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La Francophonie et la Langue Française.

Avant d’apporter mes solutions à la défense de la Francophonie, je tiens à informe mes amis Internautes sur la Cacophonie qui règne en France.

Lundi 25 juillet 2005, par Paul Vaurs // La France

Le Lys blanc emblème de la France éternelle.

France ta langue est de moins en moins parlée. Mais que font donc tes dirigeants pour t’assurer un avenir ? Rien.

Avant d’apporter mes solutions à la défense de la Francophonie, je tiens à informe mes amis Internautes sur la Cacophonie qui règne en France.

Nicolas Sarkozy, l’homme que la France attend.

Un peu partout dans notre univers, nous assistons à une perte d’influence de, la langue Française, que ce soit en Afrique en Asie, ou en Europe. A qui la faute ? Aux responsables politiques Français qui ne se sont jamais donnés les moyens de contrer l’Anglais. Nous avons pris des années de retard. Le Royaume-uni et les Etats-Unis d’Amérique, investissent les Nations de la Planète, exportant avec eux un trésor inestimable : « Leur Langue ».

Nous Français, nous restons frileux, et ce n’est pas les scandales financiers qui éclaboussent certains candidats à la Présidence de la République, qui vont aiguiller la jeunesse Africaine à adopter notre langue. Un peu partout, les Anglo-Saxons, implantent des écoles, des universités, ils ouvrent leurs frontières à la jeunesse, lui accordant les facilités requises pour étudier la langue de Shakespeare.

Quelques lignes sur l’ambiance qui règne en France.

Où en est la France ? C’est une Nation de paresseux.

DU 15 juin au 15 Septembre notre Pays est en vacances .

À la télévision ou à la radio, on nous passe que « Les meilleurs moments des émissions de l’année ». Et cela pendant deux mois. A croire que nos élites, considèrent que les Français sont citoyens, sont justes bons pour supporter leurs caprices.

Allez trouver un ouvrier, un commerçant ou un artisan hormis dans les CHR, impossible, deux mois de vacances. La liste n’est pas loin, il s’en faut d’être exhaustif, la France roupille…

Et ce n’est pas finit !

Toussaint 10 jours de vacances.

Noël 15 jours de vacances.

Carnaval : 15 jours de vacances, 4 par 4 fois 15 jours suivant les Zones = 60 jours de vacances.

Pâques 15 jours de vacances, par 4 fois 15 jours suivant les Zones = 60 jours de vacance.

En Mai, voilà l’arrivée des « PONTS », pour notre économie c’est là, une perte inestimable.

Et, l’on arrive à nouveau au 15 Juin, et c’est reparti .

N’oublions pas les 35 heures de travail hebdomadaire, plus les RTT.

« Ils sont toujours fatigués les pauvres petits Français ».

Reste les Grèves, les revendications qui sont continuelles, elles proviennent du secteur public, celui où les salariés ont la garantie de l’emploi. Le Syndicat SUD le plus courageux dans les périodes de repos, la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, les Syndicats de l’Education Nationale + des manifestations qui continuent pour réclamer de l’argent à l’Etat, argent qui provient des travailleurs indépendants, c’est-à-dire de ceux qui ne prennent presque pas de vacances et qui travaillent près de 48 heures par semaines. Et ensuite on se plaint que les jeux Olympiques aillent à Londres. En Angleterre pas de grèves et pas de bordel dans les rues.

A Singapour, les Français, ont cru bon, de montrer au monde sportif que, pendant la durée des jeux, la France bénéficierait d’une courte paix sociale. Pour cela, un film faisait voir le patron communiste de la CGT. Incroyable comme connerie ! En France nous en sommes réduit à mettre à la Une un syndicaliste pour faire savoir que durant la période des jeux, il n’y aura pas de grève. Il n’y a qu’en France que des films aussi stupides sont portés à la connaissance des sportifs.

Est-il normal que dans les transports en commun, il suffit qu’un salarié soit victime d’une agression, pour que tout soit arrêté ? Dans le privé, les victimes de violences verbales ou physiques sont légions, mais tout se règle dans le calme et la sérénité. Nous vivons dans un monde déchaîné mais, ce n’est pas une raison pour prendre toute une Nation en otage.

Je recommande à mes lecteur d’acheter le livre « Jean Claude Dague » (Il ne me manque que l’honneur.) Ce livre est préfacé par le Juge Eric Halphen. Les lecteurs de cet écrit, découvriront ce qu’est le crime organisé pour trouver de l’argent servant à faire une campagne électorale pour prétendre être élu Président de la République.

La France a des atouts considérables, faut-il encore qu’à sa tête il y ait un PATRON. Un homme émerge du « microcosme politique  » : C’est Nicolas Sarkozy.

Revenons à la Francophonie .

Ce n’est pas sans équivoques ni résistances que la notion de « francophonie » s’est peu à peu imposée depuis le début des années 1960. Pour les uns, la francophonie repose sur le sentiment d’appartenir à une communauté que fonde l’usage d’une langue, le français. Cette communauté linguistique, qui a l’avantage de faciliter échanges et coopérations multiformes, légitime le projet politico-culturel de forger une Francophonie, c’est-à-dire une Communauté d’États ou d’entités régionales francophones. C’est ce que refusent d’autres, pour qui l’idéologie de la francophonie ne saurait être qu’une machine de guerre visant à maintenir les anciennes possessions françaises dans des liens de dépendance linguistique et coloniale.

