La Guerre du Liban vu par Marc Lemaire.

Vendredi 22 février 2008, par Marc Lemaire // Le Monde

La publication des articles ou analyses ci-dessous, ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information. L’OTAN et Israël : Instruments des guerres de l’Amérique au Moyen-Orient. Le rôle de l’OTAN sur le Théâtre de Guerre au Moyen-Orient. L’Organisation du Traité Nord Atlantique (OTAN) est devenue un instrument pour soutenir les objectifs étrangers et sécuritaires anglo-américains et franco-allemands. Bien qu’il existe des différences internes au sein de l’OTAN, les intérêts des US, de l’UE et d’Israël – qui depuis 2005 est traité comme un membre de facto de l’OTAN – sont intimement liés dans l’alliance militaire atlantique.

Deux zones au Moyen Orient ont été militarisées par des puissances étrangères : le Golfe Persique et le Levant. Pour cela, il y a eu deux phases distinctes de militarisation au Moyen Orient depuis la fin des années 70, la première étant distinctement anglo-américaine, et remontant à la guerre Irak Iran et la suivante étant un effort unifié de l’OTAN impliquant la France et l’Allemagne comme acteurs clés. Bien que le processus de militarisation au Levant ait commencé après la Seconde Guerre Mondiale avec la création d’Israël, le rôle distinct de l’OTAN dans ce processus a pris forme depuis le lancement de la « Guerre Mondiale contre le Terrorisme » en 2001. Paris et Berlin révèlent leurs fonctions dans la « Guerre Mondiale contre le Terrorisme. »

L’UE menée par la France et l’Allemagne, a effectivement soutenu la politique étrangère anglo-américaine depuis le lancement de la « Guerre Mondiale contre le Terrorisme ». La conséquence c’est l’expansion illimitée de l’OTAN au Moyen-Orient et en Asie Centrale. Il est prévu qu’à la fois l’OTAN et Israël prennent des responsabilités majeures dans les conflits régionaux à venir avec l’Iran et la Syrie , s’ils devaient éclater. C’est évident quand on observe les positionnements des troupes de l’OTAN et des navires de guerre au Moyen Orient, Afghanistan, et aux frontières à la fois de l’Iran et de la Syrie.

L’initiative de paix Arabe de 2002 : enfermer les Palestiniens à la Mecque et via une séparation entre Gaza la Cisjordanie. En ce qui concerne la Palestine, la chaîne des évènements qui seront discutés mènera finalement à Annapolis. Ces évènements ont commencé avec l’initiative Arabe de 2002 qui a été proposée par l’Arabie Saoudite à Beyrouth pendant la conférence de la Ligue Arabe au Liban. La conférence d’Annapolis a seulement été une réponse extravagante à la proposition saoudienne prudemment élaborée, qui en fait a été fournie par Londres et Washington en 2002 aux Saoudiens comme faisant partie de leur feuille de route pour le Moyen Orient. Pour comprendre où la voie tracée à Annapolis conduit les Palestiniens et le Levant, on doit aussi comprendre ce qui s’est passé en Palestine depuis 2001. Pour aboutir à Annapolis on doit reconnaître ce qui s’est passé entre le Hamas et le Fatah, la tromperie calculée du rôle de l’Arabie Saoudite dans l’Accord de la Mecque , et les objectifs à long terme de l’Amérique et de ses alliés au Moyen Orient et sur le littoral Méditerranéen.

D’abord, l’Amérique et l’UE ont réalisé que le Fatah ne représentait pas la volonté populaire de la nation palestinienne et que les autres partis politiques pourraient prendre le pouvoir d’entre les mains du Fatah. C’était un problème pour Israël, l’UE et l’Amérique car ils avaient besoin des dirigeants corrompus du Fatah pour appliquer leurs objectifs à long terme dans les territoires occupés palestiniens, l’Est Méditerranéen et le Moyen Orient. En 2005, le Département d’Etat US, la Maison Blanche , et Israël ont commencé à se préparer à la victoire du Hamas lors des élections générales palestiniennes. Alors une stratégie a été mise au point pour neutraliser non seulement le Hamas, mais toutes les formes légitimes de résistance palestinienne aux agendas étrangers qui ont maintenu en otage les palestiniens depuis la « Nakba. »

