La Hongrie. Un des vrais gagnants du G20 …

Mercredi 20 mai 2009, par Pierre Marie GALLOIS // Le Monde

Bingo pour le Fonds monétaire international qui voit ses ressources tripler, à 750 milliards de dollars.

Ne « prêtant » qu’aux riches, le G20 l’a autorisé à émettre des droits de tirage spéciaux (DTS) pour 250 milliards de dollars et à vendre de l’or pour aider les pays mal en point…

Au total, ces mesures représenteront avec les effets multiplicateurs du crédit un pactole de 5000 milliards de dollars…

Le Fonds est donc au cœur de la « réforme » des institutions financières souhaitées par le G20.

Et il gagne en pouvoir. A conditions de ne pas trop dénoncer le fond du système…

C’est au G20 que revient la charge de porter secours aux pays de l’Union européenne en grandes difficultés.

États membres de l’union européenne

La croissance de bien des pays dits de l’Est a été assurée à coups d’emprunts en « euro », souscrits auprès de banques « européennes ». Aucun de ces pays n’a veillé à appliquer la rigueur nécessaire pour que leurs devises se maintiennent face à l’ « euro ».

Et donc leurs devises ont fondu de 20 à 30%. Les banques « européennes », allemandes, italiennes, autrichiennes ou des Pays-Bas font grise mine… La Société Générale aussi qui avait fait l’acquisition d’une banque roumaine à trois fois ses fonds propres…

Mais le FMI va mettre la main à la poche… allant jusqu’à jouer le sauveur en Ukraine et devant faire de gros efforts à l’égard de la Hongrie afin que les retraités hongrois les plus défavorisés ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la « sainte crise »...

Un cas exemplaire que celui de la Hongrie !

La Hongrie a abordé les fêtes de fin d’année 2008 dans un état pitoyable :

  • un montant brut de ses emprunts extérieurs presque égal à son PIB,
  • croissance économique pratiquement au point mort.
  • fiscalité élevée et marché noir « monnaie courante »
  • Incapacité de financer leur croissance par l’épargne interne, les Hongrois ont dû emprunter à l’étranger, contractant des prêts libellés en euros, y compris les citoyens « ordinaires », pour financer leurs acquisitions immobilières, attirés alors par de faibles taux d’intérêts…
  • effondrement du forint
  • perte de toute crédibilité du gouvernement qui avouait avoir menti sur l’état de l’économie afin de remporter une élection…

De quoi, donc, permettre au FMI de rouler des mécaniques !

Du côté des pays pauvres, appelons un pauvre un pauvre, et tout particulièrement en direction de certains pays d’Afrique, le FMI se refait une nouvelle conscience.

Jadis considéré comme le fonds étrangleur qui consentait à prêter de l’argent en échange de mesures drastiques qui sacrifiaient toute mesure sociale, le FMI « nouveau » n’appelait-il pas dès le 10 mars à Dar es Salaam, les pays riches à octroyer 25 milliards de dollars pour éviter que 22 pays ne basculent dans la misère la plus « noire » ?...

Des dollars chiffons de papier… Le nouveau grand seigneur de la Gouvernance mondiale naissante peut jouer les bonnes fées…

Et de vendre 403,3 tonnes d’or prélevées sur les 3 217 tonnes qu’il détient, afin de remettre de l’ordre dans ses finances en espérant que les revenus du placement du produit de cette vente lui seront profitables. Libérez

Madoff !…

Une belle opération, in fine, pour le FMI qui n’a pipé mot face aux cris d’orfraie qui désignaient parmi les coupables de la crise pêle-mêle les « paradis fiscaux » et le secret bancaire. Au travers des « conclusions » du G20, le FMI a cautionné l’absolution donnée aux grands pays « voyous » faisant sienne la voix populiste des puissants… qui se lancent dans une relance qui repose sur de l’argent qui n’existe pas.
Ne sommes nous pas en plein rêve ?

Prochaine étape ? Rendez-vous au G20 de septembre…

La « main invisible » n’a pas trop à s’inquiéter…

Préambule du communiqué du final du G20 de Londres qui s’est terminé hier. Gordon Brown, le Président du Groupe des 20 a parlé d’un "plan global de redressement économique d’une ampleur sans précédent"

  1. « Nous, les leaders du Groupe des 20, qui se sont rencontrés le 2 Avril 2009 »
  2. Nous faisons face au plus grand défi de l’économie mondiale des temps modernes ; une crise qui s’est accentuée depuis notre dernière rencontre (Washington, 14 Novembre) ; qui affecte la vie des femmes, des hommes et des enfants dans chaque pays et qui oblige tous les pays à se regrouper pour trouver une solution. Parce qu’une crise globale nécessite une solution globale.
  3. En premier lieu, nous croyons que la prospérité est indivisible ; que la croissance doit être partagée pour être durable ; que notre plan global pour le recouvrement économique doit installer les besoins et les emplois des familles laborieuses au cœur du projet ; pas seulement dans les pays développés mais aussi dans les marchés émergents tout autant que dans les pays pauvres du monde. Et ceci doit refléter les intérêts, pas seulement de la population actuelle, mais aussi ceux des générations futures. Nous pensons que l’unique fondation sûre d’une globalisation durable et d’une prospérité évolutive pour tous réside dans une économie mondiale ouverte basée sur les principes du marché, sur une réglementation efficace et sur des institutions globales fortes.
  4. En conséquence, nous nous sommes engagés aujourd’hui à mettre en œuvre tout ce qui est nécessaire pour :
  • restaurer la confiance, la croissance et les emplois
  • réparer le système financier afin de restaurer le crédit
  • renforcer la réglementation financière pour restaurer la confiance
  • refonder et réformer nos institutions financières internationales avec pour objectif de renverser le cours de cette crise et de prévenir les crises futures
  • promouvoir le commerce mondial et l’investissement tout en rejetant le protectionnisme, soutenir la prospérité et construire une approche écologique globale permettant un redressement économique durable.
  • En agissant ensemble dans le respect de ces engagements, nous sortirons l’économie mondiale de la récession et serons en mesure de prévenir la reproduction d’une telle crise à l’avenir.

Ensemble, avec les mesures que nous avons prises chacun au plan national, ceci constitue un plan global de redressement économique d’une ampleur sans précédent.

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