Dans les faits, la francophonie est une réalité, qui ressort du constat qu’il existe maintenant, par le hasard de l’histoire, des groupements d’hommes parlant ou utilisant le français sur tous les continents. On estimait en l’an 2000 qu’il y avait près de cent dix millions de francophones réels, auxquels il faudrait ajouter soixante millions de « francophones occasionnels ». Ces chiffres placent la langue française, selon les modèles statistiques utilisés, au neuvième ou onzième rang des langues les plus parlées. Le français est, après l’anglais, la deuxième langue écrite dans le monde, et la deuxième langue enseignée. Si la langue française n’est plus la propriété exclusive du peuple français, si les Français sont même minoritaires parmi les utilisateurs du français, la dispersion francophone vient conforter l’ambition de ceux qui veulent maintenir la langue française à son rang de langue internationale. On insiste en conséquence sur l’universalité et l’unité du français. À l’inverse, le désir d’autonomie et d’affirmation culturelle de chaque groupe francophone tend à faire émerger les particularismes. On découvre alors la diversité des français.

En Afrique comme au Québec, l’apparition d’un sentiment francophone est concomitante de la liquidation de situations de domination. La notion de francophonie, qu’on l’adopte ou qu’on la conteste, signale l’établissement de nouveaux rapports entre les peuples et en même temps manifeste le pouvoir de la langue française. Or, par un paradoxe au moins apparent, c’est au moment où l’importance relative du français dans le monde semble décliner que l’on invente la francophonie. On n’avait pas éprouvé le besoin de fabriquer un mot particulier pour désigner la prépondérance du français quand il était, aux XII° et XIII° siècles, la langue officielle de l’Angleterre ni sa tentation universaliste quand Rivarol écrivait en 1784 son célèbre Discours sur l’universalité de la langue française. Depuis le milieu du 20° Siècle, la décente aux enfers du Français n’a eu guère d’avocat. Désormais, à moins d’un miracle c’est l’Anglais qui deviendra, « La Langue de Monsieur tout le monde. »

La réalité francophone est mouvante, peu à peu, l’Anglais devient la langue universelle, et cela, n’a pas l’air d’émouvoir les responsables Français. Ils demeurent impassibles devant cette (calamité). Dans un certain nombre de pays réputés francophones, le français est une langue occasionnelle, utilisée dans des circonstances de communication particulières et qu’on abandonne ensuite pour revenir à la langue maternelle ou pour passer à une autre langue d’usage. En France même, il serait illusoire d’imaginer une uniformité linguistique. Malgré la politique linguistique uniformisatrice poursuivie depuis des siècles par le pouvoir central, qui a érigé le français parisien en norme de principe, la survivance des particularismes locaux et les tentatives de renaissance des langues régionales manifestent la persistance des situations de plurilinguisme.

On peut distinguer dans la francophonie quatre grands types de situation géolinguistique : les pays de français langue maternelle (Europe et Canada francophones) ; les pays créolophones, où le français est langue officielle ou langue d’usage, plus ou moins familière à l’ensemble de la population, qui a le créole comme langue maternelle (Antilles, Haïti, Guyane, Réunion, Maurice, Seychelles) ; les pays où le français est langue de communication usuelle pour une fraction de la population et souvent langue officielle (il s’agit de pays qui furent colonies ou sous protectorats français : Afrique noire, Madagascar, Maghreb, Liban, îles du Pacifique) ; enfin, les îlots francophones, où le français, utilisé par des groupes limités ou dans des situations précises, se maintient cependant avec plus ou moins de vitalité (Moyen-Orient, Europe orientale, péninsule indochinoise...).

En Europe, la frontière linguistique qui sépare les régions francophones des régions de langues germaniques a peu varié depuis sa fixation : Elle recouvre la limite d’extension du latin. Soutenu par des contacts multiples avec la France, le français est solidement installé en Belgique, au Luxembourg et en Suisse, ce que soulignent a contrario certaines tensions (création d’un vingt-troisième canton suisse en 1978 pour satisfaire les francophones du canton de Berne ; Querelles linguistiques opposant flamingants et francophones, qui menacent la pérennité de l’État belge). Le Val d’Aoste est officiellement bilingue, mais la vallée s’industrialise et draine une population nouvelle qui ne parle qu’italien. Le maintien de particularismes langagiers, surtout lexicaux, a pu susciter des sentiments d’insécurité linguistique et, par réaction, le souci puriste du « bon usage », selon le titre de l’ouvrage maintes fois réédité du grammairien belge Maurice Grevisse).

Au Canada, presque un quart de la population se déclare de langue maternelle française. Mais les petites communautés francophones isolées dans les provinces de l’Ouest résistent mal à la force d’attraction de l’environnement anglo-saxon. En revanche, le Québec et l’Acadie (Nouveau-Brunswick) ont affirmé avec éclat leur identité francophone. Par la Charte du français (1977), le Québec souhaitait rompre avec un bilinguisme jugé illusoire et imposer le français comme seule langue officielle. Une loi de 1993 a de nouveau autorisé le bilinguisme dans certaines conditions. Des particularités d’accent et de lexique donnent au français canadien son originalité : Le parler de Montréal, a parfois été considéré comme le symbole d’une identité culturelle irréductible. En Louisiane, où le français était parlé par les créoles de La Nouvelle-Orléans et par les cajuns, descendants des Acadiens déportés en 1755, un effort important d’enseignement laisse espérer que les minorités francophones ne sont pas condamnées à disparaître.

