencé.

La « drôle de guerre. »  

À l’ouest, l’armée française a lancé une timide offensive dans la forêt de la Warndt, et conquis quelques centaines de kilomètres carrés. Mais les quatre divisions britanniques n’ont pris position en France que le 3 octobre. Certes, la France et l’Angleterre ont rejeté, le 6 octobre, les propositions de paix de Hitler qui reconnaissaient le fait accompli en Pologne. Le 16 octobre 1939, une contre-offensive allemande ramène les troupes françaises à leur point de départ, et même un peu au-delà, car Forbach est évacué. Commence alors ce qu’on a appelé la « drôle de guerre », c’est-à-dire un intermède de huit mois, marqué par des opérations de faible portée militaire ou diplomatique. Les hostilités se limitent à des expéditions sur la mer contre les corsaires allemands, à des escarmouches de patrouilles, à une garde symbolique sur le Rhin. Cette inaction mine le moral des soldats mobilisés.

Tout en exécutant scrupuleusement les obligations du pacte qui la lie au Reich, L’U.R.S.S. s’efforce d’obtenir des contre parties aussi avantageuses que possible. Pour retrouver les anciennes frontières de la Russie, autant que pour créer un glacis entre elle et son inquiétant partenaire, L’U.R.S.S. occupe l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ; mais, la Finlande ayant refusé de lui céder des bases navales, terrestres et aériennes, l’Armée rouge envahit le territoire finlandais le 30 novembre. À la surprise générale, la campagne d’hiver ne permettant pas de vastes opérations et les troupes soviétiques n’étant engagées que par petits groupes, l’armée finlandaise résiste jusqu’au mois de mars 1940. La faiblesse militaire de l’U.R.S.S. paraît ainsi démontrée ; les gouvernements français et anglais envisagent une double attaque visant l’Allemagne à travers l’U.R.S.S. : un corps expéditionnaire qui irait au secours de la Finlande et un raid vers le pétrole du Caucase par l’aviation française stationnée en Syrie sous le commandement du général Weygand. En définitive, l’opération se limite à l’exclusion définitive de l’U.R.S.S. de la Société des Nations le 14 décembre 1939. Accusé de mollesse dans la conduite de la guerre, Daladier a cédé la présidence du conseil des ministres à Paul Reynaud, le 21 mars. Mais l’opinion française demeure divisée, « intoxiquée » par la propagande de Joseph Goebbels, ministre allemand de l’Information.

Bombardement d’Helsinki. 

Dans le nord de la Finlande, ces soldats finlandais à ski sont en position de tir, pour répondre à un assaut des forces soviétiques, en 1940. Contre l’Allemagne elle-même, le haut commandement franco-anglais se borne à supputer les intentions de la Wehrmacht en échafaudant des plans répondants à diverses hypothèses. Il apparaît clairement qu’il faudrait devancer les Allemands en Belgique, mais le gouvernement belge accepte seulement une entrée des troupes alliées en Belgique après une attaque allemande. Tirant partiellement les leçons de la déroute polonaise, l’état-major décide la création de quatre divisions blindées, dont la constitution, l’armement et l’entraînement s’effectuent lentement et difficilement ; elles ne comprennent que 170 chars en moyenne chacune, les autres blindés - dont le nombre total est sensiblement égal à celui des blindés allemands - demeurant éparpillés entre les unités.
 
Le blocus naval ne donne guère de résultat, l’Allemagne recevant de l’U.R.S.S. les matières premières dont elle a besoin. Cependant, la guerre sous-marine a commencé à l’initiative allemande : c’est un « contre blocus » qui risque de gêner beaucoup l’armement et le ravitaillement de la Grande-Bretagne par les convois venus des dominions ou des États-Unis.
 
L’Italie s’étant placée en état de non-belligérance, l’état-major français ne peut pas porter la guerre dans la plaine du Pô, comme le général Gamelin l’avait un moment envisagé. L’armée allemande se renforce sans cesse, le nombre des Panzerdivisionen passant de 5 à 12. La supériorité aérienne de l’Allemagne est écrasante ; les chasseurs britanniques, valent certes les chasseurs allemands, mais ils sont inférieurs en nombre ; les bombardiers alliés font cruellement défaut.

La campagne de Norvège.  

Après avoir remis ou modifié plusieurs fois ses plans d’attaque à l’ouest, soit en raison des conditions météorologiques défavorables, soit à la suite de circonstances fortuites, atterrissage forcé en Belgique d’un aviateur allemand porteur de documents , Hitler a renoncé à envelopper le dispositif franco allié par une large manœuvre inspirée du plan Schlieffen de 1914. Il a adopté le projet audacieux de von Manstein : forcer les défenses ennemies au centre, dans les Ardennes et la trouée de Sedan. Au préalable, il se décide à devancer, en Scandinavie, une opération franco-britannique dont il a eu vent. Le 9 avril 1940, le Danemark, envahi par la Wehrmacht, n’oppose aucune résistance. Par contre, bien que totalement surpris par plusieurs débarquements dans les principaux ports, le roi de Norvège Haakon et son gouvernement, refusent de se soumettre. Un corps expéditionnaire britannique, débarqué en Norvège centrale le 14 avril, doit, réembarquer le 2 mai. Un autre corps expéditionnaire franco-britannique débarque à Narvik, pour « couper la route du fer suédois », et s’en empare. Ce succès local est sans lendemain. Le roi de Norvège, son gouvernement, et une grande partie de la flotte de commerce norvégienne gagne la Grande-Bretagne pour y continuer la lutte ; en Norvège même, un mouvement collaborateur, dirigé par Quisling, s’installe au pouvoir. Le succès allemand est total ; mais sa flotte, a subi de lourdes pertes.

Le 10 mai au matin, l’attaque allemande se produit à l’ouest. Le 15 mai, l’armée hollandaise dépose les armes, non sans que Rotterdam ait été bombardée sévèrement ; mais la reine Wilhelmine, de Londres, s’appuyant sur les Indes néerlandaises, proclame son maintien dans la guerre. L’armée française, qui s’est portée en Belgique au secours de l’armée belge, doit livrer une bataille de rencontre à laquelle elle est mal préparée ; l’opération, commandée par la politique plus que par la stratégie, se révèle vite inutile. Les troupes d’assaut allemandes ont pris le port de Rotterdam, but de leur percée vers la mer, après la capitulation de l’armée néerlandaise, le 14 mai 1940.  
 
La campagne de France.  

Le dispositif de l’armée française est enfoncé à Sedan, les Panzer ayant, en application du plan Manstein, traversé les Ardennes sans dommage alors qu’on les en croyait incapables. Désormais, les troupes françaises ne pourront plus s’accrocher à aucune ligne de défense, en dépit de quelques contre-attaques heureusement menées, comme celle de la division cuirassée du général de Gaulle le 22 mai à Montcornet. Tandis que les divisions laissées fâcheusement derrière la ligne Maginot arrivent trop tard pour colmater les brèches, les blindés allemands de Heinz Guderian, par un large coup de faucille, se sont rabattus vers l’ouest et ont atteint la Manche.

Les troupes allemandes sont entrées dans Paris le 14 juin 1940. Derrière les cavaliers, on aperçoit l’Arc de triomphe de la place de l’Étoile. 
 
Devant l’ampleur du désastre, Reynaud a remplacé Gamelin par Weygand. Celui-ci met au point un plan pour ressouder les tronçons des forces alliées vers Arras et empêcher l’encerclement des meilleures unités ; faute de coordination, faute de moyens surtout, le plan échoue. Un répit de quelques jours est heureusement accordé par un arrêt des blindés allemands ordonné par Hitler. Tandis que le roi des Belges capitule le 27 mai, les troupes anglaises et une partie des troupes françaises encerclées (360 000 hommes) peuvent rembarquer à Dunkerque entre le 28 mai et le 3 juin. Mais les Anglais ont laissé tout leur matériel lourd ; la défense de la France incombe aux seuls Français. Le refus britannique d’engager l’aviation de chasse en France, afin de la réserver pour la défense des îles Britanniques, accroît le malaise entre les deux alliés.

Dunkerque. 

Sur les plages de Dunkerque (France), les troupes franco-britanniques attendent d’être embarquées, afin d’échapper à l’avancée des armées allemandes, en juin 1940. Weygand monte rapidement un nouveau dispositif étiré de la ligne Maginot à la mer. Il est enfoncé sur la Somme le 6 juin, sur l’Aisne le 9. Le 10 juin, le gouvernement quitte Paris et Mussolini déclare la guerre à la France et à la Grande-Bretagne ; mais les troupes italiennes seront contenues sur les Alpes par un faible corps d’armée français. Le 12 juin est donné l’ordre de retraite générale ; ce qui reste du groupe d’armée français de l’Est est tourné, le dos à la ligne Maginot devenue inutile.

Tandis qu’en Angleterre, Winston Churchill, devenu Premier ministre, commence à personnifier l’indomptable volonté britannique, le gouvernement français erre de château en château, coupé des forces armées, privé de nouvelles, désuni par l’ampleur du désastre. Derrière le maréchal Pétain et le général Weygand, un groupe se forme pour demander l’armistice. Dans le désordre croissant, toutes les mesures permettant de continuer le combat sont abandonnées aussitôt envisagées : constitution d’un réduit en Bretagne du Nord, unité organique entre la France et la Grande-Bretagne. Paris évacué sans combat, la Wehrmacht menace Bordeaux et atteint Lyon, pêle-mêle avec les débris de l’armée française et des millions de civils fuyant vers le sud dans un immense exode engendré par la panique. Paul Reynaud, n’ayant pu obtenir de Weygand la capitulation de l’armée, donne sa démission le 16 juin. Le général de Gaulle, parti pour Londres le 17, prononce à la B.B.C. son premier appel le 18 juin. De son côté, le maréchal Pétain, « 84 ans » nouveau chef du gouvernement, a demandé au vainqueur la conclusion d’un armistice qui, à défaut de conditions de paix, est signé le 22 juin à Rethondes et appliqué le 25 juin. Les Allemands sont à Chambéry, Montluçon, Biarritz. La France a subi la plus lourde défaite de son histoire.

Le général Charles de Gaulle (1890-1970) et son épouse Yvonne, en 1941. De Gaulle a quitté la France en juin 1940 et part à Londres, à la tête de la France libre. 
 
La Grande-Bretagne seule dans la guerre (juin 1940-juin 1941.) 

En Europe continentale, la défaite de la France laisse l’Allemagne et l’U.R.S.S. en tête-à-tête, liées par un accord qui n’exclut pas la méfiance et dont chacune essaie de tirer le meilleur parti. Hitler redessine l’Europe centrale à son gré, attribue, au détriment de la Roumanie, la Transylvanie à la Hongrie et la Dobroudja à la Bulgarie (sept. 1940). L’U.R.S.S. transforme les trois États baltes en républiques fédérées et oblige la Roumanie à lui céder la Bessarabie et la Bukovine du Nord. Le Roi de Roumanie Boris III refuse de collaborer avec les Nazis.