Israël, l’Amérique, et leurs alliés, qui incluaient l’UE, avaient bien conscience que le Hamas ne serait jamais partie prenante de ce que Washington programmait pour les Palestiniens et le Moyen Orient. Simplement dit, le Hamas s’opposerait au projet du « Nouveau Moyen Orient » et ce qui devrait être l’une de ses conséquences au Levant, l’Union Méditerranéenne. Pendant tout ce temps, l’initiative de Paix Arabe de 2002 a été le portail pour la matérialisation à la fois du Nouveau Moyen Orient et de l’Union Méditerranéenne. Tandis que les Saoudiens ont joué leur part dans l’initiative de l’Amérique du « Nouveau Moyen Orient », le Fatah a été manipulé, pour ne pas employer d’autres mots, afin de combattre le Hamas de sorte qu’un accord serait requis entre le Hamas et le Fatah. Cela a été fait sachant que la première réaction du Hamas en tant que parti palestinien gouvernant, serait de maintenir l’intégrité de l’unité palestinienne. C’est là que l’Arabie Saoudite entre de nouveau en scène, à travers son rôle dans l’arrangement de l’Accord de la Mecque. L’Arabie Saoudite n’a pas reconnu diplomatiquement le Hamas avant l’accord de la Mecque. L’Accord de la Mecque était un traquenard pour prendre le Hamas au piège. La trêve entre le Hamas et le Fatah, et par la suite le gouvernement d’unité palestinien établi, n’a jamais été conçu pour durer, dés le jour ou le Hamas a été trompé pour signer l’Accord de la Mecque. L’Accord de la Mecque avait été conçu à l’avance pour légitimer ce qui allait se passer ensuite, une mini guerre civile palestinienne à Gaza. C’est après la signature de l’Accord de la Mecque que des éléments au sein du Fatah et dirigés par Mohammed Dahlan (supervisé par le lieutenant général US Keith Dayton) ont reçu l’ordre des US et d’Israël de renverser le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas.

Il existait probablement deux plans en réserve, l’un dans le cas d’une victoire possible du Fatah et l’autre plan en réserve (le plus probable des deux) dans le cas d’un échec du Fatah. Ce dernier plan était une préparation de deux gouvernements palestiniens parallèles, l’un à Gaza dirigé par le premier ministre Haniyeh et le Hamas, et l’autre en Cisjordanie contrôlé par Mahmoud Abbas et le Fatah. Mahmoud Abbas et ses associés ont également appelé à la création d’un parlement palestinien parallèle en Cisjordanie, sans substance et n’en ayant que le nom. L’Accord de la Mecque autorisait effectivement le Fatah à diriger la Cisjordanie en deux coups. Puisque le gouvernement a été formé à la suite de l’Accord de la Mecque , un retrait du Fatah du gouvernement a été utilisé par le Fatah pour décrire le gouvernement dirigé par le Hamas comme illégitime. Ceci se passait alors qu’un regain de luttes à Gaza rendait de nouvelles élections palestiniennes non envisageables. Mahmoud Abbas a aussi été mis en position de pouvoir affirmer la légitimité de former sa propre administration en Cisjordanie, ce qui aurait été perçu mondialement comme ce que c’est vraiment, un régime illégal sans l’Accord. Ce n’est pas non plus une coïncidence si l’homme choisi pour diriger le gouvernement de Mahmoud Abbas le Dc Salam Fayyad, est un ancien employé de la Banque Mondiale.

Le Hamas étant effectivement neutralisé, et coupé du pouvoir en Cisjordanie, la scène était dressée pour deux choses ; des propositions pour une force militaire internationale dans les territoires palestiniens et la Conférence d’Annapolis. Le sommet de Paix d’Annapolis : annonce d’évènements encore à venir. Selon Al Jazeera, avant la conférence d’Annapolis, des accords rédigés par Mahmoud Abbas et Israël appelés. Accords de Principes, garantissaient que les palestiniens n’auront pas de force militaire quand il sera octroyé à la Cisjordanie une certaine forme d’auto détermination.

