La France n’a pas à être comme ailleurs...

Samedi 30 mai 2009, par Bernard L’Hôte // La France

Mobiliser les énergies ? Retrouver une fierté collective ? Proposons des objectifs d’envergure !

Notre ami et frère d’armes Bernard L’Hôte ne pense qu’à ça !.. Sortir des voies de la médiocrité...

Allégorie de la France...

Loin de tout partager, nous partageons au moins bien des analyses...

Prendre les traverses de l’excellence...

« Made in France vaut le coût »

Bien avant « LA » Crise du siècle (qui ne fait que commencer, le siècle et sans doute la crise) l’économie française n’allait déjà pas fort : désindustrialisation, délocalisation, chômage, déficit des échanges, appauvrissement... de quoi tomber de haut après toutes les promesses mirobolantes de prospérité infinie et éternelle faites au moment du lancement de l’euro.

Nombreuses sont les causes dénoncées. Par la droite : les charges accablant les entreprises, les impôts décourageant l’initiative, les vilains syndicats de vilains, la résistance aux réformes, les avantages acquis (des autres), l’administration étatique etc.

Par la gauche : les régressions sociales sous prétexte de réformes, l’arrogance du syndicat patronal, le plafonnement des bas et moyens salaires, l’escalade vertigineuse des hauts revenus, les privatisations des bénéfices et la collectivisation des pertes, les licenciements à outrance, etc.

Avec tant de causes, ce serait effectivement miracle que ça marche !

Mais le client étranger, des causes, il s’en moque !

Que reproche-t-il à nos marchandises et nos produits ?

Leurs coûts, trop élevés !

Le premier remède qui vient à l’esprit, c’est de les abaisser grâce à davantage de compétitivité, davantage de labeur, mais encore et encore moins de beurre dans les épinards des salariés. Pas très motivant, n’est-ce pas ?

Un autre remède : justifier les coûts par une qualité irréprochable des produits. Il en existe, il s’en fabrique des parfaits, mais aussi des médiocres...

Cette médiocrité est d’autant plus nuisible à notre commerce extérieur qu’elle trahit l’image de marque de la France qui est : luxe » et volupté, raffinement, culture, mode et féminité, patrimoine, gastronomie, succulence.

« French touch »...

Globalement donc une image de qualité !

Une telle image ne souffre pas de l’à-peu-près.

Image flatteuse, attractive, donc exigeante en proportion.

Et cette exigence, du fait de cette image globale, ne concerne pas que les produits de luxe. Elle s’étend à tous.

A l’agro-alimentaire par exemple. Hélas, c’est le moins qu’on puisse dire, que d’aliments industriellement préparés dépourvus de saveur « vraies », mangeables un point c’est tout.

Mangeable, c’est déjà ça... Ce n’est pas même le cas de la mangeaille servie en France par d’innombrables « bouffoirs » qui arnaquent sans honte les touristes au détriment de notre prestige et par conséquent de notre commerce intérieur et extérieur.

Si la plupart des produits et services « made in France » étaient à la hauteur, la cherté ne serait plus, ou serait beaucoup moins, un frein à leur achat.

Assuré de la qualité, l’étranger dirait : « C’est cher, mais c’est bon, c’est beau, c’est bien fait, c’est très cher mais c’est impeccable ».

Tel est heureusement le cas de certaines fabrications, et pas seulement de sacs à main, de bijoux, de robes du soir... De trains aussi, de bateaux, de centrales nucléaires, de ponts et de chaussées, de barrages.

Mais trop de produits ne sont que moyens...

Ainsi, comment une agriculture productiviste démente (n’est-il pas question de la raisonner ?) pourrait-elle produire autre chose que de la piètre qualité ? Tout comme ailleurs ! Objectera-t-on.

Peut-être, mais la France n’ a pas à être comme ailleurs, surtout en ce domaine. Pourtant, que de volailles en papier-mâché, de vins piteux, de fruits en coton, de fromages en plâtre...

Le rétablissement de nos exportations a pour condition principale un accord entre image d’arnaque et marchandise. Accord qui exige une qualité généralisée. Ce n’est pas un mince effort !

Mais rien de tel pour relancer les énergies que de proposer des objectifs d’envergure. Ne proposer que de se serrer la ceinture, de se crever plus pour moins, ça n’a rien d’emballant. Ou alors il faut que ceux qui proposent ça donnent l’exemple, paient de leur personne, ne se gavent pas devant des gueules ouvertes... On en est de plus en plus loin.

En revanche, offrir au rêve, à l’amour-propre individuel, à la fierté collective, aux capacités, aux désirs, un projet sublime, motive formidablement. À condition évidemment de gains en proportion des profits.

Nous aurons gagné quand l’acheteur étranger dira : Made in France, ça vaut le coût ! »

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