Les pays créolophones sont les vestiges du premier empire colonial français. Le créole, qui varie d’une île à l’autre, y demeure la langue de communication quotidienne et privée de la majorité de la population. Le français est la langue de l’administration, des pouvoirs, de l’école, de la modernité, de la communication avec l’extérieur.

En Afrique, au nord comme au sud du Sahara, le français a été imposé par la colonisation au XIX° siècle. La décolonisation devait entraîner des revendications d’indépendance linguistique. Ainsi les trois pays du Maghreb poursuivent-ils, avec un zèle et des succès inégaux, une politique d’arabisation. Cependant, si l’arabe est valorisé comme langue de la tradition, de la religion, de l’authenticité, le français continue de jouer un rôle important dans la vie quotidienne et symbolise l’accès à la modernité. Au sud du Sahara, dans les anciennes colonies belges et françaises, le français a été maintenu dans son rôle de langue officielle. Même s’il n’est réellement maîtrisé que par une faible partie de la population (de 5 à 10%, parfois plus, selon les pays) et si les langues nationales africaines continuent de servir à la communication immédiate, le français s’affirme comme langue d’intercompréhension, et l’école, malgré ses ratés, tend à le diffuser. Signe indéniable d’enracinement : le français pratiqué usuellement en Afrique s’est particularisé en forgeant de nombreux néologismes, en imposant des variantes morphologiques voire syntaxiques.

Au Liban, où la langue officielle est l’arabe, le français, implanté au XIX° siècle par l’intermédiaire des missions, reste pratiqué par environ la moitié de la population. Il est maintenant concurrencé par l’anglais, mais l’existence d’une presse et d’une édition libanaises francophones témoigne de la résistance de la francophonie.

Au Vietnam, le français n’était plus guère maîtrisé que par les vieilles générations ayant connu la colonisation française, mais un ambitieux programme d’enseignement secondaire bilingue, financé par les institutions de la francophonie, forme de nouveaux francophones.

Pour beaucoup d’observateurs, cependant, le français est en déclin dans le monde. Il n’est pratiqué que par environ 2% de la population de la planète et semble faire pâle figure quand on constate la mondialisation de l’usage de l’anglais. Dans beaucoup de pays, le français a perdu son statut de langue étrangère privilégiée. Pourtant, en chiffres absolus, il connaît une progression constante, avec des succès réels dans les pays arabes et en Afrique anglophone. L’éclatement du bloc soviétique a permis de découvrir la vitalité de la francophonie en Roumanie.

Conséquence de l’émergence de la francophonie, les Français eux-mêmes sont devenus sensibles aux dangers menaçant leur langue. Des campagnes d’opinion les ont mobilisés contre l’invasion des anglicismes. En France comme au Québec, des offices de terminologie ont proposé des substituts aux vocables importés. Mais le véritable danger tient probablement plus à l’abandon du français au profit de l’anglais par les scientifiques dans leurs publications à visée internationale, à la décision de tenir en anglais les réunions de direction de certaines grandes entreprises, au tournage en anglais de films pourtant réputés français, etc. L’État a réagi par une mesure symbolique. La loi constitutionnelle du 25 juin 1992 proclame que « la langue de la République est le français ». Mais une volonté politique cohérente ne s’est guère affirmée. À preuve l’existence à éclipses, depuis 1986, d’un ministère (ou d’un secrétariat d’État) chargé de la Francophonie. L’action de l’État se dilue dans une multiplication d’instances chargées des problèmes de la langue française : Haut Conseil de la francophonie, à vocation internationale ; Conseil supérieur de la langue française, qui doit veiller sur l’usage, l’enrichissement et la diffusion du français ; Direction générale à la langue française, qui doit promouvoir l’emploi du français...

La mise en route et le suivi de la coopération francophone sont confiés à l’Agence internationale de la francophonie (A.C.C.T.) et aux opérateurs directs des sommets. Parmi les réalisations marquantes, on peut citer : la chaîne multilatérale de télévision T.V. 5, qui diffuse par satellite un florilège d’émissions provenant de diverses télévisions francophones ; le développement d’une coopération juridique et judiciaire visant à soutenir les progrès de la démocratie ; la création d’un réseau d’observatoires de l’environnement ; la mise en place d’une large coopération universitaire francophone, sous l’égide de l’Agence universitaire de la francophonie.

Le rayonnement de cette action francophone a attiré dans sa mouvance des pays qui ne sont pas spécifiquement francophones : certains pays lusophones d’Afrique comme la Guinée-Bissau ou les îles du Cap-Vert, des îles de la Caraïbe qui furent colonies britanniques comme la Dominique ou Sainte-Lucie, des États de l’Europe centrale et orientale, comme la Bulgarie (membre à part entière), la Lituanie, la Pologne, la Slovénie, la République tchèque (observateurs). Cet élargissement témoigne du glissement sémantique de la notion de francophonie : au-delà d’un regroupement selon la langue, le terme suggère un rassemblement autour de valeurs de civilisation. Les meilleures chances de succès de la francophonie résident sans doute dans sa capacité de tolérance et d’ouverture : elle ne vivra que si elle sait écouter les autres langues et respecter les différences.