Les accords appellent également à l’intégration des économies du monde Arabe avec Israël, et le positionnement d’une force internationale, similaire à celle qu’il y a en Bosnie et au Kosovo, pour superviser l’application de ces accords dans les territoires Palestiniens. Cela devient aussi plus clair avec la révélation de cette information, pourquoi il fallait neutraliser le Hamas et légitimer Mahmoud Abbas. C’est là ou la France et la création de l’Union Méditerranéenne re-rentre en scène. Pendant des années, bien avant la « guerre Mondiale contre le Terrorisme » Paris avait appelé au déploiement d’un contingent de soldats soit de l’UE soit de l’OTAN au Liban et dans les territoires occupés palestiniens. Les gens au Moyen-Orient doivent ouvrir les yeux sur ce qui a été planifié pour leurs terres. Le 19 février 2004, Dominique de Villepin a déclaré qu’une fois que les israéliens auront quitté la bande de Gaza, des troupes étrangères pourraient être envoyées là bas et une conférence internationale pourrait légitimer leur présence comme faisant partie de la deuxième phase de la feuille de route israélo palestinienne et comme faisant partie d’une initiative pour « Le Plus Grand Moyen Orient » ou le « Nouveau Moyen Orient ». (3) Cette déclaration a été faite avant que le Hamas arrive au gouvernement et avant l’Accord de Principes de Mahmoud Abbas. Cependant cela a suivi l’initiative Arabe proposée par les Saoudiens.

Considérant les choses sous cet aspect, c’est clair que les évènements qui se passent au Moyen Orient font partie d’une feuille de route militaire avant la « Guerre Mondiale contre le Terrorisme » Cela nous amène aux propositions de Nicolas Sarkozy pour une Union Méditerranéenne. L’intégration économique de l’économie israélienne avec les économies du Monde Arabe développerait le réseau de relations mondiales qui sont étroitement tissés par les agents mondiaux du Consensus de Washington. L’initiative de paix Arabe proposée par les Saoudiens, l’Accord de Principes, et Annapolis sont toutes des étapes de la création d’une intégration économique Monde Arabe Israël, via le projet pour le « Nouveau Moyen Orient » et l’intégration de tout le pourtour Méditerranéen dans l’Union Européenne via l’Union Méditerranéenne. La présence de troupes à la fois de l’OTAN et de pays de l’UE au Liban fait aussi partie de cet objectif.

Déjà vu au Liban : Internationalisation de la Bande de Gaza par l’OTAN ?

Il y a suffisamment de preuves que la guerre israélienne de 2006 contre le Liban a été planifiée par Israël, les US et l’OTAN. Après son déploiement à l’intérieur du Liban en 2006 sous la bannière de l’UNIFIL, il était aussi prévu que l’OTAN entre dans la Bande de Gaza à un moment donné dans le futur proche. Coïncidant avec la guerre de 2006 contre le Liban, Israël devait également lancer une importante campagne contre les Palestiniens dans la Bande de Gaza. Les responsables israéliens disaient qu’après les combats entre l’armée israélienne et les palestiniens, l’OTAN serait désignée pour rentrer dans la Bande de Gaza. La Bande de Gaza était vue comme la nouvelle destination pour les « opérations de maintien de la paix » de l’OTAN par Avigdor Lieberman, l’ancien ministre des affaires stratégiques israélien (à la tête du parti d’extrême droite sioniste Israël Beitenou ndlt). Avigdor Lieberman était aussi le vice premier ministre d’Israël à cette époque.

Avigdor Lieberman a même insisté, en présence de Condoleezza Rice, et de responsables US, qu’une opération militaire contre les Palestiniens dans la Bande de Gaza était « inévitable » et que « les résultats d’une telle action devraient être l’entrée de 30 000 forces (soldats) de l’OTAN pour se déployer à Gaza » pour empêcher plus de concentration armée (palestinienne). Amir Peretz, alors qu’il occupait le poste de ministre de la défense israélien, a aussi déclaré en mars 2007, que l’armée israélienne avait l’autorisation de mener de nouvelles opérations militaires dans la Bande de Gaza. Les combats prédits par les responsables israéliens et les commandants militaires ont eu lieu, mais, pas en premier entre les israéliens et les palestiniens. Les affrontements ont eu lieu entre les Palestiniens dans Gaza et puis les Israéliens ont commencé leurs opérations. Les Israéliens ont simplement fait sous traiter leur sale boulot par des collaborateurs palestiniens dans Gaza, tels que Mohammed Dahlan. Même les Israéliens ont appelé à l’internationalisation de la situation à Gaza, comme la situation au Liban. Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah, s’est compromis en suivant le script US, israélien à la lettre.


Israël : De Facto un Bras Armé de l’OTAN.

« L’objectif diplomatique et sécuritaire d’Israël…doit être clair : rejoindre l’OTAN et entrer dans l’Union Européenne.  » Avigdor Lieberman, (ex ndlt) ministre des affaires stratégiques d’Israël.