L’occupation et l’exploitation de l’Europe. 

L’Allemagne organise les pays occupés d’une façon qui laisse un peu entrevoir ses objectifs de paix ; elle annexe l’Alsace et la Posnanie ; elle rattache le nord de la France au commandement militaire allemand de Bruxelles ; dans la Norvège et la Hollande, peuplées d’« aryens », elle installe des hauts commissaires du Reich ; la Bohême, la Moravie, la Slovaquie et le gouvernement général de Pologne sont des protectorats de types divers. La Belgique est soumise à l’autorité militaire. Seul le Danemark conserve ses institutions d’avant-guerre.
 
Partout, l’Allemagne nazie introduit directement ou indirectement son éthique et sa législation : abolition des parlements, des partis politiques et des syndicats ; embrigadement de la jeunesse et des travailleurs ; suppression des libertés ; prise de possession de la presse et de la radio par la propagande allemande ; exclusion des Juifs de la vie politique et économique ; intégration des économies nationales dans le grand Reich, au bénéfice de la puissance dominante. Elle prétend ainsi « construire l’Europe ». Les adversaires de cette politique, les Juifs, les communistes, seront internés, puis déportés dans des camps de concentration. Pratiquement, tandis que les populations occupées sont réduites à un dénuement croissant, toutes les ressources sont exploitées pour la poursuite de la guerre, les autorités nazies s’assurant en outre de larges participations dans de nombreuses affaires.
 
Cette domination allemande s’insère dans le cadre d’un pacte tripartite, qui donne à l’Allemagne, à l’Italie et au Japon le droit à l’« espace vital » dont chacun a besoin. C’est un partage du monde. Hitler admet ainsi que l’Italie poursuive en Méditerranée, sur un théâtre qui lui est réservé, une « guerre parallèle ».
 
En Extrême-Orient, le Japon, dirigé par des militaires impérialistes, a entrepris de créer la « Grande Asie ». Il essaie de conquérir la Chine après la Mandchourie et installe un gouvernement à sa dévotion à Nankin. La défaite française lui permet de s’introduire en Indochine et de prendre la Thaïlande sous sa protection. La défaite hollandaise et l’isolement de la Grande-Bretagne mettent à sa portée les Indes néerlandaises, Hong Kong et Singapour.

Guerre sino-japonaise. 

Les troupes japonaises célèbrent leur victoire par une marche triomphale à travers la concession internationale de Shanghai, pendant la guerre sino-japonaise, en 1937. 

La bataille d’Angleterre.  

Tous les espoirs de libération des peuples reposent désormais sur l’Angleterre, demeurée seule dans la lutte. Hitler ne réussit ni à la conquérir ni à la faire capituler, ni même à lui faire accepter une paix de compromis. La résolution de Churchill est inébranlable : « Je n’ai à offrir que des larmes, du sang et de la douleur, déclare-t-il au Parlement. Mais je ne capitulerai jamais. » Après qu’aient été abandonnés les préparatifs d’un débarquement, dont la marine du Reich était incapable, le soin d’emporter la décision est confié à l’aviation - la Luftwaffe - dont Hermann Göring a garanti la victoire. Or, la « bataille d’Angleterre » se traduit par des victoires de l’aviation de chasse britannique. Hitler ne peut que tenter d’ébranler le moral de la population par de fréquents bombardements nocturnes auxquels, pour l’instant, l’Angleterre ne peut pas riposter. Göring plastronne : « Pas un avion ennemi ne souillera le ciel allemand. »

Le Premier ministre britannique Winston Churchill (1874-1965) ne peut que contempler les dégâts causés au palais de Westminster par les bombardements allemands sur Londres, en 1941. Devant l’échec avéré de toute attaque directe contre l’Angleterre, Hitler essaie de monter contre elle une coalition méditerranéenne à l’automne de 1940. Il demande des bases en Afrique du Nord Française, que le Maréchal Pétain refuse. Hitler rencontre Franco à Hendaye, mais Franco exige un prix élevé pour faire entrer en guerre une Espagne très affaiblie par la guerre civile. À Montoire, « Le Maréchal Pétain, manipulait par Laval », accepte une collaboration de principe, mais les modalités d’exécution ne sont pas précisées.
 
Hitler entreprend alors le blocus des îles Britanniques par sous-marins. Si la destruction des convois l’emporte sur la construction de navires, la Grande-Bretagne est promise à une asphyxie progressive. Les armes, les troupes, le ravitaillement qu’elle attend des États-Unis ou du Commonwealth ne lui parviendront pas. Le sort de la guerre va ainsi se jouer dans l’Atlantique. Les gouvernements Belge, Hollandais, Norvégien, Tchécoslovaque et Polonais sont à Londres. Le général de Gaulle y a constitué les Forces françaises libres, auxquelles se sont ralliés l’Afrique-Équatoriale française, le Cameroun et les Établissements de l’Inde et de l’Océanie. Mais il a échoué dans un coup de main à Dakar pour amener l’Afrique-Occidentale française à faire sécession, elle aussi (24 sept. 1940).

Le gouvernement de Vichy.  

Le gouvernement de Vichy, par contre, a rompu les relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne au lendemain de l’agression de Mers-el-Kébir (la marine britannique avait essayé de couler la flotte française pour s’assurer qu’elle ne serait pas cédée aux Allemands ou prise par eux, après que l’Amiral Gensoul eut refusé les propositions anglaises de repli hors des eaux territoriales françaises). Vichy élabore des plans avec l’occupant pour reconquérir les territoires d’Afrique dissidents et dénonce la « perfide Albion », grande dévoratrice d’empires coloniaux en perdition. Ses dirigeants sont convaincus que l’Allemagne a gagné la guerre et qu’il est réaliste de s’adapter à un état de choses qu’on ne peut pas changer.

La France traverse alors une période extrêmement difficile. Elle est coupée en quatre zones de statuts différents, entre lesquelles des lignes de démarcation élèvent des barrières malaisément franchissables. L’occupant a annexé purement et simplement les trois départements alsaciens-lorrains ; il a créé des zones interdites dans le Nord et dans l’Est ; il régente la zone occupée à sa guise ; il impose à la France le paiement d’une indemnité d’occupation exorbitante.
 
La zone sud est théoriquement libre. Le gouvernement de Vichy y prend des mesures inspirées par la « Révolution nationale » qui entend mettre la France à sa place dans « l’ordre nouveau » fasciste tout en respectant l’originalité française : lois d’exception contre les Juifs, les francs-maçons ; création de la Légion des combattants ; institution d’un régime dictatorial ; amour du Maréchal « qui a fait, à 82 ans, don de sa personne à la France ». Toutefois, un certain pluralisme est maintenu : il n’existe ni parti unique ni embrigadement des jeunes dans un seul mouvement. Une régionalisation, l’instauration d’un système économique corporatif, le rôle de l’Église catholique, la place faite à la famille, le retour des « notables » donnent à la « Révolution nationale » le visage de la réaction française traditionnelle.
 
Les Français, dans les deux zones, commencent à manquer de nourriture, de vêtements, de moyens de chauffage, et à ne plus pouvoir circuler. Pour s’informer, ils écoutent la radio britannique ; des tracts, puis des journaux clandestins, circulent contre l’occupant et le régime nouveau ; des dépôts d’armes sont constitués par l’armée de l’armistice ; des groupes de résistants se créent, en relations avec les Anglais ou avec la France libre ; des renseignements d’intérêt militaire sont transmis aux Anglais ; des manifestations de foule ont lieu dès le 11 novembre 1940 à Paris, comme celle des étudiants devant l’Arc de triomphe de l’Étoile. Les sabotages se multiplient contre les installations allemandes ; des attentats ont lieu contre des soldats allemands.

Sabotage. 

Un membre de la Résistance française en train de placer une charge explosive sur une voie ferrée, en 1944. De nombreux actes de sabotage, notamment contre les installations ferroviaires, furent commis au moment du débarquement en Normandie pour gêner les manœuvres des Allemands. 
 
La guerre en Afrique et au Moyen-Orient.  

Churchill essaie d’écarter le péril de la Grande-Bretagne en portant la guerre en Afrique. Il y envoie le peu de chars dont il dispose. Une armée impériale s’équipe en Égypte, avec des Australiens, des Néo-Zélandais, des Indiens. Après avoir évacué la Somalie britannique, les Anglais prennent l’offensive en Libye contre les Italiens ; le 22 décembre, ils parviennent à Tobrouk et la prennent. Les Allemands doivent envoyer à leur secours l’Afrikakorps, commandé par Erwin Rommel. La Luftwaffe s’installe en Sicile pour bombarder Malte et interdire la Méditerranée aux convois vers Suez. Mais la Royal Navy attaque victorieusement la flotte italienne à Tarente et au cap Matapan. Cependant, Rommel a pu reprendre l’offensive, faire refluer les Anglais, mais il échoue devant Tobrouk. Les Anglais l’emportent sur d’autres théâtres ; ils reprennent la Somalie britannique, s’emparent de la Somalie italienne et de l’Érythrée et chassent les Italiens d’Éthiopie, où ils rétablissent le Négus (avr. 1941). Au Sahara, Leclerc, parti du Tchad, mène des raids audacieux et couronnés de succès contre les oasis de Koufra (févr.-mars 1941).

Les Italiens de Benghazi

Les ressortissants italiens de Benghazi, en Libye, assistent au passage des troupes britanniques et australiennes. La deuxième plus grande base navale de Mussolini en Afrique vient de tomber aux mains des Alliés, en février 1941. En Irak, une révolte antibritannique échoue ; le gouvernement de Vichy ayant autorisé des avions allemands à se poser en Syrie, Anglais et Français libres pénètrent dans le territoire sous mandat français ; après des combats fratricides, la Syrie et le Liban se rallient à la France libre, non sans que de grosses difficultés aient été longtemps suscitées par les Anglais.

La campagne de Yougoslavie et de Grèce.  

Dans le nouveau partage du monde, plusieurs territoires des empires coloniaux français et anglais, devaient revenir à l’Italie. Impatient de conquêtes, Mussolini envahit de surcroît la Grèce à partir de l’Albanie, sans avoir prévenu Hitler (oct. 1940) ; Mais les Italiens sont repoussés par les Grecs qui, à leur tour, envahissent l’Albanie. Du coup, les plans de Hitler en Méditerranée deviennent caducs. Il est contraint de voler au secours de Mussolini en Europe également. La Wehrmacht prend position en Bulgarie ; le gouvernement yougoslave ayant refusé de signer le pacte tripartite, elle envahit la Yougoslavie. En dix jours, les armées yougoslaves sont détruites (8-18 avr. 1941) Et la Yougoslavie est dépecée. Cependant, un colonel serbe, Draza Mihajlovic continue la guerre avec ses tchetniks dans les montagnes de la vieille Serbie, que les troupes de l’Axe n’ont que faiblement occupées.