Du latin au français

L’histoire du français, langue romane, commence au latin, non pas au latin classique mais au latin « vulgaire » ou « populaire » ou encore « roman commun » : on appelle ainsi ce que l’on suppose avoir été la langue parlée dans la partie occidentale de l’Empire romain. De l’ancienne langue celtique gauloise, qui n’était pas écrite, il n’est resté que quelques mots. Les invasions germaniques en Gaule entraînent, avec le morcellement et la faiblesse du pouvoir politique, la ruine des lettres et des études latines et une accélération de l’évolution qui fait éclater le gallo-roman en dialectes multiples répartis en deux groupes principaux : Le groupe d’oïl au nord et le groupe d’oc au sud. En même temps, un nombre assez important d’éléments germaniques, pénètrent dans la langue.

L’ancien français s’est constitué dans le domaine d’oïl. Ses caractères dominants sont ceux des variétés écrites et parlées en Île-de-France, par suite de circonstances historiques et politiques (unification du pays par les Rois de France autour de Paris, leur capitale).

Tout au long de son histoire, l’unification linguistique de la France est liée à son unification politique et aux progrès de la centralisation. La cour du Roi, fixée à Paris, est malgré quelques éclipses une des plus brillantes ; La capitale doit aussi son rayonnement intellectuel à ses écoles et à son Université. La centralisation de l’administration et du pouvoir judiciaire va dans le même sens, à partir du XIII° siècle, la justice Royale s’affirme aux dépens des juridictions seigneuriales ou ecclésiastiques. Le dialecte local réellement parlé dans les milieux populaires nous reste peu ou prou inconnu. Dans le Midi, la situation linguistique générale présente la même organisation ; Mais l’Occitan comme langue littéraire dépérit après la croisade des Albigeois (XIII°siècle. ) La scripta provençale résistera un peu plus longtemps. Et le domaine d’oc restera fractionné en de multiples parlers locaux.

Le système féodal est en déclin ; La centralisation s’amorce. L’usage du français s’étend, dans les villes tout au moins, car les provinces et les campagnes parleront jusqu’à la révolte de 1792, les anciens dialectes réduits au rang de patois.

Au XVI° siècle, l’autorité royale se renforce ; François 1 er, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) abolissant l’emploi du latin dans les tribunaux, inaugure une politique linguistique. Cependant on a toutes les raisons de penser que cet acte autoritaire entérine une évolution déjà bien avancée dans les faits. De même, dans le Midi, la scripta de l’administration Royale avait achevé de se substituer à la scripta locale provençale dès le XV° siècle. Les guerres d’Italie, les luttes intérieures brassent les hommes et les idées. L’imprimerie, le premier imprimeur s’était installé à Paris en 1470, donne naissance à un commerce important et change les conditions de lecture, de composition littéraire et d’uniformisation de la langue.

 Le XVIII° siècle est marqué dans son ensemble par la montée de la bourgeoisie et les mises en question de toute sorte. Pourtant, certains pensent que la langue classique doit être fixée dans sa perfection ; ils élaborent une théorie puriste rigoureuse, dont les défenseurs vont de Voltaire à l’Académie, fondée non plus sur un usage vivant quoique restreint, mais sur des règles tirées des grands écrivains. (Ce purisme-là n’est pas tout à fait mort !) Ces soucis restent limités aux milieux littéraires, car la curiosité du public qui s’élargit (la ville compte autant que la Cour, les cafés autant que les salons) se tourne vers les problèmes « philosophiques ». En conséquence de quoi, ce siècle voit la naissance de la presse et une expansion sans précédent de l’édition : gazettes, libelles, encyclopédies trouvent sans cesse de nouveaux lecteurs.

L’usage du français continue à s’étendre aux dépens du latin et des dialectes. L’enseignement, particulièrement celui des jésuites, était jusqu’alors entièrement tourné vers le latin. Timidement et en ordre dispersé, on essaie de dispenser un enseignement en français ; d’abord dans les « petites écoles » jansénistes : de cette expérience est sortie la Grammaire générale dite de Port-Royal (1660) dont l’influence fut considérable. Puis J.-B. de La Salle impose non sans mal son Syllabaire Français dans les écoles élémentaires qui se multiplient dans le Royaume à partir de 1700. Mais les progrès sont lents dans les collèges, et l’Université reste la Bastille du latin.

Le recul des dialectes est patent, mais ses modalités sont loin d’être connues dans le détail ; ainsi les résistances restent fortes dans les provinces éloignées (Pays Basque, Béarn, Corse, Catalogne) ou dans les campagnes (les villes bretonnes parlaient français avant même le rattachement de la province au royaume mais les paysans ne sont pas encore francisés à l’époque du Règne de Sa Majesté Louis XVI ). Il convient toutefois de souligner un nouveau facteur extralinguistique de première importance : La création, à partir de 1706, d’un grand réseau routier, centralisé à Paris, qui constitue un imparable instrument de pénétration dans les zones les plus reculées ou les plus résistantes politiquement.

Les emprunts aux langues étrangères sont peu nombreux. Seul l’anglais fournit un apport notable en relation avec l’anglomanie qui sévit de 1740 à 1795.

Le bouleversement politique et social de la Révolte de 1792, ne pouvait manquer d’avoir des incidences importantes sur l’évolution du français et sur son expansion. La classe bourgeoise accédant au pouvoir, le bon usage aristocratique est remplacé par l’usage bourgeois, surtout par celui de la bourgeoisie parisienne qui s’imposera définitivement un peu plus tard, vers 1830. Les barrières sociales étant renversées au moins théoriquement, la langue populaire, pour la première fois depuis le Moyen Âge, exerce une influence notable sur la langue commune. Pour la première fois aussi, l’historien dispose de documents rédigés en langue populaire, par exemple les cahiers de doléances envoyés aux États généraux de 1789. De plus, les contacts se multiplient entre Paris et la province. On a parlé à juste titre d’osmose entre les discours des différents groupes sociaux et entre les patois et le français.