Israël a établi un accord de coopération militaire de haut niveau avec l’OTAN. Avigdor Lieberman a déclaré qu’Israël est destiné à devenir un avant poste de l’UE et un membre effectif de l’OTAN. (7) L’ancien ministre israélien a aussi dirigé les contacts israéliens de haut niveau avec l’OTAN et le dossier de guerre contre l’Iran. Il a été impliqué avec les US et l’OTAN en ce qui concerne les préparations coordonnées contre la Syrie et l’Iran.

Depuis la création de l’état juif, Israël a été perçu comme un avant poste de ce que l’on appelle « l’Occident » et de ses intérêts au Moyen Orient et dans le Monde Arabe. Israël est un membre actif de l’ »Operation Active Endeavour in the Eastern Mediterranean” (Opération Effort Actif dans l’Est Méditerranéen) de l’OTAN. Bien qu’Israël ne soit pas un membre de l’OTAN, Israël ensemble avec la Turquie , constitue l’épine dorsale de la force de l’OTAN au Moyen Orient. La Turquie et Israël sont tous deux destinés dans le futur à jouer un rôle militaire de premier plan dans la région Méditerranéenne. A la fin de 2007, Israël a commencé à affirmer qu’il avait reçu le « feu vert » des US, de l’UE, et de leur corps militaire mutuel, l’OTAN, pour lancer une attaque contre l’Iran. Cela provoquerait l’embrasement du Moyen-Orient. L’armée israélienne s’est entraînée en continu et leurs supérieurs ont dit aux soldats israéliens de se préparer pour une « guerre totale ».

Créer des Barrières dans les territoires de Palestine : avancées calculées pour le futur ?

La Bande de Gaza a été comparée par beaucoup en Palestine et Israël à un vaste centre de détention ou prison. Les mouvements y sont restreints, les droits à la mobilité violés, et toute la zone est entourée de barrières et barbelés. Des morceaux sont également toujours occupées par l’armée israélienne et utilisés comme zones tampon. La Cisjordanie est une immense zone comparée à la Bande de Gaza. Celle-ci est aussi en taille une fraction de celle de la Cisjordanie. Elle fait environ 360 km2 au total et partage avec Israël une frontière de 51 km. La Cisjordanie d’un autre côté à une superficie totale officielle de 5.949 Km2. C’est beaucoup plus facile pour l’armée israélienne de contrôler et fermer hermétiquement la plus petite frontière de Gaza que celle de la Cisjordanie. Du point de vue du nombre de soldats israéliens et ressources humaines israéliennes, c’est la même chose. Des deux zones, c’est donc Gaza qui est la plus facile à boucler hermétiquement et à gérer.

En Cisjordanie, ce sera le Fatah avec l’aide des armées étrangères qui sera utilisé pour contenir les combattants palestiniens au cas ou une guerre plus étendue éclaterait au Moyen Orient. Le projet d’internationaliser la situation dans la Bande de Gaza et la Cisjordanie avec la présence de troupes étrangères de l’OTAN et de pays Arabes, peut aussi être vu comme faisant partie de l’effort pour créer une barrière militaire pour protéger Israël.

Gabi Ashkenazi, un général israélien, d’origine mixte bulgare et syrienne, avec une expérience de terrain au Liban où il y a supervisé la SLA , South Lebanon Army (Armée du Sud Liban) a succédé à Daniel Halutz à la tête de l’armée israélienne. Ashkénazi a été chargé de construire la barrière qu’on appelle communément le « Mur de l’Apartheid », entre la Cisjordanie et Israël. Bien qu’il ne soit pas terminé, le mur de l’Apartheid, en cas de guerre régionale, servirait à empêcher les combattants palestiniens à passer de Cisjordanie en Israël pour combattre les forces israéliennes.

Créer des barrières supplémentaires entre le Liban et Israël. L’UNIFIL post 2006 qui s’est déployée au Sud Liban après le bombardement du Liban n’est pas la même que l’UNIFIL pré 2006. C’est une entité plus robuste et prête au combat, et elle aussi peut être utilisée pour protéger Israël contre les Libanais en cas de guerre régionale lancée par Israël. Un autre point important, c’est le largage de 3 millions (voire plus) par l’armée israélienne de bombes à fragmentations, fournies par les US, dans le Sud Liban pendant la guerre de 2006 contre le Liban. Ce qui s’est révélé comme extrêmement sinistre c’est la précipitation israélienne pour saturer le Sud Liban de ces bombes à fragmentation alors que les attaques israéliennes contre le Liban tiraient à leur fin. La géographie du Sud Liban en donne une explication partielle ; c’est la région du Liban qui a des frontières avec Israël.

