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La France en mouvement.

Lundi 13 décembre 2010, par Yves LANDEVENNEC // La France

Plusieurs millions de personnes dans les rues de France : cela constitue un « échantillon significatif » qui est plus instructif que les sondages dont nous sommes inondés.

Et pourtant... le sondage selon lequel 70 % des Français soutenaient le mouvement social a été abondamment utilisé par les directions syndicales. C’est de bonne guerre mais il suffisait de vivre dans une grande ville et de participer aux manifestations pour constater la popularité de cette longue et grande révolte. Comme le supposé président et ses exécutants n’ont pris en considération ni les sondages ni les manifestations, il est une fois de plus démontré que la « démocratie d’opinion » chère à Michel Rocard, à Alain Minc et à tant d’autres, n’est qu’une farce.

Les manifestants ont quant à eux définitivement enterré les clichés sur le repli individualiste et sur le conflit des générations. La télévision a insisté sur le fait qu’on manifestait en famille, surtout le samedi. On n’a pas assez dit que les cortèges montraient, comme à chaque grand mouvement populaire, le caractère fantasmatique du découpage ethnique : des Français de toutes origines se retrouvaient dans les groupes de lycéens et d’étudiants comme dans ceux des syndicats. Les immigrés, avec ou sans papiers étaient eux, aussi de toutes les manifestations et, sous les banderoles communautaristes, les militants se comptaient sur les doigts de la main. Par-delà les différences et les oppositions partisanes et syndicales, nous étions vraiment « tous ensemble » contre la réforme des retraites, l’ultra-libéralisme et Nicolas Sarkozy.

Il est probable que la CGT et la CFDT n’ont pas été indifférentes aux nombreux manifestants qui défilaient sous les drapeaux de Solidaires : la pression de la gauche radicale du mouvement ouvrier n’est pas pour rien dans la fermeté de Bernard Thibaud et François Chérèque. Mais c’est surtout la colère de la rue qui a conforté la détermination affichée par la CFDT et par la CGT. Cette colère s’est exprimée dans les slogans mais sans passage à l’acte violent - à l’exception des provocations et dégradations commises par de petits groupes de hooligans. Les quartiers populaires n’ont pas explosé comme en 2005, alors qu’on pouvait s’attendre à une grosse flambée de violence.

Quant à la couverture médiatique des événements, certaines chaînes d’information en continu ont jugé nécessaire de donner un écho favorable des manifestations pour ne pas perdre leur public (toujours la référence aux 70 % d’opinions favorables) mais sans que l’on puisse en conclure, cela va presque sans dire, à un tournant dans la politique de l’information. Quoi qu’il arrive et quel que soit le récit donné de l’événement, la veulerie médiatique reste constante et des choix implicites sont faits au détriment de la rigueur de l’information : Force ouvrière, par exemple, est une confédération négligée depuis plusieurs années comme si la CGT et la CFDT étaient seule qualifiées pour exprimer l’ensemble du mouvement syndical.

La manifestation du 6 novembre ne clôt pas la bataille sur les retraites. Il faut continuer la campagne d’explication et dénoncer Nicolas Sarkozy, ses conseillers et ses ministres qui ont voulu cette réforme pour préserver la note AAA de la France dans les agences de notation et pour favoriser les assurances privées celles-ci ont, d’ailleurs, fait des campagnes de publicité fort révélatrices au cours du débat parlementaire. Sous prétexte de sauver le système de retraites par répartition, on nous entraîne sans le dire vers le système de la capitalisation. Il faut surtout exiger des partis de gauche qu’ils garantissent notre système de retraite non par des mesures de gestion mais par la protection économique, la relance de la politique industrielle, l’augmentation des salaires en vue du plein-emploi.

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