Certains de ces vocables représentent ce que Ferdinand Brunot appelait des « idées mères » et l’historien Lucien Febvre des « idées forces ». En même temps un vocabulaire polémique de type affectif se crée et s’use très rapidement ; La polémique tourne même un moment à l’ordurier ; les aristocrates, quant à eux, y étaient préparés par la mode poissarde qui sévissait à la cour de Louis XVI, où l’on était fort mal embouché. L’« honnêteté » dans le langage avait vécu. Là encore, seul le lexique est touché ; les tournures syntaxiques populaires n’apparaissent même pas dans Le Père Duchesne d’Hébert.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, la Convention a instauré une politique linguistique à l’échelle nationale, concertée et systématique qui accélère, dans tous les domaines, les processus de francisation déjà engagés. La guerre aux patois et au latin est déclarée. L’ancien système d’enseignement est aboli et, à tous les degrés, on tente d’instituer un enseignement du français en français. Faute de temps, faute de maîtres, cette politique a partiellement échoué. Pourtant, on peut dire que tous les grands principes de l’enseignement moderne se trouvent déjà dans l’œuvre désordonnée et enthousiaste de la Convention. Par le biais des proclamations et des décrets, par l’action des multiples envoyés du gouvernement, le français a pénétré jusque dans les basses classes et les campagnes (c’est-à-dire que de nombreux sujets deviennent bilingues sans qu’il y ait forcément un recul territorial des patois). Et puis, dans l’esprit de tous, l’acquisition du français était devenue une des formes de l’égalité, et l’unification linguistique une affaire nationale.

Sur tous les points importants, l’Empire marque un recul. Il rend la prééminence au latin et ne s’occupe pas de l’enseignement élémentaire (on lui doit toutefois le cadre de l’organisation actuelle : lycées, écoles normales, Université). L’activité grammaticale n’avait jamais cessé sous la fin du Règne de Louis XVI. L’autorité grammaticale est intacte ; Elle se manifeste par une réaction puriste très vive, soutenue par les journaux et le public, cultivé qui continue de s’intéresser aux questions de langue.

Bien qu’il supprime toute propagande en faveur du français, le régime « tyrannique » napoléonien porte un coup fatal aux patois par sa centralisation, l’établissement d’une administration uniforme utilisant le français, enfin par les bouleversements des guerres incessantes.

Ne pouvant rendre compte ici de tous les facteurs historiques et sociaux qui, depuis 1815, ont influé sur la langue, on se bornera à montrer que les conditions dans lesquelles elle évolue sont entièrement nouvelles, marquées par la lutte entre des forces de conservation d’une puissance inconnue jusqu’alors et des forces de changement irrésistiblement accélérées.

Entre 1820 et 1840, s’établit une norme prescriptive fondée sur un usage moyen, bourgeois, que l’enseignement va imposer et qui n’est vraiment menacé que depuis quelques décennies. La norme en matière de prononciation se fixe et changera peu : il s’agit d’une prononciation d’origine bourgeoise parisienne (mais les accents régionaux sont toujours vivants). Pour la grammaire, c’est un aboutissement de la tradition du XVIII° siècle qui dans la Grammaire générale avait essayé de rapprocher grammaire et logique : Elle tend à se constituer en un code de règles assorti de nombreuses exceptions et valable pour la langue écrite dont la morphologie et la syntaxe ont montré une remarquable stabilité. Certes, le XIX° siècle voit la naissance des disciplines linguistiques et, dans les études grammaticales supérieures, un esprit historique remplace peu à peu l’esprit normatif ; pour les autres degrés, les changements sont hélas ! trop lents.

La connaissance de l’orthographe étant indispensable dans les emplois publics, son acquisition devient un des buts de l’enseignement, primaire en particulier (institué par les lois Ferry, 1881-1886). Les autres ordres d’enseignement qui s’organiseront et s’ouvriront progressivement à de nouvelles couches de population permettront d’accéder à une maîtrise de plus en plus poussée de la norme prescriptive, et du discours dominant, et de la culture correspondante. L’État et l’école ont donc pris le relais des salons. Mais l’action officielle ne serait rien si elle n’était soutenue par les attitudes sociolinguistiques des Français : Un esprit normatif, un certain nationalisme linguistique que l’on retrouve dans le vif intérêt du public pour les questions de langue ; La forme extrême en est le purisme dont le discours présente une belle continuité depuis la fin du XIX° siècle, dans les thèmes (la « crise », la « décadence » de la langue) comme dans les condamnations (pallier / pallier à, par exemple).

Ces actions conjuguées aboutissent à une relative stabilité de la norme qui fait que l’on peut encore écrire en 1980 comme en 1850. Cependant, les causes d’évolution vont aussi se multiplier.