Ce largage massif des bombes à fragmentation au Sud Liban était une action délibérée pour créer une autre barrière israélienne contre des potentiels combattants lors d’une future guerre au Moyen Orient. Ces bombes à fragmentation sont en fait devenues des mines terriennes qui empêcheraient des vagues de combattants libanais de pénétrer en Israël en cas de guerre contre l’Iran, la Syrie , les Palestiniens, et le Liban.

Scénario de guerre régionale : préparations israéliennes pour une tempête de représailles par missiles. Le projet pour un « Nouveau Moyen Orient » coûtera très cher, et le prix en sera une guerre. La militarisation de la Bande de Gaza comporte plusieurs volets et est liée aux préparatifs d’un conflit plus large au Moyen Orient. Le déploiement de troupes étrangères dans la Bande de Gaza et la Cisjordanie , comme au Liban, et l’emmurement de la Cisjordanie servent aussi les mêmes objectifs pour contenir les Palestiniens si une guerre éclatait au Moyen Orient entre Israël, l’Amérique, et l’OTAN d’un côté, et la Syrie , l’Iran et leurs alliés de l’autre. Le raisonnement qui fonde cette analyse c’est qu’une guerre contre l’Iran et la Syrie réduirait et affaiblirait l’armée israélienne : les forces israéliennes seraient exposées aux missiles balistiques de l’Iran et les différents groupes de résistance palestiniens en ont bien conscience. Si une guerre régionale éclate entre Israël et l’Iran et la Syrie , les Palestiniens pourraient se voir élever en tant que combattants pratiquement à égalité avec les Israéliens dans les territoires occupés palestiniens. La dynamique du conflit entre Israéliens et Palestiniens serait immédiatement transformée.

Des divisions entre les Libanais et les Palestiniens feraient obstacle à l’efficacité d’un effort combiné militaire contre Israël dans le cas d’une guerre plus étendue. La situation est la même que celle en Irak : plus les irakiens sont divisés, plus faible est leur effort de guerre contre les US et leurs alliés occupant l’Irak. En dehors de la Palestine , la Nakba a été répétée en Irak. Il n’y a pas d’erreur là-dessus, les occupations de la Palestine et de l’Irak sont de même nature, et ont les mêmes architectes. Bilad Al-Sham, l’Irak, et leurs peuples souffrent de la même source.

Existe-t-il un lien entre les discussions sur un état Palestinien et la Guerre ?

« La guerre que nous (Israël) menons au Moyen Orient ce n’est pas seulement la guerre de l’état d’Israël… et nous (Israël) sommes sur les lignes de front.  »

Avigdor Lieberman, (ex) ministre des affaires stratégiques. Suite à l’assassinat d’Hariri, la France et l’Allemagne sont devenues plus actives dans la valse diplomatique au Moyen Orient. Les ressources franco allemandes sont totalement activées et alignées sur les intérêts anglo américains sur le front diplomatique. Avant de se rendre en Egypte pour une visite d’état, la chancelière Angela Merkel a déclaré que l’Allemagne et l’UE redémarreraient le processus de paix arabo israélien. (8) Des diplomates franco allemands et l’UE ont aussi harmonisés leurs efforts avec l’Arabie Saoudite pour ce qui est de calmer les Palestiniens.

On peut dresser de nombreux parallèles entre la marche vers la guerre de 2002 et 2003, en relation avec l’Irak et l’actuelle marche vers la guerre contre la Syrie et l’Iran. L’un de ses parallèles c’était l’initiative de la Maison Blanche pour ranimer le « processus de paix arabo israélien » ainsi nommé, et aider à l’établissement d’un état palestinien indépendant avant l’invasion anglo américaine de l’Irak.

Il y a un lien étroit entre les guerres américaines au Moyen Orient et les ouvertures faites en direction des Arabes pour la création d’un état palestinien. Les Accords d’Oslo ont également été liés à la défaite de l’Irak en 1991 lors de la Guerre du Golfe. Est-ce pour cela que George W. Bush a plus parlé de la menace de l’Iran que de paix lors de sa tournée présidentielle au Moyen-Orient et sa visite en Israël ?

