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La Guinée Bissau.

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Mardi 31 janvier 2012 // L’Afrique

Pour la Niem fois, un groupe de militaires bissau-guinéens a tenté, lundi 26 décembre 2011, de changer l’ordre au sein de l’armée et du gouvernement. Il s’agit d’une tentative de coup d’état qui a été mise en échec par des soldats loyalistes. Cette fois-ci, il n’y a pas eu de président tué ni de chef d’état major général assassiné comme le 2 mars 2009. Juste un militaire qui a perdu la vie et deux autres blessés, à l’issue de la riposte des forces loyalistes dans leur opération de récupération d’armes et de munitions subtilisées pendant le coup de force.

Selon le général Antonio Indjai, nouveau chef d’état-major des forces armées, l’attaque menée a visé le siège de l’armée, dans le quartier de Bissau-Velho (Centre-Ville) et deux unités militaires dans la périphérie sud de la capitale. Les insurgés ont pu récupérer des armes stockées dans les armureries. Cette tentative de coup d’état, comme celle du lu avril 2010, a été l’oeuvre de certains gradés de l’armée. Elle s’est déroulée en l’absence du président de la République, Malam Bacaï Sanha, élu en 2009, en séjour médical en France. Parmi les personnes arrêtées, figure notamment le chef de la Marine, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto, que d’aucuns considèrent comme « le cerveau de ce soulèvement (même si) d’autres officiers ont été appréhendés dont le général Watna Na Lai, conseiller du général Indjai et ancien chef d’état-major de l’armée de terre.

José Américo Bubo Na Tchuto est une personnalité controversée depuis plusieurs années en Guinée-Bissau, son nom ayant souvent été cité dans les enquêtes sur le trafic de drogue dans le pays. En août 2008, il avait été accusé d’avoir voulu renverser le régime du président Joao Bernardo Vieira, qui a finalement été assassiné, le 2 mars 2009, par des militaires. Cela dit, le contre-amiral a, par la suite, été blanchi, en mai 2010, contre toute attente par la justice militaire. Il a longtemps été réputé proche du général Antonio Indjai. Mais depuis quelques mois, les observateurs et la presse locale ont noté une rivalité entre les deux hommes qui, pour certains, s’est traduite pendant le coup d’état du 26 décembre 2011, par la bataille entre des hommes fidèles à leurs camps. L’attaque avait été suivie d’un déploiement important de militaires en armes à travers la ville, érigeant des barrages en différents endroits et interdisant l’accès à l’état-major.

C’est l’occasion de dire que la Guinée Bissau est un pays fortement marqué par l’instabilité politique. Voisine du Sénégal, cette ancienne colonie portugaise n’a jamais joui de son indépendance acquise en 1974, à cause d’une série de coups d’état. L’armée y est très influente et le pays, dans un passé récent, a été littéralement ravagé par une guerre civile à la fin des années 1990. Aujourd’hui, il est au centre de trafics divers au point d’être considéré comme une plaque tournante de la drogue qui proviendrait d’Amérique latine. Des affaires liées à la drogue auraient, selon certains observateurs, entraîné l’assassinat, en mars 2009, du président Joao Bernardo Vieira, élu en 2005, par des militaires à Bissau, quelques heures, seulement, après celui de son chef d’état major, le général Tagmé Na Waie. Quel lien entre ces deux morts ? Sans doute ne le saura-t-on jamais, l’affaire étant hautement sensible.

On peut cependant déplorer que les pays membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), aient baissé les bras depuis quelques années, par une non-assistance de la Guinée Bissau en danger ce qui a indirectement encouragé des pratiques douteuses comme trafic de drogue et l’utilisation sans cesse du coup d’état comme un raccourci permettant l’accès au pouvoir. Ce vide provoqué par la CEDEAO a tacitement donné le feu vert à la puissante et lointaine Angola de solidifier une relation de coopération dans le domaine militaire. L’Angola, depuis quelques mois, assure la formation des unités militaires et de police bissau-guinéennes. Cette instruction se déroule aussi bien en Angola qu’en Guinée Bissau.

Malheureusement, on peut noter que la présence de ses unités d’élite sur place, n’a pas dissuadé les putschistes de l’armée nationale, de tenter leur opération. Aux premières heures du coup d’état, le premier ministre, Carlos Gomes Junior, pour sauver sa peau, s’est néanmoins réfugié à l’Ambassade d’Angola, située juste en face de son domicile, après que des militaires armés se sont rendus, aux premiers coups de feu, pour le cueillir comme un fruit mûr de son lit.

Conclusion, le problème d’instabilité de la Guinée Bissau reste entier. Il doit être posé au niveau de la CEDEAO, quitte à ce qu’un mandat spécial soit, par la suite, en fonction d’un cahier de charges bien étudié, délivré à un protecteur comme l’Angola. Les coûts occasionnés par une telle prise en charge devant être assurés non pas par le seul protecteur, mais, par l’organisation sous-régionale. On ne peut parler d’une Afrique qui se prend en main et laisser un pays comme la Guinée Bissau s’occuper seul d’un problème comme celui du narco trafic et d’une armée piquée par le virus du coup d’état qui, visiblement, dépasse ses maigres capacités d’action. Que la CEDEAO prenne ses responsabilités.

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