 L’Albanie vaincue

Lors de l’invasion de l’Albanie par les troupes italiennes, en avril 1939, des paysans et des soldats albanais tentent de gagner la frontière afin de trouver refuge en Yougoslavie. Sur leur lancée, les Allemands occupent la Grèce, et le drapeau à croix gammée flotte sur l’Acropole. Puis la Crète est prise lors de la première grande opération parachutée de la guerre (fin mai 1941). À la fin du printemps de 1941, les Anglais n’ont pas réussi à reprendre pied durablement sur le continent : leur tentative pour aider les Grecs est un échec total. Ils n’ont pas réussi non plus à faire entrer l’empire français dans la guerre. Mais ils ont desserré l’étau, ouvert un second front en Afrique, et leur propre résistance encourage la résistance clandestine naissante, dans les pays occupés.

Les positions des pays de l’Axe et des Alliés dans le bassin méditerranéen.. 
 
Surtout, la Grande-Bretagne n’est plus tout à fait seule, en raison de l’évolution des États-Unis sous l’impulsion de Roosevelt, réélu en novembre 1940. Après avoir cédé cinquante destroyers aux Anglais et établi la conscription militaire, les Américains accordent aux Anglais le bénéfice de la loi du prêt-bail, qui autorise la cession de matériel de guerre en « location » (mars 1941), c’est-à-dire sans bourse déliée pour l’acheteur. En avril 1941, Churchill et Roosevelt signent la charte de l’Atlantique, par laquelle ils ne reconnaissent pas les conquêtes des puissances de l’Axe. Surtout, de nombreux signes montrent que la carte de la guerre s’est déplacée en Europe centrale et orientale ; c’est dans cette direction désormais que vont s’exercer les initiatives hitlériennes.

Bien que l’U.R.S.S. exécute scrupuleusement, au bénéfice de l’Allemagne, les clauses économiques du pacte germano-russe, Hitler a décidé de la bouter hors de l’Europe avant de se retourner vers la Grande-Bretagne pour l’explication finale. Le 21 juin 1941, sans déclaration de guerre, la Wehrmacht attaque l’Armée rouge. Hitler espère ainsi donner à l’Allemagne, comme il l’a écrit dans Mein Kampf, son « espace vital » dans la direction tracée autrefois par les chevaliers Teutoniques. Il désire enfin s’assurer les matières premières et les produits alimentaires - pétrole et blé - qui manquent par nature à l’économie allemande.  
Joseph Staline s’est garanti diplomatiquement contre un second front en Asie, par la signature d’un pacte de non-agression avec le Japon (avril 1941) ; malgré les avertissements qui lui sont venus de Benes et de Churchill, l’attaque allemande le surprend ; une grande partie des avions russes est détruite au sol dès le premier jour. Désorientée, l’Armée rouge bat en retraite en perdant une énorme quantité de matériel et des centaines de milliers d’hommes, tués ou faits prisonniers, mais l’immensité du pays, le front s’étire sur 1 800 km, lui donnera le moyen de ne pas être anéantie, de se reprendre et de se réorganiser.

Les offensives et avancées allemandes sur le front russe, de 1941 à la capitulation allemande à Stalingrad le 2 février 1943. La Wehrmacht, qui comprendra progressivement des contingents plus ou moins volontaires de tous les pays occupés, attaque en trois groupes d’armées commandés au nord par Von Leeb, au centre par Von Bock, au sud par Von Rundstedt. En tout, 180 divisions sont lancées à l’attaque, dont 25 divisions blindées. Se joignent à elle des armées finlandaises et roumaines et, un peu plus tard, hongroises et italiennes. Aux 3 000 avions modernes de la Luftwaffe, les Russes opposent 4 000 avions anciens.

Le général allemand Fedor von Bock (1880-1945) commande les troupes qui envahissent l’Autriche, en 1938, puis s’illustre en Pologne en 1939. Il conquiert l’Europe de l’Ouest en 1940 ; En juin, il entre dans Paris. 
 
Le groupe d’armées du nord s’empare des pays baltes et entreprend le siège de Leningrad, le groupe du centre, après avoir encerclé des armées russes à Bialystok et à Minsk, arrive à Smolensk en août. En octobre, il n’est plus qu’à 100 km de Moscou. Il ne peut amorcer une offensive estimée décisive contre les défenses de la ville que le 16 novembre. En novembre, la résistance soviétique l’oblige à s’arrêter, puis à reculer, enfin à s’immobiliser dans ses quartiers d’hiver, alors que les troupes sont mal protégées contre le froid. Le groupe du sud, après une grande bataille entre le Bug et le Dniepr, s’empare de l’Ukraine et du bassin industriel du Donetz. Odessa, Kiev, Kharkov sont pris, le Don et la mer d’Azov atteints ; la Crimée occupée jusqu’à Sébastopol. Ainsi, à la fin de l’année 1941, si Moscou n’a pas été pris, le gouvernement soviétique a dû quitter la capitale. Les territoires les plus riches de l’U.R.S.S. sont occupés et dévastés ; un mouvement autonomiste est à craindre, en Ukraine surtout. Un immense matériel a été perdu, 1 500 000 hommes faits prisonniers. Cependant l’U.R.S.S. n’est pas battue décisivement ; l’Armée rouge n’a pas été détruite ; des usines entières et des populations ouvrières ont pu être repliées vers l’Oural. Staline a repris la tactique de Koutousov contre Napoléon, la « terre brûlée ». Les récoltes sont incendiées, les usines et les barrages détruits. Dès ce moment, la guerre soviétique devient une guerre populaire, favorisée par les mesures d’extermination des cadres politiques et administratifs prises par les S.S., ainsi que celle des Juifs. Menacée dans son existence, la population se groupe derrière son gouvernement. Il est clair cependant que l’U.R.S.S. aura besoin de matériel et d’armes ; des convois, britanniques d’abord, américains ensuite, commencent à sillonner les mers arctiques vers Mourmansk, ou l’océan Indien à destination de l’Iran, que Russes et Anglais ont occupé d’un commun accord à cette fin.

L’agression japonaise à Pearl Harbor. 

Au même moment, sans déclaration de guerre, l’aviation et la flotte japonaises ont détruit la flotte américaine du Pacifique à Pearl Harbor, à 6 000 km de Yokohama (7 décembre 1941). Les États-Unis sont surpris car ils n’y étaient absolument pas préparés, mais ils entreprennent aussitôt de convertir une grande partie de leur industrie, qui va faire d’eux l’arsenal de la coalition contre l’Axe. L’agression japonaise a comme effet de galvaniser une véritable unanimité nationale derrière le président Roosevelt, qui déclare : « La guerre nazie est une répugnante affaire. Nous ne voulions pas y entrer ; mais nous y sommes et nous allons combattre avec toutes nos ressources ! »

« En 1941, le Japon mène depuis déjà dix ans une politique d’expansion impérialiste. Après avoir imposé l’État satellite du Mandchoukouo en 1931, il a entamé la conquête de la Chine en 1937. En 1940, la défaite française lui permet de pénétrer en Indochine et de prendre la Thaïlande sous sa protection. Les Indes néerlandaises, les colonies britanniques de Hong Kong et de Singapour sont à sa merci. C’est dans ce contexte que le Japon attaque.  
En attendant, le Japon se rend maître de l’Extrême-Orient. Il prend Hong Kong et entreprend la conquête de la Birmanie, qu’il achève entre janvier et mai 1942. Cependant, l’armée japonaise ne pousse pas son avance en direction de l’Inde. Par l’Indochine et le Siam, elle envahit la Malaisie et s’empare de Singapour (févr. 1942). Poursuivant sa progression vers le nord de la Birmanie, la 33e division d’infanterie japonaise atteint les champs pétrolifères de la Burma Oil Company et s’apprête à encercler le corps expéditionnaire allié du général Slim (le Burma Corps). Après l’occupation par la marine japonaise des îlots d’importance stratégique dans le Pacifique, l’Indonésie hollandaise est conquise, et la résistance américaine réduite dans les Philippines après le siège de Corregidor (avr. 1942). Ainsi les Blancs ont-ils perdu la face en Asie ; les empires coloniaux anglais, français, hollandais et américain sont disloqués. D’un coup, le Japon a conquis les matières premières dont son économie avait besoin. Les Japonais ont débarqué dans l’île néerlandaise de Java, le 28 février 1942 ; dès le 8 mars, les Néerlandais capitulent. Le drapeau américain est descendu par les soldats japonais après la chute de Corregidor, Philippines, en mai 1942 et la défaite des Américains. 
 
Le Japon entreprend d’organiser la Grande Asie sous sa domination. Après avoir encouragé les nationalismes indigènes contre les puissances coloniales, il tend à se substituer à celles-ci et à exploiter à son profit les territoires occupés. D’autre part, toutes ses conquêtes ont été faites sans aucun lien avec la guerre que l’Allemagne mène en U.R.S.S. ; elles se sont arrêtées aux lisières de l’Australie sans avoir pu l’attaquer. Les territoires occupés sont si éloignés les uns des autres que la marine japonaise, disséminée dans le Pacifique, navigue en convois mal protégés, proies faciles pour les sous-marins américains.

L’offensive allemande en U.R.S.S. (printemps 1942)  

En U.R.S.S., l’hiver de 1941 à 1942 avait permis à l’Armée rouge de marquer quelques points, notamment devant Moscou, où les Allemands reculèrent de 200 km, et dans la presqu’île de Kertch (Crimée) qui fut reprise par les Russes ; ceux-ci réussirent à ravitailler Leningrad par le lac Ladoga, mais non à la dégager. La Wehrmacht avait beaucoup souffert de l’hiver ; les radiateurs des chars éclataient faute d’antigel et les cantonnements étaient rares.
 
Au printemps de 1942, pourtant, l’armée allemande garde la supériorité. Elle reprend l’offensive avec une stratégie nouvelle, adaptée aux dimensions croissantes du territoire à conquérir à l’est. L’enveloppement et le débordement des armées ennemies sont abandonnées. Des groupes autonomes, disposant de blindés, avions, artillerie, infanterie, ateliers de réparation, ravitaillement, ont mission d’attaquer sur des fronts réduits, mais d’intérêt capital, et d’y forcer la décision. Les Soviétiques commencent à être équipés d’un armement nouveau, notamment en tanks et en avions chasseurs de chars ; mais leur production est encore insuffisante. La principale attaque allemande est lancée vers le sud, une fois brisée une contre-offensive russe autour de Kharkov (Ukraine). Après avoir isolé et pris Sébastopol (Crimée), la Wehrmacht lance, le 28 juin, une grande offensive, de Voronej à la mer Noire ; l’objectif est d’atteindre la Volga et les puits de pétrole du Caucase. Au nord, la bataille de Voronej s’achève pratiquement en juillet ; au centre, von Bock atteint le Don et lance ses troupes vers Stalingrad, pour couper l’artère indispensable à l’économie russe, la Volga ; au sud, les troupes allemandes s’emparent de Sébastopol et de Rostov sur le Don et foncent dans la steppe du Kouban vers le Caucase ; en septembre, le drapeau à croix gammée flotte sur le mont Elbrouz, son point culminant.
 