L’une des explications pour les déclarations US concernant l’état pour les Palestiniens, une façade, c’était de s’assurer qu’aucun des gouvernements clients dans le Monde Arabe serait renversé par des révoltes de populations arabes et remplacé. La Question Palestinienne et le soutien aux palestiniens sont un problème qui peut faire gagner ou perdre les cœurs et les esprits dans le Monde Arabe et avec beaucoup de populations musulmanes. L’idée c’est tant qu’il y a un silence temporaire sur le front palestinien, des nouveaux fronts peuvent être ouverts sans créer une révolte de masse au Moyen Orient et ailleurs. Consultation de guerre OTAN-Israel aux Quartiers Généraux de l’OTAN à Bruxelles.

Une trame consistante se construit impliquant l’OTAN, l’Est Méditerranéen, et la « Guerre Mondiale Contre le Terrorisme ». Fin juin 2007, Avigdor Lieberman et des responsables israéliens ont eu des rencontres de haut niveau avec des responsables de l’OTAN aux Quartiers Généraux de l’OTAN à Bruxelles. (10) Le vice secrétaire général de l’OTAN, Alessandro Minuto Rizzo d’Italie, et une délégation israélienne conduite par Avigdor Lieberman ont discuté le déploiement anticipé d’unités et forces de l’OTAN dans la Bande de Gaza. Le vice secrétaire général de l’OTAN et le côté israélien ont aussi discuté du déploiement d’une force internationale à Gaza pour maintenir l’ordre et empêcher les Palestiniens de s’armer. (12) Les rencontres ont aussi porté sur l’Iran et la question des défenses aériennes d’Israël, et l’approfondissement de la coopération des services secrets entre l’OTAN et Israël. (13) Avigdor Lieberman est rentré en Israël après ses rencontres en Europe Occidentale, en affirmant à la radio de l’armée d’Israël que les US, l’UE, et l’OTAN avaient donné le « feu vert » à Israël pour initier une guerre au Moyen Orient en lançant une attaque contre l’Iran à une date non révélée.

En 2004 l’OTAN a donné à Israël le « feu vert » pour commencer une guerre contre l’Iran à une date non révélée. « L’Iran est un pays compliqué et il ne semble pas qu’Israël ait le pouvoir de le contrer (défier). » Javier Solana responsable de la politique étrangère et de la sécurité pour l’UE et ancien secrétaire général de l’OTAN (Der Tagesspiegel)

Après son retour de voyage en Europe de l’Ouest et suite aux entretiens qu’il y avait eu aux Quartiers Généraux de l’OTAN, l’ancien ministre israélien des affaires stratégiques, Avigdor Lieberman, a dit début juillet 2007 qu’il avait reçu l’accord tacite de l’UE, les US et l’OTAN pour initier une attaque militaire israélienne contre l’Iran. « Si nous commençons des opérations militaires seul contre l’Iran, alors l’Europe et les US nous soutiendrons » a dit Avigdor Lieberman à la radio de l’armée israélienne dans un message à destination des soldats, suite à son voyage et à ses rencontres avec des responsables de l’UE, José Maria Aznar d’Espagne, et le vice secrétaire général de l’OTAN. Avigdor Lieberman a aussi affirmé qu’à cause des guerres en Afghanistan et en Irak, les US, la Grande Bretagne et leurs alliés européens étaient dans l’impossibilité d’initier une guerre contre l’Iran et ses alliés, mais étaient d’accord pour autoriser Israël à attaquer l’Iran. Avigdor Lieberman a aussi affirmé que les US et l’OTAN interviendraient au côté d’Israël une fois que la guerre contre l’Iran et ses alliés aurait démarré. Le message transmis à Lieberman par l’OTAN et les responsables de l’UE c’était qu’Israël devait « empêcher lui-même la menace » ce qui veut dire qu’Israël doit lancer une guerre contre l’Iran et ses alliés régionaux.

Israël sera protégé par l’OTAN dans un scénario de guerre contre l’Iran et la Syrie.