Sur le plan littéraire, l’action de la « révolution » romantique et celle des romanciers naturalistes et réalistes réhabilite le mot propre, quelle que soit son origine. Mais la dislocation de la phrase écrite ne commence vraiment qu’avec la phrase « artiste » des Goncourt pour aboutir au monologue intérieur atomisé du roman moderne ; et la versification ne se libère qu’après les symbolistes. Phénomène essentiel, les romantiques ont fait de l’écriture quelque chose d’individuel et ils ont renversé les barrières entre la langue commune et le discours littéraire, où pénétreront peu à peu le vocabulaire argotique et populaire, puis les tournures familières. Cette osmose entre écrit et parlé qui n’épargne aucun genre est une des caractéristiques les plus importantes de la littérature actuelle ; en même temps, le goût de l’élégance a cédé devant le besoin d’expressivité.

Sur un plan plus général, l’établissement d’un régime démocratique et le développement du capitalisme amènent une complète redistribution des cartes linguistiques, par l’instauration du service militaire obligatoire (1872), l’apparition de la classe ouvrière sur la scène nationale, l’avènement du syndicalisme et des partis politiques, l’urbanisation accélérée et, plus récemment, l’immigration. Sans compter les différents mass media, depuis La Presse d’Émile de Girardin, qui fut en 1836 le premier quotidien à bon marché jusqu’à l’actuelle télévision, en passant par la radio et le cinéma. Ces médias jouent un rôle qu’il est inutile de souligner dans la diffusion de la norme dominante et l’uniformisation de la langue commune. La presse « parlée », le téléphone, la bande dessinée entament, chacun à leur manière, la suprématie de l’écrit ; ainsi a-t-on vu se constituer de nouveaux types de discours répondant à de nouvelles situations de communication : par exemple, une variété d’oral qui tient de l’écrit par les tournures et le style et est employée dans les interviews, les exposés, les « informations ».

Ces facteurs nouveaux achèvent le déclin des dialectes : Chute importante du nombre des locuteurs, disparition des derniers patoisants unilingues. Par ailleurs, il est trop tôt pour juger l’effet des récentes revendications linguistiques et culturelles en faveur des particularismes régionaux.

À partir de 1830, les inventions scientifiques et leurs applications font pénétrer dans le français commun des vocabulaires entiers dont beaucoup de termes prennent un sens général (s’oxygéner, aiguiller). Plus que jamais, la langue tend à se diviser en une multitude de registres qui possèdent leur vocabulaire et leurs clichés, chaque usager étant susceptible d’en utiliser plusieurs : discours politique, sportif, médical, jargons scientifiques. Suivant les domaines, les vocabulaires spécialisés ont emprunté et empruntent encore pour se développer au grec et au latin, ou à l’anglais : Une vague d’américanisme qui a relayé l’anglomanie endémique au XIX° siècle modifie maintenant le mode de formation des mots (auto-école, formation française : école de conduite), et gagne la langue de tous les jours. Le succès de ces vocables est très net dans les domaines où l’américain est senti comme une langue de prestige et où la domination économique est patente : publicité, secteurs techniques comme l’informatique, etc.

Une langue de l’universel.

La Révolution marque la fin du destin universel du français. Petit à petit, les classes aristocratiques européennes qui faisaient sa fortune perdent de leur importance, et les revendications nationales affirment l’importance des autres langues nationales. Mais d’autres facteurs d’expansion apparaissent. Les émigrés comme les soldats de Napoléon contribuent à répandre un français parlé ; La connaissance des langues étrangères devient nécessaire, et le français se trouve de plus en plus enseigné hors de ses frontières. Ainsi la situation se maintient avec des fluctuations au XIX° siècle. À partir des années vingt, malgré des périodes brillantes, elle n’a cessé de se détériorer.

C’est à l’issue des années soixante que la question de la francophonie prend une véritable ampleur. De fait, autour de la notion de langue française s’étaient constitués plusieurs groupements, tels que, en 1926, l’Association des écrivains coloniaux et maritimes de mer et d’outre-mer, ancêtre de l’Association des écrivains de langue française, en 1950, l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française, ou l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (A.U.P.E.L.F.) lancée à Montréal en 1961. Dès 1962, plusieurs personnalités étrangères, parmi lesquelles le prince Norodom Sihanouk et Léopold Sédar Senghor, appellent à l’organisation des « parlants français », tandis que le président Bourguiba définit les grands traits d’un Commonwealth à la française. À Paris est créée en 1965 la Délégation générale du Québec, acte qui consacre l’émergence du Québec sur la scène internationale francophone. La visite officielle du général de Gaulle au Québec en 1967 renforce encore l’idée de voir se développer hors de France des communautés francophones solides.

La même année se tient la première réunion de l’Association internationale des parlementaires de langue française, qui a notamment pour but de réunir les grandes personnalités politiques du monde francophone. André Malraux s’intéresse à cette communauté naissante en apportant son soutien à la première conférence des États francophones, qui se tint à Niamey en 1969, d’où sortit la création de l’Agence de coopération culturelle et technique, organe de liaison des pays francophones et d’aide au développement. L’idée d’une solidarité dans ce domaine émerge progressivement, et, en 1974, est créé au sein de l’administration française le Comité interministériel pour les affaires francophones.

Dans plusieurs communautés francophones, la langue française devient une idée fortement politique. Après avoir décidé de faire du français la langue de la société et la langue du travail, décision consacrée en 1974 par la loi no 22, le Québec se lance dans une expérience d’aménagement linguistique sans précédent, en se dotant de structures d’application de la législation, notamment l’Office de la langue française, le Conseil de la langue française, la Commission de surveillance de la langue française et la Commission de toponymie du Québec, qui forment un impressionnant dispositif administratif en matière de défense et de promotion du français. En Suisse, la partie francophone du Jura devient une entité à part entière après plusieurs années de revendications, et devient en 1977 la république et canton du Jura, le plus jeune « État » francophone créé sur la planète. En France, la prise de conscience de la nécessité de défendre le français en recourant à la loi aboutit à l’adoption de la loi du 31 décembre 1975 qui rend obligatoire l’usage de la langue française dans un certain nombre de cas, particulièrement dans l’administration, les relations entre le privé et le public, et la commercialisation des produits et services.