Staline appelle ses alliés à l’aide et réclame l’ouverture d’un second front. Du 12 au 15 août, il confère à Moscou avec Churchill et l’ambassadeur américain Harriman, représentant de Roosevelt ; c’est la première tentative des trois alliés pour harmoniser leurs combats. Le 19 août, pour rappeler la possibilité d’un front occidental, des unités anglo-canadiennes effectuent un raid sur Dieppe. Surtout, pour rassembler toutes les énergies et faciliter l’union nationale, Staline, qui a pris en main tous les pouvoirs, y compris l’armée, abandonne apparemment les buts révolutionnaires de l’U.R.S.S. Il dissout le Komintern, rétablit la liberté religieuse et demande à tous les partis communistes de s’allier à leurs adversaires de la veille dans des « Fronts nationaux » formés contre l’Allemagne. Au début de septembre s’engage la bataille décisive de Stalingrad. Inférieurs encore en aviation et en troupes motorisées, les Russes utilisent des chars lourds et des barrages d’artillerie. L’hiver arrive ; on se bat dans Stalingrad, dont la conquête prend, de part et d’autre, la valeur d’un symbole. Hitler donne au général Paulus, qui voulait décrocher, l’ordre de demeurer sur place ; mais son armée, avancée en pointe vers l’est, offre dangereusement ses flancs à des contre-attaques adverses, d’autant plus que les Russes concentrent des troupes de part et d’autre du saillant de Stalingrad ; ils ont également conservé des têtes de pont sur la rive droite.

Stalingrad. 

La statue d’un Lénine conquérant demeure debout au centre de Stalingrad bombardée, en 1942. Une fois encore, la Wehrmacht a remporté d’immenses succès ; mais elle n’a pas atteint totalement ses gigantesques objectifs. Son front est dangereusement dilaté sur 2 000 km ; le ravitaillement des troupes devient de plus en plus lent et difficile. Hitler a vu trop grand. En prescrivant à la fois la prise de Stalingrad et la marche sur Bakou, il a disséminé ses forces.

Les succès de Rommel en Afrique. 

En Afrique, la situation était également très favorable aux Allemands. L’Australie avait rappelé ses divisions d’Égypte pour faire face à la menace japonaise. Au mois de mai 1942, Rommel lance une grande offensive contre le canal de Suez. Les vaisseaux du désert ne sont plus les chameaux mais les tanks. Dans la sécheresse, la poussière, les tempêtes de sable, les rencontres de blindés sont décisives comme des batailles navales. La VIII° armée britannique recule ; l’avance allemande est freinée quelques jours par le sacrifice, à Bir Hakeim, de la brigade des Forces françaises libres, commandée par le général Kœnig. Tobrouk est cependant pris sans coup férir et, à la fin du mois d’août, la route du Caire et de Suez semble ouverte aux colonnes blindées allemandes. Mais, ayant trop allongé ses lignes de ravitaillement dans le désert, Rommel doit s’arrêter à El-Alamein, ce qui permet à la VIII° armée britannique, commandée par Montgomery, de se regrouper et de s’abriter derrière des fortifications consolidées.

Dans les airs, les Allemands conservent la supériorité. Certes, leur aviation étant surtout engagée en U.R.S.S., la Grande-Bretagne bénéficie d’un peu de répit, et même, contredisant les promesses de Göring, les bombardiers anglais jettent chaque nuit des bombes sur les villes allemandes. Un corps de la Luftwaffe, basé en Sicile, bombarde sans trêve Malte qui reçoit 20 000 t de bombes d’avril à juin 1942 et qui ne peut plus être défendue ni ravitaillée. Comme les batailles d’Afrique restent secondaires pour Hitler, il abandonne l’idée, un moment envisagé, de s’en emparer.
 
Dans l’Atlantique, l’offensive sous-marine allemande avait failli remporter des victoires décisives dans la guerre obscure des convois. Faute d’une escorte et d’une protection aérienne suffisantes, ceux-ci sont, au milieu de l’Atlantique, une proie facile pour des meutes de sous-marins, qui les guettent et les suivent dès leur départ des États-Unis ; les pétroliers ont droit à une attention particulière. De janvier à mai 1942, 300 navires sont coulés ; en 1941, 4 millions de tonnes ont été perdues pour les Alliés - 690 000 pour le seul mois de juin - ; 8 millions de tonnes sont perdues en 1942.
 
La course qui se livre entre la production et la destruction s’effectue en deux sens : construction de sous-marins par l’Allemagne et destruction de ces sous-marins par les Alliés ; construction de navires marchands par les Alliés et destruction de ces navires par les sous-marins allemands. Peu à peu les convois alliés sont mieux défendus ; le radar permet de détecter les sous-marins, la grenade sous-marine de les attaquer, les avions à long rayon d’action de les repérer ; de grands porte-avions sillonnent tout l’Atlantique ; de plus petits protègent les convois. La recherche scientifique prend ainsi de plus en plus d’importance. Des deux côtés, on commence à rechercher l’« arme absolue », la bombe atomique, tout en améliorant sans cesse la vitesse et l’armement des avions, le blindage et la mobilité des tanks, l’armement et la motorisation de l’infanterie.

Bombe atomique de type Little Boy. 

C’est dans le cadre du projet Manhattan qu’une bombe surnommée « Little Boy » fut mise au point par l’équipe de physiciens de Juilius Robert Oppenheimer. « Little Boy » fut larguée au-dessus d’Hiroshima, le matin du 6 août 1945. Ce conflit immense et sa longue durée que laisse prévoir l’échec de l’offensive éclair de la Wehrmacht font de la guerre une guerre d’usure, qui exige et consomme un énorme matériel. La gagnera celui qui en fabriquera le plus. Aux États-Unis, 60 millions de personnes travaillent pour la guerre. Roosevelt fixe le programme de 1943 à 120 000 avions et 75 000 chars. Pour répondre à cet effort sans précédent, l’Allemagne doit mobiliser toutes les ressources des pays de l’Europe qu’elle occupe.

La « collaboration » en Europe.  

De toute façon, les victoires allemandes encouragent les tendances à la collaboration dans les pays occupés qui participent à la « croisade contre l’U.R.S.S. ». En France, le gouvernement de Vichy a offert en février 1942 à Hitler, qui a refusé, d’entrer en guerre contre l’Angleterre. Il a autorisé la levée d’une légion de volontaires français (L.V.F.) contre le bolchevisme. Pierre Laval, revenu au pouvoir en avril 1942, met l’économie française et la police de la zone sud au service des Allemands ; des agents de la Gestapo viennent donner la chasse aux résistants, plus particulièrement aux émetteurs clandestins de radio. La législation nazie antisémite est rigoureusement appliquée ; elle se traduit par des expropriations et des arrestations suivies de déportations vers les camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Le chef du gouvernement français Pierre Laval (1883-1945) et le ministre italien des Affaires étrangères Bastiani rencontrent Adolf Hitler à son quartier général, en 1943. 
 
Dans toute l’Europe, les nazis créent des groupes de collaborateurs, enrôlés dans la guerre contre l’U.R.S.S., présentée comme une croisade : Quisling en Norvège, Mussert en Hollande, De Clerk et Degrelle en Belgique, la Garde de fer en Roumanie, les Croix fléchées en Hongrie, Doriot et Déat en France, l’armée Vlassov en U.R.S.S. À l’automne de 1942, la situation des Alliés apparaît précaire sinon désespérée. Une double question se pose : les États-Unis auront-ils le temps de lever et d’équiper des armées, de fabriquer le matériel de guerre nécessaire à toute la coalition ? Les trois grands Alliés, que les événements ont rassemblé, mais que séparent des divergences idéologiques et des vues différentes sur les buts de guerre, sauront-ils coordonner leurs politiques et leurs stratégies ?

Le débarquement américain en Afrique du Nord.  

Les relations entre Anglo-Saxons et Soviétiques, sans être mauvaises, ne sont pas bonnes. Staline réclame à cor et à cri l’ouverture d’un second front, Churchill ne peut répondre que par l’offre d’une alliance conclue pour vingt ans. Pour soulager l’U.R.S.S., pour préparer aussi l’attaque en tenailles du continent européen, les Américains, qui ont commencé à envoyer des troupes en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord, débarquent en Afrique du Nord française le 8 novembre 1942. Ils espéraient être reçus à bras ouverts par les autorités vichyssoises locales ; ils le sont à coups de canon. Préparé par une petite équipe de résistants, le débarquement réussit cependant sans grand mal. Mais, faute de moyens suffisants, faute de hardiesse aussi, il se limite au Maroc et à l’Algérie. Les Allemands peuvent occuper la Tunisie, que le gouvernement de Vichy leur abandonne : ainsi l’Afrikakorps conserve ses liaisons avec l’Italie.

En Algérie, pressés de mettre fin aux combats, les Américains ont reconnu l’autorité de fait de l’amiral Darlan, un des responsables de la collaboration à Vichy, venu à Alger par hasard. C’est le début d’un long imbroglio politique, marqué par une rupture entre les Américains, suivis des Anglais, et le général de Gaulle, qu’approuve la Résistance clandestine. L’assassinat de Darlan et son remplacement par le général Giraud n’améliorent guère les choses. La législation et les hommes de Vichy demeurent en place en Afrique du Nord.
 
Cependant, une armée française très démunie a repris le combat en Tunisie, tandis que le général Leclerc lance des attaques hardies, à partir du Tibesti, contre les oasis de Mourzouk, enlevées en janvier 1943. Le général Philippe de Hauteclocque dit Leclerc (1902-1947), participe à la campagne de Tunisie, en 1943. Il sera bientôt chargé de la formation et du commandement de la 2e division blindée. À peu près au même moment, l’entrevue des généraux Giraud et de Gaulle à Anfa, point de départ de laborieuses négociations, laisse envisager une fusion de tous les Français engagés dans le combat ; l’arrivée du général de Gaulle à Alger et la constitution du Comité français de Libération nationale consacrent cette fusion.

Le général Charles de Gaulle (1890-1970), président du gouvernement provisoire de la République française, s’adresse à l’Assemblée nationale installée à Alger, le 18 juin 1944.

En France, l’occupation de la zone sud est la conséquence du débarquement américain. L’armée française de l’armistice est dissoute, la flotte se saborde à Toulon le 27 novembre, pour ne pas tomber aux mains des Allemands, après avoir refusé de rallier les ports d’Afrique du Nord. Désormais toute la France connaît le même régime d’occupation ; le mythe du « Maréchal, sauveur du pays » par la « Révolution nationale », prend fin. Il ne reste aux Français que deux chemins où s’engager : celui de la collaboration où s’enlise une minorité ; Celui de la Résistance, derrière le général de Gaulle, qu’emprunte un nombre croissant d’entre eux.

El-Alamein, Midway et Guadalcanal. 