« La meilleure façon de fournir à Israël ce supplément de sécurité c’est d’actualiser sa relation avec le bras armé collectif de l’Occident : l’OTAN. Que cette actualisation de la relation culmine avec Israël devenant membre de l’OTAN ou simplement une garantie d’une relation stratégique et opérationnelle (défense) bien plus étroite, cela peut être discuté. Après tout, une garantie classique sécuritaire exige des frontières reconnues pour être défendues, quelque chose qu’Israël n’a pas aujourd’hui. Arranger une actualisation de la relation Israel-OTAN nécessitera une diplomatie prudente et une planification. »

Israël ne peut pas défier l’Iran militairement. Le Téhéran militaire est au-dessus des capacités d’Israël, malgré l’illusion de la puissance d’Israël. Tel Aviv ne lancera pas une guerre contre l’Iran si les US et l’OTAN ne sont pas partenaires dans l’opération militaire. Dans un tel scénario, les US, la Grande Bretagne , et l’OTAN rallieront immédiatement, ou presque immédiatement Israël, comme l’a déclaré Avigdor Lieberman. C’est un arrangement prémédité. Les dirigeants de l’OTAN diront à leurs citoyens qu’Israël a été obligé d’attaquer l’Iran par peur et à cause de « son droit d’exister ». Puis ils resserreront les rangs autour d’Israël. Il faut également déclaré que quand le « droit d’exister » d’un organisme vivant s’impose au dépend du droit d’exister de tout ce qui se trouve autour, alors cela devient une menace comme le cancer.

En mars 2006, on a rapporté en Grande Bretagne que des responsables de l’OTAN avaient sous entendu qu’ils joueraient un rôle dans une attaque US-Israel contre l’Iran. Sarah Baxter et Uzi Mahnaimi ont rapporté que le général en chef Axel Tüttelmann, le commandant de l’AWAC (Airborne Early Warning and Control Force – Force Aérienne d’Alerte Précoce et de Contrôle) de l’OTAN a affirmé aux responsables israéliens que l’OTAN serait impliquée dans une future campagne contre les Iraniens.

« Les commentaires du Général en chef Tüttelmann ont révélé que l’alliance militaire (l’OTAN) pourrait joué un rôle de soutien si l’Amérique (et Israël) lance des attaques aériennes. » Le rapport a aussi révélé que le général en chef avait présenté aux Israéliens une démonstration de l’avion de surveillance d’alerte précoce de l’AWAC. Les démonstrations des avions de surveillance de l’OTAN suggérent l’existence de préparations conjointes Israel-OTAN de guerre.

L’analyste en études stratégiques Patrick Cronin de l’ International Institute for Strategic Studies (Institut International d’Etudes Stratégiques) a dit au Guardian (GB) en 2007, que si Israël insistait pour frapper l’Iran, les US devraient mener« une action décisive », insinuant par là que l’Amérique entrerait dans la guerre initiée par Israël, au côté d’Israël. Israël travaille à créer une atmosphère et un environnement stratégiques : mais pour qui ? Napoléon Bonaparte une fois a dit : « On ne doit pas laisser les incidents internationaux façonner la politique étrangère, la politique étrangère doit façonner les incidents ». Quelque soit ce qui est affirmé et dit sur ce personnage historique, c’était un génie militaire et un grand homme d’état. Au cours de sa vie, l’officier Corse s’est élevé lui-même au grade de général et est devenu l’Empereur de France, roi d’Italie, protecteur de la Confédération du Rhin, et Médiateur de la Confédération Helvétique (Suisse). Ses campagnes l’ont mené des pyramides d’Egypte et ses collines de la Péninsule Ibérique jusqu’aux plaines de Pologne et les bords de fleuve à Moscou. C’était un homme de tête qui connaissait très bien la profondeur des relations internationales et la politique des incidents.

Si Napoléon était encore en vie, il n’aurait pas été surpris des évènements qui secouent l’environnement mondial, spécialement au Moyen-Orient. Aujourd’hui, la politique étrangère façonne encore les incidents internationaux. Israël a été une entitée combattant et luttant pour sculpter et façonner son environnement stratégique. Si les US ou la Grande Bretagne devaient prendre l’initiative de lancer une guerre, leurs dirigeants politiques devraient faire face à une violente opposition de l’opinion publique qui pourrait menacer l’establishment anglo américain et même créer une instabilité nationale. Mais si Israël lançait une guerre la situation serait différente.

Si Israël devait lancer une guerre au prétexte de se défendre d’une menace croissante iranienne, les US et l’OTAN interviendraient pour « protéger Israël » des représailles iraniennes sans avoir l’air d’avoir commencer une guerre internationale illégale. Le blâme serait porté sur les israéliens pour la guerre plutôt que sur l’administration US et son indéfectible allié britannique. Les dirigeants politiques occidentaux avanceraient comme argument que c’est le devoir national de protéger Israël quelque soit les violations israéliennes du droit international.