En Belgique, également, la défense de la langue française s’organise avec, en 1978, le décret Spaak sur la défense de la langue française, qui permet notamment la publication, au Moniteur belge, des termes français officialisés en France. L’idée d’une véritable francophonie structurée et construite commence cependant à prendre corps à partir de 1983 avec le dégel des relations entre le Québec et le Canada. La même année, l’Égypte se rallie à la francophonie, et, en France, le Haut Comité de la langue française éclate en 1984 en plusieurs organismes, dont le Commissariat général de la langue française, qui reste rattaché au Premier ministre, avec la tâche de gérer la langue française en France, et le Haut Conseil de la francophonie dépendant de la présidence de la République. Ce dernier est explicitement chargé, pour la première fois dans l’histoire de la francophonie, de « préciser le rôle de la francophonie et de la langue française dans le monde moderne. Il rassemble les données et confronte les expériences, notamment dans les domaines de l’enseignement, de la communication, de la science et des techniques nouvelles. Il distingue les enjeux et les urgences et propose des perspectives d’action ».

Sur le plan de l’organisation des vocabulaires, l’administration française reçoit en 1983 mission de normaliser les terminologies « en tirant parti des richesses du français parlé hors de France ». L’année suivante est lancée T.V.5, chaîne internationale francophone câblée, au financement de laquelle participent la France, le Canada, le Québec, la Suisse et la Belgique. Dans ce dernier pays, un Conseil de la langue française est créé en 1985, qui est notamment chargé de veiller sur l’« évolution de la situation linguistique en Communauté française ». Essentiellement consultatif, il élabore une charte de la langue française approuvée en 1989 par le Conseil de la Communauté française. Ce concours d’initiatives et de volontés permet la tenue à Paris, en 1986, sous la présidence de François Mitterrand, du premier sommet des chefs d’État et de gouvernement ayant en commun l’usage du français, qui réunit quarante-deux délégations, et qui consacre l’existence politique de la francophonie sur le plan international.

Lors du changement de gouvernement intervenu en mars, Jacques Chirac crée le premier secrétariat d’État à la Francophonie, confié à Lucette Michaux-Chevry, d’origine guadeloupéenne. Lors du sommet suivant, organisé à Québec en septembre 1987, est fondée l’Université des réseaux d’expression française, qui renforce l’A.U.P.E.L.F. En 1988, l’historien Alain Decaux devient ministre de la Francophonie dans le gouvernement de Michel Rocard, nomination qui marque la volonté de rendre populaire l’idée encore peu répandue de francophonie. En 1989, un troisième sommet se tient à Dakar, et un quatrième en 1991, à Paris, qui voit la communauté francophone s’élargir à de nouveaux pays comme la Bulgarie, la Roumanie, et le Cambodge. Est créé à ce dernier sommet un conseil permanent, qui permet désormais un « suivi » politique des projets décidés par ces sommets.

En une décennie, la communauté francophone est ainsi passée de l’idée de coopération entre pays parlant le français à celle d’une véritable organisation internationale, structurée, reconnue, et dotée de moyens. Longtemps on a cru et enseigné que le français avait mis des siècles à se déprendre de l’influence latine et qu’il n’était, par le fait, que du latin continué, non pas seulement (ce qui éclate aux yeux) par son lexique, mais aussi par sa syntaxe et ses habitudes rhétoriques. Les progrès de la linguistique ont permis de mettre en évidence, tout au contraire, la promptitude. Le XIX° siècle avait connu, sur sa fin, une crise de conscience dont la langue porta les traces : à la puissante vague d’espoir mis dans les sciences et les progrès qu’elles devaient engendrer avait succédé, chez beaucoup, un reflux lourd de désenchantement. Combien de grands ouvriers de la langue française se sentirent alors « maudits », affligés sous le poids d’un matérialismetrop sûr de ses conquêtes !

Le dernier quartdu XX° siècle a reproduit, sur un mode exacerbé, ce même mouvement de crise. Dans un article, Soljénitsyne sonna l’alarme, mais d’une voix plus forte et qui porta plus au large : « Si l’art de notre époque est malade, c’est parce que notre société tout entière est malade. » On s’en tiendra ici à la société française et à ses moyens d’expression, ceux de l’usage quotidien d’abord, ceux des usages littéraires ensuite.

Notre idiome, dans sa pratique commune actuelle, se trouve atteint par deux phénomènes de vaste amplitude, ressentis ou non comme des agressions : L’omniprésence, d’un côté, des médias, de l’autre, de la langue anglaise. La sollicitation des médias fait que, dans l’exercice de la communication, l’intervenant ne dispose plus de cet instrument qu’était naguère encore le français écrit dûment surveillé : un « support médiatique » est sans cesse prêt à se saisir de notre parole et à la transmettre sous forme soit orale, soit pseudo écrite.