En Libye, Montgomery a minutieusement préparé la contre-attaque de la VIIIe armée, qui est désormais la mieux équipée en tanks et en avions. Menacé à l’ouest, courant le risque d’être emprisonné en Afrique, Rommel bat en retraite, après avoir subi à El-Alamein un sévère échec (3 nov. 1942). Il évacue la Tripolitaine, perdant 500 chars et 45 000 prisonniers, et arrive à la frontière de la Tunisie en janvier 1943. Tandis que les troupes françaises d’Afrique du Nord contiennent les Allemands sur la frontière algéro-tunisienne, la VIIIe armée, à laquelle Leclerc a agrégé sa colonne, reprend l’offensive en mars. Au mois de mai 1943, Tunis est atteint ; 200 000 Italo-Allemands sont faits prisonniers ; il n’y a plus de soldats de l’Axe en Afrique ; la liberté de navigation est rétablie pour les convois alliés en Méditerranée ; l’Italie, où les défaites désorientent l’opinion et minent le régime fasciste, s’offre aux coups des Alliés, de leur aviation d’abord.

Dans le Pacifique, les Japonais ne progressent plus. Leur flotte a échoué en juin 1942 devant Midway, où les porte-avions américains ont remporté leur première victoire navale. Dans le Pacifique Sud, après sept mois de durs combats sur terre, dans les airs et sur mer, les Japonais doivent évacuer Guadalcanal.

La bataille de Stalingrad.  

Toutefois, c’est à Stalingrad, sur le front russe, que les Allemands subissent leur plus grave échec, en plein hiver. L’offensive soviétique est lancée de part et d’autre du saillant de Stalingrad, de Voronej vers le sud-est, du sud vers le nord-ouest. De nuit, sur la Volga gelée, les Russes ont transporté des troupes qui, après cinq jours de combat, bousculent Italiens et Roumains et, le 23 novembre, encerclent dans Stalingrad la VI° armée de Paulus, à qui les ordres impératifs de Hitler ont interdit tout recul, voire toute manœuvre. En vain une armée commandée par Von Manstein essaie de délivrer la VI° armée que la Luftwaffe ne peut pas ravitailler. Le 10 janvier 1943 commence l’ultime attaque soviétique, un canon tous les vingt mètres : après vingt jours de combat, le 2 février, Paulus se rend ; les Allemands ont perdu 400 000 hommes, dont 140 000 prisonniers, à la limite de l’épuisement. Hitler, responsable de l’échec, accable, de son mépris Paulus qui, dit-il, « n’a pas su franchir le seuil de l’immortalité ». Les avant-gardes russes, reprenant à leur profit la stratégie allemande, débordent par la mer d’Azov les troupes allemandes engagées vers le Caucase, qui reculent pour n’être pas prises dans le piège. L’Armée rouge reconquiert Koursk, Bielgorod, Kharkov, Rostov. Au printemps de 1943, les Allemands sont repliés au-delà de leurs bases de départ du printemps de 1942. Ils entreprennent alors leur troisième grande offensive annuelle, les beaux jours revenus : pour la première fois elle est limitée, géographiquement, au secteur de Koursk, et se brise sur les défenses soviétiques. La situation a changé : ce sont les Allemands désormais qui prennent à leur compte la tactique jusque-là employée par les Russes, celle du plus faible, qui essaie d’enrayer l’avance de l’adversaire sans pouvoir l’arrêter.
 
Fort habilement, la propagande soviétique exploite les défaites allemandes et le désarroi de la Wehrmacht. Jusqu’alors, Hitler a imposé ses vues aux généraux allemands, et le succès lui a donné raison après coup. Stalingrad porte un rude coup à son prestige. Staline institue un Comité de l’Allemagne libre, auquel participent des officiers. Paulus lui-même donnera son adhésion en mai 1944. Ainsi commence la rupture entre l’armée allemande et le Führer, quelques chefs militaires commençant à se demander si celui-ci n’est pas un fléau pour l’Allemagne.

La guerre du matériel.  

L’arsenal américain fabrique à plein régime. Non seulement les Américains équipent et entraînent une armée d’un type entièrement nouveau, selon les méthodes de la grande industrie, dans laquelle la logistique joue le rôle capital, mais leurs envois de matériel de guerre en Grande-Bretagne, en Afrique et en U.R.S.S ne cessent d’augmenter. Pour commencer, en juin 1943, un tournant se dessine dans la bataille de l’Atlantique ; pour la première fois, le tonnage construit par les Alliés est supérieur au tonnage détruit par les Allemands ; les chantiers navals allemands sortent moins de sous-marins que les Alliés n’en coulent. La victoire a choisi son camp dans la guerre du matériel. Première conséquence de cet état de choses : la supériorité alliée dans les airs. Des bombardiers de plus en plus nombreux, chargés d’explosifs de plus en plus puissants, auxquels l’aviation et la D.C.A. allemandes opposent une résistance qui va se réduisant, arrosent de bombes, toutes les nuits, les villes allemandes, italiennes et aussi - un contresens psychologique - des villes de pays occupés. Dans le Pacifique, les porte-avions américains vont détruire progressivement la flotte japonaise.
 
L’Allemagne pourra être attaquée désormais à la fois de l’ouest, de l’est et du sud. Elle l’est également, dans une « forteresse Europe » trop vaste pour être efficacement défendue, par une Résistance clandestine de plus en plus nombreuse, active et diversifiée. La Résistance est née d’un réflexe de xénophobie ; mais la brutalité du comportement de l’occupant l’a accélérée et amplifiée. Si, dans les débuts, les populations des territoires de l’Europe occidentale eurent droit à quelques égards, les exigences du conflit généralisèrent un système de terreur et d’oppression.

Le sort des Juifs.

Les Juifs en furent les principales victimes. La propagande nazie présentait le Juif comme un germe de corruption des sociétés humaines, à l’origine aussi bien du capitalisme que du communisme, et toujours étranger au pays qui l’héberge. Dans toute l’Europe, les Juifs sont l’objet de mesures vexatoires et discriminatoires. Obligés de porter l’insigne distinctif de l’étoile jaune (l’étoile de David), ils se voient interdire l’accès des lieux publics ; Ils sont en mêmes temps, exclus de la fonction publique et des professions libérales, leurs biens sont confisqués, cette immense dépossession étant camouflée sous le vocable d’ « aryanisation ». Surtout, Hitler estime que le moment est favorable pour appliquer la « solution finale » du problème juif - autre euphémisme pour désigner l’extermination des Juifs, confiée aux S.S. d’Heinrich Himmler. Dans toute l’Europe des rafles monstres ont lieu. Comme du bétail, hommes, femmes et enfants juifs sont parqués dans des lieux d’hébergement improvisés - tels que le Vélodrome d’hiver à Paris - avec la complicité plus ou moins active des autorités des pays occupés.

Rafle du Vél’ d’Hiv’

Comme unique document de cette rafle honteuse « décidé » par Bousquet « l’ami du Président Mitterrand » une photographie connu de l’événement, cette vue du vélodrome d’Hiver montre des autobus réquisitionnés par la préfecture de police de Paris pour le regroupement, avant leur déportation, des familles juives arrêtées lors de la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942. D’abord internés dans des camps ouverts à leur intention, comme Pithiviers en France ou dans des ghettos devenus des prisons coupées de tout contact avec l’extérieur, comme en Pologne ou en Lituanie, les Juifs sont astreints au travail forcé et soumis à des conditions d’existence de plus en plus dures. Puis ils sont progressivement envoyés vers les lieux d’extermination, à Auschwitz-Birkenau notamment, où les attendent chambres à gaz et fours crématoires. On estime à six millions le nombre de Juifs victimes du nazisme.

La Résistance en Europe.

Très souvent, l’impitoyable rigueur du sort des Juifs a provoqué l’indignation et suscité la solidarité. En France, de hauts dignitaires des Églises élèvent une protestation ; des groupements se créent pour sauver les malheureux, surtout les enfants. Cet éveil de la conscience a été parfois à l’origine de la Résistance. Elle a consisté d’abord en diffusion de tracts et de journaux clandestins, guerre psychologique contre la propagande ennemie ; la contre-propagande était assortie de collecte de renseignements pour les Alliés, d’aide aux aviateurs tombés en parachute, de sabotages de portée limitée. On a recensé en France plus de 1 100 journaux clandestins, quelques-uns tirant à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Des réseaux d’évasion conduisaient de Belgique en Espagne, à travers les Pyrénées, Juifs, résistants menacés, prisonniers de guerre évadés, aviateurs alliés.

Les communistes, désireux de répondre à l’appel de Staline et d’aider l’U.R.S.S. en difficulté, appliquent dans toute l’Europe occupée une autre tactique dite « d’action immédiate » et « d’action des masses », par attentats contre les collaborateurs et les soldats de la Wehrmacht, grèves et manifestations de foules, destruction du potentiel économique pouvant, être utilisé par l’occupant, création de « maquis » ruraux et urbains. Ce dynamisme, joint au langage patriotique qu’ils adoptent désormais, fait, des communistes les incontestables animateurs de la Résistance, et souvent ses chefs.

En U.R.S.S., dans les zones occupées par la Wehrmacht, existent des unités de guérilla ravitaillées et dirigées par l’Armée rouge ; elles constituent l’avant-garde des unités régulières au cours de leur progression. En Yougoslavie, le communiste Tito (de son vrai nom Josip Broz), par son action inlassable, s’impose aux Alliés au détriment de Mihajlovic, jugé trop attentiste. Dès le mois de juin 1943, la Yougoslavie constitue un véritable théâtre d’opérations où l’Allemagne doit engager plus de 100 000 hommes. Il en est de même en Grèce ; mais les rivalités, qui évoluent parfois en luttes ouvertes, entre les résistants communistes et les autres y font le jeu des occupants.

En Pologne, où n’a pas existé de groupe de collaboration, la population est unanime dans l’hostilité à l’occupant ; elle tend à le devenir dans les autres pays à mesure que l’occupant, désireux de combler les vides que la guerre multiplie dans ses armées et dans sa main-d’œuvre ouvrière, organise le service du travail obligatoire, minotaure à la voracité illimitée. Dans tous les pays, des milliers d’hommes jeunes, réfractaires à la réquisition, fuient les villes et se réfugient dans les campagnes, dans les montagnes surtout, où ils deviennent disponibles pour une guérilla généralisée. Les groupements de Résistance les aident et les regroupent de façon à transformer ce gibier traqué en combattants résolus.

La Résistance se manifeste même dans les pays de l’Axe. En Italie, des grèves éclatent à Turin, Milan et Gênes, en mars 1943. En Allemagne, ce sont les opposants allemands - catholiques, protestants, socialistes, objecteurs de conscience, communistes - qui remplissent les premiers camps de concentration (Buchenwald, Dachau, Ravensbrück) ; dans la troupe, les cas de mutineries se multiplient. La Gestapo découvre un réseau de renseignements prosoviétique dans l’administration allemande à la fin de 1942.