Israël : un instrument de la politique étrangère US au Moyen Orient

Tel Aviv a fourni des preuves aux affirmations de ses opposants qu’il est un outil des projets coloniaux au Moyen Orient. La majorité des Israéliens eux-mêmes sont manipulés par un système complexe incluant la désinformation par les médias, susciter la peur, et un conditionnement psychologique de longue date. Le sang israélien est utilisé pour opprimer, tuer, s’approprier, et alimenter les machines des empires économiques. Le Mercantilisme est toujours très vivant, mais sa forme a muté. Israël, par le biais de ses responsables et de ses dirigeants gouvernementaux, est utilisé pour maintenir la tension au Moyen Orient. Israël est un instrument qui justifie l’intervention anglo américaine et franco allemande. Pourquoi les US se sont –t-ils mis en colère contre Israël parce que Tel Aviv ne mettait pas en danger ses propres intérêts en attaquant la Syrie pendant la guerre d’Israël contre le Liban en 2006 en refusant d’affronter la colère de l’Iran et de la Syrie dans une guerre régionale étendue ? (29)
Malgré les demandes et opinions d’une majorité de la population israélienne, Ehud Olmert, un homme qui est connu pour sa corruption alors qu’il était maire de Jérusalem Ouest, est toujours au poste de premier ministre. Tout comme la volonté démocratique du peuple américain a été ignorée en ce qui concerne l’Irak, la volonté démocratique des Israéliens a été ignorée pour ce qui est de faire partir Ehud Olmert. Comme dans bien d’autres endroits, les intérêts de la population d’Israël n’ont aucune importance pour les échelons supérieurs du pouvoir. Les dirigeants israéliens ne servent pas les intérêts des Israéliens, ils sont au service du (« Consensus de Washington ».)

La coalition d’Ehud Olmert peut durer suffisamment longtemps pour commencer une guerre régionale. La carrière politique du premier ministre Ehud Olmert est pratiquement terminée et il n’a rien à perdre en démarrant une autre guerre. Avigdor Lieberman, l’homme qui a conduit les consultations de haut niveau avec l’OTAN de la part de Tel Aviv, a quitté le cabinet israélien pendant la visite de G.W.Bush en Israël lors du voyage présidentiel récent de ce dernier au Moyen Orient. Lieberman a déclaré que son départ était à cause des « pourparlers de paix » avec les palestiniens, mais en réalité il a pris la décision à cause de la Commission Winograd et comme tactique pour maintenir le parti Travailliste d’Israël dans le gouvernement de coalition d’Ehud Olmert. C’est une tactique pour donner suffisamment de vie et de temps au gouvernement d’Ehud Olmert pour lancer une guerre régionale en essayant d’attaquer l’Iran.

Même les ennemis d’Israël sont d’accord pour reconnaître que Tel Aviv est un proxy des intérêts étrangers anglo-américains. Le Contre Amiral Ali Shamkhani, ministre de la défense d’Iran en 2004, a prévenu le gouvernement US qu’en cas d’attaque par Israël, les représailles militaires iraniennes seraient dirigées à la fois contre les US et lsrael. On admet sur ce point que si Tel Aviv lançait une guerre, il devrait recevoir le feu vert des US avant de commencer les attaques. (30) La Maison Blanche a aussi été complètement impliquée dans tous les tests de missiles israéliens et les préparations de guerre israéliennes ont impliqué une coordination israélo américaine via de tels institutions comme le Israeli-U.S. Joint Political Military Group- Groupe Conjoint Politico Militaire Israelo-US.

Suite à la guerre de 2006 contre le Liban, le vice secrétaire général du Hezbollah Sheikh Naim Qassam (Kassam) a déclaré dans une interview à la TV Al Manar : « qui a commencé la guerre ? Israël. Il se trouve qu’Israël n’a pas répondu de façon proportionnée, mais plutôt pour exécuter des décisions pré planifiées américaines. L’agression a été planifiée d’avance. » (32) Sheikh Naim Qassam a de plus accusé « Israël de fonctionner comme le bras armé des Etats-Unis ». Sheikh Naim Qassam a expliqué que « tout le monde a toujours dit qu’Israël tire les ficelles de l’Amérique, mais actuellement il se trouve que c’est l’Amérique qui dirige Israël. Israël est devenu un bras armé de l’Amérique »

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