La situation d’« universalité » faite à l’anglo-américain comme langue de communication scientifique, technique, commerciale, etc., conduit d’une manière apparemment inéluctable à l’effacement du français, tant écrit que parlé, dans un certain nombre de secteurs clés des activités humaines. Bref, s’il existe bien une « esthétique » propre à la langue des sciences et de leurs applications, elle est appelée à évoluer hors du modèle français. En attendant et par voie de corollaire, partout où notre langue réussit à se maintenir comme vecteur de connaissances et d’informations, mis à part les cas où le locuteur entend se singulariser, le français à vocation utilitaire s’oriente vers un type d’expression économe de ses moyens, soucieux d’aller droit au but, attentif à la fois aux appels du pragmatisme anglo-saxon et aux injonctions des codes médiatiques affichés à toute heure et en tous lieux.

La révolution que connaissent dans le même temps les usages littéraires de notre langue va, elle aussi, de pair avec la progression fulgurante des savoirs comme des savoir-faire, mais plus encore avec l’éclatement des modèles de vie et de société qui en découle. La génération des jeunes auteurs actuels est la proie, extasiée, soumise ou survoltée, de ce vertigineux bouleversement. Ce qui est sûr, c’est que les lettres françaises d’aujourd’hui offrent aux gourmands d’esthétique verbale un festin plantureux : La langue mène partout la ronde. Elle y revêt tous les aspects, elle y tient tous les rôles, se faisant à la fois l’instrument et le thème du discours, qu’il se dise roman, comédie, drame ou poème.

« Impossible n’est pas Français » donnons-nous les moyens, pour que la prestigieuse langue des Capétiens et de Molière, retrouve ses lettres de noblesse. Sous la Monarchie, spécialement sous le Règne du Roi Soleil, le Français avait atteint des sommets. Le XVIII° Siècle a connu deux périodes « Des Lumières », celle où grâce à Sa Majesté Louis XIV, le rayonnement de la France a connu la quintessence de la beauté dans tout son raffinement. La seconde période fut celle des philosophes, des hommes qui firent connaître les idées de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Tous ces philosophes aux idées révolutionnaires vécurent sous le Règne de Sa Majesté le Roi Martyr Louis XVI. Gageons que notre Pays se donnera les moyens financiers pour qu’à nouveau, notre prestigieuse langue soit parlée avec le même engouement que la langue de Shakespeare.

La question de l’aménagement des langues se pose par ailleurs aussi, en grande partie, en rapport avec l’adaptation à la modernité, et surtout à son accès. Liant identité et modernité, les pays commencent à s’apercevoir que les langues ne peuvent plus désormais être aménagées qu’en réseaux, aux fins d’éviter l’éclatement interne des langues sous la pression de la masse des vocabulaires à gérer, et de l’éparpillement géographique, qui touche particulièrement les grandes langues de communication. Et l’on voit naître de tels réseaux, comme c’est le cas pour la langue française, les langues latines et, dans un avenir proche, les langues germaniques. De ce point de vue, le rayonnement de la langue anglaise considérée comme clé de la communication, de la diffusion du savoir, de la commercialisation change sensiblement, dans nombre de pays, les données de l’aménagement linguistique, et impose de nouvelles exigences. A contrario, la « tropicalisation » des produits (en anglais localisation), c’est-à-dire la question de leur livraison dans la langue du client, reste un enjeu majeur des entreprises. D’où l’immense champ ouvert à la traduction, à la terminologie, et à la rédaction technique : Toutes disciplines qui entrent de plain-pied aujourd’hui dans les industries de la langue, secteur en pleine expansion.

Au-delà, les expériences d’aménagement linguistique poursuivies de par le monde mettent en valeur certains principes qui commencent à être établis. Ainsi, le possible conflit entre le principe de territorialité d’une langue (la langue est d’exercice dans un territoire considéré) et celui de personnalité (la langue est respectée en tant qu’elle est parlée par la personne) tend à être résolu au profit du principe de la liberté d’expression, de communication et d’enseignement : Même si un État, par exemple, peut imposer à son administration l’emploi d’une langue, il est moins légitime qu’il le fasse sans nuance pour les personnes privées, comme tend à le montrer, en France, la décision du 29 juillet 1994 du Conseil constitutionnel sur la nouvelle loi relative à l’emploi de la langue française. Et même si un État impose une langue sur un territoire, cela n’entraîne pas nécessairement l’obligation pour les parents de placer leurs enfants dans une école de cette langue, comme il est désormais admis au Canada. Cela peut donner à espérer, notamment pour la préservation des langues minoritaires. Car si l’on doit donner pleinement son sens au concept d’aménagement linguistique, force est de constater que la seule justification d’une politique linguistique est de donner le droit et la possibilité aux populations de parler comme elles parlent, et de se faire entendre.

La France doit relever un défit, celui de défendre coûte que coûte sa langue. Il faut pour cela, une volonté politique, et se donner les moyens financiers pour que les jeunes des Pays Francophones + les jeunes d’autres Nations, « qui souhaitent que l’Anglais soit la première langue étrangère apprise dès les premières années des études scolaires » retrouvent la nécessité d’étudier le Français. Seul un Chef de l’Etat dynamique peut, encore renverser cette triste réalité. Si cela continue en l’état, l’Espagnol, le Portugais, voire l’Allemand devanceront le Français et le réduiront en tas de poussière.

Faisons confiance à Nicolas Sarkozy pour dynamiser la langue Française à travers le monde. Parler Français et Anglais, c’est savoir allier, « Beauté et Réalisme ».

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