Dans les pays qui se sont rangés sous la bannière nazie - Roumanie, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie, les communistes savent attiser le mécontentement provoqué par la guerre contre l’U.R.S.S. De nombreuses désertions se produisent dans les unités sur le front. En France, la Résistance, d’abord spontanée, est peu à peu encadrée et dirigée par la France libre. Jean Moulin, délégué du général de Gaulle, unifie les mouvements de zone sud, constitue une armée secrète unique, dote la Résistance de services communs de transmissions et de parachutage, crée enfin en mai 1943 le Conseil national de la Résistance, qui groupe toutes les tendances de l’opinion publique et dont la première manifestation est le vote d’une motion de fidélité au général de Gaulle.

La Résistance ne pouvait que harceler l’ennemi, sans le battre. Il est incontestable d’autre part que, livrée à elle-même, elle était condamnée progressivement à s’éteindre. Aussi bien les grands Alliés - les Anglais surtout - ont-ils armé et ravitaillé les groupes de résistants, mais ils ne l’ont fait qu’avec beaucoup de réticences et après de nombreuses hésitations. Ils se méfiaient d’une activité dont la direction leur échappait et dont ils redoutaient les engagements inconsidérés. Par suite, ils n’ont pas pleinement tiré parti de cette « cinquième colonne » que le comportement nazi leur avait en quelque sorte offerte.

Résistance française. 

La résistance intérieure française à l’occupation allemande s’organisa rapidement en maquis régionaux. Des maquisards de Haute-Loire s’initient au maniement des armes qui leur ont été parachutées par les forces alliées. 

Le débarquement en Normandie.  
Les préparatifs du débarquement en Normandie avaient commencé à la fin de 1943 : construction de péniches de débarquement et d’éléments de ports préfabriqués ; étude des problèmes posés par le ravitaillement, avec construction d’un oléoduc ; concentration et entraînement des troupes, élaboration d’un plan à la fois extrêmement complexe et soigneusement minuté ; destruction par l’aviation des voies ferrées, ponts, canaux et moyens de transport ; encadrement et armement des Forces françaises de l’intérieur par des équipes d’officiers spécialisés dites « Jedburgh » ; intensification du « renseignement » pour prendre la mesure des défenses allemandes.

Le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944 et la bataille de Normandie de juin à août 1944. 
  
Retardée une première fois en raison du mauvais temps, les bateaux déjà partis étant obligés de tourner en rond sur place, l’opération est fixée au 6 juin, bien que les conditions météorologiques ne se soient pas améliorées. Dans la nuit, des hommes-grenouilles viennent cisailler les barbelés posés par les Allemands dans la mer ; à 2 heures, les troupes aéroportées sont lâchées ; à 3 heures commence le bombardement aérien, à 5 h 50 le bombardement naval ; à 6 h 30, les premières troupes d’assaut et les chars prennent pied sur les plages. À la tombée du premier jour, 10 divisions ont débarqué, avec armes et bagages.

Du 6 au 12 juin, la tête de pont s’affermit ; Bayeux, Isigny et Carentan sont libérés. Les Allemands, qui ont adopté un système de défense sans profondeur, sont dans l’impossibilité d’amener en temps utile leur masse de réserve, massée pour la majeure partie en face du pas de Calais ; les bombardements alliés et les sabotages des résistants en sont la cause. Glissant vers l’ouest, l’armée américaine s’empare de Cherbourg le 27 juin ; les Anglais se heurtent à une énergique défense allemande devant Caen, qui n’est enlevée que le 9 juillet. La percée du front allemand est effectuée à Avranches le 31 juillet. Les troupes allemandes se replient vers l’est, évacuant tout l’ouest de la France. À son quartier général, Hitler échappe de peu à un attentat, et Berlin à un putsch de généraux. Sans attendre que le succès soit affermi, le général de Gaulle est venu à Bayeux pour affirmer que le gouvernement provisoire de la République est le gouvernement de la France. Il a installé un commissaire de la République en Normandie et un sous-préfet à Bayeux. Puis il fait son entrée le 26 août dans Paris, libéré par l’insurrection des F.F.I. (Forces françaises de l’intérieur) et le secours de la 2e D.B. (division blindée) de Leclerc.

Le débarquement en Provence.  

Le 15 août a eu lieu en Provence le deuxième débarquement allié. Cette opération a été longtemps refusée par Churchill, qui préconisait une poussée à partir de l’Italie en direction des Balkans, appelés curieusement par lui « le ventre mou de l’Europe ». Les Américains refusèrent le plan de Churchill, et le corps de débarquement, sous le haut commandement de sir Maitland Wilson, comprenant la Ire armée française commandée par Jean de Lattre de Tassigny, fut prélevé sur les armées combattant en Italie. L’armada partit de Naples, Tarente, Malte, Oran et Ajaccio.

Dans la nuit du 14 au 15, les commandos immobilisent les batteries de la côte. Au lever du jour, les formations aéroportées sont lâchées au nord des Maures. Puis les premières vagues d’assaut américaines s’emparent rapidement des régions de Saint-Tropez, Sainte-Maxime et Saint-Raphaël. Le lendemain débarquent trois divisions françaises qui marchent sur Toulon. Le 18 août, le commandant allemand ordonne la retraite. Le 28 août, les garnisons allemandes de Toulon et Marseille déposent les armes.

Il était temps que les armées lancent ensemble l’assaut final. Les Allemands ont mis en effet au point des armes nouvelles dont Hitler espère un retournement de situation en sa faveur.

Les armes nouvelles.  

À partir du printemps de 1944, leurs sous-marins sont équipés du tube schnorchel, qui permet d’employer les moteurs Diesel en plongée, autorisant ainsi des croisières quasi illimitées, tout en rendant le radar inutile et l’avion inefficace. Les sous-marins électriques permettront de reprendre la guerre des convois. Pour permettre leur construction, Hitler fixe des unités de la Wehrmacht sur les rives de la Baltique. Les avions à réaction auraient pu redonner la suprématie dans les airs à la chasse allemande si Hitler n’avait pas hésité entre plusieurs prototypes et accordé sa préférence à la construction de bombardiers capables de rendre aux Alliés les coups que leurs « forteresses volantes » portaient aux villes et à l’économie du Reich.

Les armes secrètes allemandes. 

Dans une Allemagne écrasée sous les bombardements alliés, les ingénieurs du III° Reich ont travaillé à la mise au point de nouvelles armes. Si la plupart n’ont pas dépassé le stade de prototype, certaines, ont été employés à la fin du conflit. Sur le plan aéronautique, l’Allemagne nazie bénéficie d’une avance technologique notable, en particulier dans le domaine de la propulsion à réaction. Beaucoup plus prometteuse était l’utilisation des avions-fusées, V1 et V2. Ils commencent à tomber sur Londres le 13 juin 1944 et provoquent des pertes supérieures à celles des bombardements de 1940-1941.

Bombardements de Dresde. 

Maîtresse du ciel, l’aviation britannique et américaine soumet l’Allemagne à des bombardements massifs dont l’objectif est autant psychologique que militaire. La nuit du 13 au 14 février 1945, plusieurs raids aériens détruisent Dresde. Ces bombardements anéantissent les armes secrètes allemandes avant qu’elles produisent leur plein effet : les sous-marins électriques ne pourront plus prendre la mer ; les avions à réaction seront incendiés sur leurs longues pistes d’envol aisément repérables ; la plupart des bombes volantes, trop hâtivement fabriquées, manqueront leur but ; l’essence fera défaut pour entraîner les pilotes et les parachutistes seront jetés au combat sans instruction suffisante.

L’Allemagne occupée à l’ouest.

Contrairement aux suggestions britanniques de tenter une percée au nord, Eisenhower a décidé de livrer bataille sur toute la rive gauche du Rhin pour la nettoyer complètement et réserver le choix de la manœuvre pour lancer l’ultime attaque au-delà du Rhin. Il va, à peu d’intervalle, engager : au nord de la Ruhr, le groupe d’armées anglo-canadien de Montgomery ; entre la Ruhr et la Moselle, le groupe d’armées américain de Bradley ; entre la Moselle, la Sarre et le Rhin, le groupe d’armées franco-américain de Devers. Le prélude est joué par la 1er armée française qui, avec de Lattre de Tassigny en plein hiver, libère la haute Alsace, dans une campagne de dix-huit jours (20 janv.-7 févr. 1945).
 
Eisenhower n’a pas attendu la fin de la campagne pour lancer sa grande offensive sur l’ensemble du front, avec 90 divisions, dont 25 blindés et 6 aéroportées, 6 000 chars et la suprématie totale dans le ciel. En face, Von Rundstedt a 65 divisions incomplètes et 1 000 chars pour tenir, sans esprit de recul, un front de 750 km. Le 8 février, l’offensive est lancée contre la ligne Siegfried, le long de la Meuse. La première armée canadienne part de Nimègue malgré le terrain inondé et parvient jusqu’à Clèves. L’attaque sur la Roer est retardée par les inondations provoquées par les Allemands qui ont détruit les digues. Mais, fin février, le front du Rhin inférieur, devant la Ruhr, est aux mains des Alliés. Comme toujours, Hitler a ordonné de se battre sur place jusqu’au bout. Les ponts sur le Rhin sautent les uns après les autres avant que les Américains arrivent ; sauf à Remagen, où les Américains parviennent le 7 mars à 15 h 50, alors que le pont devait sauter à 16 h. Quand le pont est détruit par les canons, les V1 et les avions allemands, ils ont eu le temps d’en construire deux autres. Le 23 mars, la tête de pont a 40 km de profondeur.
 
Cet événement heureux oriente la stratégie d’Eisenhower. La principale avance alliée s’effectue par le centre de l’Allemagne : les fleuves y sont plus étroits et plus faciles à traverser. Cette attaque principale est flanquée de deux axes de progression : au nord vers la Baltique, au sud vers la Bavière et l’Autriche, pour empêcher Hitler d’installer dans les Alpes un dernier réduit de résistance, comme il semble qu’il en ait l’intention. Selon le plan prévu, le 24 mars, sous les yeux de Churchill, qui s’est aventuré sur le Rhin à proximité des lignes ennemies, deux divisions aéroportées sont larguées, non derrière, mais sur les positions ennemies. La surprise est totale. Trois têtes-de-pont sont, à l’aube, déjà installées au-delà du Rhin, que les chars amphibies ont traversé par leurs propres moyens.
 
Tandis que les Canadiens se tournent vers l’ouest pour isoler l’armée allemande de Hollande, les Anglais peuvent commencer leur avance vers l’Elbe ; le 28 mars, la tête de pont est large de 55 km, à l’est de Wesel. Auparavant, George Patton a atteint le Rhin « au pas de course », pris Coblence, débouché vers Mayence, comme ses instructions le lui commandaient. Le 23 mars, il passe le fleuve à Oppenheim. Plus au sud, la VII° armée américaine et la Ire armée française ont brisé les dernières résistances allemandes et franchi le Rhin le 26 mars à Gernsheim et le 31 mars près de Karlsruhe, qui tombe le 4 avril. La Ire armée avance alors dans la Forêt Noire. À cette date, la Ruhr est complètement encerclée par les Ire et IX° armées américaines. La densité des habitations peut exiger une véritable guerre de siège, qui risque de durer longtemps. Mais les troupes allemandes se désorganisent peu à peu ; en dépit de quelques points de résistance, la guerre a perdu toute envergure à l’ouest. La citadelle de la Ruhr est progressivement réduite par le nord, l’est et le sud. Le 17 avril, tout est consommé ; 320 000 prisonniers sont capturés, dont 29 généraux.

