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La Russie et l’Euro.

Dimanche 4 juillet 2010 // Le Monde

Le gouvernement russe n’ignore pas que la crise de l’euro est d’une gravité extrême. Il tente actuellement de prévoir les conséquences de cette crise sur l’économie du pays et sur le rouble.

La crise de la zone euro n’est plus au centre de l’actualité depuis l’annonce du plan d’aide à la Grèce. Pourtant, l’épreuve est loin d’être terminée. La Grèce continue de vivre sous la menace des spéculateurs, de même que l’Espagne et le Portugal. L’Italie n’est pas non plus à l’abri d’une offensive. Sans trop se soucier de ses statuts, la Banque centrale européenne tente de sauver les banques - surtout françaises et espagnoles qui ont engrangé trop d’obligations émises par des États en mauvaise posture. La tendance à la baisse de l’euro, inquiète les Etats-Unis, qui savent que la monnaie européenne est le dernier rempart du dollar et que ce dernier finira par être durement attaqué en raison de la montagne de dettes (publiques et privées) qui écrase le pouvoir fédéral, les États américains et la population durement frappée par le chômage.

Le gouvernement russe n’est pas moins préoccupé par la crise de l’euro, car il entretient de fortes relations économiques avec l’Europe de l’Ouest. À Moscou, on estime que l’Union européenne est à l’agonie et qu’il importe de développer les relations économiques bilatérales avec la France et l’Allemagne tout particulièrement. Mais l’incertitude demeure quant aux conséquences d’un éclatement de la zone euro.

Ce doute peut surprendre : à Francfort et Bruxelles, à Berlin et à Paris, les voix officielles nous assurent qu’a n’y a pas péril en la demeure. Ces propos rassurants font partie de la stratégie de défense de l’euro, pourtant le point de vue des autorités russes est à prendre en compte, car elles sont neutres : elles n’ont ni à défendre la zone euro nia l’attaquer, même si Vladimir Poutine appelle officiellement au maintien de la monnaie européenne. Mais il n’ignore rien des analyses des spécialistes russes. Comme beaucoup de leurs collègues français, ceux-ci observent que le plan de soutien de 750 milliards d’euros est en grande partie (440 milliards) garanti par des États fortement endettés : insuffisant en cas d’une attaque contre plusieurs pays, le plan est une annonce à effets psychologiques qui aurait beaucoup de mal à se concrétiser.

D’où, à Moscou, l’étude attentive de plusieurs scénarios de crise : zone euro réduite à l’Allemagne et aux nations du Nord après sortie de tous les pays du sud ; passage à une monnaie commune ; retour chaotique à des monnaies nationales. Sans même envisager la disparition de la monnaie européenne, une forte baisse de l’euro aurait des conséquences négatives pour la Russie, car ses fortes réserves de change (450 milliards de dollars) sont libellées à 40% en euros. Sur le plan commercial, les exportations de gaz russes, qui sont payées en euros, perdraient de leur valeur.

Cependant, les entreprises russes fortement endettées en euros auraient tout avantage à une chute de la monnaie européenne et elles pourraient acheter à meilleur compte des firmes européennes et des équipements qui sont nécessaires à la modernisation de l’industrie russe.

Ces perspectives positives et négatives sont à inscrire dans le problème général de la réforme du système monétaire international. Cette réforme n’est pas engagée, un nouveau système n’a pas encore été couché sur le papier, mais les Russes, comme les Chinois, ont pris les devants en réduisant leurs réserves en dollars. Cependant le débat demeure, au sein du pouvoir politique, entre ceux qui pensent qu’il n’y a pas d’alternative au dollar et ceux qui souhaiteraient à l’instar du président Medvedev que le rouble devienne une monnaie de réserve pour un certain nombre de pays situés dans la zone d’influence de la Russie.

Nul ne sait comment ces débats très complexes seront tranchés. Mais le fait est que les gouvernements russe et chinois étudient des scénarios d’avenir alors que les Etats-Unis, l’Union européenne et la zone euro sont sur la défensive.

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