L’offensive alliée sur la Ruhr, au printemps de 1945, entraîna des redditions massives au sein de la Wehrmacht, faisant sauter la dernière ligne défensive allemande sur le front ouest. L’accès au cœur de l’Allemagne était désormais ouvert. Désormais, l’avance alliée au cœur de l’Allemagne s’effectue d’un seul élan. Au nord, vers Brême, Hambourg et, au-delà, Lübeck, Montgomery cherche à atteindre la Baltique pour couper les armées allemandes de Hollande, du Danemark et de Norvège. Dans le plan d’Eisenhower, c’est aux armées de Bradley qu’est dévolue, au centre, la tâche principale. Délaissant Berlin qu’il estime sans intérêt militaire, car il refuse de voir quelle importance politique et morale aurait sa prise par les Anglo-Saxons, il a fixé pour objectif à Bradley la jonction au plus court avec les Russes. L’Elbe est ainsi atteinte à Magdeburg le 13 avril.
 
Plus au sud, les Américains ont infléchi leur marche entre le Main et le Neckar. Nuremberg est prise le 19 avril, le Danube franchi le 25 avril ; Munich tombe le 2 mai. Le 4 mai, Leclerc et la 2e D.B. entrent à Berchtesgaden et dans le nid d’aigle de Hitler. Plus au sud enfin, après avoir encerclé Stuttgart, la Ire armée française atteint la frontière suisse, encercle 40 000 Waffen S.S. dans la Forêt Noire, entre à Ulm le 24 avril, faisant en tout 150 000 prisonniers.

L’offensive alliée en Italie.

En Italie, les généraux Alexander et Clark disposent de 25 divisions cosmopolites : Américains, Anglais, Néo-Zélandais, Polonais, Juifs, Brésiliens et Italiens. En face, Kesselring commande à des forces à peu près équivalentes, appuyées par les miliciens de la république fasciste de Mussolini. Pendant tout l’hiver se sont livrés des combats contre les maquis de résistants italiens dans les Alpes. Le général Harold Alexander (1891-1969) est commandant en chef des troupes alliées en Italie, en 1944. Il recevra le titre de comte Alexander of Tunis, en 1952, pour ses brillants états de services en Afrique de Nord, notamment en Tunisie. Le 9 avril, l’attaque alliée commence ; après une semaine de lutte, l’opposition allemande faiblit. Les Alliés débouchent de l’Apennin dans la plaine ; Bologne est prise le 22 avril, le Pô franchi le 24, Vérone enlevée le 26. Un soulèvement généralisé des résistants italiens dans les villes livre aux Alliés Mantoue, Parme, Gênes le 27 avril (où les partisans font 4 000 prisonniers), Milan le 29. Le 1er mai, les Américains entrent à Turin, les Français à Coni. Le 2 mai, les Néo-Zélandais font leur jonction à Trieste avec les partisans de Tito ; mais, des deux côtés, on se fige vite dans une attitude hostile. Tito entend conserver la ville, que les Anglo-Saxons ont promis de laisser à l’Italie.

L’Europe orientale aux mains des Russes

À l’est, en décembre 1944, les Russes ont encerclé Memel ; ils sont entrés dans les pays baltes, atteignent le Niemen, puis le Narew et la Vistule, au nord de Varsovie. Leur supériorité est écrasante : 400 divisions contre 170 aux Allemands, 7 000 chars contre 3 500 ; la supériorité soviétique est surtout écrasante en artillerie qui compte 43 divisions et de nombreuses unités indépendantes ; 26 000 canons seront rassemblés uniquement en Prusse-Orientale, à raison de 200 par kilomètre sur les secteurs où la percée est recherchée. Et, pour arrêter l’Armée rouge, il n’y a nulle part de fortification L’offensive commence le 12 janvier. Au nord, Bagramyan entre à Memel le 28 janvier. À sa gauche, Tcherniakhovski, né en 1906, jeune maréchal de trente-huit ans, prend Tilsit et fonce sur Kœnigsberg. Hitler s’enferme alors dans son bunker de Berlin pour diriger la bataille ; il n’en sortira plus. Auparavant il avait déclaré à Guderian : « Vous y croyez, vous, à l’offensive soviétique ? C’est le plus grand bluff depuis Gengis Khan. »
 
Rokossovski, à partir du Narew, progresse de 35 km en trois jours. Le 19 janvier, il est aux limites de la Prusse-Orientale. Il atteint la Baltique le 3 mars, encerclant 250 000 Allemands dans la poche de Elbing. Dantzig capitule le 29 mars ; le 26 avril, Rokossovski est à Stettin. Né en Pologne, Konstantin Rokossovski (1896-1968) s’engage dans l’Armée rouge en 1918. Il est nommé en 1944 maréchal de l’Union soviétique. À partir de têtes de pont sur la Vistule Joukov tourne Varsovie, qui est prise le 17 janvier. Le 19, il entre à Lodz et avance alors de 50 km par jour ; il pénètre en Poméranie, atteint la Baltique le 5 mars à Kolberg et pousse vers l’estuaire de l’Oder. Koniev, parti de Sandomir le 14 janvier, fait 100 km en quatre jours ; quand Joukov s’arrête, Staline fait progresser Koniev vers Breslau au nord-ouest : encerclée le 22 février, la ville tiendra jusqu’en mai, ainsi que certaines positions allemandes dans l’estuaire de la Vistule. Mais la haute Silésie, la seule région industrielle préservée des bombardements, est perdue pour les Allemands. Sur les fronts d’Ukraine, tandis que Yeremenko avance assez difficilement en Slovaquie, Malinovski par le sud et Tolboukhine remontant depuis la Drave ont encerclé Budapest, qui tombe le 13 février. Hitler prélève des unités sur le front de Berlin pour les donner à l’offensive que tente, en mars, le général S.S. Dietrich ; après quelques succès, obus et carburant manquant, les Allemands sont stoppés.

La chute de Berlin et la capitulation allemande. 

Le 16 avril, Berlin est attaquée par l’aviation soviétique. Hitler lance l’ordre du jour : sauver Berlin, pas de retraite, l’ennemi sera écrasé. Mais Joukov, Koniev et Rokossovski disposent de 180 divisions, 41 000 canons, 6 300 chars, sur un front de 400 km. Joukov attaque dans le secteur de Kustrin le 12 avril, Koniev au sud de la Neisse. Enrayée les premiers jours, l’attaque réussit au sud ; le 19 avril, malgré l’engagement de ses derniers blindés, la IXe armée allemande est disloquée ; Joukov arrive à 20 km de Berlin, dont l’encerclement s’esquisse par le nord et par le sud. Hitler interdit tout décrochage, pour anéantir l’ennemi. Le 21 avril, Joukov est dans la banlieue est de Berlin ; Koniev remonte vers le nord-ouest ; le 24 avril, Berlin est complètement encerclée. Voronov dispose alors 25 000 canons autour de la ville, 600 au kilomètre ; 25 000 t d’obus tombent sur la ville. La bataille de rues a commencé ; les Russes disposent de chars avec échelles pour pouvoir tirer derrière les barricades. Hitler, qui ne règne plus que sur les quelques mètres carrés d’une cellule souterraine éclairée par quatre chandelles, se suicide le 30 avril. Le 2 mai, le général Weidling rend à Tchouikov, le défenseur de Stalingrad, les 70 000 derniers survivants de Berlin. Dans les rues de Berlin, lors des derniers jours de la guerre, en mai 1945, les fantassins russes progressent lentement. Ils utilisent des armes automatiques, fusil-mitrailleur et mitraillette. 
 
Evgueni Khaldeï, Le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, 2 mai 1945, tirage argentique. Alors que s’achève la bataille de Berlin, le photographe soviétique fixe une image historique, qui fera le tour du monde. En vain Churchill, qu’inquiète le comportement de Staline en Pologne et en Roumanie, insiste-t-il pour que les Américains, qui sont entrés en Tchécoslovaquie, marchent sur Prague, dont ils sont plus proches que les Russes. Sur l’avis de Staline, Eisenhower fait reculer ses troupes et, après Vienne et Berlin, l’Armée rouge fait son entrée dans Prague soulevée : toute l’Europe centrale et orientale sera soumise à l’influence soviétique. Dans ces conditions, la jonction entre les armées anglo-américaines et russes, que Hitler voyait comme le point de départ d’hostilités ouvertes, s’est effectuée dans la joie et l’amitié à Torgau sur l’Elbe, puis dans le Mecklembourg et tout le long de leur ligne de rencontre. Le 25 avril 1945, quelques jours après la prise de Berlin par l’Armée rouge, les troupes américaines et soviétiques se rejoignent près de Torgau, sur l’Elbe.

La capitulation allemande est donc totale et sans conditions, comme la conférence d’Anfa l’avait prévu. À Caserte, von Vietinghoff a signé le 29 avril devant Alexander une reddition des troupes d’Italie, devenue effective le 2 mai, tandis que le corps de Mussolini, tué après avoir été capturé, est exposé à Milan à des crocs de boucherie. Le 4 mai, à Lünebourg, Montgomery reçoit la reddition des armées allemandes du Danemark, des îles Frisonnes et de la Hollande. Le 7 mai, Eisenhower reçoit à Reims celle du général Jodl. Le 8 mai (le 9 pour les Russes), la cérémonie est répétée par Keitel, plein de morgue, devant Joukov à Berlin, de Lattre signant pour la France, après que Keitel, stupéfait, eut lancé : « Des Français, c’est un comble !  » Le maréchal britannique Montgomery (1887-1976) signe l’acte de capitulation de l’Allemagne, en mai 1945. Un gigantesque feu d’artifice est tiré à Moscou le 9 mai 1945 pour célébrer la fin de la Seconde Guerre mondiale et la victoire.

La défaite du Japon.  

À l’automne de 1944, le Japon, depuis l’été de 1943, est sur la défensive. Il se maintient certes encore sur ses positions en Chine et dans les territoires conquis depuis Pearl Harbor. Mais, outre qu’il commence à avoir de mauvais rapports avec les populations et qu’il est parfois attaqué par des résistants, surtout aux Philippines, il a perdu un grand nombre des bases qui en protégeaient les accès. Surtout, plus qu’en Europe, en raison des immenses distances, la guerre du Pacifique est une guerre industrielle, et la production de guerre japonaise pèse peu devant l’énorme puissance économique américaine. La flotte japonaise a été régulièrement battue depuis Midway ; enfin, à partir des Mariannes, les îles japonaises sont de plus en plus fréquemment bombardées par les raids des forteresses volantes. Le Japon cherche, dans la tradition nationale des samurais et du hara-kiri, une arme d’un autre âge ; il suscite une sorte de chevalerie par l’institution des pilotes-suicide, les kamikazes, qui se jettent, avec leur avion chargé d’explosifs ou sur des bombes planantes, sur les navires ennemis. Malgré leurs efforts et les nombreux coups au but, ils n’ont pas empêché la flotte américaine de détruire, à Leyte (Philippines), en trois combats de quelques heures les 23 et 25 octobre, la majeure partie des navires de guerre qui restaient au Japon, au cours de la plus grande et de la plus décisive bataille navale de tous les temps. Des kamikazes, pilotes-suicide japonais. Ils ont pour mission de s’écraser avec leur avion chargé d’explosifs sur le pont des navires de guerre américains. Avant leur départ vers une mort certaine, ils nouent toujours sur eux un ruban honorifique. Les troupes américaines débarquent sur l’île de Leyte, aux Philippines, en 1944, pendant la guerre du Pacifique. 
 
La reconquête de la Birmanie. 

Quatre directions avaient été envisagées par l’état-major américain pour atteindre Tokyo. La plus courte, à partir des îles Aléoutiennes, fut écartée en raison des conditions climatiques polaires. La plus longue, par le sud-ouest, avait la prédilection des Britanniques qui, avec lord Louis Mountbatten, assuraient le commandement sur ce théâtre d’opérations. La condition préalable était de conquérir la Birmanie à partir de l’Inde, en coopération autant que possible avec les armées plus ou moins disciplinées de Tchang Kaï-chek, et la flotte aérienne américaine qui le soutenait. À partir de novembre 1944, les troupes sino-américaines du général Sultan ont un peu progressé vers le sud, par l’Irrawaddy, et rétabli la liaison terrestre entre la Chine et l’Inde par l’Assam.
 
 En février 1945, les unités indo-britanniques du général Slim pénètrent en Birmanie centrale, prennent Mandalay le 20 mars, descendent le long des monts Arakan. Le 2 mai, un débarquement a lieu à l’embouchure de l’Irrawaddy et Rangoon est prise le 3. Au milieu de mai, les Japonais n’occupent plus que quelques secteurs montagneux ; beaucoup se sont réfugiés au Siam. Mais la guerre dans cette région demeure secondaire. Les Britanniques ne disposeront jamais des moyens nécessaires pour la stratégie qu’ils préconisent - une seule armée est étalée sur 1 000 km, et les Américains se désintéressent d’une zone où ils soupçonnent leurs partenaires d’arrière-pensées colonialistes. Pour atteindre directement le Japon, les Américains, jusqu’à la fin de 1944, ont hésité entre l’attaque de Formose, préconisée par l’amiral Nimitz, et la reconquête des Philippines exigée par MacArthur qui en fait un problème d’honneur personnel. Ce qu’on sait de la faiblesse des Japonais aux Philippines et, par contre, des redoutables défenses de Formose, fait pencher la décision en faveur de MacArthur.

Le commandant des forces alliées en Extrême-Orient, Douglas MacArthur (1880-1964), débarque avec ses troupes dans le golfe de Lingayen, aux Philippines, en 1945. Fidèle à son engagement de revenir, il reprend toutes les positions japonaises.  Celui-ci débarque à Leyte en octobre 1944, pour y établir une base aéronavale qui commande l’ensemble de l’archipel philippin ; la campagne fut très pénible, en raison des pluies qui détruisirent routes et aérodromes hâtivement construits et qui empêchèrent la supériorité aérienne américaine de s’affirmer. En janvier 1945, les Américains ont cependant débarqué 275 000 hommes dans l’île, prêts à attaquer dans tout l’archipel.
 
 MacArthur débarque alors dans Luçon, avec succès, malgré les attaques des kamikazes. De là, il marche sur Manille qui, atteinte le 23 février, n’est définitivement conquise que le 3 mars, tandis que des forces amphibies débarquent dans tout l’archipel philippin. Puis, la presqu’île de Bataan est coupée. Arrosée de bombes pendant un mois, l’île de Corregidor est prise au début de mars. Les Japonais se sont battus, comme toujours, avec acharnement, perdant 7 000 prisonniers épuisés pour 31 000 tués ; dans Corregidor, certains se sont fait sauter dans les tunnels où ils étaient enfermés. Des Philippines, les Américains bondissent en février 1945 sur Iwoshima (Iwo Jima), îlot de lave et de sable, à 1 400 km de Hondo (Honshu), de façon à entreposer et ravitailler les bombardiers B-29 partis des Philippines ou des Mariannes. Les combats durent jusqu’en avril.
 
 À cette date, après avoir pensé à un débarquement sur la côte chinoise, les Américains mettent pied à Okinawa. Les Japonais abrités dans des tranchées creusées dans le roc volcanique, d’où ils ne seront délogés que par des explosifs lancés de près, des coups au but de l’artillerie et par les lance-flammes, s’y battent jusqu’au 2 juillet ; Ils y perdent leur dernier cuirassé géant, 110 000 tués dont plus de 1 000 kamikazes, et 7 000 prisonniers. Le Japon est écrasé sous les bombes. Tokyo est bombardé chaque jour. Du 17 au 18 juillet, six attaques de 1 500 avions chacune sont lancées contre les arsenaux, usines et habitations de Osaka, Yokohama et Kure. Mais la caste militaire ne veut pas entendre parler de capitulation : au début d’août, l’amiral Onishi, inventeur des kamikaze, envisage froidement la mort de vingt millions de Japonais.

La capitulation japonaise

Harry Truman décide alors l’emploi de la bombe atomique, dont la première vient d’exploser dans le Nouveau-Mexique le 16 juillet. Une bombe est jetée sur Hiroshima le 6 août, une deuxième sur Nagasaki le 9 août. L’empereur Hiro-Hito impose alors son autorité et le Japon, le 15 août, accepte l’ultimatum, lancé à Potsdam, d’une capitulation sans conditions. Le champignon atomique au-dessus de Nagasaki après le lancement de la deuxième bombe nucléaire à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 9 août 1945. La ville de Nagasaki en ruines après le largage, par les Américains, de la seconde bombe atomique sur le Japon, le 9 août 1945. 
 
Hiroshima et la capitulation du Japon, 1945. 

Le 6 août 1945, un bombardier américain largue la première bombe atomique de l’histoire sur la ville de Hiroshima, au Japon. Une seconde bombe A est lancée sur Nagasaki le 9 août. Les deux cités sont entièrement détruites ; quelque 150 000 personnes sont tuées sur le coup. Ce chiffre s’amplifiera dans les années qui suivent ces bombardements. 
 
Trois mois après la capitulation allemande, la défaite japonaise est totale, alors que les calculs les plus optimistes prévoyaient dix-huit mois pour la préparation d’un débarquement et un million de pertes humaines pour sa réalisation. En raison des distances, les redditions japonaises seront échelonnées sur plus d’un mois. Leclerc, pour la France, signera la principale à bord du Missouri, en rade de Tokyo (2 sept. 1945). Tant bien que mal, avant que la guerre ait pris fin, l’après-guerre a fait l’objet d’accords difficiles entre les Alliés, masquant mal des désaccords de plus en plus profonds. À Potsdam, fin juillet et début août 1945, où Clement Attlee a remplacé Churchill battu aux élections, sont fixées les réparations dues par l’Allemagne et délimitées les zones d’occupation. Celle de la France est découpée dans les zones anglaise et américaine. Berlin doit être administrée par les quatre commandants en chef ; on espère ainsi rendre durable l’accord du temps de guerre.

Conférence de Potsdam, 1945. La réunion des Trois Grands, à lieu à Potsdam, en juillet 1945 : Winston Churchill (1874-1965), Harry Truman (1884-1972) et Staline (1879-1953).  Préparée à Dumbarton Oaks dès octobre 1944, mise au point à San Francisco entre le 25 avril et le 26 juin 1945, la charte de l’Organisation des Nations unies, qui prend la place de la Société des Nations, est signée par les délégués de cinquante nations. D’autres organismes internationaux ont été prévus pour ravitailler les populations des régions dévastées, pour recueillir les millions de personnes déplacées, pour éviter les crises économiques.

Jamais conflit n’a causé tant de ruines ; des villes innombrables ont marqué de leur martyre les étapes du conflit : Varsovie, Rotterdam, Coventry, Saint-Lô, Lidice, Berlin, Dresde, Hiroshima, pour n’en citer que quelques-unes. Des pays, prospères naguère, connaissent la famine, comme les Pays-Bas. La guerre a fait au moins quarante millions de morts en Europe.

Les nazis ont accumulé les crimes ; la conférence de Potsdam a décidé l’institution d’un tribunal international pour juger les criminels ; au banc des accusés prendront place les principaux dirigeants du III° Reich, sauf Himmler qui a échappé, par le suicide, au châtiment.

Conclusion.

Lors de la signature du traité de Versailles en 1919, il était stipulé que l’Allemagne ne pourrait à l’avenir, disposer que d’une armée de terre de cent mille hommes maximum. Hors les vainqueurs de la terrible guerre de 1914, ont eu un comportement de lâches, faisant preuve d’inconscience face aux dirigeants de l’Allemagne vaincu. Les démocraties occidentales sont les véritables responsables de l’arrivée au pouvoir des nazis et du monstre Hitler.

1919-1933 = 14 ans ou la durée de deux mandats Présidentiel Français. 14 ans pour permettre à Hitler d’accéder démocratiquement au pouvoir + 6 ans pour avoir l’armée la plus puissante du monde.

1919-1939 = 20 ans pour permettre aux « casques à pointes » de renouveler « l’exploit dramatique » vécu dès 1914. Ce sont les hommes et les femmes qui ont gouverné la France de 1919 à 1939 qui sont justiciables de ce massacre.

Qui sont les traîtres ? Des politiciens minables, incapables, responsables de la guerre la plus monstrueuse que notre planète ait connu.

Ce sont les responsables politiques des démocraties Européennes qui auraient du être jugés pour HAUTE TRAHISON.

Face aux armées Nazis qui étaient aux portes de Paris les politiciens Français ; Le Président de la République en tête, courrait plus vite que les armées Arabes faces à l’armée d’Israël (lors de la guerre des six jours), pour quitter Paris, la « Queue » entre les jambes, trouvant un gîte à Bordeaux. Quel courage !

Ils avaient de la mémoire les responsables politiques Français ; Ils se sont rappelé qu’à Madrid, ils avaient nommé un Ambassadeur auprès du Général Franco, un Ambassadeur de 82 ans ; Vainqueur de la bataille de Verdun : « Philippe Pétain. »  En moins de deux, les députés ont fait de ce vieillard le Chef d’une France en déroute.

La suite ; la collaboration, le massacre d’un Peuple ; le peuple Juif. 6 Millions de citoyens d’Europe, gazés et pour finir 6 millions d’enfants, de femmes et d’hommes disparaissant dans des fours crématoires.

Qui sont les responsables ? C’est à vous cher internaute de vous faire votre opinion.

Répondre à cet article